Incarcération de Nicolas Sarkozy : méritée ou non ? La droite se déchire
L’entrée de Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé, ce mardi 21 octobre, ravive les tensions, à droite, entre les fervents défenseurs de l’ancien président de la République et ceux qui estiment, à la lumière de son bilan, que ce dernier mérite le sort qui lui est réservé. Les lecteurs de Boulevard Voltaire n’échappent pas à cette dichotomie.
Ce matin, dès l’aube, les plus fidèles supporters de l’ancien chef de file de la droite française se sont pressés à son domicile pour soutenir leur héros et lui témoigner une affection sans faille. Plusieurs centaines d’indéfectibles sarkozystes faisaient corps, villa Montmorency, dans ce quartier très huppé du XVIe arrondissement. Drapeaux français, applaudissements, silence recueilli : la scène, aux accents napoléoniens, avait des airs d’adieux de Fontainebleau.
Depuis plusieurs semaines, désormais, le monde politico-médiatique n’en finit plus de traiter le cas Sarkozy. Avec notamment cette idée, défendue par beaucoup à droite, que le jugement et la peine infligés sont ou injustes ou totalement disproportionnés quant aux faits. L’ancien président de l’UMP serait victime d’une justice de gauche qui ne s’est pas gênée pour « se farcir » l’homme du « Kärcher™ ».
« Nicolas Sarkozy a fait plus de mal que Rima Hassan »
Une position exprimée, par exemple, par Pascal Praud, sur CNews, dans L’Heure des pros, lundi 20 octobre. Il décrivait « l’état de sidération du monde entier qui voit un ancien président de la République entrer en prison, présumé innocent puisqu’il a fait appel, pour des faits qui sont, selon le tribunal, sans doute graves, mais qui ne nécessitaient évidemment pas - il y a un consensus - d’exécution provisoire ». Le journaliste vedette de CNews appuie son raisonnement sur l’incompréhension populaire : « Il suffit d’aller dans la rue, vous ne trouverez pas grand monde - pour ne pas dire personne - qui comprend cette décision. »
Mais d’aucun ne l’entendent pas de cette manière. Pierre Sautarel, le célèbre influenceur de la droite nationale, l’homme qui se trouve derrière le très influent site Internet Fdesouche, se débat pour ramener à la surface les raisons pour lesquelles, selon lui, on ne peut trouver de circonstances atténuantes à Nicolas Sarkozy. Sa détestation du bilan politique de l’ancien ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac le fait réagir très vivement, sur le réseau social X, contre tout ce qui s’apparente à un soutien de l’ancien Président. Il l'accuse d’avoir « fait plus de mal que Rima Hassan ». Lors d’une passe d’armes survenue hier, c’est le journaliste du Figaro Alexandre Devecchio qui s’est attiré ses foudres. « Mes obsessions sont à la mesure de la propagande que vous nous infligez pour ériger Sarkozy en figure christique », répond Sautarel à notre confrère, en l’accusant de « mettre sur le même plan l’inéligibilité éventuelle de Marine Le Pen, pour une peccadille, et la condamnation de Sarkozy dans une affaire de corruption aux répercussions géopolitiques désastreuses ». « Sa condamnation s’inscrit dans un processus de confiscation de la démocratie par une partie des magistrats, […] Vous devriez vous détacher de votre haine pour le personnage et réfléchir en fonction de l’intérêt général », défend le journaliste, partisan de la thèse de l’abus de pouvoir des juges : « Je suis par ailleurs convaincu que les juges veulent régler leurs comptes non seulement avec lui, mais aussi, à travers lui, véhiculer leur idéologie, montrer que ce sont eux, finalement, qui décident de la politique pénale ». Les propos de Devecchio résument l’argumentaire de beaucoup : « Les magistrats sont indépendants mais se doivent d’appliquer la loi en toute impartialité. Lorsqu’ils interprètent la loi au point de la fabriquer, ils empiètent sur la volonté populaire. »
Un soutien déconnecté ?
Le fameux « Bouli », compte très influent sur le réseau social X, notamment à l’origine du fameux « C’est Nicolas qui paie », partage cette aversion pour Nicolas Sarkozy et le traitement de sa condamnation. Ce profil aux 117.000 abonnés prend, lui aussi, un malin plaisir à railler les médias qui se rendraient coupables de sarkomania. « Cnews, Le Figaro et Europe 1 aujourd’hui », a-t-il légendé, ce mardi, en commentaire d’un dessin satirique représentant quatre vieillards en pleurs qui invoquent, mains jointes... « saint Sarko ». Une icône religieuse représente aussi l'ancien locataire de la place Beauvau et de l'Élysée en homme d’Église, évangile à la main, portant l’auréole des hommes de bonne volonté donnés en exemple au peuple chrétien.
Beaucoup d'internautes sont convaincus que la défense de l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, affaire de Parisiens et de bourgeois, n’est qu’une déconnexion supplémentaire : l’immense majorité des Français est indifférente au sort de Nicolas Sarkozy. Un député RN abondait en ce sens, auprès de Boulevard Voltaire, il y a quelques jours. « Sur les marchés, personne ne m’a jamais parlé de ce qui arrive à Nicolas Sarkozy, tout le monde s’en fout ! » Désormais derrière les barreaux, l'intéressé n'est certainement pas de cet avis...
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































155 commentaires
Selon les statistiques du ministère de la justice, sur 100 condamnés en 1ère instance à 2 ans de prison et plus, 86 sont mis sous mandat de dépôt (incarcérés) sur le champ sans attendre l’appel. Parmi les 14 autres non emprisonnés, la quasi-totalité concerne des individus non comparants et d’autres s’étant mis en cavale pour échapper aux poursuites. Enfin, une petite minorité se rapporte à des condamnés gravement malades et dont l’état de santé est incompatible avec une incarcération.
Or, ayant été condamné à 5 ans ferme, Sarkozy entre largement dans la catégorie des gens appelés à être mis en détention. La loi pénale d’appliquant à tous, il n’y donc aucune raison pour qu’elle ne lui soit pas appliquée comme à tout autre justiciable, dans l’attente de la décision de la cour d’appel laquelle devra statuer dans les 2 mois sur sa demande de remise en liberté.
Bien que, comme vous j’imagine, le fait que Sarkozy dorme en prison ne m’empêche pas de dormir au regard de la totalité de son œuvre plus que néfaste à la souveraineté de la France, l’honnêteté intellectuelle impose cependant de signaler que vos chiffres ne veulent, tels quels, absolument rien dire !
En effet, le mandat de dépôt avant appel ou exécution provisoire, est prononcé sous trois conditions non cumulatives. Écarter le risque que le prévenu, présumé innocent s’il fait appel :
1- se soustraie à la justice (fuite, …);
2- ou, fasse disparaître ou s’entendent avec d’autres prévenus pour faire disparaître des preuves … qui selon le jugement même de première instance de Sarkozy n’existent pas. Il y a donc peu de chance que Sarkozy et ses présumés complices fassent disparaître ce qui n’existe pas;
3- ou réitère ou récidive … ce qui n’a bien évidemment aucun sens dans l’affaire Sarkozy.
Pour être crédibles, vos 86% de mise sous mandat de dépôt en première instance devraient donc préciser pour chacun de cas qu’ils représentent si les condamnés en première instance, également présumés innocents s’ils ont fait appel, présentaient un des trois critères ci-dessus ! Ce qui, au regard de la population qui remplit majoritairement nos prisons, est très probablement le cas.
MERCI @ Tureverbere pour son excellent commentaire posté le 22Oct à 09h45.