Contrôles techniques : des évidences, mais aussi des projets inquiétants

Souci légitime de sécurité ou ultime offensive de l’écologie punitive ? Les mesures à venir interrogent.
© Photo Artem Podrez - Pexels
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L’annonce de nouvelles mesures concernant le contrôle technique des véhicules, automobiles et deux-roues, n’a pas manqué de mettre en ébullition les associations de défense des usagers des routes. Or, comme le fait remarquer Florian Philippot, sur son compte X, « 90 % de ce qui va changer vient de l’Union européenne », et cette seule raison pousse à la vigilance, tant Bruxelles nous a bombardé, ces dernières années, de mesures très idéologiques, généralement punitives, et pour la plupart inutilement, concernant notre mobilité au quotidien. Encore faut-il ne pas tout mélanger. Dans ce que l’on annonce aujourd’hui, il y a du sûr et (quasi) immédiat, mais aussi des projets bruxellois encore en discussion. Voici tout d’abord ce qui va changer au 1er janvier 2026 :

Des contrôles plus sévères pour les motos

À partir de janvier 2026, les motos et les scooters (à deux roues, mais aussi leurs variants étroits à trois ou quatre roues) de plus de 125 cm3 déjà soumis depuis le 15 avril 2024 à un contrôle technique spécifique tous les trois ans, verront les critères durcis concernant le niveau de bruit, de pollution et les points de sécurité. Que penser de ce renforcement d’un contrôle contre lequel la Fédération française des motards en colère (FFMC) ferraille depuis des années ? Malheureusement pour eux, les motards responsables (et notamment les plus anciens), dont le sérieux fait qu’ils n’ont pas vraiment besoin d’effectuer un contrôle technique, sont victimes de la négligence de nouvelles populations venues aux deux-roues (des scooters, notamment). « Aujourd'hui, on a quand même 10 à 15 % de deux-roues qui sont refusés au contrôle technique du fait de leur état », indique Bernard Bourrier, PDG des centres de contrôle Autovision, joint par BV, qui nous confirme que « c'est la population des motards qui change ».

Voitures : un contrôle des rappels véhicules

Dès janvier 2026, aussi, le contrôle technique automobile va évoluer pour intégrer des mesures concernant les rappels graves (par exemple, actuellement, les défaillants airbags Takata®). Les défauts non réparés entraîneront une obligation de contre-visite, avec une éventuelle immobilisation (en cas de danger grave) du véhicule le jour du contrôle à minuit. Cette mesure, dont l’objectif est de lutter contre les rappels non effectués (soit parce que le propriétaire est négligent, soit parce qu’il est injoignable pour cause de revente ou de fin de garantie), s’accompagnera du recueil par le centre de contrôle technique des coordonnées du propriétaire (nom, prénom, adresse postale, adresse courriel, numéros de téléphone fixe et portable) pour leur possible transmission aux constructeurs. Le principe du contrôle de ces rappels est difficilement contestable, et pour Bernard Bourrier, « l'expérience dramatique que nous avons vécue avec les airbags Takata® [pouvant occasionner des blessures graves voire mortelles] justifie que le législateur se pose la question de la conformité des outils de sécurité active dans un véhicule, ainsi que la vérification de cette conformité, notamment avec le vieillissement des véhicules ». Le recueil des coordonnées du propriétaire est en revanche un fichage en règle qui ne dit pas son nom et qui pose question, quoi qu’on pense des « bonnes intentions » affichées.

Dans le « tube » bruxellois

Concernant les évolutions qui pourraient durcir les contrôles techniques automobiles (portant, notamment, sur les voyants d’alerte, les vieux diesel ou encore les fuites de liquides), « on est dans l’anticipation », remarque Bernard Bourrier. « Il s’agit de mesures qui ont été discutées et qui vont maintenant faire l’objet d’échanges entre experts des États membres de l'Union européenne ». Il faudra donc « un certain temps avant que le projet soit validé par le Conseil des ministres du Transport, puis passe au Parlement européen pour être voté. Après, seulement, sera publiée une directive européenne prise par le Conseil et le Parlement européen ». Voilà qui devrait nous emmener « entre mai et septembre 2026 ». Et ce n’est qu’ensuite que cette directive sera transposée en France pour y entrer en vigueur.

