Banderole Aya Nakamura : « C’est un procès politique » dénoncent les Natifs
« Vous pensez qu’elle sera là ? C’est sûr qu’elle ne vient pas ? » Ce 4 juin, une effervescence inhabituelle règne, devant la salle Victor-Hugo du tribunal correctionnel de Paris. Des groupes de jeunes se rassemblement, plusieurs caméras s’installent, une chaîne espagnole a même fait le déplacement pour l’occasion. La 17e chambre s’apprête à juger l’affaire opposant treize membres du collectif Les Natifs à la chanteuse Aya Nakamura et à plusieurs collectifs antiracistes. Les militants parisiens comparaissent pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la race, la nation ou la religion » ou pour « complicité de provocation à la haine ». Il leur est reproché d’avoir brandi, en mars 2024, une banderole sur laquelle était écrit « Y a pas moyen Aya, ici, c’est Paris, pas le marché de Bamako », alors que la participation de la chanteuse était pressentie pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Plusieurs associations, notamment SOS Racisme, la LICRA, le MRAP ou encore la Maison des potes, dénoncent le présumé caractère raciste de cette banderole. Alors que la sonnerie du début d’audience retentit, un murmure parcourt la salle. Aya Nakamura, qui a pourtant porté plainte contre les jeunes militants, ne viendra pas. Son avocat ne la représentera pas non plus. De nombreux jeunes, venus en nombre, affichent une mine déçue.
13 membres des Natifs sont jugés aujourd’hui pour une banderole contre Aya Nakamura.
Ils comparaissent pour «provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion ou pour complicité de provocation à la haine». pic.twitter.com/Kc4yhTseT0
— Clémence de Longraye (@ClemdeLongraye) June 4, 2025
Des « méthodes déloyales » ?
« Quel est le scandale, dans ce dossier ? » L’audience débute à peine que Me Mathieu Sassi, conseil des Natifs, soulève déjà plusieurs demandes de nullité. « Le scandale est-il l’engagement de jeunes de 25 ans qui se battent pour défendre une certaine idée de leur pays, qui prennent des risques pour évoquer dans le débat public ce que des personnes déjà installées dans la profession judiciaire ou politique n’osent plus aborder ? […] Ou bien, est-ce que le scandale serait plutôt que ce groupe ait été espionné par les services de renseignement et ait fait l’objet d’un fichage politique a priori ? » Dès les premières minutes, l’avocat énumère, arguments juridiques à l’appui, les méthodes a priori « déloyales » - voire « orwelliennes » - employées pour identifier, interpeller et poursuivre les treize prévenus. Utilisation de la vidéosurveillance dans une affaire de presse, arrestations arbitraires, manœuvres déloyales pour convaincre l’un des mis en cause de délivrer le code de l’une de ses messageries, absence de contrôle de l’activité des services de renseignement… « Des atteintes à la vie privée peuvent être tolérées, proportionnées à la menace », indique Me Sassi. « Voici la menace ! », lance-t-il, en pointant du doigt trois des prévenus qui ont fait le déplacement. Deux jeunes hommes et une jeune femme, en veste, pantalon beige et chaussures en cuir qui ont tous un casier vierge. Les autres, explique leur conseil, « ont eu peur pour leur intégrité physique après la diffusion de l’intégralité de la procédure dans certains médias », notamment dans les colonnes de Mediapart et StreetPress. « Ils ont le mérite de proclamer ce qu’aujourd’hui personne n’ose défendre : l’identité de la France », conclut Me Sassi.
