[STRICTEMENT PERSONNEL] Déformations professionnelles

Guerre en Iran : l’innombrable cohorte des bavards qui jugent des faits sans les connaître...
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À leur cal dans la main, on reconnaît aisément les derniers travailleurs de force, ceux qui triment et peinent dans les ultimes secteurs encore artisanaux de l’agriculture, de l’industrie et des services. Déformation professionnelle. Au poil qu’ils ont dans la main, moins immédiatement visible, les services de répression des fraudes qui les traquent (assez mollement) identifient parfois les parasites professionnels, ceux qui vivent, aux crochets de la collectivité, d’allocations familiales et d’assistance sociale. Mais il est une autre catégorie, moins nombreuse et plus favorisée, celle des professionnels de l’information et de la déformation qui ont pignon sur rue et rond de serviette dans les colonnes des journaux, sur les plateaux de la télévision, derrière les micros des radios, dans l’hémicycle de l’Assemblée, à la tribune des meetings. L’innombrable cohorte des bavards qui jugent des faits sans les connaître, des prétentieux qui analysent une situation sans disposer des bases sur lesquelles devrait reposer leur analyse, bref, des imposteurs qui parlent beaucoup en sachant peu, est incommensurable au petit nombre et incomparable à la retenue de ceux qui savent sans parler, qui agissent sans parader, et qui ont même le culot de frapper sans prévenir.

Les rieurs et ricaneurs médusés

À deux reprises, ces derniers mois, la force de la réalité et l’évidence du succès ont médusé les rieurs, ou plutôt les ricaneurs, les clabaudeurs, les sceptiques et les défaitistes. En tout cas un moment.

La première fois, c’était au tout début de 2026 lorsque, après des semaines et des semaines d’attente, d’apparente irrésolution, de supposées tergiversations, les forces spéciales des États-Unis, sans la moindre effusion de sang nord-américain  ont frappé comme la foudre, cueilli dans son lit un Fidel Castro de troisième classe qui dormait sur ses deux oreillers et mis au pas, avec la capture facile de ce stalinien moustachu, son système de corruption, d’oppression et de basse police.

La deuxième fois – il y a moins de quinze jours, et cela semble déjà si loin –, c’était bien sûr le 28 février dernier, lorsque, après avoir savamment endormi et roulé dans la farine les négociateurs iraniens pourtant généralement tenus pour être les maîtres du noyage de poisson et du foutage de gueule, la coalition américano-israélienne surprenait dans son lit l’Assassin suprême, ce Guide au turban noir entre les dents, aux mains encore dégoutantes du sang de dizaines de milliers de victimes innocentes, et le tirait d’un repos trompeur pour mieux lui assurer le repos éternel avant de couper proprement, dans la foulée, la plus grande part des têtes de l’hydre islamo-bouchère.

Le monde stupéfait s'est incliné

La cause, quelques heures, au mieux quelques jours, a pu paraître entendue et gagnée, d’autant que du côté américain, où l’on avait décidé de laisser Israël régler de son côté, le plus vite et le plus discrètement possible, ses problèmes de proximité, il s’agissait essentiellement et seulement d’en finir avec la tyrannie la plus abominable de la planète, ce système islamiste né dans la violence, pour basculer aussitôt dans la tyrannie et qui ne table plus, pour se perpétuer, que sur la terreur et le massacre.

Dans un premier temps, le monde stupéfait s’est incliné devant de ce qui paraissait une deuxième démonstration, infiniment plus forte et plus éclatante que la précédente, de la puissance américaine et l’aube d’une suprématie revendiquée par Washington et reconnue par la communauté internationale. C’est à peine si la Russie et la Chine, théoriques alliées et protectrices du royaume des mollahs, balbutiaient quelques mots de solidarité avec Téhéran et de reproche au vainqueur présumé. C’est tout juste si, conjuguant la lâcheté et l’idiotie, les démocraties européennes osaient invoquer le droit international pour blâmer l’intrusion de l’alliance Trump-Netanyahou dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Rien n’a changé depuis Munich, en 1938, quand les deux grandes puissances qu’étaient alors la Grande-Bretagne et la France s’inclinaient devant Hitler qui n’avait guère fait que violer le traité de Versailles, réarmer le Reich et annexer de fait un pays souverain.