En qualité d’acteur du contrôle technique (une fonction qui lui est déléguée, car elle relève de l’État), Bernard Bourrier se montre logiquement favorable à un durcissement des mesures de contrôle en général. Même si, à titre personnel, il confie être « opposé à l’instauration d’un contrôle annuel des véhicules de plus de dix ans ». Sans doute pas techniquement indispensable, cette mesure poserait surtout pour lui un problème « social », car « le pays n'est pas apte à écouter ce genre de réformes. Il est politiquement instable, il est en permanence en train de se chercher, n'a pas de majorité. On n'est pas dans un climat qui est sain. »

Une question éminemment politique

Au-delà de son regard technique de patron d’Autovision, qui lui fait rechercher l’efficacité en matière de sécurité ou d’environnement, « la sécurité automobile est une équation strictement politique », note Bernard Bourrier, et qui comporte de nombreux aspects (sécurité, santé, coûts, vie sociale…) entre lesquels « le pouvoir politique doit arbitrer ». Se confiant à BV, Alexandre Jardin abonde sur le caractère éminemment politique de ce débat. « Ce qui nous remonte de partout, c'est qu'on risque de gagner sur les ZFE, parce qu'à la commission paritaire, il y a visiblement une majorité. » C’est pourquoi « on voit tout le lobby écolo revenir et faire pression pour que l'équipe gouvernementale suivante durcisse les contrôles techniques ».


Quel rapport entre ceux-ci et les ZFE ? Pour l’animateur des Gueux, il y a derrière toute cette affaire « la volonté de réduire le parc automobile thermique, avec l'illusion que ça provoquerait des achats de voitures électriques ». Or, « s'ils durcissent les contrôles techniques et que cela mène dans 50 % des cas à une contre-visite, cette moitié-là, elle correspond à la France qui n'a pas les moyens ». Pour Alexandre Jardin, cela reviendrait à « rétablir une autre forme d’exclusion, une ZFE invisible qui s'appliquerait sur l'ensemble du territoire ». Si c’est le cas, « l’équation strictement politique » que met en exergue Bernard Bourrier pourrait se révéler être ce que les savants de l’Antiquité appelaient déjà « une quadrature du cercle »…

Vos commentaires

62 commentaires

  1. encore une fois, une nouvelle réglementation pour nous faire payer nous les gueux. Parce que je vois mal la gendarmerie faire des contrôles au bled dans le « 9 » « 3 » et surtout de verbaliser ceux qui le mériterait. Comme d’habitude ce sont les Nicolas, les gueux qui vont payer en courbant le dos un peu plus !

  2. À un opposant qui lui faisait remarquer qu’il ne serait pas possible -en raison de la production électrique actuelle- de remplacer 100% de thermiques par 100% d’électriques, l’écolo de service a avoué leur vrai but : limiter le nombre GLOBAL de voitures, quelles qu’elles soient…

  3. La vache à lait qu’est l’automobiliste n’a pas encore tout délivré de son pis. A cela je rétorque : tout va de mal en pis.

    • Marre de Bruxelles et ses malfaisants de cette mafia politique qu’est l’U.E. qui prend des mesures de bureaucrates de la gamelle et impose aux nations dont la France sa soumission. Plus-que-parfait jamais le FREXIT est nécessaire.