Un sentiment partagé par Stanislas, membre des Natifs, le seul à avoir décidé de lire une déclaration. « Ce qui se joue aujourd’hui, c’est, d’une part, la question de la liberté d’expression et, d’autre part, celle de l’indépendance de la justice », commence le jeune homme. « Les Natifs réaffirment les messages inscrit sur cette banderole : la culture musicale d’Aya Nakamura ne représente en rien la culture de notre pays. Les Natifs n’ont pas insulté Aya Nakamura, ils ont dénoncé un choix politique », poursuit le jeune homme, avec aplomb. « Inutile de revenir sur la prestation finale qui a humilié la France. Le seul tort des Natifs est d’avoir eu raison trop tôt », continue-t-il, en lisant les paroles d’une chanson de l’artiste, empreinte d’une certaine vulgarité et interprétée devant l’Académie française. « Il est évident qu’on ne nous reproche pas la nature de nos actes mais leur portée politique. Est-il vain de défendre ce qui nous est cher ? Refuser la disparition de notre peuple, notre culture, notre identité n’est pas un crime. […] Je garderai le silence devant ce tribunal qui ressemble trop à un procès politique », conclut Stanislas. « Pouvez-vous me définir ce qu’est l’identité ancestrale de la France ? », ironise alors l’avocat de la Maison des potes, suscitant des ricanements parmi les membres de SOS Racisme présents ce jour.
« Tout le monde a des amis noirs, même les racistes »
Pour les associations parties civiles, pas de doute, ces jeunes gens représentent bel et bien une menace réelle. « J’ai l’impression qu’on parle d’un groupe anodin, mais je dois rappeler que les Natifs est un groupuscule d’ultra-droite qui véhicule des idées racistes », s’emporte l’avocat du MRAP, qui n’hésite pas à citer le récent meurtre d’Hichem Miraoui. « Dans ce pays, on a pu constater que l’extrême droite tue. Peut-on s’étonner qu’ils fassent l’objet d’une surveillance ? On vous présente les prévenus comme une joyeuse bande qui serait mi-facho mi-bohême, mais non. On est face à un groupe organisé ! », poursuit l’avocat de SOS Racisme. Dominique Sopo, président de l’association antiraciste, est appelé à la barre. Lui aussi entend enfoncer les jeunes prévenus. « Ces propos [inscrits sur la banderole] sont d’une extrême gravité, car ils ont une dimension d’excitation. […] Ce n’est pas une maladresse de communication. La philosophie portée par ce groupe est profondément raciste. Aya Nakamura est un symbole pour atteindre la dignité des personnes noires », martèle le militant antiraciste. Et à l’avocat de la défense qui lui signale que les Natifs n’ont aucun problème à ce que Christine Kelly ou Teddy Riner représentent la France (preuve que la motivation de la banderole n’est pas raciste), Dominique Sopo rétorque, un sourire satisfait sur les lèvres : « Tout le monde a des amis noirs, même les racistes. » « La France, aujourd’hui, c’est Aya Nakamura, pas les Natifs », abonde l’avocat de la LICRA. La séance est suspendue.
Vient alors le temps des réquisitions. Pour la procureur, cette banderole représente « un abus de la liberté d'expression ». « Nous ne sommes pas ici dans un débat musical. Ces propos vont à l'encontre de notre pacte républicain », poursuit-elle. La procureur a requis 8 mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende à l'encontre de quatre prévenus poursuivis pour complicité de provocation publique à la haine, et 4 mois de prison avec sursis et 3.000 euros d'amende à l'encontre des autres prévenus, dont Stanislas.
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102 commentaires
Et le Dominique il en pense quoi des détournement de fonds et abus de biens que ses potes ont pratiqué pendant des années, bizarrement nous n’avons pas de nouvelles ?
Procès stalinien: pas besoin d’être docteur en sociologie pour comprendre que ces jeunes gens sont jugés pour ce qu’ils pensent et expriment. Quand Nick Conrad invitait dans ses chansons à « tuer les Blancs », ni les associations anti-racistes ni la Justice ont hurlé au racisme. Or, il s’agissait bien en l’espèce « d’incitation au meurtre en raison de l’appartenance raciale »
Et encore et toujours cette complaisance ou agressivité des juges à géométrie variable !
Les dangers pour l’Occident ne sont peut-être pas l’immigration et l’islamisme mais l’appétence pour la médiocrité. C’est en tout cas ce que peut laisser penser une phrase telle que « La France, aujourd’hui, c’est Aya Nakamura »
Si c’est ça l’avenir nous sommes pas prêt d’avoir des prix Nobel ?
