[POINT DE VUE] Contre l’avis de la France, Zelensky peut acheter des armes américaines avec l’argent de l’UE

Mercosur, Ukraine : l’avis de la France, désormais, tout le monde s’en fout.
Chars M1A1 SA en Allemagne, avant livraison à l'Ukraine. Par Spc. Adrian Greenwood — https://www.dvidshub.net/image/7817271/m1a1-tanks-arrive-grafenwoehr, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=132436532
Chars M1A1 SA en Allemagne, avant livraison à l'Ukraine. Par Spc. Adrian Greenwood — https://www.dvidshub.net/image/7817271/m1a1-tanks-arrive-grafenwoehr, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=132436532

L’Union européenne n’abandonne pas l’effort de guerre. Elle combattra jusqu’au dernier centime du dernier contribuable – à qui il n’est pas question de demander son avis, bien sûr. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, l’a affirmé ce mercredi : 90 milliards d’euros de fonds européens vont être « débloqués », selon la formule consacrée, au profit du gouvernement ukrainien. Les scandales de corruption ? Pensez donc ! On ne va pas s’arrêter à ça. L’argent doit pouvoir continuer à couler à flots, et on verra plus tard à quoi il aura servi.

Un prêt de 90 milliards d’euros

En l’occurrence, sur les 90 milliards promis, 60 pourront être employés au renforcement des capacités militaires ukrainiennes. Les 30 milliards restants iront au renforcement de l’État de droit et à la lutte contre la corruption. Arroser d’argent magique l’un des pays les plus corrompus d’Europe pour qu’il renforce ses capacités de lutte contre la corruption, il fallait être commissaire européen pour y penser. Ce petit détail mis de côté, il reste donc 60 milliards à dépenser dans l’armement. La priorité est accordée aux industries d’armement des pays de l’UE, a ajouté Mme von der Leyen, qui entend probablement affirmer ainsi qu’elle n’oublie tout de même pas les intérêts économiques du Vieux Continent. Jusque-là, pas de problème ou presque. On peut, évidemment, critiquer le réflexe de la Commission, qui fait systématiquement les poches des Européens sans les consulter, pour renforcer les capacités d’un régime ukrainien qui, objectivement, est en train de perdre tactiquement. En revanche, c’est plutôt sympathique de profiter de ce hold-up pour donner un coup de pouce à l’industrie de défense.

Mais – car il y a un mais – Ursula von der Leyen s’empresse de préciser que si les pays européens ne sont pas en mesure de répondre à une demande spécifique de l’Ukraine, il sera possible, « à l’occasion », d’acquérir du matériel ou de l’armement en dehors de l’Europe. Ah. À l’occasion. On ne sait pas bien quelle pourrait être cette occasion, ni dans quelles proportions l’Ukraine pourrait être exemptée d’achats prioritaires auprès de l’UE. Ce qui est certain, c’est que l’Ukraine, qui achète une grande partie de son matériel militaire aux États-Unis, avait insisté pour être exemptée de cette clause prioritaire, alors que la France, au contraire, avait plaidé pour une exclusivité européenne. Avec cette réponse mi-figue mi-raisin, Ursula von der Leyen ouvre, non sans une certaine fourberie, une porte vers le commerce entre l’Ukraine et le complexe militaro-industriel américain.

D'hypothétiques remboursements

Résumons cette triste histoire en deux phrases : l’UE va prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine, prélevés sur le budget des États, dont 30 pour « l’État de droit » et 60 pour acheter du matériel militaire. Cet argent européen pourra, dans des « occasions » qui ne sont pas définies, servir à acheter du matériel militaire américain. Voilà, tout simplement. Et dans cette affaire, on peut encore noter deux petites choses avant de conclure. D’abord, trois pays (Hongrie, République tchèque et Slovaquie) ont obtenu d’être exemptés de ce mécanisme de prêt. Comme quoi, quand on veut… Et ensuite, ce prêt ne sera remboursé par l’Ukraine que lorsque la Russie aura versé des réparations au régime de Zelensky. Autant dire pas tout de suite…

Outre le caractère immoral de ce prélèvement arbitraire et bien peu démocratique, outre le caractère hypothétique des remboursements et même outre le fait que l’argent de l’Europe servira à payer l’armement fabriqué par les États-Unis, la conclusion la plus grave nous concerne. La France voulait, pour une fois, une forme de souveraineté européenne, une exclusivité de l’UE sur l’achat de matériel militaire. Mais c’est comme pour le Mercosur : l’avis de la France, désormais, tout le monde s’en fout.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 10:05.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

99 commentaires

  1. Macron a bien travaillé pendant 8 ans à affaiblir la France, tout le monde se fout de ce qu’il pense. J’ai bien peur que le pays n’arrive jamais à se relever.

  2. Heuh…. une question s’il vous plait.
    Comment sont taxées les armes Américaines, qui vont en Ukraine, mais pas en Europe ? Mais payées avec des « sous » Européens?
    Y a-t-il un prix Spécial pour Zelensky ?

  3. l’europe subventionne l’industrie américaine alors que cette amérique s’apprête a s’en prendre a l’europe par le groenland, peut on faire pire ?

  4. Il parait qu’un moment de honte est vite passé , mais là, la honte de ce qu’est capable de nous faire subir ceux qui ont été élus commence à durer bien longtemps !! :-(

  5. L’hypocrisie ukrainienne va jusque là. La copinerie de surface entre Macron et Zelynski c’est de la poudre aux miroirs des alouettes. En voilà une preuve.

  6. avec l’argent de l’UE c’est à dire notre argent Zelenski va acheter de l’armement au USA, le pauvre Macaron 1er il doit être dans tout ses états

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