Grenoble subventionne la non-mixité : quand l’écologie rompt avec l’universel

Un communiqué du candidat RN met en lumière des subventions municipales qui choquent.
Valentin Gabriac (à gauche). Crédit photo : V. Gabriac
Valentin Gabriac (à gauche). Crédit photo : V. Gabriac

La polémique est née d’un communiqué de presse du candidat RN Valentin Gabriac. Dans ce texte, il dénonce une « dérive idéologique subventionnée » après avoir identifié à Grenoble un rassemblement organisé en non-mixité raciale, bénéficiant de financements municipaux.

Contacté par Boulevard Voltaire, Valentin Gabriac précise sa démarche. « Ce n’est pas le caractère LGBTI qui pose problème. Chacun a sa sexualité. Le vrai sujet, c’est le caractère discriminant fondé sur la couleur de peau », explique-t-il à BV.

L’événement qu’il pointe est un rendez-vous mensuel, organisé au Centre LGBTI de Grenoble – Cigale, intitulé « Rencontres entre personnes non blanches et/ou étranger.e.s LGBT ». Un rassemblement qui, selon lui, se tient régulièrement depuis 2025 et qui bénéficie d’environ 4.000 euros de subventions municipales annuelles. L'organisateur de l'événement, contacté par BV, n'a pas répondu à notre courriel.

Dans son communiqué comme dans son entretien à Boulevard Voltaire, le candidat RN cible directement la responsabilité politique de la majorité écologiste. « C’est marqué noir sur blanc : un rendez-vous mensuel fondé sur des critères raciaux, financé par de l’argent public », résume-t-il.

Une mairie écologiste face à ses choix politiques

Au-delà de la sortie politique du RN, la question posée est institutionnelle. Une municipalité peut-elle continuer à se réclamer de l’universalisme républicain tout en subventionnant des événements reposant sur des critères identitaires ?

Pour Clément Chappet, coordinateur du collectif d’opposition de droite, qui a répondu aux questions de Boulevard Voltaire, la ligne est clairement franchie. « Nous refusons toute forme de communautarisme. Une collectivité ne peut pas financer des associations qui organisent des événements en non-mixité », affirme-t-il.

L’élu insiste même sur la portée symbolique de ces choix budgétaires. « Une subvention n’est jamais neutre. Quand une ville finance une association, elle valide une vision du vivre ensemble », souligne-t-il.

Des alertes anciennes et répétées

Mis en cause pour l'inaction de l'opposition par le candidat RN, Clément Chappet rappelle que leurs alertes ne datent pas d’hier. « Cela fait six ans que nous nous battons contre ces dérives et contre des subventions accordées à des structures problématiques », explique-t-il à Boulevard Voltaire, évoquant une accumulation de décisions municipales allant dans le même sens.

Cette séquence s’inscrit dans une continuité grenobloise déjà dénoncée. Dès 2022, le groupe Société civile au conseil municipal avait pointé une subvention accordée par la ville au Mois décolonial, événement accusé de promouvoir une lecture idéologique et racialiste de la société, avec le soutien de la municipalité écologiste. À l’époque, déjà, la question de l’usage de l’argent public et de sa compatibilité avec les principes républicains avait été posée.

Pour ses détracteurs, le financement actuel de rencontres revendiquées comme réservées à des publics définis par l’origine et l’appartenance apparaît ainsi moins comme une rupture que comme la nouvelle illustration d’une orientation politique assumée.

Contrat d’engagement républicain

L’affaire renvoie enfin au cadre juridique national. Le contrat d’engagement républicain, instauré par la loi du 24 août 2021, conditionne l’octroi de subventions publiques au respect de principes fondamentaux tels que l’égalité, la laïcité et le refus de toute discrimination.

Conçu pour lutter contre le séparatisme, ce dispositif a déjà servi de base au retrait de financements pour certaines associations. Dès lors, une contradiction apparaît : comment justifier l’application stricte de ce contrat dans certains cas tout en continuant à financer, à Grenoble, des événements fondés sur la non-mixité raciale ?

Contactée (par téléphone et courriel) par Boulevard Voltaire, la mairie de Grenoble n’a pas donné suite à notre sollicitation. Un silence qui renforce encore la question posée par cette affaire : jusqu’où une municipalité écologiste peut-elle aller dans l’accompagnement de pratiques identitaires sans rompre avec les principes républicains qu’elle est censée garantir ?

