La lutte contre le narcotrafic : avec quels moyens ?
Faut-il y voir un piège de la communication à outrance ou bien le signe d’une confondante naïveté ? À moins que ce ne soit le miracle d’un éclair de lucidité ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu l’a déclaré hier, à l’Assemblée : la lutte contre le narcotrafic « est un combat qui ne fait que commencer ». C’est bien le problème.
Depuis qu’il règne sur la France, Emmanuel Macron n’aura cessé de déclarer la guerre : au terrorisme, au Covid-19, à l’endométriose, à la maladie mentale, au harcèlement scolaire, aux réseaux sociaux, aux punaises de lit, à la cybercriminalité, aux violences faites aux femmes… tout cela sans mener de réelles actions. Souvent rien qu'un Numéro Vert de plus sur la liste.
Un Numéro Vert et… au suivant !
Depuis mardi, le narcotrafic s’est ajouté à la liste. Alors que tous – maires, services de police, magistrats – alertent depuis des années sur l’explosion des trafics, dénonçant la mise en place sur notre sol d’un véritable narco-État et de l’insécurité exponentielle qui en découle, l’Élysée s’est jusqu’ici contenté de dénoncer « le brainwashing » des médias prétendument d’extrême droite sur l’insécurité. Il aura fallu l’assassinat de Mehdi Kessaci, le 13 novembre à Marseille, et sa qualification de « point de bascule » par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour que le président de la République convoque à l’Élysée une réunion sur le sujet.
Les obsèques du jeune homme, deuxième tué de la famille, victime d’un « crime d’intimidation », ont eu lieu sous très haute surveillance policière. En habitué des rodomontades, Emmanuel Macron a donné des coups de menton : on va voir ce qu’on va voir, c’est-à-dire ce qu’on n’a pas vu jusqu’ici.
Le Président a insisté « sur l’importance d’une politique de prévention et de sensibilisation », parce que, voyez-vous, « c’est parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants ». Mince, alors ! Et d’ajouter : « On ne peut pas déplorer d’un côté les morts et, de l’autre, continuer à consommer le soir en rentrant du travail. » C’est ben vrai, Madame Michu ! C’est là où l’on décèle toute l’intelligence du monarque, sa finesse d’analyse, son sens de l’anticipation. Grand Dieu ! comme disait l’autre, si seulement cet homme était Président, nous serions sauvés !
Il l’est, depuis huit ans et demi, pour notre plus grand malheur. En effet, il n’y a bien que lui pour découvrir l’eau tiède.
La répression ? Le Conseil constitutionnel n’en veut pas
À l’heure où Emmanuel Macron enfilait des banalités se tenait le rassemblement annuel de l’Association des maires de France (AMF). On y débattait, notamment, d’une mesure considérée par beaucoup comme vitale, dans le contexte d’insécurité actuel : faut-il armer toutes les polices municipales ? Derrière la question, un constat : l’insécurité ravage les villes dont le maire est très à gauche, particulièrement les municipalités écolos. Elles préfèrent financer des cours d’école dégenrées plutôt que des caméras de sécurité ou, pire que tout, l’armement de leur police municipale.
Il y aurait là, nous disent les bien-pensants, un clivage gauche/droite, les premiers se posant en défenseurs de la liberté quand les seconds seraient obsédés par la sécurité. Avec le bon sens qui la caractérise, Gabrielle Cluzel s’étonnait ainsi, sur Europe 1 : « Un policier non armé, ça sert à quoi ? C’est juste avoir une cible dans le dos. On se demande pourquoi certains maires soutiennent encore cette interdiction. » Invité de l’émission, Xavier Melki, le maire de Franconville, expliquait que les policiers municipaux n’ont pas le droit de fouiller les coffres, pas le droit de verbaliser quelqu’un qui fume du cannabis. C’est le Conseil constitutionnel qui le leur a interdit. Ils doivent appeler la police nationale… occupée ailleurs. Une mesure folle, rétorquait Gabrielle Cluzel : « Moi, je gare ma voiture sur un bateau, je me fais verbaliser, et le voisin qui fume un joint ne se fait pas verbaliser ! Ça veut dire qu’il faut changer la loi. On voit bien pourquoi ils ne sont pas armés, pour le moment. C’est sûr que pour verbaliser madame Cluzel qui a mal garé sa bagnole, on n’a pas besoin d’arme, je vous le garantis. En revanche, pour le gars qui est soit acheteur soit vendeur, c’est plus compliqué. »
Des propos confirmés par David Lisnard, invité lui aussi de Christine Kelly, dans Face à l’info, sur CNews. Le président de l’AMF expliquait que les édiles alertent depuis des années sur l’extension du narcotrafic à la ruralité. Ils ont également été les premiers à alerter sur la crise du logement, sur la complicité des familles, les risques de corruption…
250.000 personnes vivraient du narcotrafic sur notre sol, dit-il. C’est plus que les gendarmes et les policiers, qui ne sont que 220.000. Dès lors, « comment peut-on encore parler d’État de droit dans certains territoires ? Comment les maires peuvent-ils faire face au narcotrafic, aux armes, à l’insécurité ? » Le chiffre d’affaires de la drogue est, « a minima, estimé à 7 milliards d’euros quand le budget total de la Justice est de 10 milliards. C’est dire la puissance corruptrice de cette mafia », ajoute David Lisnard.
