[CINÉMA] Conjuring 4, L’Heure du jugement : derniers rites pour le couple Warren

Moins réussi que le premier, ce quatrième opus surclasse néanmoins les deux précédents.
© Photo Copyright 2025 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved.
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C’est un véritable carton, à l’international. Conjuring : L’Heure du jugement engrange déjà 194 millions de dollars à travers le monde, soit le meilleur démarrage pour un film d'horreur en 2025, et troisième meilleur démarrage de toute l’Histoire dans cette catégorie. En France, le long-métrage de Michael Chaves enregistrait pour son premier jour 248.429 entrées, dont 91.717 avec les avant-premières. Des chiffres impressionnants qui conforteront les producteurs dans leur volonté affichée de poursuivre la franchise à la télévision dans les années à venir…

Le couple polémique

Dernier volet d’une tétralogie lancée en 2013 par le réalisateur James Wan et ayant donné lieu à six films dérivés, soit dix long-métrages (inégaux) au total, ce quatrième Conjuring était particulièrement attendu des spectateurs. Très au-dessus du tout-venant du film d’horreur en termes d’écriture, de mise en scène, de budget et d’interprétation, la franchise phare des productions Blumhouse a pour elle des atouts majeurs : le talent de James Wan, bien évidemment, qui officie en coulisses derrière chaque opus, et un duo d’acteurs magnifiquement assortis : Vera Farmiga et Patrick Wilson. Lesquels se glissent chaque fois avec un plaisir complice et communicatif dans la peau de Lorraine et Ed Warren. Un couple très célèbre, aux États-Unis, formé d’une médium et d’un démonologue, qui aurait résolu des milliers d’affaires paranormales entre les années 50 et les années 80, et notamment des cas de possession ! Leurs enquêtes ont fait l’objet de plusieurs ouvrages – ayant servi librement de base à la franchise cinématographique – qui ont été largement commentés et décriés.

Les Warren étaient-ils des escrocs ? C’est fort possible. Mais toute personne ayant déjà été témoin de phénomènes inexpliqués au cours de son existence ne peut totalement fermer la porte à l’irrationnel. Quant aux chrétiens, censés croire en Dieu, comment pourraient-ils ne pas croire au Diable ? Toujours est-il que le succès de tels récits au cinéma, en dépit des polémiques autour du couple Warren, en dit long sur la quête spirituelle inconsciente de nos sociétés modernes, désacralisées depuis deux siècles par le rationalisme scientifique, la religion du progrès, les évolutions technologiques et la froideur matérialiste. À croire que la nature humaine a toujours aussi soif de sacré, de mystère et de poésie…

Un dernier volet à la gloire de ses héros

Après le cas de la famille Perron – abordé dans le premier film –, ceux d’Amityville et d’Enfield – exploités dans le second – et celui d’Arne Johnson, qui plaida en 1981 la possession après avoir commis un meurtre – troisième opus –, Conjuring 4 se concentre sur l’affaire Smurl. Cette famille modeste de Pennsylvanie aurait été victime, durant des années, d’une présence démoniaque à son domicile de West Pittston, à un moment de leur carrière où les Warren étaient sur le point de prendre leur retraite. Un cas qui fut beaucoup médiatisé à l’époque et fit l’objet d’un téléfilm en 1991, La Maison hantée, réalisé par Robert Mandel.

Moins réussi que le premier Conjuring – qui parvint véritablement à dépoussiérer le « film de maison hantée » et demeure à ce jour un bijou du cinéma d’épouvante –, ce quatrième et dernier film surclasse néanmoins les deux autres, qui avaient la fâcheuse manie de trop en montrer. Légèrement plus suggestif, Conjuring : L’Heure du jugement prend le temps d’installer son intrigue, distribue avec parcimonie les passages horrifiques, évite autant que faire se peut le gore et les effets de sursaut, et prolonge avec tendresse cette histoire d’amour que l’on suit maintenant depuis quatre films, celle de deux époux (et de leur fille !) que même les démons les plus malfaisants ne réussiront jamais à séparer. Au fond, qu’importe que les véritables Warren aient pu être des escrocs, ceux-là ne s’appartiennent plus ; ils sont désormais l’un des couples les plus célèbres du cinéma.

 

3 étoiles sur 5

 

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

3 commentaires

  1. Quelles idioties! Je fuis le cinéma nocif, ce monde de la peur, la fausseté, le mensonge, la crédulité, la superstition, la torture, la méfiance, la haine, la tromperie, la méchanceté, la laideur.. et la bêtise! Qu’allez-vous faire dans cette galère? Dans la réalité, Il y a tant de merveilles en notre paradis et dans la nature humaine bien guidée pour mener une vie saine, joyeuse et heureuse.

  2. Bravo Monsieur Marcellesi. Personnellement, je me régale toujours de vos critiques cinématographiques qui sont profondes et clairvoyantes. Cela donne tout simplement envie d’aller au cinéma. Merci !

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