Fliquer les pêcheurs amateurs : la dernière trouvaille inutile de Bruxelles
« On est en colère, parce qu’il faudra tout déclarer », confie Michel, au micro de TF1. Michel imagine déjà sa passion de pêcheur amateur perdre beaucoup de son charme, à l’avenir. Une nouvelle réglementation va en effet contraindre les pêcheurs en mer amateurs à s’enregistrer, puis à déclarer le produit de leur pêche. « On va rentrer de la pêche, il faudra aller sur Internet », se désole-t-il. « Moi, j'ai 74 ans, je ne suis pas un adepte d'Internet », et il sait qu’il n’est pas le seul à être consterné, ici, à Pornichet. « Tous les anciens du coin prennent ça très mal », constate-t-il. Aux côtés des opposants, d'autres pêcheurs oscillent entre attentisme et hostilité : « C'est compliqué. Il y a des pêcheurs qui sont anciens. Ils n'ont pas forcément accès à Internet ou aux smartphones. Donc, il faut voir comment cela sera mis en place », s’inquiète une femme.
Entre bonne volonté et consternation
Si certains sont fatalistes, la plupart des pêcheurs concernés ne sont cependant pas dupes. « C’est un permis de pêcher, ni plus ni moins », constate l’un d’entre eux, alors qu’un autre trouve indécent d’assimiler les pêcheurs amateurs aux industriels. « Nous, c'est pour du loisir. Déjà, dans notre métier, on fait trop de paperasses. Si, après, dans le loisir, on doit faire de la paperasse, autant arrêter de pêcher », lâche un pêcheur.
Encore une trouvaille bruxelloise
Le son de cloche est évidemment tout autre, du côté des autorités concernées. Il s’agirait de « mieux connaître la population de pêcheurs et de connaître leurs prélèvements sur les espèces sensibles », explique ainsi, à Ouest-France, la responsable du service pêche maritime de la DGAMPA (Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l'aquaculture). Ce qui caractérise le pêcheur amateur, c'est pourtant que le produit de sa pêche est soit limité à sa consommation personnelle, soit rejeté vivant à la mer. Ni excès, ni gâchis, donc.
Mais d’où vient donc cette idée saugrenue d’identifier les pêcheurs amateurs et de contrôler leurs prises ? Les activités de la pêche dite « récréative » dépendent du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, vaste fourre-tout dont le fil rouge est la pratique d’une écologie le plus souvent aussi idéologique que contraignante, voire punitive. À sa tête, un ministre au tableau de chasse impressionnant en la matière, Agnès Pannier-Runacher, alibi écologiste de gauche de l’Élysée.
Fin 2024, déjà, le site du ministère alertait sur une prochaine « révision du contrôle de la pêche » et précisait qu’il s’agissait là non pas d’une initiative franco-française mais d’« un nouveau règlement européen pour moderniser le dispositif de contrôle des pêches ». En grattant un peu, on apprend ainsi que « le règlement (UE) n°2023/2842 du Parlement européen et du Conseil a été adopté le 22 novembre 2023 à l’issue d’un processus de négociation et législatif initié depuis fin 2018 ». Ce nouveau règlement européen est « entré en vigueur le 9 janvier 2024 » et ses dispositions « s’appliqueront de façon échelonnée entre janvier 2024 et janvier 2028, voire janvier 2029 ». Emblématique des mesures punitives commanditées par Bruxelles, il prévoyait notamment « la mise en œuvre d’outils de surveillance électronique pour l’ensemble de la flotte », des « sanctions administratives », des « dispositions sur la pesée au débarquement », autant de mesures destinées à enchanter un peu plus encore la vie des professionnels de la pêche... Mais pas de jaloux : le nouveau texte prévoyait aussi « un élargissement du champ du règlement "contrôle", qui ne se limitera plus à la pêche professionnelle embarquée, mais intégrera désormais la pêche sans navire et la pêche récréative ».
Usine à gaz
En bon soldat, notre ministère s’est donc empressé d’adapter l’oukase bruxellois à sa façon, c’est-à-dire en en respectant l’aspect inutilement contraignant et en créant un modèle d’usine à gaz. Le projet d’arrêté « précisant les conditions d’exercice de la pêche de loisir dans le domaine maritime », applicable au 10 janvier 2026, prévoit « l’enregistrement annuel des pêcheurs récréatifs et la déclaration de leurs captures de façon journalière ». Les espèces de poissons à déclarer obligatoirement sont, selon les zones de pêche : le lieu jaune, le bar, le thon rouge, la dorade rose et la dorade coryphène. Pour le reste, un grand flou artistique, marque de fabrique de la techno-bureaucratie républicaine, entoure autant l’aspect informatique du projet (plate-forme électronique européenne RecFishing, en cours de développement) que l’âge des pêcheurs concernés ainsi que de multiples dérogations et cas particuliers.
Découvrant cela, feu Georges Pompidou se dirait sans doute qu’à Paris et Bruxelles, on se donne décidément toujours plus de mal pour « emmerder les Français ».
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79 commentaires
Il y a trop de fonctionnaires (autant français qu’européens). Il faut bien les occuper. Faisons comme Trump et Musk : divisons par 2 leur nombre, et ce genre de fantaisies disparaitra.
FREXIT c’est simple !!!!
Tout ce que connait Panier-Runacher de l’océan se sont les planches de Deauville et pour ce qui est de la pêche la langouste et le saumon de chez Fauchon.
Hadrien, c’est hélas vrai, d’ailleurs qu’on me dise en quoi elle est compétente, ça irait plus vite
Encore une usine à gaz qui ne servira strictement à rien car personne n’utilisera ces données ni les compilera. D’autre part, comment vérifier qu’un pêcheur fasse bien sa déclaration une fois rentré chez lui ? Et s’il la fait, comment savoir si elle est juste ? Encore une ineptie bruxelloise ! Il y en a marre !
Bientôt, ces scélérats s’en prendront aux jardiniers amateurs qui cultivent quelques légumes dans un petit carré de terre.
Ces gens sont fous, que ce soit à l’UE ou au ministère escrologiste, ils se masturbent les neurones. A quand un site au ministère de l’agriculture pour y déclarer le nombre et le type de yaourts que chacun mange au courant de l’année ?????
Encore un truc qui au niveau européen et additionnés aux différents pays va occuper des centaines / milliers de fonctionnaires, et coûter des millions d’euros.
Et dire qu’on n’arrive pas à savoir combien de migrants viennent sur notre territoire ou combien de retraites sont versés vers des pays étrangers. Pfffff pays de fous !!
Sire ! On en a gros !