Mort en direct du streamer « Jean Pormanove » : où était l’Arcom ?
Qui a tué Jean Pormanove ? C’est dans la nuit du 17 au 18 août août 2025, à Contes, près de Nice, que ce streamer français a rendu son dernier souffle. De son vrai nom Raphaël Graven, l’homme animait une chaîne sur la plate-forme Kick où il se mettait en scène, subissant en direct les violences et les humiliations d’autres streamers. Des centaines de milliers de personnes s’étaient abonnées à son compte, avides d’assister au supplice de cet ancien militaire. « JP » n’hésitait pas à accepter des défis toujours plus malsains et dangereux. Tout récemment, il avait enduré « 10 jours et nuits de torture », une épreuve comprenant des violences physiques extrêmes et l’ingestion de produits toxiques.
La ministre Clara Chappaz a rappelé «la responsabilité des plateformes en ligne sur la diffusion de contenus illicites».
→ https://t.co/tBZhXEx1pE pic.twitter.com/1ouURbpsIE— Le Figaro (@Le_Figaro) August 19, 2025
Dans un communiqué transmis au Figaro, le parquet de Nice a confirmé le décès du streamer et indiqué avoir « ouvert une enquête en recherche des causes de la mort ». Deux individus sont tout particulièrement dans le viseur de la Justice : deux jeunes, connus sous les pseudos de « Naruto » et « Safine ».
Les autorités savaient
À l’annonce de la mort tragique du quadragénaire, le ministre délégué à l’intelligence artificielle et au Numérique a vivement réagi, sur X, demandant des comptes à la plate-forme Kick. « Jean Pormanove a été humilié et maltraité pendant des mois en direct sur la plate-forme Kick », a écrit Clara Chappaz. « La responsabilité des plates-formes en ligne sur la diffusion de contenus illicites n’est pas une option : c’est la loi. Ce type de défaillances peut conduire au pire et n’a pas sa place en France, en Europe ni ailleurs. »
Le décès de Jean Pormanove et les violences qu’il a subies sont une horreur absolue. J’adresse toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.
Jean Pormanove a été humilié et maltraité pendant des mois en direct sur la plateforme Kick.
Une enquête judiciaire est en cours.…— Clara Chappaz (@ClaraChappaz) August 19, 2025
Sauf que cette réaction indignée arrive bien tard. Trop tard. Comme l’indique une note corrective ajoutée en complément du tweet du ministre, les services de l’État avaient été alertés dès le mois de décembre 2024 par un article de Mediapart quant à l’existence de vidéos diffusées en direct où Jean Pormanove et une autre personne handicapée subissaient de violents sévices. « Interrogée par Mediapart dès 2024 sur les violences commises sur une chaîne de streaming, la ministre déléguée au numérique n’avait pas répondu », déploraient nos confrères, mardi 19 août, peu après la mort du malheureux streamer.
Le silence de l’Arcom
Et quid de l’Arcom, si prompte, d’ordinaire, à sanctionner le moindre dérapage verbal sur certaines antennes ? « J’ai saisi l’Arcom et effectué un signalement sur Pharos », a fait valoir Clara Chappaz, le 19 août. En réalité, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique avait déjà été saisie. Dès février 2025, la LDH lui avait demandé de sévir face à la « modération laxiste de Kick ». « La défaillance de l’ARCOM apparaît flagrante », observait Marion Maréchal, mardi, sur X.
On nous informe que l’ARCOM aurait été saisi à de nombreuses reprises depuis 1 an sur les souffrances en direct de Jean Pormanove sur Kick, notamment le 10 février :
AUCUNE réactionLFI saisie l’ARCOM contre CNEWS le 2 avril dernier : sanction… le 14 août !!!
CQFD pic.twitter.com/XgNpmmxKhI
— Destination Télé (@DestinationTele) August 19, 2025
Pourquoi rien n’a-t-il été fait pour mettre un terme aux tortures infligées au malheureux JP ? L’Arcom n’est-elle pas censée lutter contre la « haine en ligne » ? « Nous nous assurons que les plates-formes mettent bien en œuvre, de façon transparente et équilibrée, leurs obligations de signalement ou encore de modération », assure pourtant l’Autorité, sur son site officiel, affirmant son respect des « grands objectifs de politique publique en matière de lutte contre les contenus illicites et préjudiciables et de protection du public »…
Sollicitée, l’Arcom a tenté de se justifier via un long communiqué de presse transmis à notre rédaction. L’organisme évoque un « très vif émoi » à l’annonce du décès de Raphaël Graven. Sans répondre précisément aux accusations, il souligne la « responsabilité pénale des protagonistes » ainsi que « la responsabilité des plates-formes à l’égard des contenus illicites ». L’Arcom reconnaît avoir été saisie par la LDH, il y a plusieurs mois, mais affirme y avoir donné suite en engageant « des échanges avec ses homologues allemands et la Commission européenne s’agissant du cas de la plate-forme Kick.com ».
