Macron : l’entêtement du forcené

Dans la presse, il laisse filer qu’il est prêt à dissoudre l’Assemblée mais qu’il ne démissionnera pas.
Capture écran BFMTV
Capture écran BFMTV

Le président de la République a donc accepté la démission d’un gouvernement dont il avait inspiré chaque nomination. Du chef de gouvernement jusqu’à la porte-parole Aurore Bergé, il ne rassemblait que des fidèles, à l’exception de Bruno Retailleau auquel on n’avait peut-être pas tout dit… « Le problème , c’est que ce gouvernement a été fait à l’Élysée », constatait Bellamy, ce lundi soir, sur BFM TV. Pas faux. Ce gouvernement taillé sur mesure dans les vêtements du précédent, désavoué le mois dernier, n’aura survécu que quelques heures. Annoncé trop tard pour que les quotidiens papier n'en fassent état, il avait disparu à l'heure où les journaux parviennent sur les échelles des kiosquiers. Avant 2017, lorsque ses affidés vendaient le candidat Macron (les mêmes vendent aujourd’hui le candidat Glucksmann), ils insistaient sur sa vélocité intellectuelle. Le Président ne cesse en effet d’accélérer. Donner son feu vert le dimanche soir, accepter la démission du gouvernement le lundi matin et rappeler le Premier ministre démissionnaire le lundi soir pour lui demander de négocier avec les oppositions une « plate-forme d’action », c’est possible avec Emmanuel Macron ! Préciser, dans la foulée, que Lecornu ne restera pas à son poste, cela aussi, c’est possible.

Entre-temps, le chef de l’État aura organisé une petite opération de communication en invitant la rédaction de BFM TV, propriété de son ami Rodolphe Saadé, à assister à une balade décontractée, téléphone en main. Message : le président de la République domine la situation. Pas sûr que le chef de l'État ne parvienne à s'abuser lui-même... On a perdu Emmanuel Macron. Le réel est trop petit, pour lui.

Piégé

Dans la presse, il laisse filer qu’il est prêt à dissoudre l’Assemblée si les négociations ultimes échouent, mais qu’il ne démissionnera pas. L’impression domine d’un forcené désarmé et bloqué dans une impasse, mais qui refuse de se rendre à l’évidence, et refuse de se rendre tout court. Trop orgueilleux, trop insouciant du destin de la France et des Français, trop sûr de ses capacités et de son charisme, trop habitué à piétiner le réel pour faire confiance à l’idéologie, aux réseaux, aux manœuvres. Macron ne peut plus voir que le piège de son inconstance et de ses échecs graves s’est refermé sur lui.

Selon plusieurs sources concordantes, il aurait envisagé de dissoudre l’Assemblée la semaine dernière et de repousser les municipales. Mais les échappatoires sont peu nombreuses. Dissoudre résoudra provisoirement la crise si le RN obtient la majorité, soit 289 députés sur 577. Dans ce cas, Macron s’installerait dans le fauteuil confortable du Sphynx qui détruit consciencieusement, du haut de l’Olympe, ceux qui tentent de redresser un pays qu’il a plongé dans le chaos. Il règlerait ses comptes en vue de la présidentielle de 2027 et jouerait les premiers opposants. Macron a intérêt à cette configuration, avec le risque que le RN ne fasse ses preuves et l’emporte en 2027. Mais la majorité est loin d’être acquise au RN, en cas de dissolution. Le risque d’un bis repetita domine.

Reste la démission. Elle s’imposera quoi qu’il en coûte, et il en coûtera à ce Président qui sillonne actuellement les capitales européennes en habit, respirant à pleins poumons l’atmosphère des pouvoirs voisins ou des monarchies européennes qui lui survivront. Un sondage Ifop pour TF1 bizarrement formulé indique que « 62% des sondés considèrent que les responsables politiques souhaitant une démission du chef de l'État ont "raison" ». Un tel désaveu dans l'opinion ne se retourne pas. Les carottes sont cuites.

