[SATIRE A VUE] Sur les rangs pour 2027, Ségolène Royal « ne se dérobera pas » !

Candidate perpétuelle, S. Royal veut ajouter son nom à la liste des éternels revenants. Mais qui rêve encore d'elle ?
Capture d’écran © Public Sénat
Capture d’écran © Public Sénat

Elle a gardé de 2007 son sourire de candidate en campagne et ses cheveux auburn, un investissement douloureux qui n’a pas rendu ce qu’elle en attendait. Son ami Jean-Pierre Mignard, l’un des rares fidèles qui lui restent, le reconnaît : arrivée, voilà 18 ans, au second tour de la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal « a connu un moment plein d’espoir qui a été déçu… » ; et l’ami de confesser en aparté qu’elle ne s’en est jamais remise.

Ségolène Royal continue d’y croire, ou fait comme si. C’est ce qui la tient et, sans doute, ce qui lui vaut dans la population une forme de sympathie rigolarde. La voilà donc qui tente de se remettre en selle. L’obstacle des prochaines présidentielles lui tient lieu d’horizon, et elle l’assure au Figaro : « Je ne vais pas me dérober. » Encore faudrait-il qu’il y ait matière à…

Sa bravitude est sans limites

Elle est là, toujours : dans l’entrebâillement d’une porte, d’une fenêtre, sur un plateau de télé, un coin de photo, sur le paillasson d’un ministère et même sur la banquise. Sa « bravitude » – mot que lui inspira en ses temps glorieux la Grande Muraille de Chine – est sans limites.

C’est François Mitterrand, l’éternel amoureux des jolies femmes, qui l’embaucha, jeunette, comme conseillère, lui offrant un royal marchepied vers l’ascension du Parti socialiste. Conseillère générale des Deux-Sèvres, ministre délégué à l'Enseignement scolaire, puis ministre délégué à la Famille, l'Enfance et aux Personnes handicapées, puis députée socialiste des Deux-Sèvres et présidente du conseil régional de Poitou-Charentes et ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer après sa conversion en Macronie, elle veut toujours en être.

Pour s’en débarrasser peut-être, le Président lui a enfin offert le hochet d’ambassadrice des Pôles arctique et antarctique. Hélas, trois fois hélas, les éléphants de mer sont aussi ingrats que les éléphants du PS, si bien que « la dame du Poitou », qui voyait là l’occasion de représenter au Sénat les Français de l’étranger, a été battue aux élections sénatoriales de 2021.

Ses nombreuses retraites cumulées ne suffisant pas à occuper sa vie et, moins encore, à combler ses ambitions, Ségolène Royal a renouvelé ses offres de service à chaque changement de gouvernement : elle en est sûre, la France a besoin d’elle, elle l’attend, la réclame. Alors, c’est dit : si les Français cherchent un homme providentiel, ce sera elle ! Elle sera prête en 2027 pour la magistrature suprême.

Tous ces politiques, accros à l’éternel retour

C’est une pathologie fort répandue, dans le monde politique : ces gens-là dissertent sur notre retraite mais ne prennent jamais la leur. Pour la plupart, ils les cumulent, c’est plus simple. À 71 ans révolus, Ségolène Royal se verrait donc bien remonter sur le podium. « Il est trop tôt pour parler… et me faire démolir ! », dit-elle en confiant au Figaro qu’elle compte bien briguer l’investiture du Parti socialiste. Quitte à devoir affronter son ex, le « culbuto » François Hollande revenu, lui, par la petite porte de l’Assemblée.

« Je ne vais pas me dérober. Si la primaire prévue par les statuts est bien organisée et respectueuse, je serai candidate », dit-elle. Sans doute, mais qui voudra d’elle ? Sûrement pas les troupes de l’insipide Olivier Faure et de son faire-valoir Boris Vallaud. Qu’on ne s’y trompe pas : alors que tout le laisse pourtant à penser, Ségolène Royal assure qu’elle « n’est pas une acharnée de la candidature ». Non, l’affaire de sa vie, c’est le service rendu. Tout cela, et rien que cela : « Je ne veux pas qu’on puisse dire que j’ai fait partie des personnalités avec de l’expérience qui n’ont rien fait. »

On dit des personnes vieillissantes qu’elles conservent la mémoire à long terme, ressassant leur jeunesse et oubliant les faits de la veille. Ségolène a encore dans les yeux les feux de 1981, quand un Jack Lang, emporté par ses paillettes, voyait la France « passer de l’ombre à la lumière ». À la tête d’une croisade inspirée, notre madone du Poitou veut elle aussi « conduire les électeurs vers la lumière ».

Disons le tout net : à son insu, peut-être, Ségolène Royal incarne la tragédie française. Héroïne de Corneille, on voit chez elle sans cesse « le désir s’accroît[re] quand l’effet se recule ». Elle ne se dérobera pas, dit-elle, mais il se pourrait bien qu’elle doive, finalement, emprunter ces vers à Polyeucte : « Dérobons-nous, mon frère, à ces âmes cruelles, Et laissons-les, sans nous, achever leurs querelles. »

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

90 commentaires

  1. A son âge elle croie encore au père noël, qu’elle s’occupe de ses petits enfants elle rendra un grand service à la France

  2. La langue française est merveilleuse. Heureusement qu’elle ne se …dérobera…pas, quel spectacle, car cette nouvelle…pantalonnade…de sa part suffit déjà à nous divertir sans avoir à nous…éberluer !. Maintenant, pour arriver à accumuler quelques voix, devra t-elle se ….voiler…au moins la face…. ! Mais chez ces gens là, Monsieur, on n’a ni honte, ni pudeur….Monsieur….on n’a que de l’Ego mal aspecté, Monsieur….. !!!

  3. « Notre madone du Poitou veut elle aussi « conduire les électeurs vers la lumière ». Dans la Genèse, le porteur de lumière se nomme Belzébuth. Comme quoi, chez les socialos, l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions.

  4. Quant est-ce que tout ces politiques Royal, Raffarin, Villepin, Hollande et comparses vont nous lâcher les baskets où plutôt le portefeuille? Combien de temps encore on va devoir les subir dans les médias et notamment sur les écrans ?
    La France mérite tellement mieux.

  5. Je lui conseille de ne pas se présenter aux « Molieres de l’humour », elle n’a aucune chance si ce n’est la voiture balai

  6. Ségo est déconnectée. Elle imagine qu’on la réclame à cor et à cri et c’est ainsi que, n’écoutant que sa bravitude, elle annonce qu’on peut compter sur elle. Personne pour lui expliquer que son heure est passée ?

  7. Quand on pense à tous ces postes qu’elle a occupés!!on se demande comment cette incompétente notoire qui aime l’argent ,le paraître,et surtout le trône ,c’est que vraiment depuis 1981 la France coule doucement comme le titanic,accompagnée par un orchestre bidon.

  8. Ah non pas elle, j’affiche complet là
    Celle qui a fait une route solaire, (déjà foutue) qui a couté une blinde dans son fief du POITOU, bien sur endetté, quand ces gens passent, les finances trépassent c’est bien connu
    Avec sa bravitude et tout le reste
    Non merci

  9. Il est d’ailleurs bien curieux qu’elle n’ait pas fait une belle remontée dans les rangs macronistes. Le président, qui nome tout ce qu’il peut pour ne pas être dépassé, ce serait offert une belle période de tranquillité avec une telle collaboratrice (sans jeu de mot). Il est à croire que la concurrence devait être vraiment féroce…

    • Pourtant, vu ce qu’elle a fait pour le Poitou, elle aurait pu contribuer efficacement à la ruine de la France entamée par Manu 1er!

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois