Scandale du périscolaire : le système qui a ouvert les portes aux pédophiles

Ces derniers jours, plusieurs animateurs périscolaires ont été suspendus pour des faits d'agression sur mineurs à Paris.
Enfants école Pexels

Le scandale s’étend et les responsables se font fantômes. Cinq mois après les premières révélations de violences commises sur des enfants par des agents du périscolaire francilien, la polémique repart de plus belle après de nouveaux signalements visant des animateurs pour des faits de nature sexuelle sur des élèves dans deux écoles primaires à Paris.

Dans les XIVe et XVe arrondissements, pas moins de quatre agents ont été écartés après plusieurs signalements, dont certains ont donné lieu à des plaintes déposées par les familles des jeunes victimes, ont révélé France Inter et Le Parisien, ces 10 et 11 mars. Au moins l’un des animateurs mis en cause avait déjà fait l’objet d’un signalement dans une école du VIIe arrondissement pour des « cris et violences psychologiques » sur de très jeunes enfants. Il avait alors été discrètement transféré vers un autre établissement du XVe arrondissement où il aurait, cette fois, pu se livrer à des agressions de nature sexuelle.

Malgré le caractère répétitif de ces violences dans le périscolaire parisien – 46 agents ont été suspendus dans une dizaine d’écoles, en 2025, dont 20 soupçonnés de faits à caractère sexuel –, la réponse semble toujours la même : une communication minimale de la mairie, qui laisse dans le flou des parents de plus en plus inquiets pour leurs enfants.

Une omerta de longue date

Une politique de la « patate chaude », semble-t-il, où personne ne veut prendre la responsabilité de ce scandale institutionnel. Rappelons qu’en 2020, l’ancien ministre délégué à l’Enseignement scolaire Ségolène Royal invoquait la circulaire adoptée sous son autorité, en 1997, qui imposait aux établissements de saisir systématiquement le procureur de la République dès lors qu’un signalement de ce type était porté à leur connaissance. Elle affirmait ainsi avoir mis fin à certaines pratiques consistant à muter discrètement des enseignants soupçonnés de pédophilie vers les outre-mer ou des villages ruraux isolés.

Encore aujourd’hui, la mairie de Paris invoque les mesures prises ces dernières années, notamment en matière de recrutement des animateurs périscolaires. Des réponses qui ne suffisent plus à rassurer des parents d’élèves désormais en première ligne qui, au-delà de la question du recrutement des animateurs, devraient peut-être interroger ce système qui, depuis une dizaine d’années, a conduit les municipalités à recruter massivement ce personnel.

Le tournant des rythmes scolaires

En 2013, sous la présidence de François Hollande, la réforme des rythmes scolaires modifie profondément l’organisation de la semaine des élèves du primaire. En allégeant les journées de classe, elle impose aux communes de mettre en place des temps d’activités périscolaires (TAP) destinés à occuper les enfants en dehors des heures d’enseignement.

« Il a fallu recruter en urgence beaucoup d'animateurs. Fatalement, un grand nombre étaient et sont encore sans qualification et sans diplôme », dénonçait, en décembre, dans nos colonnes, Inès de Raguenel, conseillère à la mairie du XVe arrondissement. L’institution scolaire, jusque-là incarnée par les enseignants, compte désormais dans ses rangs des intervenants qui lui sont extérieurs et sur qui les parents n’ont que peu de prise, si ce n’est aucune.

Multiplication des intervenants extérieurs

De plus, certains programmes, comme l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), prévoient eux aussi l’intervention de personnes extérieures à l’établissement scolaire. C’est ainsi qu’un conseiller pédagogique, chargé de former les enseignants sur ce programme, a été suspendu à la rentrée dernière, suite à la découverte d’une condamnation pour détention d’images pédopornographiques. Une affaire qui avait poussé la députée Identité-Libertés, Anne Sicard, à exiger la suspension du programme EVARS.

Un appel resté sans effet. De quoi nourrir le sentiment que, là encore, les institutions refusent de prendre le problème à bras-le-corps.

Vos commentaires

32 commentaires

  1. Quand l’affaire Bettarham est sortie, il y a eu immédiatement dans la foulée une commission d’enquête à l’assemblée nationale, mené par l’inénarrable Paul Vannier, qui a rapidement servi à incriminer l’ensemble de l’enseignement catholique ! France bleu et le groupe Ebra ont immédiatement consacré des moyens humains à rechercher la moindre rumeur dans n’importe quelle école catholique pour en faire à chaque fois un mini scandale. Depuis les premières révélations de ces agressions dans le périscolaire parisien, aucune commission d’enquête, ni aucune investigation de l’audiovisuel public et de la presse locale concernant tous les périscolaires publics.

    • je me suis fait la même réflexion d’autant qu’aujourd’hui dans les campagnes il y a de plus en plus d’enfants de citadins et que de toute façon, un enfant d’ou qu’il soit c’est un enfant et il a droit à la sécurité et au respect de son intégrité !

