20.000 enfants prostitués : l’effrayant bilan de l’aide sociale à l’enfance

« Dans le Tarn-et-Garonne, une salariée de l'ASE a fourni à son compagnon proxénète les coordonnées des jeunes filles. »
Photo Pexels / Sofia Marquet
Photo Pexels / Sofia Marquet

Alors qu’un rapport parlementaire vient de pointer la gestion catastrophique de l’aide sociale à l’enfance (ASE), et plus largement de l’échec et la dérive de la politique publique menée dans ce domaine, ce sont de véritables scandales d’État qui émergent peu à peu au grand jour, malgré l’omerta qui règne dès que l’on aborde certains sujets « gênants ».

20.000 enfants prostitués sur 227.000 placés

Si celui de l’entrisme islamiste dans les structures de protection de l’enfance reste encore à investiguer en détail, celui de la prostitution enfantine est désormais un secret de polichinelle. Dans un entretien accordé au Figaro, l’avocat Michel Amas met les pieds dans le plat bien peu ragoûtant des activités de prostitution enfantine dont les foyers pour mineurs et associations de l’aide à l’enfance s’avèrent être de vastes viviers. Environ 20.000 enfants sur les 227.000 placés dans ces structures, supposées les protéger, y seraient au contraire la cible de proxénètes, de pédocriminels, opérant seuls ou en réseaux.

Me Amas relate une histoire effrayante qui résume bien le drame vécu par la plupart des victimes et dont les responsabilités commencent à poindre au fil des plaintes, des enquêtes et des témoignages. Cette histoire est celle de deux petites filles d’Évry (Essonne), dont « la maman a fait une dépression » et dont le père est « très peu présent ». Elles sont placées avec un droit de visite mensuel. Au bout de trois mois, « on apprend parmi les services sociaux [que l’une des filles] qui a treize ans a des rapports sexuels avec plein de gens dans le foyer ». La demande de rencontre avec le magistrat reste sans réponse. Puis les services sociaux alertent que la jeune fille a des problèmes de toxicomanie. Nouvelle demande de rencontre avec le magistrat, à nouveau sans réponse. « Là, l’enfant fugue », poursuit l’avocat, « et au bout de plusieurs mois, cette petite fille appelle sa maman au secours et elle lui dit "je suis dans un réseau de prostitution à Toulon". » Ramenée à Paris par la police, elle est une nouvelle fois enlevée par son « mac » avant d’être récupérée à nouveau. « Et là, toujours pas d’audience », déplore Me Amas, pour qui « ce n’est pas du manque de travail mais du mépris », et qui ajoute que « lorsque le père s’est alors vu refuser un droit de visite, il s’est pendu ». Pour Michel Amas, « ce qui se passe dans l’aide sociale à l’enfance est un scandale […], je rencontrais peu de prostitués, avant. Cela a flambé il y a un ou deux ans. » La faute aux juges ? Aux directeurs de foyers ? « Il n’y a qu’un seul responsable, c’est le président du département » (dont dépend l’aide sociale locale), « la seule administration qui n’a pas de contrôle, c’est l’ASE », répond sans hésiter Me Amas, qui a déjà assigné les départements de l’Essonne, des Yvelines et des Bouches-du-Rhône pour « faute en responsabilité ». D’autres plaintes devraient suivre.

La prostitution enfantine : un tabou

Marine Hamelet, députée RN du Tarn-et-Garonne, membre de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, qui a produit le rapport sur la gestion de l’ASE, s’est confiée à BV sur ce dossier. Elle pointe notamment les manques du rapport, « qui ne parle pas suffisamment des placements abusifs et des problèmes de prostitution et de pédocriminalité ». Un tabou pour l’élue, qui ne s’est pas intéressée à la question par hasard : « Si j'ai décidé de travailler sur ce sujet, c’est parce que dans le Tarn-et-Garonne, c'est une salariée de l'ASE qui a fourni à son compagnon proxénète les coordonnées des jeunes filles », ajoutant que dans « la plupart des cas, ce sont des jeunes filles qui ont moins de 15 ans ». Et quand elle entend les départements expliquer leurs dysfonctionnements par un manque de moyens, Marine Hamelet s’insurge. « Je vais vous dire le contraire : il y a trop de moyens. On y consacre 10 milliards ! Et ça fait des convoitises. Il y a tout un business qui se fait autour de ça. Il y a des associations qui arrivent à toucher et, finalement, à détourner de l'argent. Ce problème touche l'ASE, mais plus largement aussi les mineurs non accompagnés » (MNA).

Bientôt une proposition de loi

Face à la pandémie de prostitution enfantine, Marine Hamelet propose en premier lieu de « recentraliser l'ASE. Avec la décentralisation, les départements travaillent en silo, et dès qu’un enfant change de département, on perd sa trace et il n’y a ni coordination ni échange d’informations. » Et « concernant les MNA, il faudrait aussi rendre obligatoires les contrôles afin que l’on sache s’ils sont vraiment mineurs ». Par ailleurs, l’élue RN estime nécessaire « que les parlementaires soient autorisés à visiter les structures d’accueil, ce qui leur est pour l’instant interdit », mais aussi que les magistrats en charge des dossiers aient une obligation de réponse.

Une proposition de loi dans ce sens devrait d’ailleurs arriver sur le bureau de l’Assemblée nationale « d’ici quelques semaines, afin qu’elle soit discutée avant la fin de la session parlementaire, d’ici juillet », indique Marine Hamelet. « Avec Maître Hamas, qui est avocat au barreau de Marseille, nous sommes en train de préparer un texte transpartisan sur ces questions, avec notamment Anne-Laure Blin et Olivier Marleix (Droite républicaine), mais aussi des députés des groupes LIOT et socialiste. »

Il y a urgence, en effet.

