[HISTOIRE] Il y a 40 ans, en mars 86 : ces élections historiques pour la droite
Il y a quarante ans, jour pour jour, la France vivait une innovation institutionnelle : sa première cohabitation. Le 22 mars 1986 se tenait le premier Conseil des ministres de la cohabitation entre Jacques Chirac, Premier ministre de droite vainqueur des législatives, et le Président socialiste Mitterrand, dont les troupes avaient été défaites. Cette rencontre ne dure que 25 minutes, sans photo de famille, sans déclarations, et marque le début d'une guerre sans merci au sommet de l'État, dans la perspective de la présidentielle de 1988 qui verra s'affronter les deux hommes.
16 mars 1986 : des législatives historiques, la droite à 45 % et le RN à 10 % !
Cinq ans après la victoire socialiste à la présidentielle et aux législatives de 1981, Mitterrand, sachant la partie perdue d'avance pour son camp, décide de mettre des bâtons dans les roues de la droite en faisant voter une réforme du mode de scrutin pour introduire la proportionnelle, dans un scrutin de liste à un seul tour. Un coup de canif dans la tradition de la Ve République destiné à atténuer la prévisible vague bleue, à préserver les sortants socialistes et à faire entrer à l'Assemblée un parti qui s'est fait connaître, deux ans plus tôt, lors des européennes, pour gêner la droite RPR-UDF : le Front national de Jean-Marie Le Pen. Le pari mitterrandien est gagné : même avec un score en voix impressionnant (44,84 % et plus de 12,5 millions de voix), la droite menée par Chirac n'obtient la majorité absolue que de justesse (290 sièges, en faisant appel à quelques divers droite) ; le PS de Fabius, avec 32,5 %, sauve 213 sièges et le FN, avec 10 %, fait jeu égal avec le PC et remporte 35 sièges, ce qui lui permet de former un groupe, présidé par Jean-Marie Le Pen : une première sous la Ve République.
Chirac impose sa nomination à Mitterrand
Ce résultat acquis, la cohabitation, acceptée par les deux camps, s'impose à Mitterrand. Mais celui-ci, désireux de mettre en exergue ses prérogatives de chef de l'État, prend son temps avant de nommer Jacques Chirac, explorant l'hypothèse d'autres nominations (Chaban-Delmas) pour semer la division chez l'adversaire. Mais le maire de Paris a bien préparé son accession à Matignon : son parti, le RPR, a noué une alliance solide avec le Parti républicain de François Léotard et aucun concurrent ne dispose d’un quota suffisant pour se placer en meilleure position que lui. Le 20 mars, Jacques Chirac est donc désigné Premier ministre et la liste des membres du gouvernement est approuvée par le président de la République.
Le premier Conseil des ministres peut donc se tenir le 22 mars, dans une atmosphère fort tendue et même glaciale. Seul socialiste parmi trente-huit représentants du nouveau gouvernement, François Mitterrand est sur la défensive : vingt-cinq minutes suffisent pour que le Président et le Premier ministre se mettent d’accord sur un respect mutuel des prérogatives de leurs fonctions respectives. L'un des premières lois de la nouvelle majorité sera de rétablir le scrutin majoritaire uninominal à deux tours.
Cette première cohabitation servira de modèle à celle de 1993-1995, entre Balladur et Mitterrand, puis celle de 1997-2002, cette fois-ci avec Chirac à l'Élysée et Jospin à Matignon. Trois cohabitations qui se soldèrent par l'échec du Premier ministre à la présidentielle suivante. Et par l'irruption de Jean-Marie Le Pen au second tour à la présidentielle de 2002.
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16 commentaires
La droite unie , pour une fois , avait écrasé la gauche , Mais il y eut 30 députés FN . Monsieur Chirac a dissout l’Assemblée remettant la gauche aux affaires (terme qui convient admirablement ) . Lâcheté , bêtise ou trahison ?
Les trois ensemble…!
Et depuis la France n’en finit pas de plonger.
Le b…. a commencé avec Giscard et quand tonton est arrivé, la descente aux enfers a commencé. Et elle continue! ( Voir l’interview du figaro de Foulque & de Baverez; ça dure 1h30 mais on ne s’ennuie jamais; et les constat est terrifiant… comment en est on arrivé « là »? les remèdes seront particulièrement indigestes. )
3 bobines à oublier.
Beaucoup d’espoirs en 86, mais encore fallait-il transformer l’essai en 88, las les mensonges de Mitterrand sur sa santé, sa famille, ses magouilles politicardes ont eu raison de cet élan qui disait « ça suffit ». Et on a replongé pour 7 années de plus et définitivement ancré le déclin de la France.
Tout à fait exact !!
Sur la photo, à la gauche du PR l’excellent MINDEF, monsieur Giraud, soucieux des finances au point de se scandaliser (à juste titre) du prix exorbitant des matériels militaires français. Il faut dire que la CGT faisant la loi dans les arsenaux tous nos matériels étaient hors de prix. C’est lui qui a acheté « sur étagères » les avions de transport US C-130 pour soulager nos Transalls suremployés en Afrique ainsi que les avions radar AWACS, autant de machines qu’on a été bien contents d’avoir à l’occasion de la crise yougoslave et plus tard….
avec le recul, c’est le début de la fin :
on privatise vite, trop vite pour l’épargne et les institutionnels, alors, on vend aux ricains, puisqu’eux ont le pognon… on a bradé les bijoux de famille !
rappelons que les nationalisations avaient gardé ces bijoux de famille en France
Beaucoup d’espoirs et beaucoup de déceptions à l’arrivée. Et rebelotte tonton en 88. L’affaire de la LOI Devaquet, les colonnes de Buren, etc…
Mais 86 est aussi une année « Hezbollah » !
03/02Le Hezbollah fait exploser une bombe dans la galerie du Claridge.
05/02Une bombe explose dans le magasin Fnac-Sport du Forum des Halles à Paris : 22 blessés.
08/03 Philippe Rochot, Georges Hansen, Aurel Cornéa et Jean-Louis Normandin, journalistes français de la chaîne Antenne 2 sont pris en otage par le Hezbollah libanais à Beyrouth.
En octobre 83 l’attentat contre le Pc Drakkar avait tué 58 parachutistes français.
Nous ferions bien de nous en souvenir.
C’était la belle époque. La police pouvait tuer sans presque rien risquer.
Vous avez oublié l’affaire de la rue Monsieur le Prince et la mort de Malik Oussekine dont nous payons encore les conséquences et inconséquences.
C’est pour ça que je disais cela.
Et surtout LFI n’existait PAS !!!…
Mitterrand n’était socialiste que d’occasion, de « rencontre » aurait dit de Gaulle! Il avait bien senti que la droite avait fait son temps, s’il voulait être élu il fallait se dire de gauche. Sa « francisque », ses manifestations avec la « cagoule » et les « croix de feu », ses amitiés avec d’anciens collabos en témoignent.
Tout cela était rappelé dans un article très complet du Crapouillot publié avant l’élection. Qui l’avait lu ? Qui aurait voulu voir et entendre ?
BV a publié une série d’articles sur l’affaire de l’Observatoire qui décortiquait les mensonges et manipulations de Mitterrand et de sa clique, notamment le rôle de Roland Dumas, son âme damnée, à l’occasion de cette mis en scène. Qui se souvenait de tout cela au moment de l’élection ?
Monsieur Mitterrand menait, à nos frais, une double vie, et il a fallu attendre sa mort pour en connaître l’existence !