Pied de nez à France Info : Jean-François Achilli rebondit sur Sud Radio

Licencié du service public, le journaliste a retrouvé un poste sous des cieux plus cléments et moins staliniens.
Capture écran Sud Radio
Capture écran Sud Radio

Jean-François Achilli tient sa revanche. Un peu plus d’un an après avoir été licencié de France Info pour des soupçons de conflit d'intérêts, le journaliste vient d’être embauché par Sud Radio. Il mènera l'interview politique de la matinale de Patrick Roger, récupérant ainsi le siège vacant de Jean-Jacques Bourdin, parti vers d’autres « projets éditoriaux ».


« C’est évidemment un habitué des interviews politiques, a expliqué le directeur général de l’antenne, au sujet de sa nouvelle recrue. Il connaît parfaitement le monde politique avec tous ses ressorts. Il a une connaissance très sérieuse du sujet, il a un réseau, également. »

Un licenciement express

Souvenez-vous : les ennuis avaient débuté, pour Jean-François Achilli, après la parution d’un article du Monde, le 13 mars 2024, qui avait fait état d’une « collaboration » entre le journaliste et Jordan Bardella, autour de l’écriture d’un livre. Immédiatement, la rumeur scandaleuse avait fait le tour de Paris et Jean-François Achilli avait été sommé de s’expliquer. « Je n'ai pas signé de contrat d'écriture pour le livre de Jordan Bardella », s'était-il alors défendu. Malgré ses dénégations, l’article du Monde avait suffi à précipiter sa chute : le sexagénaire fut suspendu « à titre conservatoire » dès le lendemain. On est stalinien ou on ne l’est pas.

De son côté, Jordan Bardella avait vivement réagi à cette éviction express. « J'apprends que Radio France suspend l'un de ses journalistes pour un échange "supposé" autour d'un livre d'entretien avec moi qui n'a pas vu le jour. Ces méthodes pratiquées par le service public sont dignes des pires régimes et font honte à la démocratie », avait-il écrit, sur X.

Mais fin avril 2024, soit moins d’un mois plus tard, Jean-François Achilli fut purement et simplement licencié de son poste. Le service public expliqua que le journaliste s’était rendu coupable d’une « faute grave ». « La direction doit être informée et doit valider tout projet de collaboration extérieure » afin de « lever les conflits d'intérêts quand ils se profilent », justifia Jean-Philippe Baille, le directeur de France Info, sourd au démenti de l’intéressé.

Un devoir d’indépendance à géométrie variable

Attaqué aux prud’hommes, l’employeur public s’empressa de sortir de son chapeau d’autres griefs qu’il avait à reprocher au journaliste et assura qu’il détenait « un dossier conséquent » sur son compte. « Il y a eu d'autres conflits d'intérêts, dont des media trainings [...], pratiques rémunérées interdites à Radio France », assura-t-il.

France Info aurait-elle pris conscience que cet hypothétique « projet de livre » - que rien n’atteste, si ce n’est un article issu de la presse de gauche - semble assez léger pour motiver un licenciement sec ? A-t-elle entrevu que l’argument du « conflit d’intérêts » pourrait rapidement se retourner contre elle ? Car la direction de l’audiovisuel public ne semble nullement indisposée, par exemple, par une Léa Salamé qui conduit des interviews politiques sur France 2 et France Inter depuis des années tout en partageant la vie d’un leader de gauche. Quelle est son degré d’indépendance, lorsqu’elle interroge les alliés politiques de son compagnon ? Où est sa déontologie, lorsqu’elle « oublie » d’indiquer aux téléspectateurs qu’un de ses invités se trouve être un ancien candidat du parti de Raphaël Glucksmann ?

Mais étrangement, ce conflit d’intérêts n’est pas dénoncé. Il ne pénalise en rien madame Salamé, qui vient d’ailleurs d’être promue à la tête du JT de 20 heures de France 2. Il faut croire que la proximité idéologique, sentimentale ou professionnelle entre un journaliste et un leader politique ne pose de problème que lorsqu’elle se situe à droite.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Excellente nouvelle et bonne chance Mr Achillli sur une vraie radio ou la liberté de penser et parler existe comparativement à rance inter

  2. Il sera mieux à sud radio qu à France télévision la stalinienne qu on boycotte depuis longtemps tellement c est d une malhonnêteté intellectuelle inouïe

  3. Conflit d’intérêt pour Léa Salamé …parceque son mec se rêve en Président de la République en 2027..grosse blague!!
    Elle ne risque rien, « papa » est un pote de Soros…et là, bizarrement il n’y aurait rien à redire..

  4. Sud Radio, parlons vrai! C’est la seul radio d’actualités que j’écoute avec CNEWS. Les rares seuls médias qui ne veulent pas nous déconstruire, objectifs, sans Bisounours ou autres délires d’une gauche qui a tout envahi et qui prône la culture de l’excuse pour les personnes d’apparence étrangères!

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