Vos commentaires

42 commentaires

  1. Cela ne rappelle t’il pas le scandale qui a frappé l’Angleterre il y a quelques mois. Et notre cher Foutriquet qui veut donner des leçons au monde entier il ferait mieux de mieux de s’occuper de nos affaires qui sont loin d’être reluisantes.

  2. Selon le formatage intellectuel imposé par la Gauche dans de nombreux milieux , cette-ci qui règne sans partage sur le monde social français , ne serait que honnêteté , amour , humanisme , don de soi . Quelle erreur funeste qui gangrène et pourrie la société française depuis 60 ans.

  3. A quoi sert désormais l’Etat ? Pas à grand chose si l’on croit les nombreuses défaillances citées ou constatées tous les jours. Alors si c’est simplement pour permettre à un petit nombre une vie facile, un travail pas trop contraignant, des loisirs nombreux et intéressants et surtout des revenus importants et sans risques, pourquoi nous ne supprimerions pas cette structure centralisée couteuse, inutile et même nuisible ?

  4. On pointe volontiers du doigt l’Eglise Catho dans ce genre d’abus, mais quelle omerta sur les instances gouvernementales !
    Cette indignation à géométrie variable est bien choquante… 

  5. On nous a fait croire pendant longtemps que du moment que ce genre d’institution est gérée par l’état ou les collectivités locales, elles sont sans reproches !…Hélas, il faut cesser toute naïveté, ici comme ailleurs, et il faut toujours prévoir des instances de contrôle.

  6. L’ASE , un scandale . Placements abusifs , pédocriminalité , familles d’accueil choisies sur des critères flous ,
    prostitutions de mineures à travers les foyers dédiés ! Bien représentatif d’un pays dirigé par un type sans enfants avec une femme qui a oublié qu’elle avait été une mère . Parce que c’est bien beau les pièces jaunes mais 10 milliards pour un organisme qui est devenu le gâteau où chacun veut sa part , elle ne se trouve pas un peu décalée dans l’affaire ? En tout cas à par les juges déconnectés , hommes ou femmes par ailleurs , qui va prendre le risque de solliciter l’ASE même si on constate des mauvais traitements sur des enfants ?
    On embauche n’importe qui pour l’assistanat social . Là aussi il y aurait du ménage à faire . Aller ouste les mégères qui contribuent à envoyer abusivement les plus jeunes dans des structures aussi peu sûres .
    Et le président du département encore une institution créée de toute pièce qui nous coûte un bras avec une utilité plus que contestable. Le président Macron veut maitriser ce qui se passe dans les régions avec les préfets et bien que ceux ci veillent aussi à la bonne marche de ces endroits destinés aux enfants qui subissent la double peine , maltraités par leurs parents et par les structures qui leurs sont destinés . STOP !

  7. Donc, à tout prendre, l’église catholique de France n’est pas si mal. Elle, elle a reconnu les faiblesses de certains de ses membres, qui ont été punis (pas tous) et apparemment il n’y avait guère de salariés complices, contrairement à l’ASE…

  8. Un enfer pour nos enfants, on a beaucoup parlé du scandale au Royaume Uni, avec les gangs pakis, mais en France c’est pas mieux ! Ce scandale n’est pas trop médiatisé comme par hasard

    • PAs médiatisé ? cela dépend par qui , car il y a eu il y a trois ans une émission à ce sujet, à la télévision il y a des vidéos presque tous les jours sur votre smartphone avec des interview de Barnérias, de Karl Zero qui se dit épuisé car pas assez aidé, le film  » les survivantes  » , qui a été diffusé presque clandestinement dans certaines villes, êtes vous allée dans vos cinémas pour demander la diffusion ? moi si ! Barnérias diffuse en ce moment des séries au nombre de 13 ….etc

  9. Et pourtant, l’ASE nous coûte cher, très cher…
    Encore un organisme nuisible, qui vide les caisses, impunément, et sans avoir à rendre des comptes.

  10. il est surement plus urgent et important d’interdire de fumer sur les plages pour proteger nos enfants!
    Elle est ou Mme Euthanasie?

  11. Je rappelle que dans ces foyers, il y a aussi tous les mineurs isolés, enfin mineurs ? isolés ?
    combien sont-ils sur le chiffre indiqué ?
    quand on met le loup dans la bergerie, il ne faut pas s’étonner

  12. Société indifférente, laxiste, égoïste, cupide et lubrique à son maximum, c’est la fin, mort de la civilisation.

  13. Merci à Charlotte d’Ornellas d’avoir alerté et informé depuis plusieurs mois sur les dérives de l’ASE pendant l’émission de Christine KELLY (face à l’info sur CNEWS). Aucune réponse gouvernementale à ce jour, la loi sur l’euthanasie est plus importante !
    PAUVRE FRANCE.

  14. Est-on vraiment tombé aussi bas ? la lecture des conséquences de ces manquements, dérives et autres aberrations fait juste vomir. Badinter…

  15. Une loi de plus !
    Quand un gouvernement n’ a plus d’ autorité il fait des lois!
    La famille est disloquée aujourd’hui ,la dénatalité s’ installe ,la racaille domine !
    il est grand temps de remettre de l’ éthique dans ce pays qui va à la dérive!

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