L’automobile française menacée de mort par Bruxelles
Renault, Dacia, Peugeot et Citroën sont en danger de mort. En mars dernier, Ursula von der Leyen annonçait renoncer, pour l’année 2025, aux énormes amendes qui auraient sinon frappé la plupart des constructeurs automobiles européens, incapables de respecter les objectifs intenables de « décarbonation » imposés par Bruxelles. Ce simple sursis, indispensable car sans lequel plusieurs marques se seraient alors retrouvées en péril de mort imminente, est cependant très insuffisant. D’abord parce qu’il n’est qu’un sursis, même s’il a été confirmé depuis par le vote, le 8 mai, par les députés européens, d’un assouplissement des règles imposées aux constructeurs automobiles en matière d'émissions de gaz carbonique (CO2) de leurs véhicules grand public et utilitaires légers neufs. Contestée par les écologistes, qui ont inspiré la politique du « tout électrique » dont toute la filière souffre aujourd’hui, cette mesure consiste juste à donner temporairement un peu d’air aux constructeurs en prenant en compte les émissions sur trois ans, de 2025 à 2027, et non sur la seule année 2025.
Un sursis indispensable mais bien insuffisant
Ce petit délai ne s’accompagne en effet d’aucune remise en cause de la politique européenne du tout électrique et d’aucune mesure permettant de protéger les constructeurs européens et français contre les autres menaces qui pèsent sur eux. À vouloir oublier que les véritables juges de paix sont les automobilistes, et que le tout électrique, pour la très grande majorité d’entre eux, ne répond pas à leur besoin, et surtout à leurs moyens, on se heurte inévitablement à la sanction des ventes. Celles de l’électrique ne décollent pas, et la France a d’ailleurs cessé, pour des raisons budgétaires, de les favoriser artificiellement par des primes. Mais au-delà, c’est le marché global qui s’effondre, en Europe, avec une nouvelle baisse de 7,3 % des ventes observée en juin. Nombre d’automobilistes renoncent à acheter neuf, préférant faire durer leur véhicule actuel, quand c’est possible, ou acheter une occasion, sinon.
Renault dans le doute, Stellantis dans le rouge
Les deux groupes français doivent par ailleurs faire face à des difficultés supplémentaires. Renault a dû, non sans mal, se désengager de son alliance avec le constructeur Nissan, au bord de la faillite. La marque au losange a beaucoup misé sur l’électrique, mais sur les créneaux d’entrée et de milieu de gamme, à fort volume, la concurrence chinoise commence à se faire sentir et constitue une réelle menace à long terme. Il faut ajouter à cela que la boulimie normative de Bruxelles a renchéri très fortement les coûts des voitures populaires. Une difficulté qui vaut aussi pour Stellantis (groupe franco-italo-américain où l’on trouve notamment Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler et Jeep), lequel doit de son côté faire face à une dette abyssale de 2,3 milliards d’euros, au premier semestre 2025. En cause, une hausse des coûts de fabrication, une baisse des ventes, mais aussi des problèmes de fiabilité très pénalisants : fragilité du moteur PureTech et vice de conception de l’airbag Takata ont conduit à des rappels en masse et généré une fuite de clientèle au profit de la concurrence. Et contrairement à Renault et Dacia, qui écoulent l’essentiel de leur production en Europe, Stellantis doit composer avec le marché américain. Or, une partie importante de ses ventes aux États-Unis est réalisée sur des modèles assemblés hors du pays, lesquels sont soumis actuellement à une surtaxe de 25 %, un peu moindre concernant le Mexique (15 %). En vigueur depuis avril dernier, ces droits de douane auraient déjà coûté à Stellantis environ 300 millions d’euros.
L'automobile française en panne : Bruxelles a perdu les clefs
Mais de toutes ces mauvaises nouvelles, la pire pour nos constructeurs est sans doute la menace mortelle que fait peser sur eux la persistance de Bruxelles a maintenir le cap suicidaire du tout électrique à l’horizon 2035. Car si Renault, Dacia, Peugeot et Citroën (comme plusieurs autres marques européennes) étaient parfaitement armées face à la concurrence chinoise, sur le marché du thermique, c’est tout l’inverse en électrique, face à des concurrents chinois qui ont depuis longtemps mis les moyens pour dominer le marché : ils sont, aujourd’hui, les premiers fabricants mondiaux de batterie, contrôlent 70 % de la production de terres rares permettant de les fabriquer et leurs voitures sont nettement moins chères que leurs concurrentes européennes, leur production étant abondamment aidée par Pékin.
