[POINT DE VUE] Attentat rue des Rosiers : des suspects toujours pas extradés…
Beaucoup de nos lecteurs se souviennent probablement de cet attentat meurtrier qui avait frappé le quartier juif du Marais, il y a tout juste 43 ans, le 9 août 1982. Ce jour-là, un commando armé avait fait irruption dans le restaurant de Joe Goldenberg. Entrée fracassante à la grenade, puis mitraillage méthodique des clients attablés. Une dernière explosion, une fuite à pied et un bilan apocalyptique pour l’époque : six morts, vingt-deux blessés. Il faut dire qu’en ce temps-là, on ne connaissait pas les capacités mortifères des auteurs des attentats du métro Saint-Michel en 1995, ni des assassins du Bataclan, ni de celui de la promenade des Anglais, ni des tueurs de Charlie Hebdo. La sidération frappe alors l’opinion publique des années 80 : ainsi, des terroristes peuvent venir jusque dans nos bras, littéralement comme on le chante dans la Marseillaise, assassiner nos compatriotes simplement parce qu’ils sont juifs… Que diraient-ils, aujourd’hui…
Le Fatah, des dissidents palestiniens
Rapidement, l’enquête identifie les commanditaires : il s’agirait du Fatah, une branche dissidente de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), aux ordres d’un certain Abou Nidal. Les années passent… et, en 2007, le juge antiterroriste Marc Trévidic, une pointure, un bourreau de travail, récupère le dossier et se jette à fond dedans. En 2015, comme le révélera Paris Match, il découvrira que peu après l’attentat, le fameux général Rondot (qui n'était encore que colonel), un agent secret de haut vol et l’un des plus fins connaisseurs du Levant, avait négocié avec Abou Nidal l’arrêt des poursuites en échange de l’arrêt des attentats.
Bref, quarante-trois ans plus tard, donc, on a appris, le 31 juillet dernier, que deux suspects allaient être déférés devant la cour d’assises spéciale : l’un des tireurs présumés (détenu en France depuis 2020) et un homme suspecté d’avoir fourni des armes (sous contrôle judiciaire depuis le mois d'avril 2025). Il en manque quatre, et pour cause : ils sont tous réfugiés à l’étranger. Deux d’entre eux sont en Jordanie, mais le royaume hachémite applique une prescription de vingt ans pour les crimes et, en dépit d’un accord signé en 2015 avec la France et prévoyant une clause sur ce genre de cas, refuse donc leur extradition. Un autre vit au Koweït : à son sujet, il ne semble même pas y avoir eu de négociations. Le quatrième est en Cisjordanie, à Ramallah précisément, une ville sous contrôle de l’autorité palestinienne. Toujours futé, l’inoxydable Benyamin Netanyahou avait proposé sa médiation à ce sujet, en 2019, en échange d’une demande officielle : cela serait revenu à reconnaître l’autorité d’Israël sur les territoires palestiniens… donc, pas question.
Le problème vient de la diplomatie
La Justice française, notamment le parquet antiterroriste, dans cette affaire de sinistre mémoire, a fait son travail. Le problème vient de la diplomatie. Le Quai d’Orsay, lui, au sujet de ce terroriste réfugié en Palestine, continue de se réfugier derrière un argument spécieux : il n’y aurait pas de convention d’extradition avec l’autorité palestinienne. Est-ce bien sérieux, à l’heure où la France se prépare à reconnaître l’existence de l’État palestinien ? Ne pourrait-on pas demander, au moins, cette modeste contrepartie ?
Le 21 avril 2002, au moment du célèbre premier tour de la présidentielle qui vit Le Pen s’opposer à Chirac, Jo Goldenberg, le restaurateur victime de cet attentat, avait déclaré, à propos du Menhir : « Le Pen, c'est la défense de la France avant tout, c'est le sens patriotique, et moi, c'est ce qui m'intéresse. » 23 ans plus tard, et 43 ans après l’attentat, on ne saurait lui donner tort.
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32 commentaires
Vous dites, « La France se prépare à reconnaître l’existence de l’État palestinien ? », moi je dis non, c’est Macron qui veut reconnaitre l’état palestiniens.
Exact 78% des Français sont contre, donc une fois de plus il n’en a rien à faire de notre avis