Incendie à Médavy : un château et ses collections partent en cendres
Le château de Médavy, dans l’Orne, est plus qu’une demeure : il incarne six siècles d’Histoire, des fortifications médiévales aux élégantes reconstructions classiques du XVIIIe siècle. Classé monument historique, il accueillait encore, récemment, de nombreux visiteurs et exposait une riche collection d’objets d’art et de cartes anciennes. Dans la nuit du 24 au 25 septembre 2025, ce patrimoine a pourtant été ravagé par un incendie spectaculaire qui a réduit en cendres une partie de l’édifice et de ses trésors.
Une nuit de cendres et de mémoire
Dans la nuit du 24 au 25 septembre, le château de Médavy, joyau du patrimoine ornais, a été touché par un incendie d’une exceptionnelle ampleur. L’alerte a été donnée vers minuit et demi et près de 70 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour contenir les flammes qui embrasaient la toiture et faisaient s’effondrer les poutres du premier étage. Heureusement, aucune victime n’a été à déplorer, mais le choc est grand pour la région normande et pour tous ceux qui connaissaient ce lieu élégant et ouvert au public.
Les images prises pendant l’intervention montrent des colonnes de fumée sombre et des pompiers à l’œuvre depuis des camions à échelle, arrosant ce qui subsistait des combles. Vers 5 h 45, le feu a pu être maîtrisé, après plus de cinq heures de lutte. Les pompiers ont alors réussi à préserver l’une des ailes du château, mais près des deux tiers du monument ont été détruits. Selon les premières estimations, la moitié des œuvres et objets d’art, notamment des cartes, des globes anciens, des meubles remarquables et des portraits uniques, a disparu dans les flammes. L’actuel propriétaire, Jean-Louis Charon, déplore auprès de Ouest-France cette perte irrémédiable pour le patrimoine. Une enquête technique a été ouverte pour préciser l’origine du sinistre, encore inconnue, et pour évaluer l’état réel des structures encore debout.
La préfecture de l’Orne, avec les élus locaux, a rapidement exprimé son soutien aux propriétaires et a annoncé, en lien avec la DRAC, un accompagnement pour faire face aux difficultés qui s’annoncent et seront sans nul doute nombreuses.
Dans la nuit du 24 au 25 septembre, un incendie s’est déclaré au château de Médavy. À 5h45, le feu était circonscrit. Des interventions restent en cours pour éteindre les dernières braises et déblayer.
Hervé TOURMENTE, préfet de l’Orne, était cette nuit sur site pour coordonner… pic.twitter.com/vXhdzCDFH1
— Préfet de l'Orne (@Prefet61) September 25, 2025
Un château bâti sur une forteresse médiévale
Le château de Médavy se dresse sur les vestiges d’une ancienne place forte médiévale. Cette forteresse, construite au XIIe siècle pour contrôler la route entre Argentan et Sées, fut en grande partie détruite pendant la guerre de Cent Ans. À la fin du conflit, le domaine passa alors entre les mains de la puissante famille Rouxel, dont plusieurs membres se distinguèrent au service du royaume et furent élevés à la dignité de maréchaux de France. C’est notamment grâce à l’un d’entre eux, Jacques Léonor Rouxel de Grancey, que l’on doit l’aspect actuel du château. Devenu maréchal de France, il entreprit, en 1704, une ambitieuse campagne de reconstruction, dotant Médavy d’une demeure d’inspiration classique, fidèle à l’esprit des créations de François Mansart.
En 1754, le domaine fut ensuite acquis par Pierre Thiroux de Montregard, fermier général, grand propriétaire terrien et premier valet de chambre du roi Louis XVI en 1789. Il fit agrandir et embellir le château, y ajoutant un escalier monumental, de vastes communs et un colombier. Cependant, la Révolution mit brutalement fin à son œuvre : obligé de quitter la France, il mourut en exil en 1792. Deux ans plus tard, Médavy fut dépouillé de son mobilier et demeura inhabité durant près d’une décennie.
Aux XIXe et XXe siècles, le château connut à nouveau plusieurs changements de propriétaires et diverses campagnes de restauration. Afin de préserver l’esprit du lieu, le château et ses abords bénéficient d’une protection au titre des Monuments historiques depuis 1926, mais il faut attendre 1976 pour qu’une nouvelle page s’ouvre lorsque Maurice Rey et son épouse décident d’ouvrir Médavy au public. Enfin, en 2004, le domaine fut acquis par son propriétaire actuel, qui engagea de nouveaux travaux de restauration et enrichit le site par une remarquable collection d’objets d’art, de cartes et de globes anciens, accessible aux visiteurs jusqu’au récent sinistre.
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36 commentaires
» Aucune victime n’est à déplorer ».
Déception de voir cette expression sur boulevard Voltaire.
S’il n’ y a pas de victime, pourquoi en parler. Les riverains et surtout le propriétaire ne souffrent pas de l’incendie et n’en sont donc pas victimes?
Le terme victime ayant plusieurs sens, il serait préférable d’employer un terme plus exact. « Aucun mort » ou « aucun dégât humain », par exemple.
On entend parfois aussi l’expression » il y a des blessés mais pas de victime ». Une façon qui me semble malsaine de ne pas donner son nom à la mort.
Après les églises, les châteaux…
C’est très louche… un incendie d’une telle puissance dans un monument historique renfermant des œuvres d’art alors qu’il est censé être protégé par moultes alarmes et coupe-feu ! Si protégé, qui a coupé les dispositifs de sécurité ??
Encore un incendie accidentel ?
Et les DAF? et les détecteurs de température? et les alarmes anti-intrusion? Chez les particuliers ça fonctionne, et pas dans un château classé, avec objets de valeur?
Ces brusques incendies nocturnes sont suspects .
» Aucune victime n’est à déplorer ».
Déception de voir cette expression sur boulevard Voltaire.
S’il n’ y a pas de victime, pourquoi en parler. Les riverains et surtout le propriétaire ne souffrent pas de l’incendie et n’en sont donc pas victimes?
Le terme victime ayant plusieurs sens, il serait préférable d’employer un terme plus exact. « Aucun mort » ou « aucun dégât humain », par exemple.
On entend parfois aussi l’expression » il y a des blessés mais pas de victime ». Une façon qui me semble malsaine de ne pas donner son nom à la mort.
Beaucoup de choses ont tendance à prendre feu en France, réchauffement climatique ou guerre larvée ?
Bizarre, bizarre vous avez dit bizarre. oui sans doute un accident ? certainement, à moins qu’un étourdi
qui a oublié d’éteindre la bougie dans le salon.
Ou un simple mégot de cigarette mal éteint de l’un des salariés?
Vous ne trouvez pas que les incendies qui prolifèrent actuellement ont quelque chose de bizarre ? Sans aller jusqu’à dire comme Apathie qu’il faut raser Versailles (sic) ..on peut dire que notre patrimoine s’en va en fumée ….
Encore surement un mégot mal éteint, sera t’on un jour la vérité sur NOTRE DAME, on nous prend vraiment pour des poulets de quinze jours!!!!
Encore surement un mégot mal éteint, sera t’on un jour la vérité sur NOTRE DAME, on nous prend vraiment pour des poulet de quinze jours!!!!
Nous avons de connaître l’origine…
M’EST AVIS
…que le nombre en forte croissance d’incendies en tous genres est suspect.
Oh oui !!!
Quelle tristesse.
Les églises, les chateaux, tout fout le camp !
Sauf ceux qui nous gouvernent et nous plongent dans le désarroi.