Fort Chabrol

Dans une allocution diffusée sur X, Marine Le Pen, principal leader de l’opposition, dont le parti pèse deux fois les plus importants débris du macronisme (en l’occurrence, le parti de Glucksmann), trace un chemin avec une hauteur de vue à laquelle Macron nous avait déshabitués, appelant Emmanuel Macron à une « introspection et une prise de conscience salutaire pour la France ». Son rôle constitutionnel est de veiller au bon fonctionnement des institutions, rappelle-t-elle, pas de les miner. Il doit dissoudre. Ce que Marine Le Pen ne dit pas, c’est qu’il devra aussi, tôt ou tard, démissionner de son propre chef, constatant qu’il s’est lui-même enfermé dans une cage qui l’empêche d’agir. Macron rejoue peu à peu fort Chabrol.

Le défi des oppositions est lourd. Face à un forcené, le négociateur doit d’abord évaluer la perversité et la dangerosité du personnage. Il doit envisager les différentes issues possibles, puis entamer les discussions, le convaincre, déjouer ses tentatives d’instrumentalisation, prévoir ses réactions sans négliger ses éventuels réflexes suicidaires. Dans le meilleur des cas, le forcené sort et se rend. S’il refuse, c’est plus compliqué. En refusant de démissionner, Macron risque d’embarquer la France bien malade dans une équipée sauvage dont elle n’a nul besoin. Mais s'est-il déjà préoccupé de la France ?

Picture of Marc Baudriller
Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

138 commentaires

  1. comprenez une fois pour toute que Macron ne démissionnera pas, au bout du bout, il lui reste l’article 16 de la constitution, ce qui collerait assez bien à son mental.

  2. macron vient de dire qu’en cas d’échec des ultimes négociations, il prendra ses responsabilités.
    dissolution, démission, chacun suppute les chances de ces deux hypothèses, mais peu ou personne n’évoque celle du recours à l’article 16, que je n’écarte pas du tout, compte tenu de la dangerosité du personnage qui a été cependant élu et réélu, ne l’oublions pas .

    • « Prendre ses responsabilités », ça ne veut rien dire, sauf dans les circonvolutions du cerveau qui émet ce vocable appris par coeur ; C’est comme « comme ça c’est clair » quand ,au contraire, c’est totalement opaque si non explicité…

  3. Ce Macron est un mystère pour moi. Je m’étais vite désintéressée de sa première campagne. Je trouvais le personnage falot, artificiel, il « chantait » faux. Je suis tombée de mon canapé quand il a été élu. Et je ne vous dis pas, quand il a été réélu, alors qu’il avait fait la preuve de toute l’étendue de son incompétence ( ou de sa forfaiture ). Plus grand mystère encore, on dit qu’il aurait encore 15% de soutien chez les électeurs !

    • Il a été élu par défaut avec 20% de suffrages et avec l’aide du « front républicain ». Les autres moutons s’étant abstenus. Maintenant on en est là.

  4. Et oui, s’est il déjà préoccupé de la France à part pour la détruire ?

    Son jeu de massacre a commencé en Algérie, bien avant sa première élection en accusant son propre pays de crimes de guerre, etc…
    Et cela n’a pas empêché une majeure partie de la population de le porter sur le trône !

    Un italien a dit qu’il avait un problème psychiatrique, je dirai qu’il en a même plusieurs.

    Ce bateleur-metteur en scène et acteur passionné par son nombril aura réussit à rapprocher notre pays de sa tiers mondisation et il doit jouir intensément d’admirer le chaos qu’il a semé…
    Alors qu’il déguerpisse, quelques soient les conditions de son exil, avant d’être jugé pour ses crimes contre la nation.

