France, où sont tes enfants ?
Face au constat alarmant d’un pays vieillissant et d’un nombre de naissances en berne, une trentaine de députés participent aux travaux d’une commission d’information sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France. Créée avant l’été, l’initiative parlementaire doit permettre, après l’audition d’experts, de produire un rapport et de faire des préconisations. Si l’outil peut ressembler à une goutte d’eau dans la mer, il peut avoir le mérite de mettre en exergue l’ampleur du phénomène et sa gravité. Pour une prise de conscience ?
« Un pays sans enfants est un pays sans avenir », prononçait la députée du Loiret Constance de Pélichy (LIOT), présidente de la mission d’information, lors de sa première réunion. « Après avoir augmenté dans les années 1990 en France, la natalité et la fécondité ont entamé une baisse rapide à partir de 2014. Alors que nous dépassions les 800.000 naissances par an, entre 2005 et 2015, ce chiffre est passé en dessous de 700.000. » Auditionné, Milan Bouchet-Valat, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (INED), dresse un constant alarmant, sur la base de l’indice de fécondité français qui chute depuis dix ans au point de tomber, en 2024, à 1,62 enfant par femme, un taux certes supérieur à nos voisins européens, mais qui ne permet plus le renouvellement des générations. « Pour la première fois, en 2024, le nombre de décès a rattrapé le nombre de naissances : les courbes ont fini par se croiser, ce qui signifie que nous entrons dans une période de solde naturel négatif », rappelle Magali Mazuy, autre chargée de recherche à l’INED.
L'immigration, la solution ?
Très précisément, la France a compté 663.000 naissances, en 2024, pour 646.000 décès. Pour autant, ces experts n’ont pas une interprétation « alarmiste » de ces données. Leur explication se trouve notamment dans l’apport démographique de l’immigration qui permet de freiner le déclin. « Nous avons établi un scénario pour les cinquante prochaines années en prolongeant les tendances de 2024 en matière de fécondité, de mortalité et d’immigration : la population augmenterait légèrement jusqu’en 2045 avant de redescendre dans les mêmes proportions, pour atteindre un état stationnaire à l’horizon 2070 », explique Magali Mazuy. Le directeur de l’INED, François Clanché, avertit néanmoins : « Notre responsabilité est de dire que la baisse de l’indice conjoncturel de fécondité constatée depuis quinze ans est très forte et a peu de chance d’être rattrapée dans les années qui viennent, au point que les femmes nées à la fin du XXe siècle aient plus de deux enfants. » En effet, « les intentions de fécondité sont en baisse, tant chez les hommes que chez les femmes. » Des échanges sur le fond qui n'ont pas manqué de faire réagir la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui invite à trouver la solution imparable : « Ouvrir quelque peu nos frontières, sachant - car toutes les études le montrent - que les enfants des personnes immigrées acquièrent sans aucune difficulté tous les codes de la société française. »
« La natalité, une obsession de l’extrême droite »
À droite, l’interprétation de ces données n’entraîne pas les mêmes réactions : « En Europe, il y a désormais plus de migrants qui entrent que d’enfants européens qui voient le jour, lançait Marion Maréchal, à l’occasion de sa tonitruante rentrée politique. La première urgence, c’est d’avoir des enfants de France : je le dis, notre devoir est là, ayons des enfants, bâtissons des familles, donnons la vie, préparons l’avenir et la génération qui vient. » Le Rassemblement national évoque depuis toujours l’urgente nécessité d’une politique familiale énergique. Il déposait par exemple, en 2022, une proposition de résolution « visant à faire de l’année 2024 une année dédiée à la relance de la natalité française ». Ce n’est pas pour rien que Mediapart titrait, en janvier 2024 : « La natalité, une obsession de l’extrême droite ».
À ce sujet — Giorgia Meloni adoube Marion Maréchal
« Je propose de relancer une grande politique familiale, après avoir été détruite par Hollande et Macron », lançait, en 2023, le sénateur Bruno Retailleau. C’est sa collègue au gouvernement auquel il appartient désormais, Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, qui tente vainement de proposer des solutions : « réouverture du chantier sur les congés parentaux, facilitation de l’accès à la parentalité, améliorer l’information et la prévention sur l’infertilité (rendez-vous gratuits pour les 18-25 ans, alerter sur les conséquences de l’âge…), mais également augmenter sensiblement le nombre de centres proposant la conservation ovocytaire », présentait-elle, en juillet, au magazine Femme actuelle.
L'Italie et la Hongrie attendent les fruits de leur politique
Cet été, elle participait à un congrès à Rome avec ses homologues européens sur le thème du « virage démographique ». Pas anodin, alors, que Giorgia Meloni a fait de la natalité sa « priorité absolue ». L’Italie, qui connaît un hiver démographique avec un taux de fécondité qui ne cesse de baisser, jusqu’à tomber à 1,18 en 2024 (il était de 1,24, en 2022), avec 370.000 naissances. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, la dirigeante italienne se bat et met en place de nouvelles mesures d’aide aux familles, parmi lesquelles une baisse de la TVA pour les produits destinés à l’enfance, la création de places en crèches et un chèque unique de 50 euros à 175 euros par mois et par enfant, selon les revenus des parents.