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 05/01/2026 à 14:58.
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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

61 commentaires

  1. Rien d’étonnant : Grenoble subit depuis maintenant longtemps un maire écolo de la plus funeste espèce. Espérons pour les Grenoblois qu’il sera débarqué lors des prochaines élections

  2. Le Maire de Grenoble qui subventionne un rassemblement où sont exclus les blancs c est du racisme primaire encourage par la mairie ecolo de cette ville le maire en est responsable il doit être poursuivi pour incitation à la haine raciale

    • Bien sur que c’est du racisme, et nous les seuls à devoir subir et nous taire de préférence, les assocs des droits de l’homme qui sont du côté de l’autre, jamais ne condamnent quand les blancs sont discriminés
      Ras le bol, cette officine inutile est aussi subventionnée par nos imp^ts

  3. Cela devrait être condamné par un tribunal, au nom de la « fraternité ». On ne peut soutenir par des financements publics, un tel évènement dûment « ségrégationniste » ;La Loi interdit bien  » toute collecte afin d’ aider à payer une amende pour tout édile condamné ». Alors ici, elle doit s’ appliquer aussi.

  4. Pour un élu écolo , la norme c’est de piétiner les principes républicains et de les interpréter à son avantage . Pendant des années , le masque écolo cachait parfaitement toutes les manigances sociétales et politiques de cette idéologie . Aujourd’hui , avec tous leurs abus et outrances connus de tous , ce masque est devenu transparent et dévoile toutes les facettes de ces extrèmistes verts .

  5. Mais qui a élu le Maire Ecolo ??? Il n’a pas pris la place par la force !! Vous avez semé ,vous récoltez

  6. Qu’il se débrouillent ils ont voté des nul tant pis pour eux j’espère qu’ils vont réfléchir pour 2026

  7. Pourtant le fête du cochon avait fait polémique et celle-là est bien française, bien de chez nous comme disait jean Nohain qui aujourd’hui aurait été viré de la radio.

  8. Mais où sont donc les intervenants de SOS Racisme, vous savez cette association d’Etat subventionnée très très grassement par le contribuable français pour lutter contre le, éventuellement « les » racismes ?

    • Ils combattent tous les racismes ou discriminations mais le racisme anti blanc, bah non c’est pas dans leur feuille de route et ça aussi c’est subventionné
      2026 année utile, il faut changer tout ça et reprendre notre pays, si on compte sur les députés, rien ne bougera jamais ils tiennent trop à leur place bien payée
      Ca va être au peuple de se lever, nous n’avons plus le choix

    • Comme la justice orientée à gauche toute,le  » truc » de Darmanin n’est utilisé QUE pour les associations qui dénoncent les invasions migratoires.

    • Il ne dissous que les assocs patriotes on l’a très bien et tant bien même il a essayé pour les soulèvements de la terre, bien violent et nuisible, le C E avait cassé la dissolution
      Pour les antifas, on ne sait pas où ça en est mais bon on devine que ça rester en l’état

    • Quand je dis qu’il a un truc pour dissoudre, c’est parce que j’ai procédé à la dissolution de mon association et je sais donc comment procéder. Alors Darmanin qui dissout, je ne comprends pas comment il fait, il y a un « truc » mais lequel mystère. Il doit convoquer le conseil d’administration pour décider la dissolution, il réunit ensuite l’assemblée générale qui entérine la décision du conseil, puis il va déposer l’acte au Journal Officiel, il doit s’occuper de révoquer le loyer des bureaux, licencier les travailleurs salariés, vendre ou donner le matériel et les meubles, il fait tout cela Darmanin ???

  9. Les Grenoblois sont les seuls responsables du déclin total de Grenoble. Seront-ils assez nombreux en mars pour dégommer tous ces gauchistes qui laissent une ville exsangue, où l’insécurité règne dans tous les quartiers… qu’ils retirent les peaux de saucisses qu’ils ont sur les yeux !!!

  10. Mais comment font-ils la discrimination, à l’entrée ??? Déjà, LGBT, ça ne se voit pas toujours. Mais les personnes « non-blanches », ça commence où ? aux métis ? aux quarterons ?? aux octavons ???

  11. Et si les organisateurs grenoblois avaient organisé un rassemblement de personnes blanches et hétérosexuelles en non-mixité combien la municipalité de dictature écologique leur aurait versé.
    Ces deniers alimentés par les contribuables n’appartiennent pas a leur gestionnaires qui ne peuvent en disposer a volonté comme lis le font même voté par un conseil municipale même avec carte blanche pour les décideurs comme souvent.

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