Les lâches tremblent, les complices se manifestent

Les choses se sont singulièrement compliquées en quelques jours. Loin de plier et de composer comme le rapport des forces semblait le lui imposer, le régime aux abois a réagi comme l’Allemagne nazie, par de définitives déclarations et actions de guerre totale – Totaler Krieg, comme disait Goebbels. Perdus pour perdus, sachant parfaitement que leur défaite militaire se traduirait immédiatement par leur élimination politique et peut-être physique, les mollahs et leurs troupes de choc ont mis le feu à toute la région, pour commencer. Tapis dans leurs bunkers, les maîtres de l’Iran comptent sur la fidélité de leurs SS et de leurs SA – pasdarans et bassidjis – pour faire tête à leurs adversaires, au risque de s’abîmer dans un embrasement suicidaire. Oui, l’Iran était un plus gros morceau, plus dur et plus coriace que le Venezuela – ou Cuba ? Oui, comme Médée, les sectateurs d’un islam mortifère sont prêts à périr pourvu que le monde périsse avec eux. Dès lors, les lâches tremblent et les complices se manifestent. Sous la menace de difficultés très réelles et pourtant marginales, amplifiées par la spéculation, dans les deux sens du terme – l’affolement gagne les sphères gouvernementales de l’Europe. Il n’en a pas fallu davantage pour que certains oublient qu’il n’était pas, dans son principe, de guerre plus juste, plus saine, faudrait-il dire plus sainte, que celle qui oppose l’Amérique mobilisée par Trump et Israël, rassemblé bon gré mal gré derrière Netanyahou, à un État tueur en série qui, depuis quarante-sept ans, entend se doter de l’arme nucléaire pour détruire l’État hébreu et exterminer le peuple juif.

L’affaire s’avère plus difficile, plus délicate, plus incertaine que prévu. Du coup, les professionnels du bavardage, du commentaire et du « je l’avais bien dit » s’agitent, clabaudent et clapotent de Londres à Berlin et de Paris à New York. Quitte ou double pour le joueur de poker de la Maison-Blanche ? Comme le dit très justement le pittoresque général Yakovleff, habitué du plateau de LCI, qui pratique quotidiennement le rude franc-parler que l’on prête volontiers, pas toujours à juste titre, aux officiers supérieurs, les spectateurs du combat des gladiateurs - vous, moi, nous tous - attendent l’issue pour ovationner l’homme fort d’un Occident ressuscité ou pour baisser le pouce, comme dans les arènes sanglantes de Rome. Ce sera, dit le brave général, « Epic Furie » ou « Epic Connerie » (sic). On ne saurait mieux dire.

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Dominique Jamet
Journaliste et écrivain Président de l'UNC (Union nationale Citoyenne)

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Deux forces s’opposent : l’une, mourir pour sa Patrie, s’il le faut, hélas! et l’autre, la volonté de mourir, tout court. Car ne nous y trompons pas, les Américains, des morts, ils n’en veulent pas comme tout occidental qui se respecte. Par contre, les Iraniens, des morts ils s’en fichent. 30000 ou 40000 en quelques jours, ce n’est rien pour eux, ils l’ont prouvé. Allah a les bras grands ouverts pour les recevoir en paradis. Et puis le ventre de leurs femmes est prodigue. C’est une mentalité (plutôt une croyance) à toutes épreuves.

  2. Voilà un journaliste qui voit claire comme je l’espère une majorité de Français qui en ont marre de ces pseudos spécialistes qui sont capable de dire tout et n’importe quoi du moment ou leur laisse la parole. En tant de guerre, il est bien plus efficace de se taire. Merci à Dominique JAMET

  3. Dans n’importe quel domaine , nous possédons des centaines d’experts qui défilent sur les plateaux des télés et qui nous expliquent avec certitudes les situations ! Comment avec tous ces experts ,la France est à la « traine » par rapport aux autres pays ???

    • Nous avons mêmement des « experts de l’expertise « .. avoir été général,préfet ,ministre comissaire ou,toubib permet de donner son avis sur tout: narcotrafic,guerre,covid, politique intérieure géopolitique,conquête spatiale ,education nationale,police,justice,économie etc etc..

  4. Certains pays parlent du « droit international »… C’est un peu comme la personne à qui un type, mettrait le pistolet sur la tempe après avoir égorgé toute sa famille sous ses yeux, et qui dirait : « Mais vous n’avez pas le droit »…

  5. Une Europe déplorable qui aurait dû participer au conflit avec les usa et les Israéliens mais qui n’attend que la chute du faucon noir et de son allié Israël. Chute qui sera un échec pour toute l’humanité et que nos enfants et petits enfants en paieront le prix. Merci monsieur Jamet de remettre l’église au centre du village.