En Hongrie, Viktor Orbán multiplie les mesures chocs en faveur de la natalité et des familles nombreuses. En février, par exemple, le Premier ministre hongrois annonçait que les familles de trois enfants et plus seraient exonérées d'impôts. Autre mesure, la mise en place des crédits immobiliers très avantageux pour acheter un logement ou pour faire construire ou agrandir une maison dont on est déjà propriétaire. Certes, le taux de fécondité atteignait les 1,38, en 2024, contre 1,61 en 2021 : un passage à vide qui ne doit pas faire oublier qu’à l’arrivée d’Orbán, l’indice était tombé à 1,23, en 2011.
Les politiques natalistes s’inscrivent inévitablement dans le temps long. À la France de ne pas se réveiller trop tard car, comme l’a dit Marion Maréchal, nous n’avons plus le temps d’attendre : « La démographie rattrape la démocratie ! »
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38 commentaires
Et si on pensait à verser un salaire à la mère de famille , elle libérerait un emploi qui pourrait être remplacé par un chômeur . Plus d’enfants et moins de chômage , ça pourrait marcher à condition que celles du chômage ne soient pas dissuasives de travailler
Très bien le vœu pieux de beaucoup pour relancer la natalité française, mais franchement,qui peut vouloir mettre au monde des enfants qui vont évoluer dans une société sans tradition,sans repère, bouffée par l’immigration, gangrenée par l’insécurité et le trafic de drogue, avec des gauchistes prônant le wokisme et le droit à la paresse au détriment de ceux qui triment pour financer les fainéants. Ma fille et mon fils ont compris tout ça et ont pris leur décision en toute connaissance de cause car je ne crois plus du tout que « notre » pays, car en fait ça le l’est plus va sortir du gouffre dans lequel il s’est plongé volontairement par le biais des électeurs qui l’y ont poussé. C’est comme un jardin merveilleux dont les propriétaires ne l’ont pas entretenu et on laissé des orties,des ronces et autre mauvaises herbes le détruire en pensant toujours y récolter des fruits et légumes. C’est cuit, hélas, malgré tous les efforts de personnes voulant y remédier, je me suis préparé aux mauvaises conséquences,c’est tout, mais faire des enfants dans ce monde devenu dingue,c’est non.
Un pays dirigé par un Président qui a délibérément fait le choix de ne pas avoir d’enfant, ne peut pas avoir une politique nataliste nationale.
Comme on va chercher une main d’oeuvre à l’étranger pour les boulots que les Français ne veulent plus faire, on va chercher des « ventres » à l’étranger pour faire remonter la natalité !
Il faut dire, aussi, que les discours cataclysmiques des écologistes sont à l’origine d’une anxiété existentielle à l’égard des plus jeunes qui se posent, de ce fait, de vrais questions quant à l’avenir !
Élever des enfants, cela a un coût pour les parents. On pourrait augmenter fortement les allocations familiales, et les verser à partir du premier enfant avec une limite à 3 ou, au plus, 5 enfants. Revenir aussi à l’universalité de ces allocations et supprimer le plafonnement du quotient familial. Et pourquoi pas, comme en Hongrie, dispenser d’impôt les mères de famille d’au moins deux enfants (donc celles qui travaillent, pas celles qui sont cloîtrées à domicile par leur mari ou ne trouvent pas d’activité à cause de leur habillement exotique).
Un jeune immigré nous coûte 130 E par jour, bien souvent pour un résultat négatif ! n’aurait-il pas mieux fallu construire des crèches pour que nos nationaux puissent élever leurs enfants correctement !
L’inscription de l’IVG dans la Constitution à sonné le glas d’une Démographie déjà en berne. La Révolution du XX ème s fut la pilule qui a permis aux femmes de contrôler les naissances. S’y sont ajouté le travail des femmes, les divorces. Les familles ont ainsi été détruites, les enfants sont devenus gênants. Ces enfants ont grandi et ne veulent pas créer de ces familles dites recomposées.
Le modèle de familles nombreuses avec la mère au foyer est terminé. La mère au foyer sans ressource se retrouvait avec une 1/2 retraite au décès de son mari. La mère au foyer : un statut méprisé même si ses enfants participent aujourd’hui à la société et paient impôts et retraites. Ces mères au foyer boomers sont poussées vers la sortie comme coutant trop cher. La France est dans un suicide démographique inéluctable : il n’y a pas de désir d’enfant dans un pays dont la civilisation s’effondre.
Remède:
Imposition réduite de moitié pour les couples ayant fait 2 enfants
Exonération totale pour les couple qui ont 3 enfants
et ceci jusqu’à la majorité du dernier.
Quant à ceux qui ne sont pas imposables, une prime calculée sur les moyenne des réductions d’impôts
Ne concerne évidemment que les Français
Le redressement de notre pays ne passera pas que par un changement de gouvernement ! Mais par le désir des français non pas de renverser la table, d’accuser les immigrés de tous nos maux, … mais par un acte de foi dans la beauté de la vie, aujourd’hui comme hier quand nos anciens n’avaient pas forcément des conditions plus faciles . Sans confiance, pas d’enfants, pas d’avenir !
