[POINT DE VUE] Pour une déboboïsation du monde

Le bobo est au gogo ce que le sot savant de Molière est au sot ignorant.
Jean-Baptiste Poquelin Molière, Učene ženske, Drama SNG v Ljubljani (Wiimedia Commons)
Jean-Baptiste Poquelin Molière, Učene ženske, Drama SNG v Ljubljani (Wiimedia Commons)

Dans sa très aimable recension sur Léo de Montpellier ou le Nouveau Cyrano, notre confrère Samuel Martin définit très justement ce qu’est le bobo. Confondant les fumisteries pseudo-révolutionnaires de notre temps avec l’antique bohème de Charles Aznavour, le bobo ne fait que favoriser le développement d’un en même temps qui n’est pas sans rappeler le macronisme finissant, mais il constitue en plus une sorte de soupape permettant à cette imposture de prospérer. Il confirme par là combien - en reprenant un slogan mis en avant dans la pièce - « il est impératif de déboboïser » !

À l’instar des anciennes plaies d’Égypte, le bobo est l’un des sept fléaux majeurs du monde actuel. On a connu les invasions de sauterelles électorales, les vaches technocratiques, les prairies saugrenues d’Europe, les poulets fous, les écologistes à bicyclette, les ragondins invétérés de la basse politique ; mais aujourd’hui, le bobo joue un rôle majeur dans la constitution de nombreux partis qui vont des écolobiobobos rénovés aux nouveaux vaporettos féministes appelés aussi les Miss Tigris - en deux mots.

Une vie dans le vent

Les premiers bobos, nés par génération spontanée, sont des mutants sociologiques qu’on a pu définir comme de nouveaux singes savants aux idées de gauche et aux comportements de gens fortunés, issus des cénacles européens.
Le bobo est au gogo ce que le sot savant de Molière est au sot ignorant. Pétri de bonne culture, entre France Inter, la Pie qui chante et Télérama, mais sans discernement et suivant le vent des modes et des idées reçues de l’année, il va de spectacles de théâtre en théâtres publics où le public ne va jamais.

À peine sorti de ces lieux culturels, il court au restaurant ou dans un café branché, et là, devant un bol de caviar, un plat de nouilles issues du commerce équitable ou une mousse au chocolat biologique, il glose et dégoise jusqu’à deux heures du matin sur le caractère événementiel du spectacle qu’il vient de voir et qui est invariablement le must de l’année.

La mise en scène est sublime, il découvre un nouveau génie par semaine, il rit de ce qui ennuie tout le monde et s’ennuie là où tout le monde rit et se divertit. Et il délivre à des artistes à la mode des brevets d’avant-gardisme et de bonne culture. Il s’exclame et s’extasie devant toutes les couillonnades subventionnées, et ce sont justement ses exclamations répétées qui lui ont valu le nom de bobo, issu des premières syllabes de « bourgeois-bohème », comme l’ont prétendu certains dissidents de l’université des sciences zoologiques de Lunas.

Pas de bobote

Mais d’autres chercheurs en nouveautés politiques ont prétendu que le bobo descendrait par son cri de la pintade de Tanzanie, parce qu’il est dans son principe et par sa pensée profonde viscéralement hostile à tout ce qui n’est pas populaire et farouchement opposé à toute formes de populisme, de poujadisme et de fascisme, graves tares génétiques abondamment décrites par le quotidien Libération, et qu’il combat inlassablement jour et nuit en attendant l’élection fantasmatique du leader du Rassemblement national, épouvantable cauchemar qui peuple ses conversations branchées et dont il prédit l’inexorable venue sur l’écran noir de ses nuits blanches ! Mais un événement récent dans le domaine de la sociologie est venu étayer la thèse du caractère transgenre et multiculturel du bobo. Après plusieurs rebondissements dans cette affaire, il a été question de créer, à l’instar du célèbre professeur Frankenstein, une première bobote, et ce, par oviparité d’un fragment d’ADN, mais ce premier prototype a dû être abandonné : il a été admis en effet par les Européens qu’il ne pourrait exister que des bobos de sexe masculin et que, donc, aucune bobote ne verrait jamais le jour. Seul le bobo pourra désormais être pris en compte dans les recensements, au désespoir de Martine Aubry et de Raphaël Glucksmann. Le projet d’une première bobote a dû être abandonné.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 15:21.

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Jean-Pierre Pélaez
Auteur dramatique

Vos commentaires

15 commentaires

  1. Le bobo est un être simplifié qui monte dans n’importe quelle barque du moment qu’elle le valorise en transportant des poncifs parfois contemporains, parfois pas, mais toujours à la portée de tous : faire mal c’est … mal, aimons nous les uns les autres (façon 2026), les chasseurs sont des assassins alcooliques, c’est mauvais pour la « pe-la-nè-teuuu », les étrangers subsahariens sont une « chan-ceuuu » pour l’ Europeuuu …. ; à votre bon cœur Messieurs-Dames, il en reste plein :-)

  2. Merci, on aura ri du Bobo…et cela fait du bien. Le problème est que le Bobo est dangereux pour les humains ordinaires quand, avec sa Bobote, il s’est installé en une classe monopolisant le pouvoir idéologique, éthique et socio-politique, ainsi qu’actuellement en France. Bien sûr je ne me suis pas reconnu comme un Bobo… mais allez savoir ! Je vais encore plus me surveiller.

  3. Je me demande comment ils peuvent se regarder dans une glace. Rien qu’à la pensée qu’ils sont et demeurerons la risée du monde, pour l’éternité, autant que l’histoire soit éternelle. Marqués du sceau de la Sottise ! Quel parcours de vie ! Y’a pas de quoi en être fier !

  4. Le bobo ? C’est une espèce nuisible et j’en connais un qui m’a affirmé au cours d’une conversation traitant des gangs pakistanais en Angleterre qui avaient violé des milliers de jeunes filles anglaises suite à une discussion sur les méfaits de l’immigration, tout ce qu’il a trouvé à me répondre,c’est que ce type d’évènement lui passait au-dessus de la tête, textuellement, et c’est une personne qui a mangé pour le 32/12/25 au casino de Toulouse dans la salle principale où se déroulait le réveillon- spectacle ,quant on sait le prix du repas, sans commentaire de plus,vous vous ferez une idée de la mentalité de ces gens . Ils n’ont aucun scrupule.

  5. Le bobo n’est que l’illustration de la petite-bourgeoisie, classe sans classe qui, friquée est actuellement au pouvoir et qui, en parfaite alliance avec le wokisme qui lui est en fait consubstantiel, prétend faire l’opinion. Elle hait la morale – fin de l’église – Elle hait la politique, c’est à dire tout ce qui fait bouger son confortable bateau – Elle hait le progressisme, le changement qui modifierait son état; elle est ce qui se fait de pire conservateur – Elle hait les aristocrates auxquels elle voudrait tant ressembler, classe et particule – Elle hait le peuple, ces gens qui « transpirent quand ils travaillent », vous n’y pensez pas ma chère. Son pouvoir est une véritable dictature, il ne faut pas en douter.

      • eux non, leurs parents oui, ……les grands penseurs de 1968 !!!! ……le pistonnage a fait le reste
        et le pire, c’est qu’ils se croient très intelligents…puisque c’est ce que leur parents leur ont fait croire….
        quand je peux, dans une discussion, je les aligne….et bien entendu, ils n’ont pas les facultés pour répondre……c’est hilarant !

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