[CINÉMA] Brief History of a Family, ravages de la politique de l’enfant unique
C’est un thriller psychologique de haut niveau. Une œuvre comme on en voit peu au cinéma, et surtout d’une rare maîtrise pour un jeune cinéaste dont il s’agit seulement du premier long-métrage.
Brief History of a Family, de Janjie Lin, confronte le spectateur aux ravages laissés par la politique de l’enfant unique en Chine. Laquelle, pour rappel, fut ramenée en 2016 à deux enfants par famille, puis trois en 2021, avant que le gouvernement ne supprime toute restriction en 2022…
Un frère d’adoption
Âgé de quinze ans, Wei, fils d’une famille de la classe moyenne, lance un ballon sur la nuque d’un camarade de classe, Shuo, qui s’exerçait aux barres parallèles. Suite à l’incident, Wei cherche à se faire pardonner et invite Shuo à jouer aux jeux vidéo à la maison. Gentiment, les parents de Wei proposent au garçon de rester dîner et commencent à faire sa connaissance. Très vite, les époux se prennent d’affection pour ce jeune orphelin timide et silencieux dont la mère est décédée lorsqu’il avait seulement dix ans et dont le père s’avère alcoolique et violent…
À mesure que le temps passe, les parents de Wei découvrent les qualités de Shuo. Sérieux, bon élève, doté de réelles capacités intellectuelles et amateur de musique classique – tout comme le père de Wei –, le jeune garçon n’a rien à voir avec leur fils. En effet, Wei traîne paresseusement, ne travaille pas suffisamment ses cours, passe son temps sur les jeux vidéo et semble avoir pour seule ambition dans la vie de devenir escrimeur professionnel. Inévitable, la comparaison entre les deux garçons va alors se muer en rivalité dans l’esprit de Wei, qui est de plus en plus convaincu que Shuo représente une menace pour son équilibre et est en train de lui « voler » ses parents…
La fin d’une politique
Pensé au départ comme un simple récit « réaliste », dans le sens littéraire du terme, Brief History of a Family a finalement adopté, au cours de son écriture, la forme plus alambiquée du thriller psychologique, articulé autour d’un personnage intrusif et énigmatique (on pense alors à Théorème, de Pasolini). Un climat de suspicion largement instauré par Wei qui, en bon enfant unique – pourtant pressuré par le devoir de réussite individuelle –, ne supporte nullement de ne plus être le seul centre d’attention de ses parents et cherche des prétextes pour ne pas avoir à les partager avec Shuo… Des parents qui, de leur côté, sont traumatisés par la politique de l’enfant unique et trouvent là l’occasion rêvée d’avoir un second fils. Un fils brillant qui plus est, aimant et susceptible de les rendre fiers. La fin du récit n’en sera que plus cruelle pour tout le monde…
Relativement simple dans sa trame narrative, Brief History of a Family se démarque avant tout par sa forme et, plus précisément, par la composition de ses cadres. C’est bien simple, il y a une idée symbolique derrière chaque plan, rien n’a été choisi au hasard, de telle sorte que le film pourrait aussi bien fonctionner sans dialogue ; le moindre état psychologique des personnages passe par l’image et le montage. Janjie Lin commence à peine sa carrière dans le cinéma qu’il a déjà tout compris aux spécificités du médium.
4 étoiles sur 5
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts

































4 commentaires
L’enfant unique a évité plus de 300 millions de naissances! La Chine devrait continuer cette politique. 1,4 milliard d’habitants pour un pays de déserts, de montagnes et de collines, c’est trop! La politique de l’enfant unique est absolument nécessaire pour toute la planète!
J’ai posé la question à Grok : Si la politique de l’enfant unique était appliquée à toute la population humaine terrestre à partir de 2025, cela impliquerait un taux de fécondité total (TFT) global tombant à environ 1 enfant par femme. Sur la base de modèles démographiques comme ceux publiés dans des études sur les projections à long terme (par exemple, des scénarios de faible fécondité constante avec TFT=1 et une espérance de vie augmentant jusqu’à environ 100 ans), la population mondiale culminerait autour de 2050 en raison de l’inertie démographique (structure d’âge actuelle avec de nombreuses personnes en âge de procréer), puis déclinerait rapidement.Le déclin s’accélérerait au fil des générations, car chaque génération serait environ moitié moins nombreuse que la précédente (compte tenu du TFT de remplacement autour de 2,1 pour une stabilité, un TFT=1 conduit à un multiplicateur net d’environ 0,48 par génération de 30 ans). Sur 300 ans, cela mènerait à une population résiduelle très faible, de l’ordre de quelques dizaines de millions, avec des risques sociétaux majeurs (vieillissement extrême, effondrement économique, etc.). J’ai adapté les projections d’une étude démographique à long terme (scénario TFT=1 avec espérance de vie maximale de 100 ans) aux données actuelles (population mondiale estimée à 8,24 milliards en 2025), en interpolant linéairement entre les points clés pour obtenir des estimations annuelles. 2025 : 8,24 Mds, 2075 : 6,14 Mds, 2125 : 2,87 Mds, 2175 : 860 millions, 2225 : 230 millions, 2275 : 70 millions, 2325 : 20 millions. En un si(cle et demi votre politique ferait reculer l’humanité d’un millénaire et en 3 siècles la ramènerait à la préhistoire. Si vous voulez-vous suicider, libre à vous mais laissez la planète tranquille. L’intelligence artificielle, c’est bien pratique pour démontrer la bêtise naturelle
et surtout en Afrique
J’ai hâte de voir ce film . Cette politique de l’enfant unique avait été un vrai choc civilisationnel .