[CHRONIQUE] Mais que fête-t-on, le 14 juillet ?

Ne gâchons pas notre plaisir en contemplant le défilé de nos soldats. Ils sont encore un motif de fierté française.
Capture d'écran YT Ministère des Armées
Capture d'écran YT Ministère des Armées

L’objet de cette chronique n’est pas de se demander si le 14 Juillet rappelle la mythique prise de la Bastille, dont l’assassinat immonde de son gouverneur Bernard de Launay - auquel on avait garanti la vie sauve - inaugurait la longue série des crimes révolutionnaires, ou la fête de la Fédération, moment d’émotion nationale et parfaite journée de dupes dont la phrase de Talleyrand à La Fayette résume toute l’ambiguïté : « Par pitié, ne me faites pas rire. »

Il s’agit seulement de s’interroger sur le sens de la fête nationale d’une nation qui n’est plus souveraine. Et qui n’est plus souveraine, non parce qu’elle a été conquise par d’autres, mais parce que ses dirigeants l’ont voulu ainsi et que le peuple français l’a accepté. Pour être juste, reconnaissons que lorsque celui-ci a manifesté qu’il ne voulait plus d’abandon de souveraineté en rejetant le projet de Constitution européenne, la nomenklatura européiste est passée outre, quelques années après, en utilisant la voie parlementaire pour faire ratifier un texte quasi identique à celui rejeté par voie référendaire.

Une nation sans souveraineté réelle est-elle encore une nation ?

N’est-elle pas plutôt une sorte de protectorat ? Prenons un exemple concret. L’Assemblée nationale a rejeté l’idée d’un moratoire sur les énergies éoliennes et solaires pour concentrer les efforts sur l’énergie nucléaire. Décision idéologique pour certains mais, surtout, volonté de se conformer aux exigences du plan énergie climat de l’UE qui a fixé l’objectif d’énergie renouvelable à 42,5 % en 2030. Ainsi donc, la France n’et plus maîtresse de son panier énergétique et est contrainte de se lancer dans une course effrénée aux éoliennes et panneaux solaires. Or, nous savons que ces énergies intermittentes vont renchérir considérablement le coût de l’énergie électrique pour les particuliers et les entreprises. Cette politique menace très directement la pérennité des industries à haute intensité énergétique, telles la sidérurgie et, derrière elle, les industries utilisatrices, dont l’automobile. De surcroît, ces énergies ne sont pas si vertueuses sur le plan environnemental puisque, d’une part, elles nécessitent des centrales thermiques d’appoint quand il n’y a pas assez de vent ou de lumière et, d’autre part, sont polluantes. Les éoliennes de nouvelles génération, hautes de 300 mètres, nécessitent des fondations de 800 tonnes de béton et les pales en carbone ne sont pas recyclables. Autrefois brûlées dans des fours à haute température, elles sont désormais enterrées !

Autre exemple, l’accord Mercosur. La France n’y est pas favorable. Peu importe, la Commission, dotée d’une compétence exclusive en matière commerciale, a signé l’accord. La fin est écrite d’avance ; moyennant quelques petites concessions, l’accord sera modifié, et tant pis pour les agriculteurs français.

Une nation ou un agrégat d'individus ?

Autre interrogation, les Français, au sens juridique du terme, c'est-à-dire ceux qui ont la nationalité française, forment-ils encore une nation ou ne sont-ils plus qu’un agrégat d’individus que plus grand-chose ne relie ? Le texte de la conférence donnée par Renan, en 1882 à la Sorbonne, est bien connu : « Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. » En toute honnêteté, pouvons-nous encore reconnaître la nation française dans cette description ?

Nous subissons un président de la République qui ne sait pas ce que c’est, que la culture française, qui a passé par pertes et profits notre souveraineté au profit de l’UE. Par des politiques irresponsables, nous avons fait venir ou laissé venir en France des populations nombreuses auxquelles nous avons octroyé la nationalité française et qui ne partagent ni notre passé, ni notre culture, ni notre civilisation, dont les défaites sont nos victoires et dont leurs victoires sont nos défaites et dont on peut douter, pour certains, qu’ils aient « le désir clairement exprimé de continuer la vie commune ». Enfin, l’idéologie woke s’acharne à détruire ce qui enracine et relie les Français entre eux en cherchant à leur donner honte d’eux-mêmes. Le 14 Juillet tend à devenir la commémoration d’une nation évanouie.

Au fond, cette fête nationale ne rend plus hommage à une nation évanescente mais est une journée où l’on rend hommage à nos forces armées. C’est bien, c’est même très bien. Encore faudrait-il que nos livres d’histoire scolaire ne détruisent pas son image et que celle-ci ne soit pas perpétuellement citée au tribunal populaire de l’Histoire, version islamo-gauchiste ou woke. Faut-il rappeler que ce n’est pas l’armée qui déclare la guerre mais les gouvernements. Mais ne gâchons pas notre plaisir en contemplant le défilé de nos soldats. Ils sont encore un motif de fierté française et un exemple de dévouement à quelque chose qui dépasse nos égoïsmes : la nation et la patrie.

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

55 commentaires

  1. Impossible de ne pas souscrire au commentaire déposé ci dessous ce jour à 7h25 par ‘CAMANDRE’ …
    Bonne journée quand même !!!