  6. Mr Jamet, je critique souvent vos éditos mais ce matin j’applaudis votre saive contre la presse en boucle 24h/24 qui dit tout sans rien savoir. Cette presse politique scandaleuse au niveau intellectuel de bas étage devrait être poursuivie pour désinformation. C’est absolument insupportable et on mesure la bassesse à tous les niveaux du pays. Un scandale de plus !

  7. « L’innombrable cohorte des bavards qui jugent des faits sans les connaître ».

    Sur la base d’une culture générale déjà affaiblie par une Education nationale en totale dérive, les bavards en défaut de culture militaire, puisque exempts de Service obligatoire, ne peuvent que tâtonner, se disperser dans des conjectures. Nous avons parfois l’envie de leur souffler la logorrhée attendue.

    Sur le fond. Nous ne comprenons pas très bien la stratégie militaire empruntée par les USA et Israël . S’il est effectivement essentiel d’affaiblir voire de détruire les potentiels militaire et industriel de l’armement des Mollahs, tant dans les airs que sur terre, il est indispensable d’agir conjointement sur leur bras armé, celui qui terrorise la population , « les Gardiens de la révolution ».

    Abattre les têtes des Mollahs, pressons un peu l’abcès, il en sortira de nouveaux. Les exigences d’éligibilité seront de plus en plus assouplies mais de nouvelles têtes apparaîtront. Les gardiens de la révolution, des fanatiques, produiront toujours, comme la Reine des abeilles dans sa ruche. Ce sera sans fin.

    A mon sens, il est donc nécessaire, indispensable d’assécher les sources qui forment « barrage » à l’émancipation de la population.
    La première d’entre elles, le pouvoir financier des mollahs. Face à la Russie nous avons su nous précipiter dans ce domaine, bloquer les comptes. Face à l’Iran, aucun son de cloche.
    Affaiblir « les Gardiens de la Révolution » notamment en les privant de leur armement . Là aussi, aucun son de cloche. Il est inutile de jeter la population dans les rues face à des fanatiques ultra-armés. Ce serait inconséquent et suicidaire. D’autant qu’ils auraient besoin de se refaire une santé, de démontrer qu’ils restent les maîtres.

    En résumé, si cette guerre doit être gagnée, elle ne le sera qu’à condition d’annihiler le pouvoir de nuisance des « gardiens de la Révolution ».

    • Le problème est que certains pays, et pas des moindre, continuent à livrer des armes aux mollahs. La Chine, parce qu’elle a besoin de leur pétrole et ne veut pas ne dépendre que du « bon vouloir » des Américains, la Russie parce que, pendant qu’on s’occupe de L’Iran, on oublie un peu l’Ukraine, voire même, sans le pétrole iranien, certains pays européens feraient les yeux doux à Poutine. Et surtout, si l’Occident gagnait, les immenses richesses énergétiques du Moyen-Orient tomberaient dans son escarcelle ce que ne peuvent accepter, ni la Russie, ni la Chine, ni l’Inde, soutenues par une grosse partie des pays africains et sud Américains (75%, de la population mondiale)…

  8. Tres bel article. Il y a encore du talent ds la presse. Trump peut etre le sauveur du peuple juif et d un occident lache en declin. Mais il est condamné au succès…Il y avait il y a qq j un reportage a la television sur les SA et SS au service de Hitler ; le régime des mollahs a ses SA/SS et se conduit comme le regime nazi ; au delà du droit international il est moral et sain de detruire ce regime monstrueux.

  9. Notre va t’en guerre président donne le La pour une musique qui devient un style répercuté sur tous les sites d’information ou de déformation effectivement. Beaucoup de « Jesaitou « , moi ceci, moi cela et surtout l’emploi du conditionnel pour refaire la guerre derrière un micro et avec un mobile disposant d’internet. Tous ces généraux en retraite qui donnent leur avis sur tout et surtout leur avis, entourés d’eminents experts dont beaucoup n’ont pas fait le service militaire. C’est encore et encore la basse cour du roi Petaud où chacun veut briller telle une madame Irma diseuse au long cours de l’avenir, surtout du président américain. Pourtant la préoccupation première est l’avenir du peuple Iranien lié au problème de l’énergie première, le pétrole et surtout la survie de l’état d’Israël que tous ces religieux islamiques veulent anéantir. Alors le moment est venu d’aller jusqu’au bout de cette guerre qui est en train de se mondialiser.
    ,

