Stages de citoyenneté : l’envers du décor
C’est l’arme anti-sauvageon par excellence. Depuis son introduction dans le droit français en 2004, le stage de citoyenneté est devenu une mesure pénale alternative à l’emprisonnement très prisée par nos magistrats. Plusieurs milliers sont prononcés chaque année, souvent dans des affaires d'atteinte à l'autorité et de dégradations de biens publics. Ces derniers jours, on en a beaucoup entendu parler, lors des comparutions immédiates des « jeunes » qui ont participé aux émeutes parisiennes du 31 mai. Entre autres exemples, Alvyn M. (jets de cailloux sur les policiers), Jonas D.S. (pillage d’une boutique) ainsi qu’Ali A. (jet d’une grenade lacrymogène sur les policiers) ont vu leurs condamnations agrémentées d’un tel stage. Idem pour Ali B., un Algérien ayant participé à un regroupement visant à commettre des violences contre les forces de l’ordre. Offrir un stage de « citoyenneté » à un étranger qui, par définition, n’est pas un citoyen et qui, de toute évidence, ne souhaite pas le devenir, il fallait y penser.
Ils ont écopé de peines allant de 2 à 8 mois de prison avec sursis, parfois d’un stage de citoyenneté ou d’une amende. →https://t.co/8qivVVyP8g pic.twitter.com/omXw1KH22Q
— Le Figaro (@Le_Figaro) June 3, 2025
Promulgué par le gouvernement Raffarin, ce stage a officiellement pour objet de rappeler au délinquant « les valeurs républicaines de tolérance et de respect de la dignité humaine sur lesquelles est fondée la société ». Il peut être envisagé comme une peine, un aménagement de peine ou une mesure alternative aux poursuites. En clair, il s’agit d’une mesure bien utile lorsque les établissements pénitentiaires affichent déjà complet.
La journée type d’un « stage de citoyenneté »
Comment se déroulent concrètement ces fameux stages ? Selon la circulaire du 11 avril 2005, leur mise en œuvre se fait dans des conditions assez similaires à ce qui est prévu pour les stages de sensibilisation à la sécurité routière. Leur durée doit ainsi prendre en compte, pour le condamné majeur, ses obligations familiales, sociales ou professionnelles, et, pour le condamné mineur, ses obligations scolaires. Dans tous les cas, elle ne peut excéder un mois.
Ce stage est organisé en sessions collectives. L’effectif maximal de stagiaires est de huit afin d’assurer la meilleure efficacité du stage. Le public concerné est prioritairement constitué de primo-délinquants ayant commis, par exemple, des infractions d’outrage ou de dégradation légère.
Les premiers émeutiers #PSGINTER jugés ressortent libres du tribunal : stage de citoyenneté, sursis... Emmanuel Macron avait promis une réponse de l’État à la hauteurhttps://t.co/yZRbtVF7b5 pic.twitter.com/RaVfWFUwvD
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) June 2, 2025
Le contenu du stage fait l'objet d'un projet élaboré par la personne ou le service chargé de procéder au contrôle de sa mise en œuvre, sous la supervision du procureur de la République. Concrètement, chaque journée du stage dure généralement entre quatre et six heures. Deux à trois activités sont programmées chaque demi-journée : accueil et présentation du stage, rappel de la loi par un magistrat, visite d’un musée, rencontre avec le personnel de transports en commun, diffusion d’un film, rencontre avec une association… De quoi remettre dans le droit chemin des individus ultra-violents et dépourvus de toute empathie ?
L’envers du décor
Sur le papier, le stage de citoyenneté est censé être une peine venant sanctionner un délit, une mesure destinée à rappeler les devoirs de tout citoyen. C’est, hélas, souvent loin d’être le cas.
On nous assure, par exemple, que ce stage est aux frais du justiciable, « excepté pour les mineurs ». Dans les faits, il en est autrement. C’est en réalité la juridiction qui décide si le stage de citoyenneté doit être effectué aux frais du condamné. En cas de ressources insuffisantes, l’intéressé sera en effet dispensé par le procureur de financer son propre stage.
Surtout, les discours qui y sont tenus et les enseignements qui y sont donnés ont parfois de quoi faire dresser les cheveux sur la tête. En 2018, le ministère de la Justice lui-même avait levé le voile sur l’idéologie délétère qui se trouve parfois diffusée lors des stages dits « de citoyenneté ». Une vidéo sidérante encore disponible sur YouTube montrait ainsi un groupe de jeunes gens, majoritairement issus de l’immigration, en train de visionner un documentaire réalisé par l’historien décolonial Pascal Blanchard revenant sur les « origines de ces stéréotypes, de ces images et ces clichés qui ont fondé des pratiques discriminantes » à travers l'histoire de Paris… Convaincre des délinquants qu’ils sont les victimes d’un pays raciste, quelle riche idée !
Que se passe-t-il durant les "stages de citoyenneté" ?