  4. Toutes les personnes pénalisées par ces contrôles techniques pourront demander à profiter du parc automobile ( mais sans les chauffeurs , il faut rester humble ) des élites françaises et européennes les nouveaux satrapes du monde politique

  5. Il y avait trop longtemps que les cervelles bruxelloises, plutôt que de se préoccuper de l’état désastreux de son industrie et de ses finances n’avait pas trouvé quelque chose pour enquiquiner les Eiropéens sans la moindre étude sérieuse des retombées de telles mesures. Par contre, l’état des routes, la multiplication ridicule des ralentisseurs (un village minuscule voisin du mien en compte dix successifs !), cela n’intéresse personne.

  6. Tout est fait pour que les Français achètent ces voitures électriques tout sauf écologiques, les batteries en lithium quand on sait comment elles sont fabriquées, non recyclables, hautement inflammables en plus
    Ce procédé est vraiment malhonnête comme tout ce qui vient de l’UE et de nos gouvernants

  7. Tous ces gens qui se soucient de notre sécurité « sur route », n’ont pas encore remarqué (ou ne veulent pas) que l’insécurité due à l’immigration est partout dans les écoles, dans les parcs, dans les forêts, dans les villes et les campagnes. Il faudra bien qu’un jour des personnes intelligentes arrivent au gouvernement pour remettre les choses en place.

    • Vous écrivez ce que je pense. On rajoute un tour de corde à notre cou pour mieux nous pendre. Il est temps de se faire entendre haut et fort. STOP…Ça suffit! F R E X I T et VITE…

      • effectivement il devient urgent d’étudier un éventuel Frexit afin que nous sachions ce que l’on pourrait gagner et ce que l’on pourrait perdre. Mais la liberté peut-elle être quantifiée ?

  8. Chers compatriotes permettez-moi s’il vous plaît , de vous rappeler que l’Europe parlementaire qui siège à Bruxelles est aux mains d’une coalition socialo écologiste ayant privé notre nation de 90% de ses prérogatives , dont jouit tout Etat souverain .

  9. Une chose est sûre : il faut de toute urgence contrôler le bruit des deux-roues qui se donnent de plus en plus de liberté pour trafiquer leurs échappements et qui ne sont jamais verbalisés. Et, contrairement à ce que suggère cet article, cela ne concerne pas que les scooters (qui seraient des manants de la route) au détriment des « vrais » motards (qui eux seraient de preux chevaliers) mais tous les types de deux-roues: livreurs de pizzas sur des 50cm3 trafiqués faisant le bruit d’un millier de crécelles, vieilles 125 dont le pot pourri résonne à des centaines de mètres à la ronde, T-Max des dealers de banlieues qui les conduisent comme des imbéciles heureux, pathétiques conducteurs de Harleys déguisés comme dans de mauvais téléfilms américains, et surtout Grosses cylindrées conduites par ces « valeureux chevaliers » qui achètent neuves des motos (BMW, Ducati, Triumph…) dont il font immédiatement remplacer l’échappement par un pot « homologué » qui dérange les passants et les voisins à un kilomètre alentour. Ces deniers sont presque toujours des hommes entre 25 et 55 ans, Français de souches aux revenus confortable et en manque de conquêtes féminines que leurs libidos frustrées poussent à jouer aux mâle dominants dans l’espace public comme un vieux chimpanzé tape avec une branche sur un tronc d’arbre tout en hurlant pour impressionner ses rivaux…
    La caractéristique commune à tous ces bruyants conducteurs de deux-roues ? Ce sont des imbéciles !
    Alors vite, vite le contrôle technique de ces nuisibles, et l’obligation pour eux de remettre leurs véhicules aux nomes de bruit !
    NB : je roule quotidiennement sur des mots depuis plus de 50 ans

    • ils seront dans les normes…pour le controle….et remettrons leurs système bruyants en place…dès la sortie de l’organisme de contrôle après avoir obtenu « le tampon »
      ce ne sont pas les motos le problème…mais ceux qui les conduisent…avec des QI d’une huitre….les racailles…
      ces raisonnements sur des contrôles des motos….c’est comme vouloir interdire…la vente de couteaux…!!!!!
      certains « vieux » motards sont quelques fois enquiquinants….mais, ces « vrais », bizarement, ont des motos flambantes et très bien entretenues….leurs engins sont même « beaux » à regarder et, ceux là, tout aussi bizarement….ne font pas plus de bruit qu’une voiture….
      c’est toujours le même problème : pour une minorité de dégénérés, des mesures sont prises pour emmerder tout le monde….

