[TRIBUNE] « L’État va-t-il devenir plus dangereux que ma maladie ? »
Les députés votent ce mardi sur la création d’un « droit à l’aide à mourir », qui divise profondément les Français et une bonne partie des mouvements politiques. Nous publions dans ce cadre un point de vue personnel, celui de Maxence Clicquot de Mentque, 21 ans, porteur de la myopathie de Duchesne. Un témoignage personnel qui éclaire ce débat civilisationnel.
Je m’appelle Maxence Clicquot de Mentque, j’ai 21 ans et je suis porteur de la myopathie de Duchesne, une maladie neuromusculaire qui m’oblige à utiliser un fauteuil roulant électrique et qui me rend dépendant des autres. Ma vie est une vie de joie et de bonheur, mais l’État français a décidé en mon nom et à ma place que ma vie est une vie de souffrance qui mérite d’être abrégée par la mort.
L'État va-t-il devenir plus dangereux que ma maladie ?
Oui chers lecteurs, vous ne rêvez pas : après 44 ans d’interdiction, la peine de mort pourrait bien faire son retour en France, sous une forme bien perfide. Une peine de mort pour mon bien. Pourtant, à entendre certains, il semblait que nous étions rentrés dans une société inclusive qui valorisait les différences. Eh bien, détrompez-vous ! Les personnes qui prônent l’inclusivité sont les mêmes qui défendent avec vigueur l’autorisation du suicide assisté. Voilà tout le paradoxe de notre société.
Heureusement, il y a dans ce pays des citoyens qui s’opposent à cette loi qui veut exclure les plus fragiles. Je fais partie de ces irréductibles, amoureux fous de la vie et qui ne laisseront pas l’État français tuer ses propres citoyens. Ainsi, à travers ces quelques lignes, je vais tâcher d’être l’avocat de milliers de handicapés et des personnes vulnérables que l’on a condamnées au silence parce que, pour certains, leur vie ne vaut pas le coup d’être vécue et d’être heureuse.
« La vie est un combat, accepte-le. La vie est une tragédie, lutte avec elle. » C’est par ces mots de mère Teresa, de Calcutta, que je voudrais commencer ce témoignage de vie, malgré la souffrance de cette dernière. Ce témoignage n’est pas un message de souffrance et de tristesse, mais un message d’espérance et de joie face à une loi mortifère et désuète.
« Qui aurait cru que des médecins violeraient le serment d'Hippocrate ? »
Ma vie, comme la vie de tout handicapé, est un combat quotidien qui ne s’arrête jamais. Ce combat oppose la joie de vivre à la souffrance de l’échec, face à des gestes qui paraissent pourtant anodins pour le commun des mortels. Oui, la vie - ma vie - est parfois difficile, mais vivre est l’aspiration la plus profonde de toute personne et c’est ce qui me donne cette joie quotidienne. Chaque personne qui se bat pour vivre est une victoire de l’humanité. L’envie de vivre est la seule et l’unique chose qui rassemble les idéologies, les pays, les générations, les époques et les civilisations. Remettre cela en cause serait pour moi un recul terrible, un retour vers les âges les plus sombres de notre humanité. Car quand je me bats quotidiennement pour faire le moindre mouvement, c’est un acte d’humanité. Qui aurait cru qu’un jour, des médecins français violeraient le serment d’Hippocrate ?
Beaucoup de nos contemporains pensent que le handicap est une souffrance perpétuelle. Pour moi, au contraire c’est une dopamine, une vitamine, un sens dans ma vie et surtout une fierté. Pour rien au monde, je n’abandonnerais cette maladie qui me contraint dans ma vie mais qui me donne une force face à l’adversité. Je suis heureux, mais j’ai surtout de la chance de ne pas avoir une forme aggravée de cette maladie. C’est pour cette raison que j’ai décidé de prendre la parole, au nom de toutes les personnes handicapées qui ne peuvent se défendre. Je serai votre parole et j’essayerai de montrer à chaque personne handicapée que la vie est une joie qui vaut le coup d’être vécue à 200 %.
Des citoyens de seconde classe
Reconnaître l’existence de cette loi, c’est expliquer qu’il y a désormais, au pays de la liberté, des citoyens de seconde classe qui méritent moins de vivre que les autres. Voilà le monde que le gouvernement veut nous laisser. Je n’accepterai pas que l’on traite les plus vulnérables de la sorte.