Face au précipice, le point de non-retour approche, mais Bruxelles ne semble pas décidé à donner le coup de volant salvateur.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts

































95 commentaires
Le tout électrique ne serait pas problématique si nous étendons notre parc de Centrales Nucléaires et le rajeunissons.
Ils rêvent tous d avoir une voiture électrique mais voila
L’argument , ça fait bobo gaucho écolo, les mêmes qui les achèteront quand les chinois vont casser les prix , les mêmes qui disent qu ils ont jamais votés macron , on dirait que personne a voté pour lui et pourtant il fait un deuxième mandat, et il continue à les ruiner , plus perso dans les rues pourtant on frôle la 3’e guerre mondiale, on préfère faire des débats sur les voitures électriques. Les français grandes gueules petits faiseurs vous méritez bien ce qui vous arrivent
Vous moquez à juste titre les Français : ils parviennent à ignorer l’orthographe.
Patience : Toyota développe un système d’alimentation à l’hydrogène de nos moteurs thermiques. Si nos firmes automobiles françaises veulent survivre elles n’ont pas d’autre solution que de s’y lancer d’urgence et de renvoyer les « électriques » aux oubliettes d’où ces absurdités n’auraient jamais dû sortir.
Il est tres amusant de savoir que, alors que Bruxelles veut la morts des automobiles Française et prône le tout électrique, si vous voulez vendre un appartement « tout electrique » vous serez plus pénalisés par la DPE que les habitations chauffées au fuel ou au gaz… un coeficient de 2,3 vous sera appliqué contre 1 pour les autres… Toute la cohérence de l’administration Française.
Très intéressant.
Une cohérence incohérente.
Je n’ai pas du tout compris cette soumission des constructeurs européens face au dictat d’Ursula. En acceptant cette marche forcée vers 2035 sans avoir sérieusement sondés les consommateurs, une erreur incompréhensible pour des constructeurs qui affichaient toute leur puissance dans le passé et dont leurs projets s’appuyaient toujours sur l’évolution des aspirations des européens. Ont-ils voulu jouer les fanfarons, les mieux « disants », les premiers de la classe ?
Les faiblesses des voitures électriques ne se résument pas uniquement à leur coût. Cette technologie, aujourd’hui, est un vrai boulet. Kilométrage trop limité, même en s’astreignant à une conduite exemplaire. Pertes de temps dans les recharges successives obligatoires. Avec le thermique, on peut atteindre les 1000 kms dans les mêmes conditions de conduite…, cool.
Autre aspect, se lancer dans l’électrique batterie alors que la Chine avait trois longueur d’avance sur le sujet, un suicide. Nous nous orientons à petits pas vers une situation semblable aux panneaux solaires. Nos usines de batteries seront avalées par l’ogre chinois.
Trump, quoi qu’on en dise, agit beaucoup plus intelligemment. Il laisse les constructeurs évoluer vers l’électrique à leur rythme, sans contraintes. C’est le marché et l’innovation qui commanderont.
Les Verts ont encore frappé !
Merci Mme U. Von der Leyen , il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir que cette idiotie de vouloir imposer les moteurs électriques allait tuer l’industrie automobile. Maintenant que fait on ? Même l’Allemagne décroche . Vous avez vu le repli de Porsch qui licencie , l’état de Volkswagen , de Mercédès , alors Renault rien de surprenant.
UVDL est allemande , UVDL a été placée à la tête de l’Europe maastrichienne pour servir les intérêts germaniques , il est donc logique que Bruxelles , pilotée par les « grünen » cherche à détruire le peu qu’il reste de l’industrie française au profit des prussiens . Bruxit , ou frexit , vite !
Tout cela va dans le sens de l’Histoire, dans la sud de l’Alsace et les vallées vosgiennes, il y avait le textile qui faisait vivre la population locale, travail, logement, éducation de la jeunesse, formation technique. Et puis il y avait les mines de potasse, un modèle économique, idem travail garanti, logement, commerces encadrement de la jeunesse. Sans oublier la construction mécanique qui a fait la prospérité de la grande ville.
Tout cela a disparu. Il n’y a plus que l’automobile, mais son c’est à son tour maintenant de disparaître bientôt. Heureusement que la Suisse n’est pas loin ….
