Neutralité de Léa Salamé : la commission d’enquête s’interroge
L’art de la répétition. Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, ne se lasse pas. Auprès des directeurs de l’information de France Télévisions, il est une nouvelle fois revenu à la charge sur le sujet phare qui guide les travaux de la commission : la neutralité et l'impartialité de l’information délivrée par l'audiovisuel public.
Léa Salamé fut au cœur de l'audition qui se déroulait au palais Bourbon, ce mercredi 28 janvier. La journaliste qui présente le journal de 20 Heures de France 2 partage la vie de l’eurodéputé socialiste Raphaël Glucksmann. « Alors que les Français attendent plus que jamais du service public qu’il démontre sa neutralité comme son impartialité, France Télévisions a fait le choix, pour incarner son principal rendez-vous d’infirmation, de choisir une journaliste dont le compagnon n’est autre que Raphaël Glucksmann, candidat pressenti pour représenter le Parti socialiste à la prochaine élection présidentielle », note le rapporteur de la commission. Un choix que Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, assumait, sur le plateau de Quotidien, il y a un an. Pourtant, Charles Alloncle s’interroge sur « la temporalité » d’une telle décision, qui était prise à quelques semaines de l’élection européenne de 2024, alors que la liste socialiste était menée par Raphaël Glucksmann.
Audiences en berne
Soulignant les qualités journalistiques « évidentes » de l’intéressée, le député de l’Hérault s’interroge toute de même : « Sur le plan de la déontologie, considérant l’exigence, le caractère particulièrement sensible de son poste, eu égard aussi au rôle d’arbitre que doit tenir l’audiovisuel public à l’approche d’échéances électorales, pensez-vous sincèrement et rétrospectivement que ce choix était pertinent ? » Alexandre Kara, directeur de l’information de France Télévisions sur le départ, exprime son plein soutien et sa totale satisfaction. « Je ne me suis pas posé la question de qui était son compagnon, mais plutôt qui était la meilleure pour présenter le 20 Heures. » Pour le dirigeant, le nom de Léa Salamé « s’est imposé ». La question de ceux qui partagent la vie des journalistes n’entre pas en compte dans son raisonnement, d’autant que dans le cas présent, la candidature de Raphaël Glucksmann est « hypothétique », plaide-t-il. Charles Alloncle s’étonne pourtant de ce choix fait en dépit de résultats d’audiences mauvaises qu’il souligne sans laisser deviner un soupçon de satisfaction malicieuse. De septembre à décembre 2025, le JT de 20 Heures de France 2 a rassemblé 19,7 % d’audience, soit 230.000 téléspectateurs de moins sur la même période que le journal concurrent de TF1 présenté par Anne-Sophie Lapix.
Principe de précaution
Alors, est-ce vraiment l’audience qui a guidé ce choix de Léa Salamé, s’interroge le rapporteur de la commission ? « Il faut laisser s’installer quelqu’un, on ne peut le juger sur trois quatre mois, il faut laisser un peu de temps », juge Alexandre Kara, qui s’appuie sur sa longue expérience et vante les chiffres de la première semaine de janvier qui sont les meilleurs depuis l’arrivée de Léa Salamé. Quant à la question du départ de cette dernière en cas de candidature de Raphaël Glucksmann, Charles Alloncle évoque plusieurs exemples. Dont celui d’Anne Sinclair. La journaliste, qui partageait la vie de Dominique Strauss-Kahn, avait démissionné du magazine d’information 7 sur 7 de la chaîne TF1 à la nomination de son mari au gouvernement en 1997. « Vous parlez d’une extrême vigilance, pourquoi ne pas utiliser le principe sain de précaution ? », demande le parlementaire ciottiste. « Je ne suis pas juge et décisionnaire de la mort professionnelle de quelqu’un en raison de sa proximité avec une personne ou une autre », se défend Alexandra Kara, qui s’engage à ce que Léa Salamé ne soit plus à l’antenne à partir du moment où le conflit d’intérêts sera effectif, « à partir du moment où on rentre dans une zone grise », c’est-à-dire quand Raphaël Glucksmann annoncera une candidature officielle. Jusqu’à nouvel ordre, le dirigeant de France Télévisions assume : « Moi je me refuse de priver les Français d’une journaliste aussi talentueuse. »
Plus tard, on apprend que la journaliste Linh-Lan Dao, responsable de la cellule de « fact-checking » (vérification des faits) de France Télévisions, était la tête d'affiche d'une réunion de La France insoumise en novembre avec le député mélenchoniste de Toulouse François Piquemal. La direction dit avoir sanctionné sa journaliste, qui avait agi sans en référer à personne. Neutralité, impartialité, indépendance du service public, vous avez dit ?
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50 commentaires
Monsieur KARA Léa Salamé « aussi talentueuse » nous n’avons pas la même définition de ce qu’est le talent alors ! MDR ! Madame Salamé est tout sauf talentueuse
Un petit rappel : du fait de la candidature de son mari ( jean-Louis Borloo ) à la présidence de la république en 2007, Béatrice Schönberg a suspendu son activité de présentatrice du journal télévisé pour se conformer à la jurisprudence Anne Sinclaire. Mais ça c’était avant lorsque les gens avait de la vergogne et un sens de déontologie.
Ce Monsieur Kara n’a pas compris qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Avec talent ou non, Madame Salame est déjà dans le conflit d’intérêts et ses patrons aussi.
Le conflit d intérêt est évident
Léa Salamé « une journaliste aussi talentueuse »: ah bon ?
Elle ne connait pas ses dossiers enfin ses sujets, que d’erreur depuis qu’elle « sévit » au JT, quand on voit JP Pernaut à côté ça fait tâche
Comme aurait pu dire Michel Audiard: S’il y avait un étalon de BoBo Léa Salamé serait au pavillon de Breteuil.
Raphalël devrait savoir qu’il y a plein de gens néfastes talentueux.