« Déradicaliser » les terroristes du Hamas : le vœu pieux d’Emmanuel Macron

Par quel miracle des islamistes accepteraient-ils soudainement de s'assagir et de vivre en paix avec des Juifs ?
Capture d'écran YT Ministère des Armées
Capture d'écran YT Ministère des Armées

Emmanuel Macron tient à son « État de Palestine ». Il y tient tellement qu’il ne parle plus que de cela, depuis quelques jours. À croire que tout va bien dans son pays et que la France n’a plus besoin de lui… Entre deux discours ampoulés à l’ONU, notre Président a accordé, le 23 septembre, une interview exclusive à BFM TV dans laquelle il défend sa décision toute personnelle de reconnaître un État palestinien. « Ça ne se fera pas du jour au lendemain, mais c'est étape par étape, en partant de l'urgence humanitaire, en allant par la stabilisation de Gaza et jusqu'à cette solution à deux États », a-t-il détaillé. Après la première étape du cessez-le-feu devrait ainsi venir celle de la « sécurisation » de Gaza également baptisée, dans le jargon pompeux du macronisme, « le jour d’après ». « Là, ce qu'on propose, c'est une mission de stabilisation avec des forces régionales, un mandat des Nations unies. C'est dans ce cadre-là qu'on organisera la démilitarisation et le démantèlement du Hamas. Le Hamas, c'est des dizaines de milliers de combattants. Ils doivent rendre les armes. »

Que préconise donc le Président, pour ces terroristes djihadistes ? Faut-il les expulser vers l’Iran ou le Qatar, principaux soutiens et pourvoyeurs financiers du Hamas ? Faut-il les juger et les emprisonner à vie ? Rien de tout cela. « Il faut progressivement les déradicaliser, les réintégrer », propose plutôt Emmanuel Macron, admettant du bout des lèvres que cela « prendra du temps »

Selon notre chef de l’État, ce travail de stabilisation et de démilitarisation permettra in fine d’accoucher d’un « territoire viable où cette population pourra vivre en paix aux côtés d'un État d'Israël ». Bref, c’est la fin annoncée du conflit israélo-palestinien. Tout est bien qui finit bien. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. The End.

Une naïveté confondante

« Déradicaliser » des djihadistes qui baignent dans l’idéologie islamiste depuis leur plus tendre enfance… C’est beau comme du Sandrine Rousseau. Peut-être faudra-t-il aussi dégenrer les rues de Gaza ou offrir des cours d’empathie aux « combattants » qui se sont filmés tandis qu’ils éventraient des femmes enceintes, le 7 octobre 2023 ? En 2021, la députée écologiste avait témoigné d’une même naïveté lorsqu’elle avait suggéré que la France accueille des terroristes afghans afin de mieux « les surveiller ».

Dans le même genre, on se souvient aussi de l’insoumise Raquel Garrido qui avait choqué, quelques mois plus tard, en incitant les victimes des attentats du 13 novembre 2015 à « trouver le chemin de la réconciliation » avec les terroristes du Bataclan. « Sale collabo ! », avait alors commenté, sur Twitter, l'eurodéputé du RN Gilbert Collard, tandis que son collègue Philippe Olivier avait dénoncé « les ravages mentaux de l'islamo-gauchisme et le naufrage moral » de LFI.

Le mythe de la « déradicalisation »

Il est d’autant plus choquant d’entendre le chef de l’État parler de « déradicalisation » que toutes les expériences tentées en France ont lamentablement échoué. Le livre Un impossible travail de déradicalisation (Éditions Erès) est notamment revenu sur le « fiasco » du Centre de prévention et d’insertion à la citoyenneté (CPIC), premier centre français de déradicalisation ouvert en Indre-et-Loire en septembre 2016, comme une réponse symbolique aux attentats de 2015, puis fermé en catimini moins d’un an après, en juillet 2017. Parmi d’autres explications, les auteurs de l'ouvrage soulignaient l’aveuglement des autorités et les impensés qui avaient tué dans l’œuf toute chance de succès : « Qu’est-ce que la "radicalité" politico-religieuse et que peut-on faire pour la contrecarrer ? » De bonnes questions auxquelles nos politiques se gardent bien de répondre.

Emmanuel Macron croit-il sincèrement qu’il soit possible de « déradicaliser » une organisation terroriste dont la charte exige, noir sur blanc, la destruction d’Israël ? Et que faire de ce texte religieux qui préconise lui aussi la mise à mort des Juifs comme des autres « kouffars » ? Faut-il également « déradicaliser » le Coran ?

À l’affût du moindre sondage, le chef de l’État a bien dû voir qu'il y a un an, encore, selon un sondage, la population gazaouie soutenait massivement le Hamas. Cela devrait l'amener à voir la réalité en face plutôt que de fantasmer une paix qui, visiblement, n'est pas pour demain.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

106 commentaires

  1. Il est comme ça, notre Manu. Depuis qu’il a reçu une boîte du Petit Magicien, abracadabra, hop, argent magique, ratp déradicalisée magique, on a tout bien fait magique.

    • Si seulement il pouvait réussir un seul de ces tours ! Jusqu’ici il les a absoluement tous ratés !
      Il me fait penser à Garcimore, qui lui était sympathique et faisait , semblant, de rater les siens !
      Je pense à un tour en particulier qui je crois aurait beaucoup de succès : son nom ? Faire disparaitre le Choupinet :))

      • Meuh non, quand ça rate, on dit que ça comptait pas, on recommence : « alors, moi, on dirait que je suis Le Président, et toi, tu fais les gueux ».

  2. Macron se rend-il compte qu’il y a sûrement plus de sympathisants du Hamas en France qu’en Palestine ? Va-t-il « déradicaliser » aussi la France, partout où l’islamisme s’est infiltré (mairies,associations, universités, salle de classes du collège…). Du grand Macron!

    • Vous en avez eu de la chance… ;)
      Plus sérieusement j’imagine que vous deviez être au service de la France pour les combattre. Si tel est le cas, soyez en remercié du fond du coeur.

      • Oui comme vous dite « la chance », j’étais chargé de les garder et croyez moi, ce fut un long combat de tous les jours, avec une hiérarchie qui « faisait dans sa culotte » (pas de vague) !

  3. Qu’y a t-il derrière cette empathie soudaine pour la Palestine. Hormis un calcul électora..Y a t-il plus de juifs que de Musulmans en France? Y a t-il un projet d’alliance pour les prochaines élections avec LFI dont l’état palestinien est le flambeau depuis des mois? Si c’est un état, il doit chasser lui même les « terroristes » du Hamas..boulot que Israel n’a pas pu faire.. Et puis, cela oblige à reconnaitre l’état d’Israel et ses frontières. Qui doit payer pour les destructions? Qui doit reconstruire à ses frais? Ah TRUMP veut bien mais pour son business à lui. Il veut bien racheter les ruines. grand prince.

  4. Parmi les innombrables idées totalement déconnectées de Macron, celle consistant à ramener à l’humanité les Islamistes mérite de figurer sur le podium.

  5. STOP ..!! Ça suffit …! Ce type , ce macron n’est pas normal , à chacune de ses interventions il nous le prouve ..c’est une pathologie .Trump l’a toujours dit concernant ce macron , il va encore le dire en rigolant et en se fichant de lui et il aura raison . La France et ses habitants ont un déséquilibré a l’Élysée

  6. Le ridicule ne tue pas…incapable de gérer les banlieues » françaises » la radicalisation des racailles  » francaises »…et il croit influencer le hamas qui par ailleurs l’a féliciter de s’être agenouillé devant lui…

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