67 % des Britanniques estiment l’immigration trop élevée, selon un sondage Ipsos

Quant à la hausse de l’immigration illégale, elle inquiète, elle, 73 % des Britanniques.
@Jean Bexon
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Publié ce 11 novembre, un sondage Ipsos livre quantité d’informations intéressantes sur la perception de l’immigration au Royaume-Uni. Ipsos a interrogé un sous-échantillon représentatif national de 2.231 adultes, ainsi que 220 adultes issus de minorités ethniques, tous âgés entre 16 et 75 ans.

Le constat d’une société fracturée

Premier constat, qui donne son titre au sondage (« Royaume désuni ») : pour 85 % des Britanniques, la société est divisée (« assez divisée » et « très divisée »). Ils constatent des tensions entre différentes religions (39 %), entre ethnies (40 %), mais surtout entre, d’une part, les immigrants et, d’autre part, les « de souche » ou issus de l’immigration (59 %). Échos des manifestations qui ont lieu depuis deux ans, contre les criminels étrangers et clandestins (agresseurs, violeurs).

Deuxième constat : 67 % des Britanniques estiment qu’il y a un peu trop, voire trop de personnes qui migrent au Royaume-Uni. Tel est l’avis de 70 % des Blancs (catégorie qui regroupe aussi les Roms et les Gitans). Loin d’être une vision raciste des choses, cet avis est en partie partagé par 51 % des Asiatiques (Chinois, Pakistanais, Indiens…), par 44 % des Noirs, par 58 % des « groupes ethniques mixtes » (métissés), par 65 % des « autres groupes ethniques » (Arabes…).

Le poids de l’immigration dans la vie quotidienne

Cette impression de trop-plein est à mettre en relation avec les effets de l’immigration déjà présente. Entre 40 et 50 % des personnes interrogées estiment son impact négatif dans les domaines des services publics, de la santé, de l’économie, de l’école, de la protection sociale et de l’emploi. Le lien entre immigration et criminalité est fait (56 % des Britanniques estiment ses effets néfastes), mais c’est dans l’accès au logement que le poids de l’immigration est jugé le plus durement (négatif à 61 %). Le secteur de l’art et de la culture semble le moins concerné par le poids de l’immigration, qui n’a d’effets négatifs que pour 22 % des personnes interrogées. Logique : c’est celui qui est le moins corrélé aux soucis du quotidien.

Côté origines, les Britannique - faut-il s’en étonner ? - ont une meilleure opinion des immigrants venus du Commonwealth et d’Europe que des réfugiés et demandeurs d’asile divers et variés (jugés négativement à 52 %). Et d’une façon générale ils préfèrent les immigrants qualifiés tels que médecins, enseignants, avocats, comptables, à ceux qui œuvrent comme ouvriers agricoles, concierges, agents d’entretien ou ouvriers du bâtiment.

Farage devant Starmer

Bien qu’inquiétant 70 % des Britanniques, la montée de « l’extrême droite » n’est pas leur premier souci. 71 % des personnes interrogées sont préoccupées par l’état de la démocratie - on sait que les manifestations populaires citées plus haut, ou celles en faveur du drapeau national, ont été outrageusement réprimées. Surtout, trois Britanniques sur quatre (73 %) sont préoccupés par l’immigration illégale (dont celle des « petits bateaux » en provenance de Calais) et par l’extrémisme religieux. L’anglicanisme restant quiet, reste à deviner quel est cet extrémisme.

Le fort taux de personnes qu’inquiète l’immigration légale et illégale est à mettre en parallèle avec la montée de Nigel Farage (Reform UK), qu’un sondage Ipsos du 29 octobre place à 33 %, devant Keir Starmer (30 %), « comme candidat préféré des Britanniques au poste de Premier ministre ». Une première ! Mais la diabolisation dont est victime Farage l’empêche vraisemblablement d’engranger davantage de supporters parmi les 67 % de Britanniques mécontents de l’immigration.

Un chiffre à rapprocher d’autres chiffres européens. 60 % des Allemands estiment qu’il y a trop d’immigration en Allemagne. 65 % des Français pensent que la France est submergée par l’immigration (sondage CSA CNews-Europe 1-JDD, janvier 2025). Il y a là une réalité que les personnalités politiques qui persistent à présenter l’immigration comme une chance ne pourront pas nier éternellement.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

22 commentaires

  1. Britanniques, Français, Italiens, Polonais… Enfin, une Europe des nations, civilisationnelle, qui veut se défendre, protéger ses singularités à bon droit.
    Le bilan immigratoire/immigrationniste est désormais établi : ce fut et c’est encore une catastrophe, une faute morale de la part de ceux qui ont permis cela.

  2. L’invasion migratoire extra-européenne des pays de l’ouest européen est devenue tellement flagrante pour les peuples concernés , que ceux-ci par mimétisme en viennent a developper les mêmes réactions de défense face à ce danger civilisationnel . Les jours de l’UE actuelle sont comptés .

  3. Tous les peuples européens font le même constat, qu’ils votent dans les urnes ou par sondage : il y a trop d’immigration. Et pourtant le bateau ivre européen continue sur son aire : on importe, on répartit, on lance un Erasmus avec le Maghreb. On muselle et entrave Frontex. Le couple Macron-UVDL continue à saborder l’Europe envers et contre les peuples.

  4. Ils sont aussi « naïfs » ,pour ne pas employer un autre mot, que nous pour commencer à se rendre compte qu’ils ne sont plus chez eux !! Et après ce constat ,on fait quoi ??? On courbe l’échine et on fait l’autruche ??

  5. Je pense que parmi ces 67 %, un certain nombre sont d’origine étrangère ; s’il ne s’agissait que de Britanniques de souche, je pense que le pourcentage serait proche de 100 %.

  6. 67%. forcément, les 33% restant sont issus de l’immigration… Sont pas sortis des ronces les rosbif ! Et Nous, comme les belges, on ne vaut pas mieux!

  7. Idem en France, une immigration de peuplement.
    Seule une immigration temporaire de travail est souhaitable.
    Plus de travail , ils repartent

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