« Ils frappaient ma tête » : un père de famille violemment agressé à Brest 

« Ce n’est pas normal que dans mon quartier, je ne puisse pas vivre en paix ! » se désole cet homme, lynché au sol.
© Photo de Scott Rodgerson- Unsplash
© Photo de Scott Rodgerson- Unsplash

C’était un dimanche soir tranquille. Le 4 mai dernier, Yann* regardait un film avec son épouse. Des cris et des bris de verre viennent alors perturber le calme de ce quartier résidentiel de Brest. « Il y avait un bruit de casse, on est sorti pour voir ce qu’il se passait », raconte le père de famille, à BV. Il se retrouve alors nez à nez avec une bande d’une dizaine de jeunes qui s’amusent à dégrader les véhicules - dont le sien - garés dans la rue. « Ça m’a mis hors de moi, se souvient Yann. J’ai passé mon téléphone à mon épouse pour qu’elle appelle la police et je me suis mis à les suivre. Je voulais pouvoir les désigner aux forces de l’ordre. » Mais rapidement, la situation dégénère…

« Ils avaient des matraques »

Ce père de six enfants, investi dans le scoutisme, pense pouvoir discuter avec ces jeunes, et peut-être même les raisonner. Jamais il n’imagine qu’il peut se faire agresser. « C’est totalement hors de mon référentiel ! » Pourtant, alors qu’il suit la bande dans une rue voisine, Yann est attaqué par derrière. « Quatre d’entre eux se sont cachés et m’ont pris par surprise. J’ai tenté de m’échapper mais ils m’ont mis à terre et ont commencé à me frapper », rapporte-t-il. « Ils étaient armés de matraques télescopiques, ils m’insultaient. Ils tentaient même de frapper ma tête » poursuit le père de famille, qui « se voit alors mourir ». Un voisin courageux finit par sortir de chez lui, suivi de près par les forces de l’ordre, et met en fuite les jeunes délinquants. Quatre sont interpellés. Mineurs, ils seront relâchés dès le lendemain. « Quand j’ai déposé plainte, les policiers m’ont expliqué qu’ils allaient les relâcher, qu’ils les rattraperaient dans dix jours et qu’ils seraient à nouveau relâchés », se désole Yann. Pire : ces mineurs « ont tenu 24 heures sans lâcher leurs copains. Résultat : ils prennent du galon et gagnent l’estime de leur groupe. »

Le lendemain, le père de famille garde les séquelles de sa violente agression. « J’avais beaucoup d’hématomes sur tout le corps. Le médecin légiste a mis près d’une heure à tous les examiner ! » Il se voit prescrire 10 jours d’interruption totale de travail (ITT). Les jours qui suivent, la douleur l’empêche de se déplacer, de conduire et même de dormir. À cela s’ajoute le choc psychologique. « J’ai peur le soir, j’ai peur pour mes enfants », nous confie Yann.

Il interpelle Darmanin et Retailleau

Vingt jours après les faits, ce père de famille reste sidéré et ressent un profond sentiment d’injustice. « D’abord, ils viennent casser ma voiture alors que je n’ai rien fait. Ensuite, je n’ai même pas pu leur parler, explique-t-il. Ils ont visé ma tête, c’était pour me tuer. J’aurais donc voulu leur expliquer qu'ils étaient sur le point de tuer. »

Quelques jours après son agression, Yann décide de raconter, sur ses réseaux sociaux, ce qui lui est arrivé. « C’était thérapeutique, j’avais besoin que ça se sache. » À la fin de son mot, il décide d’interpeller Gérald Darmanin et Bruno Retailleau. « Quelle est la suite ? Une nouvelle sauvagerie ? Un mort de plus ? Quelle est la solution pour vivre en paix ? », s’interroge-t-il. « Au fond, ce n’est pas aux jeunes qui m’ont agressé que j’en veux. Je les plains. Je me demande quel sera leur avenir. J’en veux surtout à notre système. Comment notre système a pu fabriquer ça ? [….] Ce n’est pas normal que dans mon quartier, je ne puisse pas vivre en paix ! »

 

*Le prénom a été modifié 

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

86 commentaires

  1. Il vit dans une grotte ? Cela fait de nombreuses années que des gens meurent régulièrement pour avoir tenté de dialoguer avec des voyous en bande.

  2. Les politicards au pouvoir ainsi que de très nombreux français vivent dans un monde de bisous ours complètement déconnecté de la réalité
    Réveillez vous

  3. Il n’en veut pas à ces « jeunes », il en veut au système ? Il veut leur parler ? Mais il a vécu et s’informe où ce monsieur ? Il les a suivi en pensant qu’il ne serait pas agressé car ce n’est pas dans son logiciel de pensée ?raisonner ainsi c’est donner aux coupables l’idée de recommencer et déduire qu’en France on peut attaquer des gens sans que les potentielles victimes prennent le risque de vouloir se défendre.Je souhaite toutefois un bon rétablissement à ce monsieur bien naïf.

  4. darmanin va certainement lui expliquer qu il a été agressé par des supporters anglais ou bien des kevin et des mattéo…..
    quant a retailleau il lui expliquera que la « droite républicaine » pour laquelle il faut voter va arranger les problèmes quelle a elle mème créé et que l essentiel est que ni zemmour ni le pen ne gagne les élections…peut etre mème lui proposera til de voter pour LFI pour faire battre le RN….

