Opacité, étiquettes mensongères : la grande distribution se moque des agriculteurs !
Samedi 30 août, Patrick Legras, président de la Coordination rurale des Hauts-de-France, accompagné d’un groupe d’agriculteurs locaux, a fait une visite surprise dans deux magasins Carrefour à Amiens. Objectif : constater sur place, en présence du responsable du point de vente, des pratiques commerciales... contestables.
Des découvertes bien étranges
Parmi les découvertes, ce lot de diverses viandes avec pour seule indication, au recto de l’emballage : « viande bovine française ». Il faut retourner le paquet pour voir une autre étiquette mentionnant la présence d’autres viandes venues... d’Australie et de Nouvelle-Zélande.
Rencontre entre la #CoordinationRurale des #HautsDeFrance et un directeur de magasin Carrefour : “On a de l'argentin, du bulgare, vous faites le tour du monde sans sortir du magasin” - Olivier Sénéchal, coprésident de la #CR du #PasDeCalais
Le message est clair : N’IMPORTONS… pic.twitter.com/t2NpSp34Mp— Coordination Rurale (@coordinationrur) September 1, 2025
Ou ces paquets de sucre de Canne, indiqués comme venant de Massy (adresse de la centrale Carrefour), pour faire croire à des produits français, alors qu’il s’agit d’import. Même marquage « Massy » sur les pots d’une marque de pâte à tartiner…
Omelette… ukrainienne !
Sans parler de ces œufs que le même Patrick Legras dénichait, en juin dernier, lors de la visite d’un autre Carrefour, en région parisienne. Un lot de trente œufs sur lequel l’enseigne n’avait pas même pris la peine de retirer l’étiquette d’origine, libellée en ukrainien, se contentant d’en ajouter une seconde annonçant une promotion. Sur le conditionnement des œufs en question, aucune information n’est donnée quant à leurs conditions de production, mais la date limite de consommation indiquée les rend non commercialisables…
Un agriculteur en colère dans un Carrefour face à des œufs ukrainiens vendus à prix imbattables, issus de poules nourries aux médicaments. Qu’en pensez-vous ? pic.twitter.com/0menYPx8Gx
— Wolf (@PsyGuy007) August 30, 2025
Import de produits ne respectant pas les normes européennes ou françaises, étiquettes délivrant des informations incomplètes, partielles, trompeuses, voire mensongères, avec notamment l’utilisation abusive de logos tricolores faisant croire à une production française, les visites surprises de la Coordination rurale donnent un petit aperçu de pratiques permanentes qui trompent la plupart des consommateurs mais sont connues de toute la filière agro-alimentaire.
Des pratiques courantes en grande distribution
Rien de fortuit. Nous ne sommes pas, ici, en présence de fraudes occasionnelles par quelques malhonnêtes ou maladroits, du fait d’une imperfection humaine héritée du péché originel. Dans un métier de la grande distribution, ici alimentaire, dont le modèle économique est basé sur des prix bas et des marges faibles, la rentabilité est obtenue par la combinaison de forts volumes et surtout d’achats à bas prix. Et dans un contexte de concurrence acharnée, les centrales d’achat des enseignes ont pour mission de pressuriser au maximum des producteurs. Lorsque cela ne suffit pas, des centrales délocalisées se chargent d’importer des produits issus de pays n’ayant pas les mêmes exigences (et coûts) en matière de protection sociale et de normes de production, quitte à mentir sur l’étiquette ou à reconditionner en France pour faire oublier leur exotisme.
