Huit en huit jours : l’infernale litanie des églises profanées

 Statues brûlées, objets sacrés volés : en France, les églises subissent une vague inquiétante de profanations.
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Petites ou grandes, les églises de France sont des témoins muets de l’Histoire. Symboles d’un patrimoine culturel foisonnant, elles sont pourtant, pour les catholiques, bien plus que des pierres chargées de passé : tabernacles de foi, elles renferment pour les croyants le corps, l’âme et la divinité du Christ. Un élément central de la vie spirituelle qui a façonné le pays pendant des siècles. Pourtant, ces lieux de culte où nos ancêtres ont été baptisés, se sont mariés, se trouvent désormais exposés à une série d’attaques, dans ce qui ressemble à une indifférence générale.

Huit églises en huit jours

Le 8 septembre, la basilique Notre-Dame-du-Bon-Secours de Guingamp, dans les Côtes-d’Armor, voit sa statue de la Vierge brûlée en pleine messe. C’est la troisième fois en dix ans que l’édifice est visé.

Depuis le 14 septembre, ce ne sont pas moins de six lieux de culte catholique qui ont subi des profanations dans le département des Hauts-de-France. D’abord l’église Saint-Martin de Saint-Amand-les-Eaux, à qui une statue de la Vierge est dérobée puis restituée, tandis qu’à la chapelle de l’Épinoy à Clairfayts, un calice et une patène disparaissent. Puis les églises de Maroilles, Flines-lez-Raches et Hon-Hergies rapportent des vols accompagnés de profanations.

Le 16 septembre, l’église Saint-Marcelin-et-Saint-Pierre d’Hasnon, dans le Nord, est forcée : la porte de la sacristie fracturée, les tabernacles ouverts, ciboires, calices et patènes dérobés. Le curé, « profondément affecté », a porté plainte et une messe de réparation a été célébrée le jeudi 18 septembre. Enfin, le même jour, dans l’église de Civrac-de-Blaye, en Nouvelle-Aquitaine, des papiers brûlés jonchent le sol et les murs sont couverts de graffitis. « Un manque de respect envers toute la communauté », déplore auprès de Ouest-France un habitant du village, bouleversé.

Un phénomène encore trop ignoré

Depuis mai 2025, au moins 27 vols ont été recensés dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, avec trois suspects interpellés, le 3 septembre. Sur l’ensemble du territoire français, la gendarmerie a relevé 820 vols en 2024, soit une hausse de 23,7 % par rapport à 2022. Des chiffres qui sous-estiment sans doute la réalité, ces actes ne faisant pas toujours l'objet d'un dépôt de plainte. Selon la direction nationale du renseignement territorial, les vols ont bondi de 35 %, au premier semestre 2025. Pas un effet d’optique, donc, pas un fantasme, mais un phénomène bien réel sur lequel les responsables religieux tentent tant bien que mal d’alerter.

Face à cette pénible série, l’archevêque de Cambrai a exprimé sa « proximité spirituelle » et son soutien aux curés de son diocèse concernés, insistant « que ces événements nous encouragent plus encore à être témoins du Christ et de l’Évangile dans la société d’aujourd’hui ». Car c’est ce que semble, en effet, révéler ce foisonnement d’attaques : ceux qui s’en prennent aux églises ne sont plus seulement étrangers à la foi chrétienne, mais ils ne reconnaissent plus rien de la grandeur de cette religion qui a fait la culture de ce pays. L’esprit de religion leur est totalement étranger et ils n’ont que faire de ceux qui l’ont conservé et continuent de le faire vivre. Un prêtre du diocèse de Bayonne évoque, auprès de nos confrères du JDD, un « phénomène de fin de chrétienté ». Pour ces individus, Dieu est mort, et le respect envers ceux qui continuent de croire aussi.

Vers une prise de conscience politique ?

La semaine dernière, le député RN du Var, Stéphane Rambaud, a interpellé le ministre de l'Intérieur « sur la hausse préoccupante des actes de vandalisme antichrétiens en 2025 en France » en lui adressant une question écrite où il lui demande quelles mesures de protection efficaces il compte mettre en place afin que les citoyens puissent exercer leur religion sans craindre que leurs lieux de culte ne soient vandalisés.

En attendant, beaucoup dans notre société semblent détourner le regard. Comme le rappelait Gabrielle Cluzel à propos du deux poids deux mesures devant l’image des têtes de cochon déposées à l'entrée de certaines mosquées, on s’indigne rapidement lorsqu’une provocation touche d’autres cultes. Mais quand le Saint-Sacrement est piétiné, quand les lieux de culte chrétien sont profanés, l’indignation, soudainement, se fait plus rare.

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Attaquer nos lieux de prière c est s attaquer à notre croyance a notre identité à notre culture et à notre
    existence même; Comment une classe médiatique peut elle par son mépris détester les valeurs dont elle est issue.

  2. Vos églises sont-elles fermées en dehors des offices ? En effet, dans certaines d’entre elles, outre les objets précieux, il y a des oeuvres d’art qui peuvent exciter la convoitise de certains amateurs.

    • Je ne trouve pas normal de fermer les églises, tout le monde doit pouvoir prier comme il le souhaite
      C’est un peu facile non ?
      Tant que les auteurs ne seront pas punis ça continuera

  3. Je suis athée mais je respecte la religion qui ne m’agresse pas. Je crois que toutes ces dégradations, quand il ne s’agit pas d’agressions physiques, ne sont pas que le fait de ne pas croire en un dieu. Nous avons bien évidemment à faire à une guerre de civilisation, voire de religion, dans laquelle le pouvoir politique est complice en ignorant les actes anti-chrétiens, et en minimisant les actes anti-judaïques, alors qu’il fait des montagnes pour tout ce qui concerne de près ou de (très) loin les musulmans.
    Car je n’ai pas souvenir que Darmanin ne se soit jamais déplacé dans un lieu de culte catholique profané (alors qu’il s’était déplacé suite à un tag sur le mur d’enceinte d’une mosquée) et je n’ai pas non plus entendu Retailleau faire une déclaration fracassante sur ces exactions alors qu’il a fait tout un ramdam pour des têtes de cochon déposées dans la rue.
    Que faut-il aux politiques pour protéger les français, puisqu’il paraît qu’ils sont élus ou nommés pour cela ? Attendent-ils un soulèvement comme il est en train de se passer dans la moitié de l’Europe ?

    • En effet, même m. Retailleau est…disons très prudent, pour être polie et respectueuse, avec l’islam, que ce soit pour les profanations ou l’abattage rituel ou autres difficultés. C’est pourqoi même lui, chez LR, ne m’inspire plus aucune confiance.

  4. Un Ministre de l’intérieur qui s’offusque d’une tête de Cochon devant l’entrée d’une mosquée mais silence radio pour toutes les profanations commises sur nos Eglises , Cathédrales , Calvaires , Chapelles , Cimetières ! Pour une synagogue taguée quelques mots en vitesse !!!
    Rien non plus du Président qui cherchent plus à  » Briller  » aux côtés de Zélinsky et des terroristes du Hamas qu’à défendre les Chrétiens et Juifs de FRANCE !

    • @BONBON bah oui c’est tout à fait ça, des têtes de cochon et ils sont en PLS , et sur leur smartphone pour bien s’aplatir, par contre rien quand nos églises sont visées c’est à dire tous les jours

Commentaires fermés.

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