[ÉDITO] Mépris de classe : Jordan Bardella moqué pour avoir cité Chateaubriand
La scène se passe sur LCI, au micro de Darius Rochebin. Celui-ci interroge Jordan Bardella : « Quels personnages historiques ayant fait la France vous inspirent ? » Le favori des sondages répond : « De Gaulle pour la grandeur, Bonaparte, Louis XIV, Richelieu pour le sens de l’État, Napoléon Bonaparte pour son héritage et, à titre personnel, j’ai beaucoup à la fois de fascination et d’admiration pour Chateaubriand, qui a produit le plus grand chef-d’œuvre de la littérature française, Les Mémoires d’outre-tombe. » Il termine sur une citation de De Gaulle : « Je ne lis que la Bible et Chateaubriand. »
Si je dois citer des personnages célèbres qui m'inspirent, sur le plan politique, je citerais de Gaulle pour sa grandeur, Richelieu pour son sens de l’État et Napoléon Bonaparte.
Sur un plan plus personnel, Chateaubriand pour son chef-d’œuvre Les mémoires d'outre-tombe. pic.twitter.com/vO8O9rCKzQ
— Jordan Bardella (@J_Bardella) November 2, 2025
Mépris de classe
Cet extrait, que Jordan Bardella a posté sur ses réseaux sociaux, lui a valu un tombereau de railleries. On le met au défi d’en citer une seule ligne, on l’accuse d’inventer, on prétend qu'il récite une leçon apprise sur ChatGPT.
Le socialiste André Vallini fait montre d’une commisération méprisante, parle de « ce pauvre Jordan Bardella », qui « essaie de faire illusion » mais dont « l'inculture le trahit à chaque fois ». « Comment la politique a-t-elle pu tomber à ce niveau ? », se désole-t-il. Venant d'un ancien ministre de François Hollande, la question ne manque pas de sel.
Étienne Klein, philosophe et physicien sévissant sur France Culture, se gausse également, d’un ton très supérieur : « Monsieur, j’aurais aimé que vous nous expliquiez, même de façon brève, ce que vous avez personnellement retenu de votre lecture des Mémoires d’outre-tombe. »
Claude Weill, ancien directeur de la rédaction du Nouvel Observateur et chroniqueur sur le service public, telle une institutrice revêche de la IIIe République, corrige sèchement la copie du cancre : « Toujours cette impression pénible qu’il récite des fiches mal digérées. » Selon lui, Bardella n'aurait pas assez souligné la détestation de Bonaparte par Chateaubriand, preuve de sa méconnaissance des Mémoires d'outre-tombe.
Frantz Laurent, docteur en histoire de la Sorbonne, chercheur en histoire politique et sociale, traite le président du RN de « cuistre » et l’accuse de ne pas maîtriser la concordance des temps.
Le journaliste José Biosca, ex-directeur de l’info de La Dépêche du Midi et administrateur de l’école de journalisme de Toulouse, se prend, smiley explicite à l'appui, la tête dans les mains de désespoir : « Tout cela me semble d’une banalité affligeante, lisse à en mourir et d’une platitude désespérante. Un exercice convenu, poli jusqu’à la stérilité, vide de toute substance… et ça vous met en tête des sondages. »
On continue ?
Marqueur politique
En revanche, quand Emmanuel Macron chante les louanges d’Aya Nakamura et qu’il la propulse comme LA star des Jeux olympiques, quand le normalien Bruno Le Maire trouve que ce choix « montre de l’audace et du panache » et même « l'esprit français », quand Amélie Oudéa-Castéra, aussi rougissante qu’une Valérie Lemercier joignant sa voix pointue de soprano à celle de Jacquouille la fripouille pour entonner Le Bailli du Limousin, chante « Oh djadja ! » en dodelinant de la tête, c'est merveilleux.
Que Jordan Bardella n’ait pas la culture d’un Villiers ou d’un Zemmour est plus que probable. Sa jeunesse en est une raison. Son cursus universitaire peut en être une autre, encore qu’il y ait dans ce domaine bien des autodidactes. Mais peut-on sérieusement lui reprocher de citer en exemple de grands personnages historiques français et des monuments de notre littérature ? Comment ne pas voir dans sa supposée illégitimité du mépris de classe ? Le même que nourrit le bobo dépenaillé - l’antifa du VIIe arrondissement à capuche noire déguisé en émeutier du 9.3 - à l’endroit de l’apprenti pâtissier endimanché dont la cravate achetée chez Leclerc est trop luisante. C'est la caractéristique de la gauche : faire croire qu'elle est en bas de l'échelle sociale quand elle est tout en haut et empêcher quiconque de la grimper.