Une fraude « systémique », qui trompe les consommateurs et ruine les agriculteurs
Ces pratiques sont ruineuses pour les agriculteurs. Mais le système est accepté, faute de mieux, car la grande distribution est puissante et protégée. Répondant aux questions de BV, Patrice Legras précise d’emblée que « si les derniers contrôles ont été effectués dans des magasins Carrefour, toutes les enseignes sont hors la loi ». De telles visites ne sont d’ailleurs pas sans risque. « Ces grandes enseignes sont puissantes et très liées au monde politique. De plus, à Amiens, on est chez Emmanuel Macron. C’est sensible. Quand nous sommes sortis du magasin, il y avait une dizaine de véhicules de police… » Si les labels de types AOP garantissent des pratiques rigoureuses et une traçabilité « au sein d’une filière franco-française, qui s’autocontrôle et dont les producteurs assurent le conditionnement et l’étiquetage des produits », Patrick Legras nous confirme que le problème concerne avant tout « les premiers prix » : promotions occasionnelles ou saisonnières à prix d’appel, fond de rayon permanent sans marque ou à marque de distributeur (MDD). « En fait, les mauvaises pratiques ont lieu quand ce n’est pas le producteur qui conditionne, mais le distributeur. »
Revoir les règles d’exercice du commerce
Ce que nous sommes bien peu à savoir, en faisant nos courses, c’est que la mention d’un lieu de conditionnement en France n’est en aucun cas une garantie d’une origine ou d’une transformation française. Or, confirme Patrick Legras, « on se retrouve avec des produits sur lesquels ne figure qu’une adresse comme "Massy" et aucune autre indication de qualité, d’origine, de respect des normes. Sur un même rayon se côtoient des produits qui respectent les règles en vigueur et d’autres qui ne le font pas. Le consommateur est perdu, et donc trompé. » Face à cette fraude systémique, la Coordination rurale fait office de lanceur d’alerte, mais ses actions sont encore peu relayées par une presse souvent dépendante des revenus publicitaires venus de la grande distribution ou de pressions politiques diverses. C'est pourtant en profondeur que les règles d'exercice du commerce sont à revoir.
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77 commentaires
Défendons la langue française et sa précision : « pressurer » et non « pressuriser » !
Tiens un nouveau correcteur d’orthographe. Bon vous préférez que l’on écrive en inclusif. moi aussi je fais des fautes, j’ai quitté l’école il y a 49 ans et je n’ai jamais été prof. Mais bon sang ce n’est pas grave, on avait bien compris.
Je ne corrige pas ici l’orthographe mais un contre-sens, ce qui est totalement différent. Quand on veut défendre son pays, on commence par défendre sa langue. Non seulement parce que si l’on veut bien penser il faut employer le mot juste mais, aussi, parce qu’on l’aime. Ce genre de confusion se répand de plus dans les médias « mainstream » mais aussi malheureusement dans les nôtres (notamment celle-ci entre « pressurer » et « pressuriser » que l’on retrouve de plus en plus). Ensuite, elles s’instillent dans les esprits notamment des plus jeunes qui sont les plus mal formés et deviennent la norme en transformant la langue française, une des plus riches et des plus précises (ce n’est pas pour rien qu’elle était la langue des diplomates), en un genre de sabir digne de celui des banlieues. Il n’y a qu’à constater l’ineptie du « sur » employé n’importe comment dans les expressions « j’habite sur Toulouse », « je vais sur Brest », je travaille sur Strasbourg » etc. Ou celles véhiculées par les émissions de sportives (TLS sur FranceTV est championne en la matière) ou l’on transforme par exemple « adversité » en niveau de jeu de l’adversaire. Et j’en passe. On doit s’attendre, si l’on veut maintenir le cap, que les journalistes qui défendent nos idées soient aussi des gardiens vigilants de la langue française.
D’un autre côté les prix bas sont appréciables pour les gens qui, comme moi, n’ont que des revenus modestes…
Oui je vous comprend et j’ai d’ailleurs mis un poste a ce sujet.
Mais que fait la Répression des fraudes? Rien ou pas grand chose vis à vis des grandes surfaces. C’est surprenant, car elle est active dans certains secteurs. Pas étonnant que la France est en faillite!
Ces enseignes devraient être condamnées pour tromperie. Les normes françaises sont différentes des normes étrangères. Et si ces produits engendraient des problèmes graves sur la santé ?
Germaine c’est UE qui est fautive, c’est elle qui dicte tout pour nos pays européen. De plus elle fait couler la France.
Nous sommes manipulés 2’4 heures S sur 24 à part ça tout va bien
Nous sommes trompés sur tout et les gens réélisent les menteurs. Donc, les chiens aboyent et la caravane continue de passer.
