Fête de saint Michel : des centaines de parachutistes ont sauté sur le Mont

Il reste encore quelques belles traditions, en France, dont celle de célébrer la Saint-Michel.
@Patrick Pondaven
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« Ils sont tombés du ciel comme s’ils avaient des ailes, ils apportaient un air de liberté ! », chantait Jean-Pax Méfret pour commémorer la libération de Sainte-Mère-Église, le premier village libéré par les parachutistes alliés. C’est depuis cette période et l’instauration de la dévotion à saint Michel par un aumônier britannique, suivi par ses confrères français, que l’archange est devenu le patron des parachutistes. Ceux-ci viennent lui rendre hommage chaque année, le jour de sa fête, dans un autre haut lieu hautement symbolique : le sanctuaire du Mont-Saint-Michel

Ainsi, depuis maintenant plus de dix ans, et sans discontinuer, le Mont reçoit chaque année, aux alentours du 29 septembre, sa pluie de parachutistes descendus du ciel pour rendre hommage à l’archange.

@Patrick Pondaven

Et le temps gris du week-end dernier n’a pas empêché les quelques centaines de parachutistes, venus des quatre coins du monde, de respecter cette tradition. L’événement, très ancien, est coordonné depuis 2011 par l’association des Amis du Souvenir et de la Liberté, qui veille à perpétuer le souvenir de la Seconde Guerre mondiale et de la libération de la France. Il réunit chaque année des passionnés de toutes nationalités, soucieux d’entretenir le devoir de mémoire. Contacté par Boulevard Voltaire, le général Patrick Pondaven, secrétaire de l’association, explique y avoir rencontré « des Polonais, des Suédois, un Finlandais, un Grec, des Belges, des Néerlandais. Ce sont des passionnés de saut en parachute sous coupole hémisphérique, comme ils l’appellent, c’est-à-dire des parachutes ronds, sur le modèle de ceux de la Seconde Guerre mondiale », explique-t-il à BV.

Ce samedi 27 septembre, près de 220 parachutistes se sont donc élancés en uniforme du débarquement à l’assaut de la merveille au péril de la mer après s’être élevés dans les airs au moyen d’avions d’époque, comme le Noratlas de Provence, classé monument historique, « le seul encore en état de vol en France », comme le précise le général Pondaven.

Le recteur et le champion

Les sauts se sont poursuivis tout au long du week-end et jusqu’au lundi 29 septembre, jour de la Saint-Michel, offrant ainsi à l’une des plus belles merveilles du monde un hommage à sa hauteur. C’est donc sous une pluie de parachutes que le Mont s’est offert aux pèlerins et aux touristes venus par la mer ou par la terre, en franchissant la baie ou la digue pour atteindre son sanctuaire.

Une fois à terre et sur des airs de cornemuse, les parachutistes ont gravi en procession les ruelles du Mont jusqu’à l’église Saint-Pierre, où les accueillait le recteur du sanctuaire, le père Doat, qui a rappelé aux participants le sens du patronage de saint Michel, un guerrier venu du ciel. La cérémonie s’est achevée par une prière à l'archange, avant que ne résonne le chant de la prière du para, composée par André Zirnheld, premier parachutiste tué au combat lors de la Seconde Guerre mondiale : « Donnez-moi, mon Dieu, ce qui vous reste, Donnez-moi ce qu’on ne vous demande jamais, Je ne vous demande pas le repos ni la tranquillité […]. Donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas, mais donnez-moi aussi le courage, et la force et la Foi. »

Si la journée du samedi a été marquée par une volonté de reconstitution historique, avec des avions d’époque et des costumes et des parachutes dessinés selon l’esprit du Débarquement, le jour du 29 septembre a laissé place à des associations de soutien aux blessés militaires, victimes d’accidents, de maladies ou de blessures post-traumatiques. Des blessés ont ainsi effectué des sauts en tandem sur le Mont. Touché par cette cause, le recteur du sanctuaire n’a pas été en reste. Toujours en soutane, il s’est joint au champion de l’extrême Mario Gervasi et a réalisé avec lui un saut sur son abbaye. Habitué du Mont, Mario Gervasi avait réalisé, en mai dernier, l’exploit d’atterrir en parachute sur la terrasse de l’abbaye, une première dans l’Histoire. Il s’est dit touché par la démarche du recteur : « C’est la première fois qu’il voyait son archange depuis le ciel, il avait les larmes aux yeux. » L’occasion, pour Don Doat, de s’associer à la cause portée par les parachutistes et de maintenir le lien spirituel qui unit ces guerriers du ciel à leur saint patron. « Et par saint Michel, vive les paras ! »