Dans le même registre, sur X, il y a quelques jours, la Macronie (ou ce qu'il en reste) se moquait des nouvelles dorures bling-bling à la Maison-Blanche choisies par Donald Trump, raillant avec dédain cette grossière contrefaçon du style Louis XVI. Mais elle se pâme devant les atroces et criards aménagements « contemporains » des salons de l’Élysée.
Faut-il être normalien ou agrégé de lettres pour avoir le droit de parler de Chateaubriand ? Il fut un temps où la culture française classique était le bien commun de tous. Le prix Nobel de littérature Annie Ernaux était fille de cafetier et témoigne, dans La Place (Gallimard), que son père l’aidait, pourtant, quand elle était enfant, en latin (il l'avait appris à la messe, il n’avait sans doute pas le niveau d’un chartiste). Georges Marchais, qui parlait un français châtié, était mécanicien. Quant à Bérégovoy, ajusteur fraiseur, il fut Premier ministre sans que nul ne lui ait jamais reproché un manque de maîtrise de la langue française.
Peut-être Jordan Bardella ne connaît-il pas si bien qu’il le prétend toutes ces figures de notre Histoire et les livres qu’il cite. Mais ce sont eux qu’il met en avant. Ce sont les références qu’il a choisies. Et ce n'est pas anecdotique ; c'est même un marqueur politique.
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158 commentaires
En même temps, être méprisé par des insignifiants qui encensent, entre autres :
– un président qui pense que la Guyane est une île ou qui déclarait que les femmes employées aux abattoirs Gad en Bretagne étaient « illettrées et n’avaient pas le permis »;
– un premier ministre qui affirme qu’il y a des milliards d’étoiles dans le système solaire;
– un ministre de l’Économie qui ne sait pas combien il y a de mètres carrés dans un hectare et qui, bien que supposément normalien, maîtrise tellement bien la langue française qu’il profère des phrases du type, je cite : « Moi aussi, je dépense beaucoup de prix de paquets de pâtes » ou à l’écrit, donc n’a plus l’excuse du lapsus, comme « …elle me montrait le renflement brun de son anus. Tu viens Oskar, je suis dilatée comme jamais… » ce qui, au passage, en dit long sur ses névroses et ses obsessions ;
– une ministre dont tout le monde a oublié l’inutile fonction d’alors, mais quand même recyclée aujourd’hui à l’enfance, à la jeunesse et aux familles, ce qui là aussi en dit long sur l’intérêt que porte Macron et ses sbires à ces sujets pourtant vitaux pour la Nation, qui déclare, deux fois de suite donc ne pouvant arguer du lapsus malencontreux, je cite toujours : « il ne faut pas jeter l’eau propre ! » ;
– une supposée éminence intellectuelle, dont les analyses ont toujours été démenties par la réalité, qui déclarait, à propos de celui qui croit que la Guyane est une île en vantant ses mérites que l’immense majorité considérerait comme de graves carences morales et avant de le lâcher en rase campagne aujourd’hui, je cite et je présente mes excuses par avance pour la grossièreté du propos que je ne fais que rapporter : « Un banquier d’affaires doit être intelligent, souple, rapide et s’il peut être en plus charmant, parce que c’est quand même un métier de pute ! » ;
– une ministre exerçant le porte-parolat du gouvernement déclarant à propos du décès de Simone Veil : « Yes, la meuf est dead ! » ;
– un député qui a, entre autres, des capacités de lecture d’un enfant en cours préparatoire ou qui déclare, je cite : « Mon grand-père né à Oran qui a déporté les juifs à Auschwitz » ou qui ne sait pas qui était Pétain ;
– une candidate à la présidence pour laquelle le dénommé Vallini a probablement, ou au moins a eu, les yeux de Chimène qui, après avoir ruiné la région Poitou-Charente, vantait la bravitude de ceux qui grimpent la muraille de Chine ;
– etc …
Et bien, de mon point de vue, être méprisé par ce type d’incapables endimanchés vaut légion d’honneur !
Je ne voterai pas pour lui car il a aidé à sanctuariser l’avortement, mais je lui reconnais une maturité hors du commun, une bonne maîtrise des dossiers et un amour de la France qui ne peut être mise en doute,
« Comme le normalien Bruno Le Maire, il [Jordan Bardella] aurait sans doute fallu qu’il voie « l’esprit français » dans Aya Nakamura. » Ou aurait-il sans doute fallu qu’ll [Jordan Barella] décrive dans un esptit romantique « le renflement brun » d’un certain endroit de l’anatomie d’une dame dans une position particulère pour plaire à un ancien ministre plus enclin à admirer, eu égard à ses récits pendant son mandat, le Marquis de Sade qu’à redresser intelligemment les finances de la France !?
pourquoi ne pas demander les références littéraires de delogu, souday aubry hassan ? bon le premier ne sait pas lire, ok, ça excuse