Ainsi, reconnaître cette loi, c’est expliquer que ma vie n’a pas d’importance, que ma vie n’a pas le droit d’être remplie de joie. Elle est remplie de joie parce que je peux compter sur mes parents, mes frères et sœur, ma famille, mes amis et mes camarades de classe. C’est pour cette raison que je demande à tous de prendre soin des personnes les plus vulnérables, que ce soit vos proches ou vos moins proches.
Nous, les personnes opposées à cette loi, nous devons montrer à ce gouvernement que les personnes handicapées souffrent, mais dans la joie de la vie.
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52 commentaires
Beaucoup de commentaires contre je respecte mais il y a des témoignages inverses tout aussi bouleversants de personnes souhaitant en finir. Il y a une part de subjectivité dans nos raisonnements car les sentiments dominent sur ce sujet. Retient-on quelqu’un par altruisme ou par égoïsme, ne lui imposons-nous pas une souffrance physique et/ou morale pour ne pas souffrir de son départ? Dans un cas comme dans l’autre ce qui est important c’est l’amour dans l’accompagnement et l’aide selon son choix.
Battons nous mais je crains que ce soit un combat d’arrière garde…
La loi va les reconnaître, mais ces citoyens de 2eme classe existent déjà. Lorsqu’un rendez-vous chez le cardio doit être annulé chez une patiente de 75 ans ayant fait un malaise, lorsque ce rendez-vous est reporté de plus de 2 mois, lorsqu’on dit à cette patiente de voir son médecin traitant, lorsqu’elle doit trouver quelqu’un pour l’y conduire car à 8 km et aucun transport en commun, lorsque cette même patiente va « faire » 6 h de salle d’attente pour consulter un médecin aussi épuisé que dévoué, toutes les conditions sont déjà bien mises en place pour inciter, assez rapidement, cette patiente à demander l’euthanasie, tout simplement faute de pouvoir bénéficier de soins de base nécessités par son état. On eut aussi rajouter que cette attente là a bossé et cotisé toute sa vie et ne bénéficie pas de l’aide et des conseils prodigués à certains par des associations grassement financées par le contribuable…
Bientôt des pilules de mort « pour toutes et tous » en vente libre dans toutes les pharmacies pour accélérer la disparition des »fin de race » ?
Les malades , les vieux , les vieux malades , cela coûte .
Et on nous annonce que la Sécurité sociale va être bientôt en défaut de paiement , et oui il faut bien payer la « chance » migratoire , mais interdit d’en parler .
Je refuse qu’on se débarrasse des malades , des vieux , les vieux malades.
Je refuse qu’on réduise les remboursements et les prestations à ceux qui cotisent.
Il faut avant réduire l’AME , il faut avant arrêter la distribution de visas pour soins , il faut avant arrêter de payer des pensions de retraite sur le continent africain à des centenaires .
Merci pour cette joie de vivre. Mais soyons lucides. L’Etat avec cette loi ne cherche absolument pas votre bien. Quand un État trie les individus cela s’appelle de l’eugénisme.
Pour des raisons financières (pas pour la pureté de la race) : Évacuer tout ceux qui coûtent « un pognon de dingue à la société ».
Ces calculs sordides expliquent pourquoi l’Etat a programmé à la baisse le nombre de médecins ! Des technocrates n’ont-ils pas révélé que bientôt il n’y aura plus besoin d’en augmenter le nombre, vu la baisse de la population du baby-boom ? Sans annoncer le programme bien sûr, commencé avec la distribution de Rivotril !
Comme l’a très bien dit le neveu de John Kennedy , actuellement ministre de la santé de Trump , notre combat pour assainir le monde pharmaco-medical est un combat spirituel du Bien et du Vrai contre les mensonges du Mal absolu .
Tout finit par ces questions fondamentales . Sommes nous du côté de la Vie ou du côté de la Mort .?
L’état bureaucratique francais a choisi depuis longtemps …car nous avons retiré toute référence morale chrétienne de l’équation.
Bravo, le manque de sérieux et de profondeur de cette proposition de loi provient en effet d’une cruelle et infantile vision des choses par leur apparence et leur fausse analyse uniquement superficielle. Le fond du problème est évité parce qu’il implique une spiritualité, un approfondissement, une fierté, une discipline et un courage qui manquent gravement aujourd’hui à nos élites, adeptes de de la jouissance et du profit faciles.
Oui, je pense que R Junior Kennedy dit exactement ce que nous devrions faire.
L’Etat Républicain est déjà plus dangereux que la COVID et il n’y a plus d’espoir de vaccin
cette loi ne servira qu’à tuer ces personnes qui dérangent, n’est- ce pas ?
Non = tuer toute personne coûtant plus cher qu’elle rapporte !