« On le sait depuis la Sicile, concluait le maire de Cannes, les mafias naissent toujours quand l’État est absent. Elles instaurent un autre ordre, mais un ordre violent, un ordre mafieux. » Comme on l’a vu pendant les émeutes de 2023 – même s’il faut, bien sûr, saluer l’énorme travail de la police et de la gendarmerie –, ce sont les dealers qui ont dit « on arrête la récréation ».
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42 commentaires
C’est bien joli d’armer la police municipale, mais si elle n’a pas le droit d’utiliser ses armes, ou qu’elle craint de les utiliser, à quoi ça sert ???
Les narco trafiquants nous rient au nez, ils sont dans une compétition de natation, tandis qu’ils évoluent avec des palmes et des combinaisons flottantes, policiers, gendarmes et magistrats sont lestés de casques lourds, gilets pare balles, chaussures de sécurité et code de procédure pénale en poche.
La cour des comptes evalue à 1100 emplois temps plein la charge des syndicats de la police nationale. Et à quoi servent les syndicats ? A intervenir à chaque événement pour dire qu’il n’y a pas assez d’effectifs. Donc on en paye 1100 pour nous dire qu’ils ne sont pas assez nombreux. Alors qu’on les remette sur le terrain.
Les consommateurs doivent êtres pénalisés : amendes, perte de logement sociaux et autres avantages liés à la solidarité nationale. Restriction du permis de conduire, interdiction de tenir certains emplois, etc. Pas de prison, mais ils doivent êtres désignés comme des parias.
Oui
Alors … par définition un consommateur de drogue est déjà un délinquant et se comporte comme tel. Le taux de recouvrement des amendes est inférieur à 50% (il me semble). La restriction du permis de conduire … la triste affaire Palmade nous donne une idée de l’efficacité d’une telle mesure. La perte du logement social et d’aides sociales, est une piste intéressante … si la gauche et quelques associations ne viennent pas s’en mêler. L’interdiction de certains emplois, oui, on imagine mal un consommateur régulier de stupéfiants conduire un bus scolaire par exemple, mais cela risque de se terminer en arrêt maladie interminable avec une prise en charge complète des soins et toutes les aides sociales qui vont découler du fait de l’arrêt d’activité. Bref, c’est encore Nicolas qui va payer. Le problème de notre société, c’est qu’elle a abandonné le principe de la sanction, on ne sanctionne pas le consommateur qui est considéré comme un malade qu’il faut soigner et prendre en charge, on se sanctionne pas le traficant qui est considéré comme une victime de la société qui l’a rejeté. Il faudrait déjà changer ce logiciel avant de pouvoir appliquer ce que vous suggérez. La route est encore longue …
Ceux qui ont critique l’Italie de Mellini devrait encore aller chercher des idées chez elle comme pour les oraisons. Je me souviens lorsqu’elle est arrivée au pouvoir ,tout les biens pensants de la la macronie et de la gauche jetaient leur venin( macron inclus ) sur cette femme sans ka connaître…et après ils allaient chercher des idées chez elle. Ça prouve qu’une melloni en France peut faire le job
Pour enrayer le narcotrafic qui prend une ascension fulgurante le seul moyen une loi d’exception votée par des élus exceptionnels suivis par des magistrats exceptionnels. Aujourd’hui ce n’est pas demain la veille qu’on va trouver de telles exceptions. La Colombie a subi Escobar et a pu le neutraliser à force de combativité et de nombreux assassinats. C’est avec une armée de militaires spécialisés que le phénomène s’est calmé. En France, état de droit pour tous rien n’y fera. Pour cela il faut des politiques courageux et non des politicouards.
Dans certaines communes , il ne faut pas se voiler la face, le maires fait preuve de bienveillance et ferme les yeux car c’est son électorat et puis le trafic de drogue et l’économie souterraine qu’il génère soulage les maires du social.
Rendons hommage à Medhi Kessaci qui, a Marseille, a payé de sa vie sa lutte contre les narcotrafiquants.
La mobilisation et la lutte que son frère va continuer de mener nous montre que les jeunes des quartiers nord de la ville sont loin d’être tous soumis à ce trafic morbide.