Je suis sidéré de lire en commentaire qu’il faut manger local . Que c’est beau ! La petite est femme de ménage , touche 1300€/mois , une fois le loyer payé , l’essence ou le transport pour aller travailler etc etc elle va faire 30 ou 40 km pour trouver un boucher « francais » car là où elle habite il n’y a plus que des superettes halal . Ceux qui préconisent de manger français dans quel pays vivez vous ? C’est toujours les mêmes qui mangeront bien . Je me souviens d’un reportage sur un « »agriculteur » » je dirais plutôt un industriel de l’agriculture , qui faisait 300 ha d’oignons le journaliste lui demande vous en mangez ? Le « »paysan » » de lui répondre non j’en fais à côté des bons pour ma famille …c’est ce mode agricole qu’il faut revoir
Les pauvres resteront toujours pauvres… Et ce n’est pas en détruisant la machine industrielle de production qu’ils ne le seront plus.
Chez nous, Leclerc (oui, oui, oui) fait un rayon « producteurs locaux » avec d’ailleurs les photos et les adresses des dits producteurs. Et leur rayon boucherie charcuterie indique le nom des éleveurs et leurs adresses. Donc facile à vérifier.
Leurs produits sont abordables et bons.
J’ignore si c’est identique partout? Mais chez nous cela favorise des petits producteurs qui vendent au marché seulement une fois par semaine et tous les jours dans ce rayon spécifique (et en plus juste à l’entrée du magasin!).
Ce n’est pas pour faire de la pub pour Leclerc dont certaines pratiques ne me plaisent pas, mais simplement pour dire que si les producteurs s’unissent pour créer une association vendant dans les grands magasins, cela peut peut être être intéressant (tout dépend des marge qu’ils arrivent à avoir, bien sur)
Il serait honnête de citer l’émission précisément . Merci.
et ma fille agricultrice qui n’arrive pas à obtenir son agrément pour son centre d’emballage pour ses oeufs ,frais ceux là , à cause de normes débiles .
Le dernier truc, c’est les toilettes près du local alors que son habitation est à 20 mètres.
Mais je ne raconte pas le nombres de débilités demandées.
Par contre elle peut vendre sur les marchés sans problèmes et sans contrôles.
Le ministre de l’agriculture doit dégager illico!
D’accord
il faut boycotter ces commerces qui pratiquent le mensonge et continuent de s’en mettre plein les poches sur le dos de nos éleveurs et agriculteurs Français.
Je vois depuis quelques semaines des oignons d’Australie (jaunes et blancs) dans les rayons de l’Intermarché proche de mon domicile, ça me fait bondir ! On ne produirait plus d’oignons en France ? Ou à défaut en Italie toute proche. Les consommateurs devraient boycotter ce genre de produit, malheureusement ils ne le font pas, pourtant dans ce cas l’affichage est clair et visible et le prix élevé. Il faudra encore beaucoup de travail pour responsabiliser le consommateur, que le sucre de canne ne soit pas français, passons, mais les oignons, ça me fait pleurer
les abricots sec de turquie (mais sécher en france )) ils nous ont plongés volontairement dans cette déchéance
A nous consommateurs, prévenus, de faire attention et de privilégier les produits de nos agriculteurs malmenés par cette UE mortifère et la grande distribution complice.
C’est un des dessous de la nuisance de la commission européenne.
Il faut virer ces nocifs.
Et l’on ne nous parle déjà plus des produits vendus venant de l’UE, qui contiennent de l’acétamipride interdit aux agriculteurs français. Le « principe de précaution » du Conseil Constitutionnel ne s’applique curieusement pas à la santé des Français.
IL FAUT privilégier le « LOCAVORE » ! … Consommez près de chez vous ! …
Et prendre quelques instants pour « lire les étiquettes » correctement … ET surtout boycotter dès que possible les produits qui hors de la FRANCE ! …
L’Agriculture française est en danger de mort et par ruissèlement les paysages français AUSSI ! …
Ce n’est pas les escrologistes qui iront brouter l’herbe dans nos campagnes ! …
Selon que vous serez puissant ou misérable … rien de bien nouveau sous le soleil. La loi en France, c’est un peu comme les promesses électorales, la première ne s’applique qu’à ceux qui veulent bien la respecter, tandis que les secondes n’engagent que ceux qui y croient … et ce sont bien souvent les mêmes !