À Alger, Ségolène Royal plaide la repentance pour sortir de la crise
Élue le 18 décembre dernier à la tête de l’Association France – Algérie (AFA), Ségolène Royal n’a pas perdu de temps et s’est empressée de traverser la Méditerranée, lundi dernier, pour passer quatre jours dans le pays de Tebboune. Plaider la cause de Christophe Gleizes ? Que nenni ! En tout cas, pas officiellement. Le discours que l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2017 a prononcé à Alger ressemble plutôt à une belle plaidoirie pour la repentance française et la reconnaissance du discours officiel algérien.
Un porte-parole royal pour le discours algérien
L’intervention de Ségolène Royal en Algérie était éminemment prévisible, dès son élection à la tête de l’AFA, qui ne lui donne pas de mandat de représentation de la France, elle avait annoncé la couleur. Expliquant qu’avec l’Algérie, « la question mémorielle que certains pensent préférable de mettre sous le tapis, [lui] paraît au contraire importante » - ce qui est indéniable si elle n'est pas à sens unique -, elle ajoute que « la mémoire n’est pas un champ d’exploitation politicienne ou de fabrication de l’Histoire, comme ceux qui voulaient inscrire dans la loi "les bienfaits de la colonisation" ». On semble assez loin d’une réconciliation de toutes les mémoires et peut-être faut-il plutôt parler de soumission à la mémoire officielle du gouvernement algérien...
D’autant que la suite de son discours ne laissait plus de place aux doutes : « La mémoire des violences coloniales n’est pas un calcul ou un intérêt, c’est un droit de reconnaissance, de faits établis et documentés. Certains crimes de la colonisation, certaines blessures n’ont pas été nommés, ni réparés, ni excusés. Elles doivent l’être par la France comme l’ont fait d’autres pays. […] Réparer passe par la restitution des biens culturels et des archives. Et, bien sûr, pour tout le continent africain, comme je le dis depuis longtemps, en soutenant la réclamation de l’OUA. »
Rappelons que ladite OUA (Organisation de l’Unité africaine ), devenue UA (Union africaine), s’est rassemblée en février 2025 à Addis-Abeba, où « une résolution a été adoptée qui demande aux anciens pays colonisateurs des réparations pour la traite transatlantique et la colonisation », explique Courrier international, qui résume le sommet par cette citation : « En plaçant la question des réparations et de la justice coloniale au cœur du débat international, cette résolution de l’Union africaine pourrait marquer un tournant dans les relations entre l’Afrique et l’Occident. » Autrement dit, l’unité africaine se fonde sur la repentance de l’Occident et Ségolène Royal pense renouer le dialogue avec l’Algérie en s’en faisant la porte-parole française.
Toujours plus de repentance, jamais trop de soumission
Parce que pour porter la bonne parole algérienne, la présidente de l’AFA est très douée ! « Ségolène Royal a tenu, mardi à Alger, un discours fort et puissant, et a étalé sa vision pour la fin des crises entre l’Algérie et la France » se réjouit le média algérien TSA, qui ne peut qu’approuver la reconnaissance « […] entre la France et l’Algérie [d']une histoire blessée, faite de domination, de violences indignes, mais aussi de luttes, de résistance, de destins mêlés, de familles construites entre les deux rives, de projets économiques et culturels communs, de partenariats et de potentiels trop souvent occultés ou méconnus que nous devons mettre en valeur ». Ségolène Royal, à Alger, a plaidé d'un ton si convaincu qu'on a du mal à se souvenir de quel côté de la Méditerranée elle a voulu être présidente : « Il faut faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent de la part de ceux qui ne veulent pas que l’Algérie avance et qui ne veulent pas encore admettre la souveraineté nationale de l’Algérie. »
Le média algérien Le Jeune Indépendant, qui la qualifie de « voix de la sagesse », détaille son fameux plan de réconciliation qui « ne se base ni sur des impératifs sécuritaires ni sur les alibis migratoires, [qui] défend une nouvelle ligne dans le processus de l’apaisement et la reconstruction d’une relation féconde, engagée et respectueuse » : « Selon Mme Royal, il faut reconnaître, réparer et s’excuser. » Finalement, en quoi est-ce différent de la loi votée par l’Assemblée populaire nationale algérienne criminalisant la colonisation française ?
Mais que diable allait-elle faire dans cette galère ?
Parce qu’une question demeure : qu’allait faire Ségolène Royal en Algérie ? En toute modestie, une « sortie de crise », explique TSA. « La crise est profonde. L’Association France-Algérie est venue me chercher en connaissant ma liberté de parole et la solidité de mes convictions », a expliqué l’ancien ministre au Monde. Difficile de douter de la solidité de ses convictions. D’ailleurs, Alger ne s’y trompe pas puisque « Michel Bisac, le président de la chambre de commerce et d’industrie algéro-française, installé en Algérie depuis près de vingt ans », explique au Monde que Mme Royal est « l’une des personnalités politiques françaises les plus appréciées en Algérie, aux côtés de Jean-Pierre Raffarin, Jean-Pierre Chevènement ou Dominique de Villepin » et la considère comme « l’antidote à Bruno Retailleau ». Invitée par la Chambre de commerce et d'industrie algérienne, explique le média Méditerr@née, il s’agissait, avec cette visite, de « renforcer les liens économiques entre les deux pays à travers un dialogue constructif », de « redonner de l'élan aux échanges commerciaux entre les deux pays ». Manifestement, pour Ségolène Royal, la réconciliation franco-algérienne vaut bien une nouvelle soumission française…
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124 commentaires
Je ne savais pas que monsieur Tebboune était le président de madame Royale .
Ce pays est un déni de démocratie et un désert culturel .
Partagé entre les islamistes et le FLN qui ne cèdera jamais son pouvoir qu’il détient depuis 1962.
C’est ce régime de surveillance généralisé dont madame Royale fait la promotion .
Ségolène Royal s’est définitivement rangée dans les rangs des ennemis de l’intérieur, de la cinquième colonne algérienne, des successeurs des porteurs de valises du FLN. Son discours est une insulte aux harkis, aux pieds-noirs, à toutes les victimes des crimes du FLN et à la France.
Honte à elle !
Allo maman bobo………………..!!!
Ségolène Royal c’est La HONTE absolue et surtout un danger pour la France ! Avait déjà appelé à voter Mélenchon. Cette personne mérite amplement tous les aimables sobriquets qui la désigne.
…Madame Royal, la repentance, ça suffit !!!
On ne la changera pas constamment entrain de changer de lit. La il faut bien en être conscient c’est un lit de lie.
…et même un délit !!!