Le député RN Jocelyn Dessigny relance la bataille de l’écriture inclusive

Sa proposition de loi veut interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche.
Ecriture inclusive
Ecriture inclusive

Interdire purement et simplement l’usage de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur et la recherche : tel est le sens de la proposition de loi que vient d’élaborer le député RN Jocelyn Dessigny (Aisne). En 2024, déjà, Jocelyn Dessigny, élu de Villers-Cotterêts, Cité internationale de la langue française, avait déposé une proposition de résolution (PPR) invitant le gouvernement à mesurer le périmètre d’infiltration de l’écriture inclusive dans le domaine universitaire et dans le secteur de la recherche. Il poursuit donc l'offensive, ou plutôt la contre-offensive.

Car c’est une guerre judiciaire, culturelle et civilisationnelle qui se joue, actuellement, autour du maintien de la langue française, telle que nous l’aimons, dans nos universités. Et comme d’habitude, les tribunaux - en l’occurrence, le Conseil d’État - jouent un rôle trouble, pour ne pas dire destructeur, dans cette bataille majeure pour l’identité de la France, de sa langue et de sa culture.

Lâcheté

Le 6 août 2025 (lire l’article de Marie Delarue à ce sujet), le Conseil d’État a en effet rejeté les recours qui réclamaient l’interdiction de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur. Motif : aucune décision ministérielle n’interdit cet usage. Les partisans de cette aberration wokiste jouent le clair-obscur légal, le flou des textes, la connivence de l’administration et l’ambiguïté des responsables politiques. Un exemple idéal de la circulation des décisions en France, parfaitement insouciante de la volonté des peuples, et du pouvoir destructeur des « petits hommes gris » chers au journaliste de CNews Pascal Praud. Les juges considèrent, en toute hypocrisie, que rien n’obligeait le ministre à prendre une décision sur ce point. Son silence « ne révèle aucune décision de refus de proscrire l'usage de l'écriture dite "inclusive" dans les documents officiels des établissements d'enseignement supérieur, ni dans les supports pédagogiques utilisés dans l'enseignement supérieur », considère le Conseil d’État. En clair, la lâcheté du ministre reçoit la bénédiction d'un Conseil d'État plus lâche encore.

Interdite dans l’univers scolaire depuis une décision du même Conseil d’État du 20 décembre 2024, l’écriture inclusive reste donc, en réalité, tolérée dans nos universités. Cohérence, quand tu nous tiens… « Ce qui est jugé nuisible pour l’apprentissage des enfants demeure possible là où se forgent les esprits et s’éduquent les futures élites de la nation », déplore justement Jocelyn Dessigny, dans son communiqué.

La France a-t-elle un bien plus précieux que sa langue et ce qu’elle a produit, cette littérature foisonnante de talents et de chefs-d’œuvre avant et après la fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en août 1539. Cette ordonnance qui fit du français la langue administrative et juridique du royaume, en lieu et place du latin.

Destruction

Auprès de BV, Jocelyn Dessigny rappelle que « l’Académie française a émis sur ce sujet un véritable cri d’alarme ». Le 26 octobre 2017, les Immortels ont adopté à l’unanimité une déclaration qui commençait par ces mots : « Prenant acte de la diffusion d’une écriture inclusive qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. » Les académiciens chargés de veiller sur notre langue ajoutaient justement : « Devant cette aberration "inclusive", la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »

Le député RN évoque clairement, dans les motivations de sa proposition de loi, les enjeux de cette bataille : « Attaquer une langue, c’est attaquer les générations qui l’ont construite et ceux qui la parlent aujourd’hui. C’est donc clairement une démarche de destruction qu’il convient d’empêcher au nom de la cohésion de la nation et de tous les francophones dans le monde. »

Cette défense de notre culture contre les Barbares infiltrés dans la sphère publique, donc comme d’habitude payés par les contribuables français, devrait faire la quasi-unanimité de l’échiquier politique, car on peut compter sur LFI pour apporter son soutien à tout ce qui détruit la nation. Mais les macronistes, le centre et les LR la voteront-ils ? Elle servira de test politique sur ce sujet majeur. BV suivra, bien sûr, cette initiative.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

82 commentaires

  1. Enfin, un début de réaction à ces folies. Combien de professeurs d’Université en sont complices!

  2. De toute façon, vu l’orthographe des « diplômés » d’aujourd’hui, ils pratiquent déjà l’écriture inclusive sans le savoir et ils trouvent le moyen d’y faire encore des fautes…

  3. Comment croire que notre Locataire élyséen , n’est pas à la manoeuvre derrière cette décision du Conseil d’Etat en tant que fossoyeur en chef , de notre culture , de notre langue , de nos paysages et de notre attachement à cette France millénaire .

  4. Ecriture inclusive : stupidité woke . Le con.seil d’état démontre son inutilité en délibérant à ce sujet et en étant pour son utilisation dans l’enseignement « supérieur » …

  5. « Les universitaires » d’aujourd’hui ne savent écrire sans faire de fautes « d’ortografe » ou de « sintaxe », alors l’écriture inclusive, pourquoi pas ! Comme cela « iels » ne sauront même plus parler, ce qui en soi ne sera pas bien grave pour les reste de l’humanité.

  6. Justifier l’écriture inclusive comme « recherche » et l’imposer hors de l’échantillon étudié met le Conseil d’Etat au rang de fumisterie. Cette proposition d’interdiction est justifiée, ne serait-ce pour que ça ne déborde pas aux examens.

  7. En matière de stupidité malsaine l’écriture inclusive mérite d’être citée comme exemplaire. L’Académie Française ne s’y est pas trompée mais les « petits hommes gris » du Conseil d’État (encore eux) veulent décidément que notre langue qui est l’un des ciments de notre unité nationale soit dénaturée. Et que fait le chef de l’État ? on ne le voit guère agir sur ce sujet majeur… Il est en déplacement, préoccupé par le sort du monde, qui l’occupe à temps plein.

  8. Avant dans les documents d une voiture neuve on pouvait lire comment changer les ampoules, les roues d une voiture.. maintenant il est notée qu’il ne faut pas boire l’eau des batteries. Avant le français ( ecriture) allait de soi. Aujourd’hui il faut passer par l assemblée nationale, le sénat, la cour constitutionnelle. Tout ce temps pris, gaspillé au lieu de se focaliser sur l économie, l industrie.

  9. Autant l’effet libérateur, « cathartique » de l’écriture (normale, conventionnelle) a toujours été démontrée dans ces bienfaits, autant ce besoin « réformiste » de l’écriture inclusive vis à vis de ces adhérents, me paraît relever d’une névrose qui ne dit pas son nom, auprès de ces « idiots utiles » au mondialisme.

    • Non, l’écriture inclusive n’est pas assez inclusive :
      Il ne faut pas écrire : « les êtres humain.e.s »
      Il faut écrire :
      « les êtres humain.l.g.b.t.q.i.+.s »
      Comme ça, on n’oublie personne.
      (Si, peut-être encore les non-blancs, les non-voyants, les non-entendants, . . .)

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