  5. La méthode a suivre est simple ; elle a été appliquée par le Maire Juliani à New-York. On ne tolère pas le moindre petit accroc : plus de graffitis, plus de fenêtres cassées, lourdes punitions dès le premier incident.
    New-York est devenue une ville plus sûre, grande amélioration des quartiers difficiles.
    Ils ont fait tomber Juliani pour adultère, hélas pour New-York.

    • Daniel de la Taille…
      Je suis entièrement de votre avis.
      Seule la fermeté arrêtera le processus de violence , encouragé par
      le flegme de nos hommes politiques…qui eux ne risquent rien..
      On pourrait rire de la réaction de Macron lorsque les Gilets jaunes
      ont voulu répondre à ses invectives  » qu’ils viennent me chercher  »
      un hélicoptère était prêt à l’exfiltrer..et des camions de CRS étaient à chaque bout de la rue du Faubourg Saint Honoré.
      LAMENTABLE…PITOYABLE…HONTEUX…
      quant à Kévin Mathéo..et autre Jean-Luc…qu’ils fassent gaffe…!!!

  6. Nantes, Rennes, Brest… trois villes de gauche en Bretagne, trois villes perdues… sans commentaire, hélas!

    • Jfp 29…
      Pour ces trois villes, on sent la magouille électorale…
      Comme pour bien d’autres…
      Je serais curieuse de connaître les noms sur les listes électorales ( et leurs véritables adresses )….
      Cette gauche est puante de perversité…tout est possible !!

  7. Mais il ne faut surtout pas « coller une taloche » à un petit vaurien pour lui faire comprendre ce qui est bien ou mal !! Beau résultat la méthode de l’enfant roi et des grandes explications !!! Les enfants de l’époque « Gare au martinet  » ont fait les 30 glorieuses !! Cherchez l’erreur

    • Di Cluz…
      Ah ! Le martinet…le chef incontesté..le vrai gendarme..
      N’empêche que nous avons vite compris ce qu’était le respect..ce qu’était l’obéissance
      Merci Papa…Merci Maman !!

  8. Interpeller Darmanin ? Le ministre qui propose de lutter contre le trafic de drogue… en SUPPRIMANT l’argent liquide ? Faisant du trafic de drogue un instrument au service des mondialistes qui veulent à tous prix l’argent numérique ?

  9. rien n’est dit sur leurs origines !
    Un hasard, une omission, une volonté?
    Tous français, donc…

    • Serges…
      J’ai les noms….
      VINCENT..FRANÇOIS..PAUL…ET LES AUTRES…( 1974 )…

  10. Interpellé Darmachien une gageure je vous rapel quand même qu’il était à Beauveau pas mal d’années et c’est sous son règne que tout a empiré n’ayez pas la mémoire qui flanche

  11. Si ce malheureux imagine attirer l’attention des deux ministres, il est en plein rêve. Tout d’abord, ce qui les intéresse, ce n’est pas la sécurité des honnêtes gens, c’est l’élection présidentielle à venir. Ensuite, il faudrait un courage exceptionnel pour remettre de l’ordre, et surtout, passer outre les textes qui verrouillent toutes actions préventives. Enfin, il faudrait aussi affronter la gauche, ce qui n’est pas dans le caractère de ces ministres. Faire de beaux discours est bien moins risqué.

  12. « Agressé avec des matraques telescopiques » ! Rappelez-vous c’est sarko qui a désarmé les français (y compris ceux menacés de mort dans leurs fonctions par des terroristes, je sais de quoi je parle) et darmanin à terminé le boulot en rafflant les vieilles pétoires ! Pendant ce temps les banlieues regorgent d’armes de guerre !

  13. « S’il n’en veut pas aux jeunes qui l’ont agressé » alors qu’il se taise ! S’adresser à darmanin et retailleau c’est crier dans le désert ! Et puis Brest, qu’il s’adresse au président du conseil constitutionnel !
    Je l’ai écris à plusieurs reprises , je ne mets plus un pied en Bretagne, trop dangereux ! Touristes, réfléchissez

  14. Et on va continuer à spolier les honnêtes gens, les innovents, pour entretenir les racailles barbares ? Un jour ce système va craquer et ce jour là ces barbares joueront, une fois de plus, la victimisation.

  15. Pauvre citoyen agressé, qui continue à ne  » pas en vouloir à ces jeunes agresseurs »….c’est sidérant pour moi –
    La jeunesse n’a pas toutes les excuses et surtout pas cette jeunesse là qui ne manque globalement de rien, sauf d’éducation, ce sont les parents qui sont en grande partie responsable du comportement de leurs rejetons, nourri probablement à la haine de la France, la haine de tout ces braves Français qui bossent pour éduquer leurs enfants correctement ( Eux) !! et qui rembourse leur crédit immobilier, leur voiture, etc… ce sont ces même Français qui par leurs impôts leur permettent d’avoir open bar aux services sociaux à tout les niveaux quand les même Français parviennent difficilement à se soigner etc…
    Alors Monsieur continuez à ne pas en vouloir à ces jeunes, çà contribue à ce qu’ils ne soient jamais punis, et comme chacun sait,  » quand on est jamais puni, bah… ON RECOMMENCE !! »

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