Parce que pour faire des enfants il faut un minimum de confiance en l’avenir. Regardez la France d’aujourd’hui, elle fait rêver ? Ça commence par le parcours du combattant pour trouver une place en crèche, puisun système scolaire en faillite. Le jour où on ne versera plus des milliards aux familles d’immigrés en prestation CAF aux familles immigrees et qu’une partie de cet argent sera consacré au confort des familles scolaires et à l’amélioration de notre système éducatif, non confisqué par l’idéologie gauchiste, on verra peut être la natalité s’améliorer.
Tout à fait.
Les enfants nés au début du siècle ou à la fin du précédent s’expatrient pour ceux qui le peuvent ou le veulent
Dans mon entourage, des parents se préparent à voir partir leur progéniture et l’y encouragent.
Mes deux fils ont foutu le camp, pour mon plus grand soulagement.
Tous ces faits et causes du problème sont hélas avérés et bien connus de tous. Mais qui à « favorisé » (de près ou de loin), tout ce délitement sociétal ? Il serait bon, sans pour autant faire preuve de culpabilité outrancière, de le reconnaître et de cessez de croire que c’est de la faute à « pas d’chance » ou à celle des « autres » . (Voir mon commentaire un peu plus loin, merci !) Les chats ne font pas des chiens. Lorsque nous deviendrons plus conscients de nous-mêmes et « responsables » de nos actes, la société se portera je crois, beaucoup mieux. Cela, tout le monde le sait me direz-vous, mais combien d’entre-nous en tiennent réellement compte dans leur vie personnelle ?
Vous avez fort bien résumé, quand on voit l’état de notre pays, de la société, franchement ça ne donne pas « envie » d’avoir des enfants
C’est un tout, pas de mari car la plupart des hommes jeunes ne veulent pas s’engager, obligées de travailler pour subvenir à leurs besoins, et pas de moyens de garde à des tarifs corrects, comment voulez-vous que les femmes autochtones fassent des enfants
bien résumé !
Comment peut on souhaiter mettre au monde un petit être innocent dans se monde pourri dont certains habitants radicalisés sont prêts à vous trucider parce que vous ne priez pas son dieu.
Oui triste constat
Depuis quelques années il suffit de se pointer à la sortie, des écoles, collèges et lycées et notamment en banlieue parisienne , mais pas que, pour voir qui sont les enfants scolarisés. Pourquoi les français auraient ils envie de faire des enfants notamment depuis qu’on est entré en hollandie et macronie. Pour leur offrir quoi comme avenir ? Une instruction qui n’en a plus que le non, l’école ne produisant plus que des ignares et des fainéants, une vie de mixité imposée, l’écriture inclusive, une vie sans espoir ? Macron le va t’en guerre nous entraîne vers la guerre à vitesse grand V pour essayer de rester en place au-delà de 2027 je pose la question qui a envie de faire des enfants dans un pays ruiné, dans un pays où les enfants pourraient devenir de la chair à canon et puis il y a une raison toute simple les couples du même sexes sont de plus en plus nombreux et eux ne se reproduisent pas. Rappelez moi combien d’enfants ont macron, attal, séjourné, riester,…..même la ministre de l’éducation n’en a qu’un.
Oyez, oyez braves gens. Mélenchon et sa clique ont trouvé la solution. Les Maghrébins et les africains vont palier à ce manque de natalité des français….
Où sont nos enfants , celui qui pose cette question habite dans un autre monde , qu’il aille à la sortie des écoles maternelles ,il aura la réponse à sa question
C’est peut-être parce que l’avortement fait maintenant partie de la constitution de la France. En plus, c’est gratuit, et ça facilite la vie. Pourquoi se priver? Ne nous étonnons pas s’il y a moins d’enfants.
Vous pensez que les femmes qui avortent le font par plaisir ?
Pas forcément, car souvent sous la pression de l’entourage (père du bébé compris).
Néanmoins, pour certaines, c’est un mode de contraception comme un autre. (même si ce n’est pas une contraception)
Elles ne veulent pas se compliquer la vie en prenant la pilule et oui certaines considèrent l’avortement comme un moyen de contraception
Un phénomène, tel qu’il se révèle vis à vis des faits, s’explique toujours avec les causes qui l’on généré. En ce qui concerne celui de la dénatalité, je désignerai une cause qui me semble être la locomotive de toutes les autres : Une jeune génération de plus en plus egocentrée, de moins en moins « responsable ». Mais nous les baby-boomers, n’avons-nous pas innocemment et naïvement tout fait pour qu’elle le devienne ainsi ? Par ex. en participant et en encourageant activement le développement inflationniste de notre société hyper consumériste ? Personnellement, j’en assume une part de responsabilité car je n’ai jamais cru en « la génération spontanée » (surtout en ce qui concerne ce grave sujet de société, parmi tous ceux qui m’interpellent aujourd’hui).
je suis de votre avis