Bidonville nantais : une candidate d’extrême gauche entrave un tournage de Vincent Lapierre

Un exemple de la mainmise caractéristique des représentants d'extrême gauche sur des populations.
V Lapierre Medkour
capture X

Le saviez-vous ? La ville de Nantes, dont la réputation n'est plus à faire en matière de montée de l'insécurité, abrite dans sa périphérie 64 bidonvilles dans lesquels campent 2.500 à 3.400 habitants, dont un tiers d'enfants d'origine rom. Un bien épineux problème qui ne cesse de s'aggraver depuis vingt ans pour une municipalité impuissante à expulser ou reloger les occupants illégaux. Le reporter indépendant Vincent Lapierre a tenté, le 1er février, de pénétrer dans la plus grande de ces enclaves, sur la prairie des Mauves, à quelques encablures du centre-ville, où vivent entre 700 et 1.000 personnes. Il en a été empêché par une certaine Margot Medkour, que l'on découvre candidate aux élections de dimanche, tête d'une liste de gauche radicale, « Nantes populaire » !

Ce qui aurait pu rester une simple altercation anecdotique entre les deux protagonistes a enflammé les réseaux sociaux. Et pour cause... Le reportage manqué, en plus de dévoiler l'ampleur du phénomène des bidonvilles en France, donne la mesure de la mainmise caractéristique des représentants d'extrême gauche qui excellent dans l'art de surfer sur la misère.

Zones entravées et trafics

La Loire-Atlantique est le département - après la Seine-Saint-Denis - qui compte le plus grand nombre de bidonvilles en France. Selon les chiffres officiels, sur l'ensemble de l'Hexagone, 150.000 personnes s'y entassent dans des abris de fortune et des caravanes délabrées au milieu de décharges à ciel ouvert comme celle dans laquelle Vincent Lapierre s'est rendu. À la périphérie de Nantes, c'est tout un écosystème qui s'est tissé, au fil des ans, avec l'arrivée de populations qui s'y sont agglutinées depuis les années 2000. « Les premiers (issus de cette émigration roumaine) sont arrivés et en ont fait venir d’autres et encore d’autres… », expliquait, il y a trois ans, au Figaro, un membre du collectif RomEurope Nantes. Si une part de ces occupants illégaux trouvent à s'employer auprès des maraîchers nantais, comme l'écrivait Olivier Quentin, journaliste à France 3 Pays de Loire, en 2024, « cette problématique des bidonvilles génère également une économie aussi souterraine que perverse, celle des réseaux qui font venir des familles de Roumanie en leur proposant, moyennant rémunération bien sûr, une caravane, une cabane ». Ce que confirme une autre « militante associative » au Figaro : « C’est devenu une zone compliquée et enclavée, qui peut abriter un certain nombre de trafics. Dès qu’ils se font expulser d’un terrain, une partie des Roms viennent ou reviennent ici. C’est insoluble. »

En toute logique, bon nombre d'associations s'y déploient pour soulager la misère, distribuer l'aide alimentaire, dispenser des soins (via un service dédié au CHU de Nantes, le « PASS Mobile », composé de deux infirmières, un médecin et une assistante sociale), fournir le raccordement à l'eau courante (Solidarités International), le tout au chevet d'une population en très grande précarité. Après tentatives d'expulsions avortées, manifestations d'opposants soutenues ou orchestrées par des initiatives militantes, réinstallations des mêmes populations sur le terrain d'à côté et propositions de relogements refusées, la municipalité de Nantes a finalement décidé d'un projet d'ampleur pour démanteler le bidonville de la prairie des Mauves. Chiffré à 80 millions d’euros, il serait « en cours de préparation » en attendant, en 2031, « l’éclosion d’un pôle d’écologie urbaine en lieu et place des habitats précaires » et laisse un peu songeur... D'autant que, manifestement, pour certains responsables politiques, les bidonvilles nantais, c'est chasse gardée !

Qui instrumentalise qui ?

C'est, en tout cas, l'impression qui ressort du reportage « empêché » de Vincent Lapierre dans lequel on voit apparaître la fameuse Margot Medkour, surgie de nulle part, criant suffisamment fort à la récupération politique au profit de l'extrême droite par une « chaîne de facho pas la bienvenue ici » pour décourager les équipes d'aller interroger les occupants du bidonville.