    • Encore motard à près de 70 ans ( BMW 1200 rs ) je n’ai jamais fait aucune modification d’échappement a cette dernière machine..250 kmh suffisent bien!) Par contre quand j’avais 14 ans je bricolais des « mobs » ,malagutis ou itoms pour aller le plus vite possible..et meme si a cause du bruit j’aimerais parfois tendre un câble entre deux poteaux …je me souviens que moi aussi j’ai été jeune…

    • C’est pas faux. Le monde motocycliste a bien changé depuis que j’ai posé mon séant sur la selle d’une T500 Suzuki, puis d’une 1000cm3 de la même marque, après l’avoir posé, enfant sur le réservoir de la 350 Terrot de mon paternel qui m’emmenait, cheveux au vent, sans casque ni autre protection sur une petite route de campagne où les voitures étaient quasiment absentes. Durant ces chevauchées, mes yeux d’enfant émerveillés fixaient l’aiguille du compteur qui grimpait vers le nombre mythique pour moi: 100km/h.
      A présent, les motards que je vois ou entends , surtout par beau temps, ne constituent plus pour une grande majorité, qu’un ramassis de frimeurs, tout juste bons à faire « vroom-vroom » en ville, aux terrasses des cafés pour épater les filles et le quidam moyen. A l’apparition de la première goutte de pluie ou du moindre refroidissement de l’atmosphère, comme les moustiques et autres moucherons, ils disparaissent au fond de leurs caisses climatisées. Car la moto n’est pour eux qu’un moyen de paraître, de flatter leur égo démesuré, de montrer le niveau de leur standing. Quant au respect du code de la route, à l’instar de nombreux cyclistes qui papotent à plusieurs, de front sur les petites départementales, le dimanche, en cuissards et maillots aux couleurs tapageuses, c’est l’esprit du « pas vu/pas pris ».

  10. Ce qu’il faut retenir c’est que les idées viennent de « l’Europe ». Il faudra réfléchir avant de voter aux prochaines présidentielles, un européiste ou un réticent qui parle souverainisme. Parce que les beaux causeurs que sont Retailleau et Darmanin sont des européistes, comme la plupart d’ailleurs, en somme rien ne changera.

  11. J’avoue qu’habitant en centre ville, un contrôle technique qui éliminera les deux roues trop bruyant sera une bénédiction. J’ai des amis motards propriétaires de grosses cylindrées qui ne se sentent absolument pas obligés de faire savoir à tout un quartier qu’ils se promènent. Il sont les premiers à râler contre les pots trafiqués. On a l’impression que certains « bikkers » s’imaginent compenser la faiblesse de leur QI par le niveau sonore de leur engin…

    • La plupart du temps, ce sont des jeunes avec des bécanes qui ressemblent plus à des tronçonneuses que des motos.

    • Notre pays est traversé de part en part par les étrangers, après l’état accuse les Français de tous les maux pour mieux les taxer. Géographiquement, la France se trouve en plein milieu des axes routiers. Ôtez les véhicules étrangers, les routes seront dégagées, d’autant qu’eux n’entretiennent pas les chaussées, c’est nous qui payons.

    • Les ingénieurs / fonctionnaires responsables (mais pas coupables) ont signé la réfection de la route de 3 kms près de chez moi ou il y a une centaine d’habitations, résultat + 3db donc doublement du bruit. On s’est plaint à ces « sachants » réponse : c’est dans les normes …. On les a « invité » a venir constater avec sonomètre car il reste une portion originale : sans réponse , édifiant de stupidité !

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