Leur courage et leur engagement, s’ils représentent une goutte d’eau dans l’océan, nous montrent le chemin à suivre.
Aux politiques de continuer de renforcer la lutte contre les narcotrafiquants.
Quand un pédophile regarde des vidéos horribles sur son ordinateur, il est complice d’une activité criminelle. Il n’a pas lui-même fait les vidéos, il n’en est que le consommateur et pourtant il est lourdement condamné, à bon droit. Par quel miracle s’obstine-t-on à exempter les consommateurs de drogue de toute punition? Ils sont pourtant coupables du chef d’être accessoires ou complices dans la perpétration d’un crime qui est le deal de drogue. Or l’argent est ce qui fait le plus de mal aux dealers : quand les Douanes mettent la main sur des valises de fric, elles doivent les cacher très vite car pour l’argent il se montent souvent des opérations de braquage à main armée des brigades, cependant que la perte de la « came » n’est rien, car elle se refait. Ce qui marche donc vraiment est de frapper au portefeuille, c’est à dire des amendes substantielles pour les consommateurs. Après tout, s’ils peuvent se payer de la drogue ils ne sont pas insolvables ; ils peuvent payer des amendes.
En théorie vous avez raison, mais la réalité est plus complexe, d’ailleurs si le problème du trafic et de consommation de stupéfiants était simple, il aurait été réglé depuis longtemps. Taper les consommateurs au portefeuille, cela existe déjà, c’est l’amende forfaitaire délictuelle (AFD), dont le taux de recouvrement est … inférieur à 50% (à vérifier tout de même, mais je crois que c’est de cet ordre). Etre solvable, ne signifie pas forcément payer l’amende. Les amendes, en France, c’est un peu comme les peines de prison, entre ce qui est prononcé par le juge et ce qui est réellement exécuté, il y a souvent de la marge.
Déclarer la guerre au narcotrafic est une bonne chose, quand on l’aura gagnée on pourra déclarer la guerre à la Russie. La bonne nouvelle, c’est que la troisième guerre mondiale n’est pas pour demain et que Vladimir Poutine peut dormir sur ses deux oreilles.
Dechéance de la nationalité française pour les dealeurs et trafiquants binationaux.
En 6 mois , cela cessera les trafics .
Mais il faut du courage et s’attendre a des émeutes dans les cités.
Chose que redoute le pouvoir
De manière générale et pas pour le narcotrafic seulement, réinstaurer l’ordre dans notre pays passera par la violence. Or nous avons renoncé à l’usage de la force, sauf … pour le citoyen lambda qui commet une infraction minime. Pour l’instant, cette histoire de guerre déclarée au trafic de drogue me laisse assez dubitatif. On nous refait le coup du « nous sommes en gueeeerre ! » … et c’est peut-être une fois de trop.
Tout a fait d’accord c’est
un peu l’histoire du cri » au loup » sauf que le vrai loup c’est pas la Russie,le Covid ou le » narcotrafic » c’est le macronisme..
Ayant vécu 12 ans dans les pays du golfe .
J’ai jamais vu de dealeurs aux sorties des écoles.
Il est vrai les 30 ans de taule voir la peine de mort , ne favorise pas les vocations de dealeurs.
Généralement les dealeurs se font arrêter a l’aéroport en provenance de leurs pays d’origine.
Afganistan maroc .
Ces immigrés venus travailler aux Émirats.
Sont alors jugés et explusé a l’issue de leurs peines .
Sûr, mais il nous faudrait un Etat fort qui le décide. Supprimer CNews est plus urgent.
La question « faut-il armer toutes les polices municipales ? » apparaît presque caduque ou tout le moins périmée, car dans un très proche avenir la question vitale qui se posera sera : « faut-il armer chaque citoyen possédant un casier judiciaire vierge ? «
Et dire que des milliers d’armes ont ete recupereees par la gendarmerie sur simple injonction ….on l’a vu pour le covid les moutons dont prets pour le sacrifice…
C’est pas en déménageant les écoles pour faire plaisir aux dealers que l’on combat.
« les édiles alertent depuis des années sur l’extension du narcotrafic à la ruralité » …
ET que s’est-il passé ? ! … RIEN ! …
macron et Marseille en est la preuve ! … « Ca » coûte un pognon de dingue et ça s’empire toutes les semaines ! …
J’ai habité dans un village de 40 habitants près de Dreux … Une BMW venait TOUS les vendredis soirs pour « fourguer » ses marchandises aux dealeurs du coin … Ce sont quelques uns d’entre nous qui l’avons « dissuadé » de revenir dont des « chasseurs » ! …
BMW su 93 ?
exact et ils alimentaient aussi un gros traffic d’armes dans un village un peu plus loin…..qui a été démantelé par la gendarmerie