Celle qui se décrit comme « une figure des luttes sociales nantaises » , « militante écologiste », a déjà été candidate aux municipales de 2020 sur une liste LFI, pour un piètre résultat. Manifestement en froid avec le parti de Mélenchon, elle récidive avec « Nantes populaire », une liste dissidente. Margot Medkour coche toutes les cases de la parfaite activiste d'ultra-gauche. Issue de la catégorie des CSP+, elle a fréquenté le lycée Jules-Ferry en classe préparatoire à Paris, avant d'intégrer l'école de commerce Audencia à Nantes. Diplômée d'un master en science politique, elle s'affiche pudiquement comme « salariée d'une fondation politique ». Vérification faite, c'est auprès de la fondation Danielle-Mitterrand qu'elle a trouvé à s'embaucher.

Son premier fait d'armes date de 2021, époque à laquelle elle mouille sa chemise avec onze de ses camarades, migrants et militants d'extrême gauche, en occupant illégalement l'ancien collège catholique du centre-ville de Nantes, Notre-Dame du Bon Conseil. Après quelques heures de garde à vue qui lui vaudront les soutiens de La France insoumise, de Philippe Poutou, Clémentine Autain, Sandrine Rousseau, Thomas Portes et Manon Aubry, elle écopera d'un simple rappel à la loi. Puis mène d'autres combats aux côtés de la la CGT, Attac, les Écologistes et les Soulèvements de la Terre, notamment contre le projet du CHU nantais.

Sans surprise, son programme électoral 2026 repose sur l'opposition aux violences policières et à la « gentrification de Nantes, une ville qui exclut ». Et sur la lutte contre l'extrême droite qui prolifèrerait sur le mensonge de la montée de l'insécurité nantaise. Une insécurité qui a pourtant provoqué le départ d'une communauté religieuse en 2023. Ce mercredi 11 mars, Margot Medkour tenait son meeting de campagne avec un seul mot d'ordre : « Les fascistes ne sont pas les bienvenus, Nantes est et restera antifasciste et solidaire. »

Sa présence, ce 1er février à la prairie des Mauves, interroge. Sur les réseaux sociaux, les spéculations vont bon train : récupérer des procurations pour dimanche ? Distribuer des tracts et faire campagne ? Le mystère reste entier pour celle qui, ce jour-là, s'est bel et bien comportée en maîtresse des lieux. Depuis la publication du reportage, Margot Medkour se dit « menacée par la fachosphère sur les réseaux ». Quitte à inverser la charge accusatoire : « Même mécanisme abject que pour la mort de Quentin », fait remarquer Laurent de Béchade, le président de la Lutte pour l’égalité dans l’antiracisme (LEA), sur son fil X.

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 14/03/2026 à 10:08.
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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

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24 commentaires

  1. Arno Klarsfeld proposa récemment de pratiquer la politique anti-immigration de Monsieur Trump. Ironie, en Macronie, comment imaginer la création de bataillons « LCI » afin de nettoyer le territoire de la France des zones de campements d’illégaux. en tous genres et de toutes origines. Pourtant, la méthode des « LCI » inspirée des exemples européens, plus que musclés, des années quarante montrèrent leur efficacité. Malheureusement, même si ces unités existaient, elles se verraient frappées d’interdiction par les diverses cours de justice européennes ou internationales. Proposons au prochain Président de la France, afin de ne plus dépendre de la Cour européenne des droits de l’Homme, de dénoncer la Convention du même nom et en sortir. C’est réalisable ! Il faut rappeler aux Français que la Cour européenne des droits de l’Homme bride la souveraineté des peuples et des nations. Faire plier l’Europe, pour la France, reste envisageable et praticable . La première action consiste à ne plus verser un euro à l’Union européenne. La seconde action consiste à actionner la possibilité se retirer selon les règles de l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Si la Grande-Bretagne se retira sans produire de grands dommages pour l’Empire européen, le retrait de la France signifierait l’écroulement de l’édifice. La clé de voûte de l’édifice européen est constituée de la France et de l’Allemagne. D’autres pays suivraient car ils n’admettraient pas se laisser subordonner à ce pays! Les USA et, même la Russie, n’hésiteraient pas à soutenir le mouvement.
    Cela dit, je ne comprend pas que la Justice française n’ai pas encore condamné les diverses municipalités, qui abritent jalousement des camps de migrants, d’esclavagisme !

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