Depuis longtemps, je prône la dissolution complète de tous ces groupuscules d’extrême gauche et d’extrême droite, anarchistes et fascistes, qui nuisent fortement à la vie de nos concitoyens.
Si je pouvais être entendu …
Je prends régulièrement une de mes petite-filles en voiture, je subis donc du rap sur un trajet de 40′ environs! Quand nous arrivons, j’ai souvent moi aussi envie de remplir une banderole!
En comparaison : un individu qui tire au mortier sur un fonctionnaire de police prend 500 euros d’amende mais un individu qui porte pacifiquement une banderole écope de 3 000 euros d’amende.
Cherchez l’erreur, mais surtout ne dites pas la justice est pourrie … vous risquez de la prison ferme.
La justice est à l’image de nos politiciens, , juges ou politiciens ont tous la même excuse le manque de place donc peine de sursis.
Moi j’ai une solution simple, plus de sursis que du ferme et séjour immédiat, suffit pour cela d’aménager le séjour, vous sortez des détenus qui ont déjà effectué 2 tiers de leur peine , et vous mettez à leur place les nouveaux condamnés , quad ceux ci ont effectués les 2 tiers vous les sortez et replacez les anciens condamnés pour finir leur peines , quand ceux ci ont fini vous replacez les autres pour le dernier suffit d’y penser non
C’est le produit de la mainmise de l’extrême-gauche sur l’école nationale de la magistrature depuis 1968. Notre pourriture part de là dans de nombreux domaines.
Alors, résumons:
Je n’aime pas Sardou: c’est une opinion
Je n’aime pas Obispo: c’est une opinion
je n’aime pas Calogéro: c’est une opinion
je n’aime pas Goldman: c’est de l’antisémitisme
je n’aime pas Nakamura: c’est du racisme
En fait, ce n’est pas le fusil que vous tenez qui est grave, c’est la cible qui est devant vous!
Si cette banderole représente un « abus de Liberté d’expression », il paraît évident que ce procès est une atteinte à « la liberté d’opinion ».
En quoi cette « chanteuse » (comprenez mes guillemets) a-t-elle été restreinte (comprenez « opprimée) dans son action, puisque la prestation a lieu comme prévu, et qu’aucune manifestation n’y a apporté de trouble?
Aujourd’hui, Stanislas passe en procès.
Il est poursuivi pour avoir participé en mars dernier à une action symbolique contre l’exposition Nouvelles
Reines, à la Basilique Saint-Denis.
Son geste : recouvrir pacifiquement des portraits de femmes voilées installés au-dessus des tombeaux des rois de France.
Aucune dégradation, aucun trouble.
Mais il risque 1 an de prison pour « entrave à la liberté artistique ».
Dans cette vidéo, il revient sur les faits et rappelle ce qui est en jeu :
la liberté de défendre notre histoire face aux provocations de la gauche pro-immigration.
Alors que les écolos qui tartine des tableaux de sauce tomate se voient relaxer .
À la veille de ce procès crucial pour la liberté d’expression, nous appelons chacun à se mobiliser .
Pour notre patrimoine et notre identité
Que ceux qui n’arrêtent pas de salir la France en foulant aux pieds son héritage, sa culture, sa langue ne s’étonnent plus que l’idée même de nation s’efface et qu’ils participent à l’éclatement de la société. Si c’est ce qu’ils veulent, ils sont en train de réussir leur sinistre projet et les images données cette fin de semaine à l’occasion de la victoire du PSG sont là pour le témoigner.
Coluche et Deproge doivent se retourner dans leur tombe…
Il y a aucune insulte raciste…
Seulement des faits… a la place du marché de Bamako…ils auraient mis celui de Ringis…Quid d’un procès…alors que la finalité c’est la même…
La langue Française ce n’est pas un paillasson…
Et je ne suis raciste que contre les cons…et ils sont de toutes couleurs, religions, parties politiques and co