La Cour des comptes dénonce le coût exorbitant des énergies intermittentes
Au fil des semaines s’accumulent les preuves, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a cure, de l’inutilité, de la nocivité et des surcoûts exorbitants de la PPE3 (programmation pluriannuelle de l’énergie), qui augmente la part des énergies intermittentes dans notre mix énergétique.
Ce plan, adopté par décret le 12 février 2026, tant il faisait l’objet d’un rejet d’une majorité de politiques et de nombreux spécialistes et professionnels de l’énergie, est désormais aussi dans le viseur de la Cour des comptes, qui en a épinglé les coûts pour les finances publiques. Dans un rapport publié le 18 mars dernier, ce rapport confirme les innombrables mises en garde des professionnels de l’énergie.
Le rapport d’EDF, révélateur bien que tronqué
Il avalise aussi le rapport d’EDF sur les impacts négatifs de la modulation (arrêts et remises en route à haute fréquence) sur nos centrales nucléaires. Ce rapport, le gouvernement en a retardé la sortie, le temps de promulguer son décret avant d’en supprimer le chapitre 5 consacré au coûts.
Cette modulation contrainte, due à la priorité donnée aux énergies intermittentes, avait déjà fait l’objet, début 2024, d’une question écrite du député RN Jean-Philippe Tanguy au gouvernement. Déjà, à l’époque, les effets négatifs de ce fonctionnement « en dents de scie » du nucléaire étaient sur la place publique. Tout le monde savait, gouvernement compris, ce que ne faisait que confirmer le rapport d’EDF : la modulation est une utilisation anormale des centrales nucléaires, qui provoque une usure précoce de certains composants, donc des surcoûts d’entretien.
L’intermittence augmente le coût du nucléaire
Ces coûts relatifs à la modulation font l’objet d’une étude qu’achèvent actuellement Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d’EDF, et Thierry Tuot, ancien conseiller d’État et ancien directeur général de la Commission de régulation de l’énergie. Leur rapport d’audit est annoncé pour ce printemps.
Ces surcoûts de modulation s’ajoutent à ceux, déjà faramineux, du raccordement des nouveaux sites d’éoliennes et de panneaux solaires au réseau RTE de distribution de l’électricité. Le coût du seul raccordement des éoliennes en mer atteint ainsi les 37 milliards d’euros.
Autant de dépenses dont la justification paraît d’autant moins évidente qu’elles sont censées accompagner un développement des énergies renouvelables qui gonfle les capacités de production électrique de la France, alors que nous sommes déjà en situation de surproduction.
Ces surcoûts inutiles se répercutent finalement sur nos factures d’électricité, lesquelles ont déjà doublé sur la dernière décennie et dont les objectifs fixés dans le cadre de la PPE3 indiquent qu’elles devraient doubler à nouveau dans les dix ans à venir.
Le renouvelable est sur-subventionné
Le rapport de la Cour de comptes, qui, heureux hasard, paraît lui aussi après la promulgation du décret PPE 3, s’est attaché à décortiquer un autre aspect de cette politique verte si dispendieuse : celui des aides et subventions accordées par l’État aux producteurs d’énergies renouvelables. Son enquête conclut à des pratiques pour le moins contestables : « sur-rémunérations », « contrôle insuffisant des producteurs », « sanctions quasi inexistantes ». Il constate que cela a pour conséquence de grever significativement les finances publiques. Le rapport relève, par ailleurs, « un transfert de la contrainte budgétaire infra-annuelle aux dépens de la trésorerie d’EDF », déjà lourdement endettée et dont les perspectives restent incertaines.
Comme le note la revue Transitions et Énergies, le renouvelable est largement sur-subventionné, à un niveau que rien ne justifie. La Cour des comptes propose bien huit recommandations afin de corriger les abus les plus manifestes qu’elle a constatés. Mais l'on voit bien que ces mesures, pour indispensables qu’elles puissent paraître, semblent pourtant bien dérisoires. Car la seule question qui reste posée, une fois les constats posés, est bien de savoir si l’inutile, quel que soit son coût, n’est pas toujours trop cher.
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2 commentaires
Nous sommes donc en sur production et en sur facturation où par donc tou ce pognon ?
Tout ça, massacre du nucléaire, gaspillage monstrueux, pour avoir voulu gagner les voix écologistes. Une hérésie.