Quelle est la nature exacte de ces « échanges » ? Quand ont-ils eu lieu précisément ? Le mystère reste entier. Une chose est sûre : l’Arcom annonce à l’occasion de ce drame qu’elle « intensifiera » son engagement dans le cadre de l’Observatoire de la haine et de la mise en œuvre du règlement européen sur les services numériques.
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152 commentaires
Si, de toute évidence, l’Arcom n’a pas fait son boulot, tout du moins celui qu’elle est supposée faire en-dehors du harcèlement de certaines cibles politiques d’opposition, elle n’est pas vraiment le problème majeur dans cette affaire. La débilité la plus profonde semble bien être l’élément principal de ce drame. Et, la création d’une agence de lutte contre les tarés ne changera rien à l’évolution globale de notre société qui semble, tous les jours, remonter un peu plus vers le singe duquel elle est supposée descendre.
Il faut lutter contre les tarés ! Mais les tarés barbus…
ce sont tous de stupides idiots et notre pays se délite de plus en plus.
Il faudrait vite une Arcom européenne.
Et pourquoi pas une Arcom Onusienne pendant que vous y êtes ? Que dis-je ? Une Arcom de la galaxie !!!
La France décadente est bien visible sur les réseaux sociaux, pauvres gens, pauvres abrutis.
Si besoin de rien, on peut demander à l’ARCOM !
Quoi d’étonnant ? La réalité est que l’ARCOM est juste une police politique gauchiste, capable de réagir sévèrement en quelques heures lorsqu’ils s’agit d’une parole déviant de la doxa actuelle.
Ce n’est que ça et rien d’autre.
On en a maintenant la preuve, et il aura fallu un mort pour qu’on l’admette.
Le reste n’est que du blabla.
Si on résume, ce Jean pormavore aurait volontairement subi des brimades, humiliations et coups en direct, pendant 12 jours, de la part notamment d’un nommé Safine Hamadi,
Les Gardiens de la Révolution Progressiste ne sont intéressés que par la lutte contre leurs opposants politiques.
L’humanité régresse doucement dans l’absurdité et la barbarie malgré l’évolution et le progrès numérique. Ce genre de démonstration qui durait depuis des mois d’après la presse n’a pas attiré l’attention de cet organisme à sens unique appelé Arcom. C’est là une faute grave de ces contrôleurs de l’audiovisuel. La justice devrait relever ce manquement qui a coûté la vue d’un pauvre malheureux.
L’Arcom comme le Conseil d’Etat et tous ces organismes dits régulateurs ne sont en fait que des moyens pour un état faible de contourner la démocratie tout en faisant croire au peuple qu’on l’interroge par le biais de ses représentants élus.
C’est le monde à l’envers, on demande au peuple , puis on fait autre chose par le biais des copains places où il faut.
En fait le dernier mot devrait être à ceux qui ont été élus, pas aux copains surpayés.
Il faut introduire en France les votations Suisses. La mauvais foi du con-seil constitutionnel est sidérante lorsqu’il ose prétendre qu’on ne peut pas faire de référendum sur l’immigration ! Qu’un vrai gouvernement passe outre les admonestations de ces gauchistes et en organise un ! Idem pour la hiérarchie des normes ! On ne peut pas accepter que des textes européens soient supérieurs aux lois Françaises !
Ce n’est pas pour rien que la gauche déclare depuis toujours être hostile aux référendum au motif, archi-faux, que ce serait un « plébiscite ». Ces gens préfèrent un système dans lequel on peut faire sa petite tambouille en famille en faisant croire au bon peuple qu’il a voix au chapitre !
Il est temps de virer ces gens !
Ou voyez vous encore une autorité dans ces instances de toutes sortes ? Hormis se goinfrer avec l’argent public et emmerder la population ils n’ont pas d’autre compétence.
Ouiais, ouiais, un peu trouble le personnage aussi.
Séquence d’un monde malade qui rend malade. Est ce là la véritable épidémie ?
Visiblement la France n’est pas capable de sauver les faibles d’esprit et encore moins si ils sont torturés! L’ARCOM quand a elle devrait être dissoute et tous ces salariés pointer à pôle emploi avec la seule possibilité de travailler dans les champs.
Il me semble qu’il existe une cyber police censée contrôler l’existence de sites spéciaux comme celui mis en cause ici (ou pédophilie, par exemple) afin de les fermer immédiatement. Je crois comprendre, d’après votre article, que ce JP — maso ou victime naïve, se prêtait volontairement à toutes ces violences. Que ce soit ou non le cas, ce genre de site devrait tout bonnement être interdit et fermé.