  10. Monsieur Jamet vous déclarez:
    1. « mis au pas son système de corruption…… ».Rien ne prouve que le système Maduro ait été lis à bas car l’ancienne hiérarchie est toujours en place
    2. « Surprenait dans son lit », pas vraiment puisqu’il se rendait à une réunion
    3. « la plus grande part des têtes, » non il n’y en a que quatre tuées avec le guide
    4. « tyrannie la plus abominable de la planète » je vous laisse votre appréciation mais n’en suit pas persuadé
    5. Tant qu’à citer quelqu’un , plut^t le faire correctement: Wollt Ihr den Totalen Krieg
    6. « Arme nucléaire pour détruire l’Etat hébreu, peut-être mais d’abord pour se protéger contre leurs ennemis dont l’état hébreu
    Vous êtes par votre écrit à l’image de ceux que vous critiquez pour leurs paroles.

    •  » « Arme nucléaire pour détruire l’Etat hébreu, peut-être mais d’abord pour se protéger contre leurs ennemis dont l’état hébreu » = vous avez écrit la réalité de la situation.
      Je m’étonne tous les jours de lire, souvent le contraire, comme si, certains pays avaient le droit de tout faire sans être montré du doigt, et ne pouvaient pas être critiqués.
      Oui, je trouve que vous avez raison lorsque vous dites à l’auteur de cet article = « Vous êtes par votre écrit à l’image de ceux que vous critiquez pour leurs paroles. »
      C’est d’ailleurs pour cela que Bvd Voltaire me déçoit beaucoup ces temps ci.

  11. es dirigeant européens, Macron en tête, sont depuis son élection, dans la haine de Trump : ils voulaient Kamala Harris. Ils n’attendent de Trump qu’il se plante en Iran, emplis de « Schadenfreude », cette joie de l’ombre. Cette part étant faite, On doit tout de même s’interroger : l’Iran n’est pas l’Irak, et la légitimité d’anéantir des dirigeants sanguinaires n’empêchera pas qu’il reste un pays musulman. Mais anéantir un régime n’est pas anéantir un pays, et l’hostilité envers Israël durera, qui pourrait le laisser plus exposé une fois les Américains partis. Car il faudra bien que cette guerre, dont on ne cerne toujours pas les buts stratégiques, s’arrête. (En tout respect, M Yakovlev semble une voix otanienne, anti Poutine et anti Trump à longueur « d’LCI »).

  12. Yakovlev est devenu factuellemnet l’ambassadeur de la propagande du médiastan de gauche en France, sur LCI et même sur Quotidien c’est dire, car il déverse sur Trump du matin au soir(il n’aurait pas de stratégie…Macron lui a une « startégie »).Sinon, je ne vois que l’avantage pour ce général de plateau de rappeler que la guerre c’est dur, c’est mal et cela ne se passe pas toujours comme prévu, mais les poireaux américains existent aussi et n’ont peut être pas attendu Yakovlev pour penser par eux mêmes(ils sont un peu expérimentés sur leurs échecs). Aucune lucidité à partager entre ceux qui font la guerre et ceux qui la commente. De Paris TV à Dubaï, il n’y a qu’un pas pour la « pédansphère ».
    Ni Lâche ni complice, c’est ce que devrait être la France, mais on en est loin puisque Macron est les deux dans chacunes de ses phrases…et de son être!
    La grande déformation est surtout celle de l’absence d’image et de transparence sur la situation en Iran. Heureusement, il y a I 24 news!
    Parfois, j’ai envie de devenir israélien.

  13. « Quitte ou double pour le joueur de poker de la Maison Blanche » ? Il me semble bien que les professionnels évoqués seraient tout à fait satisfaits et heureux que  » le joueur de poker  » perde la partie, justifiant ainsi leur « je vous l’avais dit », tant le sentiment anti-Trump est dominant dans nos médias.

  14. Ah …le général Yakovleff ! S’il ne fallait citer qu’une seule pépite, c’est fait ! Ce «  poireau » qui vous explique qu’Yvan démonte cuvette de Wc et autres ustensiles d’intérieur chez les nazis d Azov pour les ramener à Moscou parceque ces russes sont des sous-hommes dégénérés dignes héritiers de gengis khan ……jusqu’où la désinformation propagandiste va se nicher ?

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