Je me suis colleté, via FaceBook, à deux tenants de cette loi inique. Deux femmes, comme c’est étrange… Leur argument massue : « c’est mon choix, c’est mon droit ». Il s’agissait, autant que je puisse en juger, de personnes en parfaite santé, chez qui l’idée de la mort se situait dans l’avenir, un avenir aussi lointain que possible. J’ai bien essayé d’argumenter, de leur dire que leur liberté de choisir, avec cette loi, serait un jour dans les mains de quelque praticien… Cause toujours, « c’est mon choix, c’est mon droit ». Il n’y avait pas à en sortir.
Il est clair que lorsque l’on est en bonne santé, on ne voit pas les choses de la même façon.
Il suffit de relire Eros et Thanatos de Freud.
Quelle légitimité ont ces députés qui brillent par leur absentéisme ?
Quand se décidera t’on à fixer un quorum pour que les débats et les votes soient valide ?
Ce qui importe à ces inutiles c’est de pouvoir dire : « je l’ai fait ». Ce n’est pas avec ce type d’individus que la France se grandit !
Personne ne rappelle que nous avons une « loi Léonetti » qui rempli parfaitement son office…
Alors qu’est-ce que ce « pipotage progressiste », qui n’intéresse même pas les députés ? Peut-être qu’ensuite la dame sur son perchoir s’écrira : « on l’a fait » !
Tous les rapports sur cette faculté d’euthanasie le confirme : dans les pays où c’est pratiqué les dérapages gomment rapidement les faux « garde-fous » soit disant mis en place, nulle doute qu’avec la Sandrine l’inquisition ira jusqu’au fond des foyers…
Alors félicitation à ces « Maxence » qui se battent pour que demain la mort ne soit pas une arme de gestion sociale…
Cela commence à ressembler au fameux film « Soleil Vert »…
Cette loi démontre, s’il en était encore besoin, que la liberté, l’égalité et la fraternité entre les citoyens n’existent pas, et que ce sont nos élus qui en sont responsables !
Il y a bien longtemps qu’elle n’existe plus regardez simplement les retraites le privé – 40 % de leur dernier salaire et le public en général plus que leur dernier salaire et on nous emmerde avec les retraites alors que les celles des charges et des inutiles explose. Vous y voyez une égalité ? Autrefois il y a peu encore les dits bourgeois étaient composés avant tout d’entrepreneurs ceux qui faisaient la richesse, aujourd’hui ce sont les charges ceux du public qui en sont les maîtres en commençant par les politiques de métier, trouvez l’erreur et l’égalité même le simple bon sens a disparu.
Merci à vous pour votre témoignage qui rejoint ceux d’autres « éligibles ». Le degré d’humanité d’une civilisation se mesure au soin qu’elle témoigne aux plus vulnérables. La barbarie n’est pas que chez les terroristes ou les racailles.
On peut être lourdement handicapé , de souffrir le martyr , il faut tout faire pour soulager ces patients euthanasie , c’est de l’assassinat . Ils n’ont pas l’honnêteté d’utiliser les mots correctes , vive la sémantique .
Mon avis est que ,vu le désert médical il est plus rentable de procéder aux exécutions
Votre terme d’exécution me parait absolument le bon terme à utiliser pour qualifier ces crimes.
L’État n’a pas à réglementer notre vie intime, notre mort. Le personnel médical connaît les réactions des personnes en fin de vie et gère les situations pour le mieux. Il ne fait pas d’acharnement thérapeutique, il laisse partir le malade doucement. Il n’y a pas besoin de faire des lois, une loi entraînera toutes les dérives, y compris l’assassinat d’un proche pour toucher l’héritage plus rapidement, y compris l’assassinat d’une personne pour obtenir un organe, comme en Chine, l’exécution de prisonniers.
Derrière tout cela se faufile la Cour européenne des droits de l’homme qui autorise et encourage cette loi. Progressivement, nous perdons notre humanité. Rappelons qu’il y avait eu un premier test au moment du covid avec le Rivotril donné aux personnes âgées.
Si nous ne sommes pas vigilants, l’impensable peut surgir à tout moment .
Je suis tout à fait d’accord avec vous!
Pas besoin de pondre encore une loi.
Le personnel médical a toujours agi , discrètement et humainement e abrogeant les souffrances d’incapables devenus des légumes…les laisser s’éteindre en arrêtant certains soins, débrancher à toujours existé sans que personne ne le sache.
De plus il suffit de déclarer refuser l’acharnement thérapeutique , par déclaration officielle… chacun à le droit de décider de sa vie ou de l’interrompre. Des lois , un gouvernement, n’ont rien à voir avec la liberté de chacun