  2. la patate chaude, le mistigri, l’important dans l’administration est qu’il n’y ait pas de vague, les ministres détestent ça et, circonstance aggravante, les journaliste en raffolent, sans parler des réseaux sociaux sur lesquels ceux qui n’en savent mais ne manquent jamais de donner leur avis.

      • Pendant ce temps, en effet, ON ne parle plus de TOUS CEUX qui sont impliqués dans cette sale affaire, et des… PLUS HAUTS… jusqu’à la Maison Blanche…Et les viols ne sont que les faits les moins…graves!

    • honnêtement ce n’est pas la priorité, cette affaire est un gros paquet de m….. et ceux ou celles qui y ont trempé ou participé devraient en répondre devant la justice – là on nous parle de nos enfants, dans nos écoles, dans notre pays !!!

  3. On retrouve là le même comportement qu’ à l’école laïque : lorsqu’un prédateur était dénoncé, il était muté dans une autre académie sans que les raisons de ce transfert n’apparaissent dans son dossier. Cela s’appelait « Se refiler le Mistigri ». Il fait parfois allusion à la « Grande Muette », concernant l’armée, mais l’EN est exactement dans le même cas de figure.

  4. Selon certains médias, une soixantaine de dossiers seraient sur les bureaux de la Justice. Une affaire de pédophilie qui remonte à plusieurs mois. Une affaire que nos médias tentent de glisser sous les tapis.

    Dans notre journal local régional, « Le Bien Public », des pages entières sur un ou deux cas de maltraitance dans une école privée de Dijon. Dans ses pages « France », depuis la connaissance de cette affaire de pédophilie, pas un mot sur ces nombreux cas en région parisienne. Autant vous dire que la couleur de la ligne éditoriale de ce journal est évidente.

  5. Déjà que ce programme « éducation sexuelle » car c’est la réalité camouflée, soit purement et simplement supprimé. Cela n’a rien à faire dans l’enseignement, qui est fait pour apprendre 2+2=4, ce qui aux résultats des élèves actuels est un véritable désastre. La France tient le pompon rouge des bientôt analphabètes, par rapport aux autres pays de l’UE. Celà est l’affaire interne des familles, il ne faut pas mélanger instruction et éducation, mais c’est le crédo de l’état qui s’immisce de plus en plus dans la vie privée des citoyens. Il serait bon de se poser la question quel est le motif caché qui a poussé les initiateurs de cette loi à la mettre en activité. Déjà pas plus tard que aujourd’hui, c’est d’ailleurs noté sur BV, il y a des dérapages au niveau de ces pseudos enseignants, non diplomés pour la plus part. Et cette histoire de dérapage c’est la partie visible de l’iceberg. Le gvt a la gachette moins rapide pour gérer cette situation,c’est plus facile de créer du racket.

    • Nos parents, nos grands parents, nos arrière grands parents, nos ailleux ont été eux aussi à l’école. Des écoles où il n’y avait pas d’Education Sexuelles et il faut croire que cela ne leur avait pas manqué puisque nous existons, nous sommes sur terre….

    • vous avez parfaitement raison, mais lorsque les français ont accepté pendant la période covidesque à se plier aux sommations les plus imbéciles, ( signature d’une autorisation de sortie – boire son café debout mais pas assis pour éviter le virus ???) bref je me suis dit que là on touchait le fond, donc je ne suis pas étonnée que les français acceptent que l’éduction sexuelle se fasse à l’école, d’ailleurs je connais des jeunes parents qui trouvent çà très bien !!!

      • C’est vrai que la crise covid a été mal gérée, pas une raison pour critiquer bêtement
        l’éducation sexuelle qui est mal interprêtée par beaucoup ! Elle n’est pas faite pour
        « apprendre à faire l’amour » mais, au contraire, à montrer les dangers des maladies
        sexuelles et éviter les rapports trop précoces, et la physiologie des sexes, ce que la
        plupart des parents sont incapables de faire ! J’ai un copain qui est devenu père à
        15 ans, et la nouvelle a même atteint Paris et ses chansonniers à l’époque !

  6. C’est le résultat direct des nombreuses réformes dues au défilé des ministres. On invente des activités périphériques et après ce sont les élus qui doivent se dem……pour les mettre en oeuvre. Et comme à Paris on se moque du résultat, on fait n’importe quoi en embauchant ceux qui auraient pu signer la fameuse tribune du Monde de 1977 vantant la pédophilie.

  7. Quand on recrute sur entretien de complaisance entre copains et coquins, sans demander aucun diplôme, même pas un BAFA, et avec un casier judiciaire 2 qui ne contient pas grand chose (juste les peines d’emprisonnement définitives en tant que majeur uniquement), il ne faut pas s’étonner des dérives.

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