  5. Il va s’accrocher à l’Elysée QUOI QU’IL EN COÛTE à la France. PARCE QUE C’EST SON PROJET !!!

  6. Fort Chabrol. Il est allé un pont trop loin. Barricadé dans son bureau, la kalachnikov à droite, le pot de poudre à gauche, il attend qui ou quoi ? personne ne peut dire. Il s’est échappé dans son rêve de grandeur, le réel s’est effacé. « On l’a perdu ».

  7. LECORNU BIS

    Me gouré-je?
    Je n’ai pas vu ou su que Lecornu, qui a démissionné, ait été nommé officiellement une deuxième fois: seulement que Macron lui a demandé de « prêcher » pendant deux jours.

    • Pas beaucoup de courage ce petit bonhomme , au premier coup de vent il abandonne le navire , le pire est que demain il sera recasé dans une grosse entreprise comme stratège en chef .Ces gens manquent totalement d’étoffe et de vécu pour gouverner .on a pas fini de ramer .

  8. Pourquoi des journaux de droite ne lancent-ils pas de pétition pour demander la démission de Foutriquet 1er ?
    Lorsqu’on est président la légitimité « légale » n’est plus rien si on a perdu la légitimité « politique ». Or Macron a perdu celle-ci depuis longtemps.
    DEHORS !!!!

  9. « Dans le meilleur des cas, le forcené sort et se rend. S’il refuse, c’est plus compliqué. En refusant de démissionner, Macron risque d’embarquer la France bien malade dans une équipée sauvage dont elle n’a nul besoin. Mais s’est-il déjà préoccupé de la France ? » écrivez vous ! …
    Il suffit de vivre dans la VRAIE vie pour constater que macron est cynique, machiavélique et narcissique ! …
    La presse se réjouit de ces mascarades car « ça » fait vendre ! …
    Les plateaux « médias » nous sortent des « cadors » de partout qui viennent vomir leurs verbiages tous aussi pourris les uns que les autres ! …
    La FRANCE se meut et les charognards jouent à « la chaise musicale » pour Matignon et les « proches » sont déjà en train de faire des promesses et faire « des plans sur la comète Jupiter » ! …
    Ce n’est plus un « coup de karcher » qu’il faut ! …

    • J’ai eu un collègue qui disait , les restructurations ne changent rien : on secoue l’arbre , les oiseaux s’envolent et après lee coup de vent les plus gros reviennent se poser sur l’arbre .

  10. On ne peut nier que macron a été mis au pouvoir par des gens « haut placés « 
    Qu’il a bien fait son boulot de destruction de la France
    Alors je me pose la question : que veulent « ces gens » ?
    Que macron continue ?
    Il serait simple pour eux de le virer d’une façon ou d’une autre non ?

    • Pas vraiment de volonté de destruction de la France, à mon avis, mais une volonté de la livrer au pillage de l’élite mondialiste richissime. Ce qui y ressemble, on est d’accord. E. Macron ne pense qu’à ses maîtres, ceux qui l’ont placé là pour faire le sale boulot…

  11. Comme depuis la conquête de la gauche, il y a le collège unique, chez Macron depuis son élection, il n’y a qu’une pensée unique : Pourvu que ça dure.

  12. Que va t’il faire ?
    Ce n’est pas en France qu’il faut chercher mais plutôt à l’UE
    La destitution de Macron va faire tache et même la dissolution ça va commencé à se voir que l’avis du peuple ne plaît pas à toute cette nomenclatura dont certains élus sans élections

  13. A la lecture des derniers événements, ceux qui prétendent sauver la France doivent s’unir pour destituer Freluquet 1er..là ca va vraiment trop loin… » êtres responsables » c’est justement ça certainement pas lui accorder encore la moindre confiance,et lui permettre de rester en place en participant a un de ses gouvernement ou attendre son « bon vouloir »…

    • L’exemple parfait du pervers narcissique . Démissionner serait la honte pour lui qui se croit au dessus du commun des mortels et de plus il n’a pas fini son tour du monde et ses visites royales.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois