[STRICTEMENT PERSONNEL] Vers le grand repeuplement ? Lorsque l’enfant disparaît
« Vive Fécamp, ville sur la mer, et qui entend le rester… » Ainsi parlait le général de Gaulle, de passage en Normandie le 10 juillet 1960, face à l’évidence et à l’ancienneté du port de pêche, dans une allocution restée célèbre. On aimerait aujourd’hui pouvoir encore écrire, sur le modèle tautologique du grand homme : « Vive l’Italie, vive l’Espagne, vive la Hongrie, chers et vieux pays d’Europe, et qui entendent bien le rester ! » Mais l’entendent-ils encore, et sous quelle forme ? Naturellement, l’Italie restera l’Italie, l’Espagne restera l’Espagne et la Hongrie, de même… Mais quid de l’Italie sans les Italiens, je veux dire les Italiens AOC, d’origine contrôlée ? Que serait l’Espagne sans les Castillans ? Que sera la Hongrie sans son peuple premier, sans l’indomptable, sans l’unique peuple magyar ? Or, c’est tout simplement, arithmétiquement et donc fatalement, à l’extinction que sont condamnés ces trois peuples si anciennement inscrits et si solidement ancrés dans l’histoire de notre Vieux Continent, s’ils persistent à suivre la pente démographique qui les voue à une disparition prochaine.
Seine-Saint-Denis : un solde naturel positif
Notre pays, la France, pouvait se flatter jusque tout récemment et s’enorgueillissait en effet d’échapper à cette perspective funèbre. Son taux de fécondité lui assurait, fût-ce avec une marge de plus en plus réduite, le remplacement des générations qui passent le relais par les générations nouvelles. La plus récente des statistiques de l’INSEE résonne comme un signal d’alarme. Pour la première fois depuis 1945, et sans que puisse être mise en cause une guerre ou une épidémie, le nombre des naissances enregistrées dans l’Hexagone sur les douze derniers mois – 617.000 – est inférieur au nombre des décès relevés – 633.000. Pour la première fois en quatre-vingts ans, la population française régresse. Ou plutôt, pour être plus précis, elle régresserait si l’apport de 169.000 migrants officiellement recensés n’assurait non seulement son maintien mais sa progression. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le département métropolitain le plus dynamique sous ce rapport, la Seine-Saint-Denis, enregistre quant à lui un solde naturel positif, au contraire de la Lozère ou du Cantal. Faut-il s’en réjouir, faut-il s’en désoler ? Il est permis, il est encore permis, de s’interroger sur les formes de culture, de coutumes, de mœurs, de religion, de conceptions morales, et le désir ou le refus d’assimilation dont seront porteurs et vecteurs les nouveaux Français qui apportent à notre pays un sang nouveau et le retiennent sur la pente du vieillissement ou de la décroissance qui affecte désormais le groupe majoritaire – mais pour combien de temps, encore ? – des Français qui relèvent de ce que j’appelais plus haut l’AOC.
Paupérisation de la France, crise du bâtiment, salaires...
Ces Français, donc, et c’est nouveau, ne se reproduisent plus, ou du moins ne se reproduisent plus en quantité suffisante pour assurer la stabilité ou l’accroissement naturel de la population. Quelles en sont les causes ? Et ce constat signifierait-il qu’ils ne désirent pas d’enfants, ou qu’ils en désirent moins, ou qu’ils les aiment moins que par le passé ? Toutes les enquêtes, tous les sondages et plus clairement encore ce que nous montre en tout temps et en tous lieux le comportement des adultes, parents et grands-parents, envers les chères têtes blondes, nous indique que pour être devenues plus rares, elles ne nous sont pas moins chères, dans les deux sens du mot. C’est ailleurs qu’il faut chercher.
Comment, pourquoi, dans notre société telle qu’elle est, les Français feraient-ils des enfants en grand nombre ? Comment iraient-ils à rebours des évolutions dont ils sont pour une part les victimes, pour une part les auteurs ou les complices ?
Un point sur lequel on ne s’attarde guère et qui, pourtant, est primordial réside dans l’état du logement. Bien que les hommes ne soient pas des lapins, c’est dans d’étroits et sinistres clapiers que l’urbanisation contraint à vivre la majeure partie de nos concitoyens. L’espace dans lequel sont confinés les couples leur interdit d’envisager sérieusement de fonder et d’élever une famille nombreuse. À moins, bien entendu, de pouvoir s’offrir un logis accueillant, vaste et abordable, ce qui est hors de portée de la plupart des ménages. La paupérisation de la France, la crise chronique du bâtiment, le niveau moyen des salaires et celui des prix interdisent à la majeure partie de la population de vivre et de faire vivre décemment une nombreuse progéniture.
L’humanité redoute trop l’avenir pour croire encore à l’avenir de l’homme
Une conséquence négative d’un progrès social pourtant aussi souhaitable, inéluctable et positif que l’émancipation des femmes fait que celles-ci, très légitimement, aspirent à une ascension et à une réussite professionnelles qui les amènent de plus en plus à refuser de ployer sous les charges domestiques au détriment de leur carrière, comme l’ont de tout temps fait leurs compagnons, et de songer à faire des enfants à l’âge où il est plus difficile, voire plus dangereux, voire impossible, de mener une grossesse à son terme. Un autre obstacle à la fécondité (et non des moindres) est la fin de la pérennité des couples, à laquelle s’ajoute la fantastique accélération des techniques qui mettent en cause la pérennité de l’emploi. La multiplication des séparations, des divorces et des familles décomposées, notamment celles qu’on dit monoparentales, à 90 % reposant sur la mère qui, elle, ne se repose pas, n’incite pas à multiplier le risque et la charge que représente chaque enfant. Bien qu’il s’agisse d’un phénomène relativement marginal, on n’a enfin pas constaté que les couples du même sexe procréent par des voies naturelles.
L’État obèse, omniprésent et impuissant a sa part de responsabilité dans la décroissance démographique de la France, faute d’avoir mis en place une politique nataliste digne de ce nom et faute d’avoir su maintenir la qualité de nos systèmes d’enseignement et de santé. Mais plus encore, dans la période la plus récente, en faisant planer sur l’ensemble de la population la menace diffuse et obsédante d’une guerre qui serait aussi inévitable que nécessaire et à laquelle il serait urgent de se préparer et de se résigner à subir, même en l’absence de toute préparation.
Sur le fond noir du tableau que nous présentent l’actualité et les prévisions martelées par les dirigeants politiques et les innombrables spécialistes du futur dans toutes ses dimensions, les sociétés occidentales, et notamment la nôtre, sont incapables d’assurer et de garantir la sécurité, la stabilité, la prospérité sans lesquelles il n’est pas de projet à long terme. L’humanité redoute trop l’avenir pour croire encore à l’avenir de l’homme. En ces jours où l’on fête la Nativité, le père et la mère de famille sont, autant et plus que du temps de Charles Péguy, les vrais aventuriers du monde moderne.
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40 commentaires
Le ministère de la pensée ne s’est pas penché sur la polygamie en France?
Il faut dire que les forces de police sont déjà forts sollicitées pour des enquêtes de toutes natures et dont l’urgence comme la gravité ne posent pas de question aux parquets.
La gauche notamment se complait à engorger les tribunaux pour satisfaire ses prétentions moralistes (extrême droite à tous les étages, censure médiatique, défense de la gauche au pouvoir par tous les moyens, défense des délinquants, égalitarisme forcené sans discernement, immigration indécente, décomposition française), une liste infinie…
Les privilèges de l’extrême gauche occupent notre justice en berne de fonctionnement.
Au delà d’avoir élu un Président ayant délibérément choisi de ne pas avoir de descendance (pour le moment, mais tout n’est pas perdu, il est encore jeune), ses électeurs ne devraient pas s’étonner que la natalité ne soit pas son problème numéro un, encore qu’il nous avait promis un plan de lutte contre la stérilité conjugale, dont on entend plus parlé, étonnant, non ?
Ses discours guerriers n’incitent pas au désir d’enfant, c’est le moins que l’on puisse dire !
Pitié, ne lui dites pas comment on fait des enfants, car ce serait risqué pour la France déjà si mal en point par ce DJ Président!
Sa “maman” en avait déjà trois, elle avait tout pondu et fallait enfin profiter d’une vie jamais imaginée, même en rêve !
A l’inverse du livre de Françoise Dolto « Lorsque l’enfant paraît », Monsieur Jamet semble s’être inspiré de ce titre pour son article. Bien sûr que les temps sont difficiles mais il ne l’est pas moins pour celles qui avec une autre mentalité cultivent une maternité prodigue. Il faut aussi ne pas négliger le phénomène de la polygamie bien répandue dans certaines cultures. Ce n’est pas rare de voir des familles nombreuses issues de ce mode de vie en accepter les mœurs. Pas toutes bien sûr. Et puis celles qui multiplient les grossesses vivent souvent dans des logements sociaux dont elles ont plus facilement accès. Les aides sont importantes pour ces familles. Leurs valeurs ne sont pas toujours les nôtres. Une prudence lucide prévaut chez les femmes qui veulent garantir les besoins de leurs enfants – quand ce n’est pas un enfant unique – afin de mettre toutes les chances de leur côté. C’est une question d’évolution. Comment peut-on aujourd’hui envisager de faire des enfants avec des rémunérations précaires ? D’un avenir où les retraites seront modestes au vu d’une carrière hachée? De logements inadaptés sauf si on y met les moyens ? D’une insécurité croissante ? Et j’en passe. On voit bien que tous ces obstacles sont un frein à fonder une famille, à moins d’être complètement inconscient et de laisser la société au final prendre en charge sa progéniture. Rien ne peut inciter, en l’état actuel des choses, à reproduire le modèle d’avant. On peut le regretter en matière de démographie mais cela se comprend. Quant aux populations étrangères, elles trouvent généralement en France des conditions bien meilleures à celles du pays qu’elles ont quitté.
Nous vivons sous un vieux fantasme : il faut être nombreux, de plus en plus nombreux !
Et d’où vient ce fantasme ? Les dirigeants envisagent toujours une guerre possible,
donc il faut pouvoir compter sur des troupes nombreuses, autrement dit, de la chair
à canon. Ca explique pourquoi on est passé de 40 millions à 80 en l’espace de moins
d’un siècle … Sinon, il n’y a aucune raison logique pour aller vers une société qui sera
de plus invivable, on en voit de plus en plus les inconvénients désastreux !
Mais allez dire ça à un Macron et à tous les autres dirigeants qui ont tous une mentalité
d’il y a un siècle… L’avenir n’est pas rose !
Pour avoir un enfant français ou désireux de le devenir, il faut être heureux (imbécile ou pas) et en mesure d’assumer les contraintes de la vie, ce qui n’est pas le cas de la majorité des jeunes , ne pas être déformé par des antinatalistes de gauche et une déconstruction des élites intramuros, et surtout que l’État ne favorise pas une immigration pléthorique sans consulter les français.
Je connais un vieux français qui est très content d’avoir deux petits enfants adolescents élevés en Grande Bretagne , pays encore plus « déconstruit » que la France par la richesse migratoire , mais qui a la chance d’avoir des anciennes colonies (Canada, Etats Unis, Australie, Nouvelles Zélande, Afrique du Sud) qui ont la même culture , la même civilisation , pratiquent la même langue et ont un système éducatif identique , la France n’a pas cet avantage .
Regardez dans les rues , qui pousse des poussettes , la richesse migratoire venue du continent africain et du Moyen Orient .
Pour avoir un enfant il faut pouvoir le loger , l’emploi se trouve dans les zones urbaines , avez-vous vu le prix des logements dans les grandes villes , ensuite il faut l’éduquer et lui payer les « jouets » modernes , téléphones portables , ordinateurs , et enfin les études supérieures ou tout le monde accède de nos jours avec le bac-automatique .
Bonjour à tous,
Beaucoup de pertinence et de complémentarité dans tous vos commentaires, bravo !
J’ajoute, peut-être, une pierre à ce noble édifice car il me semble ne pas avoir lu l’effet délétère qu’apporter l’éducation hédoniste que nous subissons ( et acceptons ? ) depuis des dizaines d’années , consommation et profits obligent…
Le reflux démographique français s’inscrit dans une tendance du monde occidental et même de la Chine. On sait maintenant que l’Inde la dépassera. L’inquiétude vient de l’Afrique noire qui ne pourra pas assurer la survivance de ses citoyens, sauf par l’immigration, qui, par la force des choses expose la France à une créolisation à marche forcée. Si la Seine St Denis est le plus prolixe des départements, c’est en raison de facteurs originels liés à une immigration ethnique comportant ses lois propres, jurant avec celles de la France profonde. Et bien entendu, l’observation des courbes ne peut que nous amener à nous demander jusqu’où dérivera le pays et s’il réussira à sauvegarder sa spécificité, sa nature, le sens de sa citoyenneté, son histoire et son avenir. la France de Louis XIV a pu rayonner en Europe par le nombre de ses habitants. Le roi pratiquait une politique nataliste, assumée par des dispenses d’impôt. Et il donnait l’exemple de la fertilité : presque une trentaine de rejetons répertoriés, sans compter les autres. Les Françaises suivaient. La question de l’exiguïté des habitats n’empêchait rien, bien au contraire, les familles pouvaient faire lit commun. On connaît aussi ce mot de Napoléon quand les batailles entamait ses troupes : « Une nuit de Paris réparera tout ça. » La chair à canons se renouvelait vite. Faut-il lier le decrecendo nataliste en cours à la perte d’avenir ? Vivre sous Macron demande il est vrai un certain courage. Et lui-même ne montre pas l’exemple. on ne l’imagine pas premier de cordée encordé à une marmaille. Il assume sa stérilité, là comme dans la politique qu’il mène et qui ne mène à rien. D’un autre côté, un seul Macron est suffisant, une macronerie profuse ne pourrait que nuire à son exclusivité, et, au fond, n’est-il pas touours resté un peu un enfant ? Comme vous, M. Jamet, je suis attaché à la diversité des crus, des A.O.C, comme vous le dites très justement, et j’aime le goût du terroir, la richesse de s’échanger en conservant sa particularité. Les provinces françaises sont un trésor si précieux qu’en le perdant notre âme nous quitterait. Or nos vieilles prunes sont attaquées, notre calva prend l’eau, même les cochons sont sur le reculoir et les quiches lorraines tremblent de peur. Tout est-il irréversible ? Si la France ne se reproduit pas à l’identique, la faute à qui ? Vaste question, comme dirait le général, et féconde question !
L’analyse me semble juste, mais le pré-texte est quand même bizarre. En 1945 nous étions environ 40.000000, en 2025 nous sommes environ 68.000000, soit un bénéfice de 28.000000. Le déficit de naissances cette année est de 16.000 (soit 0,02%) : y a-t-il vraiment là de quoi s’affoler ?
Pourcentage des immigrés extra-européens dans la population française en 1945 et en 2025 ?
Quelle est l’origine des femmes qui font le plus d’enfants actuellement ?
Justement, il n’est peut-être pas nécessaire de fournir des arguments aux immigrationnistes en montant la mayonnaise de la dénatalité, non ?
N’oublions pas ce prétendu féminisme qui s’acharne à présenter tous les mâles comme des ennemis des femmes et des violeurs en puissance…
Les mâles Blancs seulement , les autres ont la liberté d’exprimer leur pulsions issues de leur richesse culturelle.
T’as « envie » d’enfant toi??? dans 20 ans le pays sera à la ruine, repeuplé -sic- et toujours endetté. J’en ai 2 ( 13 & 11) et je les prépare à partir d’ici. NO FUTURE HERE MY FRIEND !
Vous avez 100% raison, il faut fuir ce pays qui sera d’ici 10 ans un pays sous développé. Le niveau tombe a une telle vitesse que si par malheur la gauche repasse au pouvoir ce sera dans 5 ans un champ de ruines ce pays