  2. Je suis dubitative quand à cette célébration , quand on va vu l’épisode de la terreur après
    Quand j’étais plus jeune, bal des pompiers et feu d’artifice, une occasion de faire la fête, de danser
    A présent, l’occasion pour les racailles de tout casser et ou perturber les bals des gens qui payent des impôts et veulent passer un bon moment
    Le jour où le méprisant bombe le torse, pour impressionner l’ours russe alors qu’il ne fait rien pour nos otages dans certains pays, quand il laisse les racailles faire voire même leur trouve des excuses quand il ne condamne le policier qui a fait son travail
    Le défilé de ce jour, que je n’ai pas regardé quand on sait qu’il n’a pas invité les gueux qui payent des impôts, mais des gens triés sur le volet qui ne le hueront pas !!!
    Le méprisant ne supporte pas qu’on le critique et qu’on le déteste
    Donc pour moi un joue comme les autres, sinon une pensée pour nos Pompiers

  3. Bien sûr , honneur et fête pour nos militaires ; mais que célèbre t on vraiment aujourd’ hui le 14 juillet ? une république de destruction de notre civilisation , de trahison envers le peuple par une clique d ‘ incompétents et profiteurs qui auront toujours et encore le culot de se pavaner au milieu de ce chaos …

  4. C’est simple : Macron feint d’honorer la Nation France souveraine alors qu’il la soumet chaque jour au mondialisme immigrationniste et à son idéologie de l’Europe fédérale .
    Et bientôt la patrouille franco-allemande passera-t-elle peut-être au-dessus de l’Arc de notre Triomphe ?

  5. Je regarderas bien le défilé de nos valeureux soldats en cette journée de fête nationale. Mais désolée, comme. On nous impose en parallèle l’image de ces irresponsables qui détruisent ce qui fût notre belle France, je ne supporterais même pas 10 secondes de ce spectacle lamentable. Je plains ces gens courageux et loyaux contraints de côtoyer ces irresponsables minables

    • Ce matin j’ai regardé une émission en replay que je n’avais pas vue
      Ces simagrées je ne les supporte plus et la vue du méprisant encore moins
      Une pensée pour nos militaires, nos Pompiers

  6. Le 14 Juillet, dans certaines familles, est un jour de deuil et n’est jamais célébré: on ne fête pas une guerre civile. Par contre, une victoire sur un ennemi extérieur, 11 Novembre et 8 Mai, se célébrait toujours.

  7. Vous écrivez : « Faut-il rappeler que ce n’est pas l’armée qui déclare la guerre mais les gouvernements. » Ce qui illustre la citation de Simone Weil (la philosophe) : « toutes les décisions qui engagent des vies humaines sont prises par ceux qui ne risquent rien »…

    • « toutes les décisions qui engagent des vies humaines sont prises par ceux qui ne risquent rien »… Hélas tellement vrai à notre époque.

  8. En ce jour qui devrait être une fête, une communion de tous les français dans la joie que voit-on, Paris transformé en une véritable forteresse. Mais est elle vraiment imprenable ?

    • Difficile de penser à une communion de tous les français lorsque sa famille a été massacrée par ces révolutionnaires.
      Enfin, j’imagine.

      • à quli le dites-vous !!! d’autant plus que, nous, les descendants ne sommes que ceux, finalement, des traitres de l’époque qui se sont soumis pour se maintenir en vie. Nous y avons perdu jusqu’à nos vrais noms, amputés par l’état civil révolutionnaire
        J’honore l’armée d’ujourd’hui mais certeinement pas la fête de la « nation » qui de toute façon n’existe plus non plus

  9. Parlons en de la fête du 14 juillet ! On commémore la « prise de la Bastille » qui consista à embrocher son gouverneur et à libérer 4/5 prisonniers de droit commun. Cette fête s’accompagne d’une Marseillaise vengeresse et raciste. Cette fête veut rappeler la libération du peuple, alors que ce fut une Révolution Bourgeoise qui s’est servi du
    peuple. Les Aristocrates se sont donc renouvelés et aujourd’hui nous avons toujours les privilégiés avec cette monarchie Constitutionnelle qui donne tous les pouvoirs au Président secondé par son fidèle Conseil Constitutionnel dont Macron nomme les membres.

    • « une Marseillaise vengeresse et raciste. ». Vengeresse en quoi ? Le « chant de guerre de l’armée du Rhin » etait destine aux troupes qui allaient défendre le pays que tentaient d’envahir des armée étrangères… Quant au racisme, dites-moi ou il est. Nous n’avions pas à l’époque, de colonies dont les ressortissants auraient été appelé à la rescousse… je ne suis pas un supporter de cette révolution qui n’a ete qu’une tuerie de masse. « Mais à trop vouloir démontrer, on ne démontre plus rien ».

    • Ce sont les bourgeois et les aristocrates qui ont trinqué.
      Les nouvelles élites sont des « parvenus » comme aurait dit mon père, qui n’ont ni les connaissances, ni la morale, ni l’éthique nécessaires mais se pensent au dessus des gueux que nous sommes.

      • Faux, vous parlez de la capitale.
        Allez dire aux vendéens qu’ils étaient « bourgeois ou aristocrates »
        ils étaient royalistes et se sont battus en sabots, avec des fourches de leurs fermes
        et, finalement, ils ont été victimes d’un génocide

  10. Merci pour cette analyse et la réflexion qu’elle suscite , nous sommes les enfants de cette révolution dont découle notre civilisation . Nos ancêtres nous ont légué une France prospère et reconnue dans le monde entier. Nous ne sommes plus qu’un petit pays endetté ou le citoyen peine à vivre dans la sécurité. En France nous ne savons pas faire des révolutions de velours et nous payons toujours chèrement ´nos changements et nos progrès. .

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