« Quelle gifle ! » : les patronnes de l’audiovisuel public désavouées par Rachida Dati

Pour le ministre, l'engagement des deniers publics dans l'action en justice contre le groupe Bolloré pose question.
Capture écran LCP
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Delphine Ernotte et Sibyle Veil lâchées par leur ministre de tutelle. Alors que les dirigeantes de France Télévisions et Radio France ont annoncé poursuivre en justice les médias du groupe Bolloré, Rachida Dati a vivement critiqué leur démarche, dénonçant « la voie détournée de la judiciarisation ». « Cette démarche n'avait en aucun cas été concertée et encore moins approuvée par les tutelles, a ainsi cinglé le ministre, mercredi, à l’Assemblée. En l'état du droit, c'est leur liberté d'avoir choisi de s'engager dans cette voie, mais je peux vous dire que, par respect de l'engagement des deniers publics, les tutelles auraient dû être informées, auraient pu être informées ! » Un camouflet pour les deux patronnes médiatiques.

Cette prise de parole musclée de Rachida Dati venait en réponse à une interpellation du député UDR de la Marne, Maxime Michelet. Celui-ci désirait faire toute la lumière sur une action en justice jugée parfaitement « révoltante ». « Il y a quelque chose de pourri au royaume de l'audiovisuel public, a attaqué l’élu. Avec cette action en justice, les présidentes de France Télévisions et de Radio France confirment être des militantes politiques. […] En effet, France Télévisions et Radio France sont-ils seulement légitimes à se plaindre de ce supposé "dénigrement" quand l'audiovisuel public consacre aux frais du contribuable des heures entières à dénigrer et à caricaturer tout média qui ose différer de sa ligne idéologique ? »

« Une gifle terrible »

Sur la question de fond du manque de neutralité sur les antennes de France Télévisions et Radio France, Rachida Dati a, là aussi, répondu sans langue de bois, renvoyant l’audiovisuel public au respect de sa propre charte. « Toutes les chaînes de télévision sont soumises à une exigence de pluralisme dans leurs programmes, mais il y a une exigence supplémentaire pour l'audiovisuel public qui est celle de l'impartialité, a rappelé la locataire de la rue de Valois. Plus largement, la réflexion sur ce que signifie l’exigence d'impartialité du service public et la façon dont elle est mise en œuvre est évidemment pleinement légitime et c'est un débat que nous devons avoir. » À bon entendeur...

Interrogée, sur Europe 1, Françoise Laborde, ancienne membre du CSA, s’est félicitée des propos du ministre. « Quelle gifle, pour Delphine Ernotte et Sibyle Veil ! Et comme elle a raison de dire qu'il y a une exigence supplémentaire d'impartialité concernant le service public !, a-t-elle commenté, à l’antenne de la radio privée. Pour les deux dirigeantes de France Télévisions et de Radio France, c’est une gifle absolument terrible. Mais d'une certaine façon, c'est justifié, parce qu’on n'a jamais vu ça ! C'est impensable que le service public de l'audiovisuel, à travers ses deux présidentes, se mette à attaquer la chaîne, la radio et la presse du groupe Bolloré. »

Une action en justice financée par… les Français

Les deux groupes publics s’estiment victimes d’une « entreprise orchestrée de déstabilisation » économique et institutionnelle. Un préjudice pour lequel ils réclament pas moins de 1,5 million d’euros de dédommagement à CNews, à Europe 1 et au JDD. Mercredi soir, Pascal Praud s’est montré relativement confiant sur le destin de cette action judiciaire. Il s’est, en revanche, inquiété pour le porte-monnaie de ses concitoyens. « L’argent des Français va donc payer les avocats de France Télévisions et de France Inter pour attaquer CNews… l'argent des Français !, s’est-il scandalisé, dans l’émission L’Heure des pros 2. La probabilité est très grande qu’ils soient déboutés, donc le groupe peut demander des dommages et intérêts, des dommages et intérêts extrêmement importants… Qui va payer ? L'argent des Français. »

En effet. Non contents d’utiliser les moyens de l’État à des fins de propagande idéologique, France Télévisions et Radio France se servent, à présent, des deniers publics pour intimider leurs concurrents et les réduire au silence. Nos impôts sont donc utilisés pour traquer la dissidence, empêcher tout pluralisme et renforcer encore l’embrigadement du peuple français. La boucle est bouclée.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 22/11/2025 à 9:45.
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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Elle n’a fait que son boulot mais je l’aime beaucoup. Par ailleurs n’est-elle pas la meilleure illustration dece qu’offre la France à ceux (celles) qui en jouent le jeu ?

  2. Si France TV est condamnée à des dommages et intérêts vis-à-vis du groupe Bolloré, c’est une partie de la redevance télé qui sera routée vers le groupe privé. Très ironique.

  3. Qu’attend-on pour liberer les places occupées par ces gens ?…quitte à les recaser dans une administration quelconque, pourquoi pas dans la police qui les remettra dans les rails ?

  4. Par qui sont nommées à leur poste ces personnes? Leur « patron » ne rêverait-il pas d’intenter un procès aux français pour ne pas l’aimer et ne pas l’approuver ?

  5. Il faut déloger ces ideologues qui Au final nous coûtent un bras et ne supportent plus d’être remis en question chaque jour. Ils tentent naïvement de censurer leurs contradicteurs lesquels ont mis sur la table leurs excès de langage et leurs abus financiers. Le tout de surcroît dénoncé par la cour des comptes, pourtant bien ancré à la gauche de l’échiquier politique. Mais visiblement ça ne suffit pas pour prendre des sanctions ! Encore une preuve du laxisme éhonté de notre gouvernement…!

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