La brutalité de l’imposition de l’électrique pour les autombiles par Bruxelles est une erreur monumentale et peut-être mortelle pour des pans entiers des économies mondiales. Carlos Tavares, à la tête de Stellantis, a bien tenté de tirer la sonnette d’alarme mais il a été évincé. Serait-ce la raison ? Pourquoi ne pas avoir admis la coexistence des 2 systèmes (électrique et combustion) sur une longue période ? Cela laissait du temps pour tout le monde de s’adapter. D’autant plus que d’autres systèmes peuvent très bien arriver à maturité entretemps. On pense à l’hydrogène par exemple. Quand elle aura terminé son parcours, son bilan sera établi. Il sera (il est déjà) économiquement et humainement catastrophique pour Madame Van der Leyen….vous savez, celle qui lamentablement s’est soumise il y a peu à Monsieur Trump.
Votre raisonnement n’est cohérent que si vous postulez que le CO2 est toxique. Ce qui est loin d’avoir été démontré, quoi que nous affirment les complices sorosiens de Bruxelles, Paris et autres.
Tous les secteurs sont menacés, nos agriculteurs voient leurs cheptels massacrés soit disant pour une maladie même pas transmissible à l’homme, et on abat des bovins sans même contrôler s’ils sont porteurs ou pas !!
Un vrai crève cœur et un scandale absolu, tout ça pour nous faire bouffer leurs produits du mercosur
Le secteur automobile pour nous faire accepter l’electrique , en plus les voitures une fois en fin de vie , ne sont pas recyclables, impact écologique encore non pris en compte
Les ayatollahs de l’écologie ont pris ke pouvoir à Bruxelles et imposent leur lubie. Ils auront donné le coup de grâce à la seule industie européenne encore debout.
Ces irresponsables n’ont pas encore compris qu’ils étaient en train de tuer ceux qui les entretiennent. Pire que des parasites, ce sont les fossoyeurs de l’économie européenne.
Ils ont bien aussi pensé à tuer Airbus mais ont réalisé à temps que l’Allemagne en profite.
Les véhicules thermiques ou électriques seront bientôt remplacés par des dromadaires que nous vendront l’Arabie et le Qatar. Même les Chinois ne pourront nous fournir car ils n’ont que des chameaux. Vive le progrès
Il faut d’urgence quitter cet assemblage informe dirigé par des technocrates non élus coupés des peuples .
Si déjà nous parvenions à faire déguerpir M. Macron, ce serait un encourageant début.
Les constructeurs sont les premiers à se tirer une balle dans le pied ils ont crû au père Noël de la voiture électrique tout comme les industriels avec l’énergie renouvelable qui n’a pas fait baisser les coûts de l’énergie . Dans notre pays nous avons des bons à rien qui s’imaginent résoudre des problématiques en l’espace d’un Mandat sans réfléchir aux infrastructures avenir puis nous avons les mauvais en tout qui veulent profiter d’un système pour se placer en politique et recevoir honneurs et finances avec la facilité des contributions publiques !!!
On peut admettre que l’UE fixe des objectifs de réduction des émissions des automobiles, mais à condition qu’ils soient réalistes et surtout sans imposer une technologie unique, à savoir l’électrique. Grâce à leurs capacités d’innovation, les constructeurs pourraient mettre au point des technologies permettant de réduire les émissions (amélioration des moteurs, carburants synthétiques, hydrogène,…) sans remettre en cause le moteur thermique et toutes les infrastructures qui l’accompagnent (production et distribution de carburants). De plus, la comparaison des émissions de CO2 entre le thermique et l’électrique doit intégrer les émissions liées à la fabrication : un véhicule électrique compense son excédent d’émissions de fabrication par rapport au thermique seulement à partir d’environ 70 000 km. Enfin, il faut aussi tenir compte du CO2 émis pour produire l’électricité consommée par un véhicule électrique : décarbonée à 95% en France et seulement à 54% en Allemagne avec 40% de charbon et de gaz.
L’Europe qui a l’argent gratuit facile ne veut plus d’industrie, d’aucune sorte. L’automobile étant la dernière grande industrie l’UE, bien aidée par les gouvernements français et allemands, a décidé d’en finir avec ces pollueurs. Et tant pis pour ses 14 millions d’emplois et la pollution supplémentaire liée aux véhicules électriques. Ce qui est réconfortant c’est qu’une fois l’industrie européenne définitivement coulée, nous pourrons de nouveau rouler en véhicules thermiques … mais chinois.