@Patrick pondaven

Vos commentaires

26 commentaires

  1. Bonjour à tous.
    Secrétaire de l’association qui a accueilli les paras le 27 puis le 29, merci beaucoup pour cet article qui s’inscrit dans ce que nous mettons en avant : le devoir de mémoire (vis à vis des libérateurs américains et des parachutistes). Les deux journées ont en effet été bien différentes mais à chaque fois nous avons œuvré pour obtenir ou aider à obtenir toutes les autorisations nécessaires de la préfecture aux autorités locales qui ont pleinement collaboré (et ce n’est pas toujours facile au Mont St Michel). N’hésitez pas à nous suivre sur la page facebook publique des « amis du souvenir et de la liberté ».

  2. Bravo, et vive St Michel ! Je suis moi même un ancien para commando, et j’ai sauté également à Pau avec mes amis français, deux sauts de nuit également. Je n’oublierai jamais les paysages fabuleux, vus en descentes, de ce beau pays, la France que j’aime passionnément et que je connais très bien. Salut à tous !

    • Et n’oublions pas également le silence presque total mis à part la mélodie du vent dans les suspentes durant la
      descente d’environ une minute, après que le bruit des moteurs de « la Grise » en éloignement se soit dissipé.

    • Et n’oublions pas également le silence presque total mis à part la mélodie du vent dans les suspentes durant la
      descente d’environ une minute, après que le bruit des moteurs de « la Grise » en éloignement se soit dissipé.

  3. Étonnant qu’un préfet de la République, un président de Région ou autre autorité, que LFI et tout ce que la France compte de « libres » penseurs ne se soient pas manifestés pour demander l’interdiction de cette manifestation… au nom de la laïcité, bien sûr.

    • @François47 : n’allez pas leur donner des idées, pour une fois qu’ils n’y avaient pas penser…

      • Les paras, on les respecte et on ne rigole pas trop avec eux…même les L-fistes ! On ne sait jamais.

    • C’est surtout que c »est peu connu, enfin par moi
      Mais avec eux, méfiance, ils s’en prennent à toutes nos festivités, ils n’aiment pas notre culture

  4. Un seul regret : que les coupoles ne soient pas toutes blanches…je me souviens en 62 lors qu’on « tombait » sur une blanche (on grattait le coin du sac) ,on était envié par les copains qui avaient un « réséda »…

    • Oui, j’ai connu ! J’ai eu ce privilège d’avoir bénéficié de quelques « blanches » (je parle des coupoles…)

  5. A qui veut régénérer une société en décadence on prescrit avec raison de la ramener ces racines !
    (Pape Léon XIII.) Un peuple sans racines est un peuple sans mémoire, là est le danger pour son présent et son avenir.

  6. Bravo ! c ‘est bien que cette tradition puisse se renouveler tous les ans , dans ce cadre aussi somptueux et magique

  7. Avec quelques jours de retard je souhaite une très bonne fête de St Michel à tous les Paras. Mon brevet de parachutiste militaire date de 1974 ..Para un jour , para toujours !

    • Du 1er RHP, peut-être ? Bel hommage de Ph. de Villiers aux paras ce vendredi soir sur Cnews… Et par St Michel, vive les paras !

    • Parachutiste en 1979, oui j’ai sauté le 29 septembre de cette année la pour la St Michel. Né le 27 septembre pour moi il est mon protecteur et mon patron. De plus en Nord Atlas comme l’avion que je viens de voir sur YouTube je n’en ai fait qu’un ensuite c’était du Transall, mais en tout 12 en avion et 17 en Puma SA 330 et la le Puma c’est génial surtout qu’il ne vole pas a 200 kms h. ou plus, c’est du 60 kms h. Pour un appelé en 1 ans c’est pas mal non, bon j’ai adoré donc volontaire dès qu’il y avait saut de plus j’ai fais la prémis. Et par saint Michel, vive les paras.

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