La réponse avec ce reportage à Rambouillet, diffusé en 2018 par le ministère de la Justice lui-même. pic.twitter.com/iO5trlIAE3— Jean Kast (@jeankastoff) June 5, 2025
En réalité, l’inversion des rôles et la victimisation des malfaiteurs semblent être devenues la raison d’être de ces stages. C’est manifestement le cas à Carpentras, où un tout premier stage de citoyenneté a été organisé fin 2024. Comme le rapportait alors France Bleu, l’objectif déclaré n’était pas de réprimer les instincts les plus sauvages des délinquants mais de restaurer leur « confiance en la justice ». Leur donner une nouvelle occasion de s’exprimer et de faire entendre leur version des faits. « Ça change pas mal les choses parce qu'on a enfin un dialogue, expliquait alors un jeune homme condamné pour violences. Là, on a pu s'expliquer. Il y a un ancien magistrat qui était dans le stage : au début, il raisonnait comme un magistrat et notre opinion était renvoyée dans les cordes. À la fin, il a presque changé son fusil d'épaule. » En clair, le délinquant a réussi à se poser en victime et les représentants de l’État lui ont donné raison. « Ça ne changera rien à ma condamnation, mais c'est plutôt pour ceux qui sont dans les bureaux qu'il faut continuer à faire des journées comme ça », concluait le délinquant. Pas sûr que sa victime soit du même avis.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts


































51 commentaires
Dans les stages de citoyenneté , ne manquent que les parties de pétanque.
Copié collé avec l’éducation nationale tout est gangrené et les Français paient aussi ces stages. Pauvre France!
Comme dit le Dr Perronne dans son livre : décidément ils n’ont toujours pas compris !!
Ils tombent dans la débilité profonde …..
Les stages de récupération de points du permis coûtent un max mais ont prouvé leur efficacité : mon petit-fils ne picole plus quand il prend le volant. Un autre a écopé d’un stage de citoyenneté,à sa sortie il était sonné par ce qu’il y avait côtoyé.
N’auriez vous pas omis d’évoquer les petits fours et le verre de l’amitié ? La majeure partie d’entre eux n’ont pas de compte bancaire et l’état ne prend pas les règlements en espèces sauf a Bruxelles pour Eva Kaili alors bien sur que se sont les Français qui payent.
Quand on voit la discipline dans une classe de collège avec des individus sensés être normaux, on imagine une classe de délinquants ! Comment sont recrutés ceux qui assurent ces stages ?
On pourrait en dire autant sur les travaux d’intérêts généraux. Qui va accepter d’encadrer ces individus ? Quel chef d’entreprise va s’en embarrasser ?
Un délinquant dans une entreprise de peinture pour réparer ses graffitis snifait les bidons de solvants.
N’importe quoi comme d’habitude.
Malheureusement les juges rouges, suivis des autres juges qui ne veulent pas se faire remarquer et discriminer sapent un mot que je n’aime pas, mis à toutes les sauces, sans qu’on sache vraiment ce que c’est, « les valeurs de la république » pensant que plus il y aura de désordre, plus vite arrivera le grand jour. La solution c’est de trouver un moyen pour faire le ménage.
Et combien çà nous coûte ce truc-là pour les encourager à faire encore mieux la prochaine fois ?
Allez…encore un effort dit Bayrou
Des journées de vacances données à la racaille et payées par nous.
Pourquoi ne pas faire bénéficier le simple citoyen de stages de citoyenneté ? Ce serait dans l’ordre logique et moral des choses. Le cueillir en état d’innoncence et le converver vierge de crimes. Le financement serait tout trouvé, puisé dans le budget de la formation professionnelle continue (30 milliards) qui n’a jamais pu inverser la courbe du chômage. Nous n’avons que trop tardé à nous attaquer à la formation du citoyen, devenu abandonnique, livré à lui-même, au point d’élire parfois des veaux furieux qui brandissent en pleine Assemblée nationale des drapeaux terroristes, insoumis à la mère patrie qui les a élevés pour les voir se retourner contre elle.
Idem pour partie de la magistrature. A la croire atteinte d’un syndrome de Stockholm. A force de fréquenter par fonction des voyous, elle s’est mise à les comprendre jusqu’à quelquefois s’en éprendre. Rien de sièrait plus à Thémis que de bénéficier de stages de citoyenneté. Ce fut tout à l’honneur de Dupond-Moretti de bénéficier de l’exultation de taulards en verve, accueillant sa visite par des bravos de casseroles qui valent bien celle du théâtre où il s’est plus tard aventuré avec tout le comique qu’on lui connaît.
Mais, dans la même mesure où les places de prison sont rares et chères, ces stages de citoyenneté que j’appelerais professionnels, devraient être prioritairement réservés à l’élite syndicale avancée, à cette phalange en toge qui nous éclaire de son idéologie à la noix. Je veux parler des bâtisseurs du mur des cons qui restera dans toutes les mémoires. Ils ont su s’élever au-dessus des lois de la République, à l’éthique étriquée, pour faire plier la Justice sous leur joug. Qu’hommage leur soit rendu. Nous leur devons un Panthéon reconnaissant (et des places réservées de stagiaires). Le justiciable victime de leurs délibérations leur doit beaucoup. Les Français, paraît-il, n’ont pas confiance dans leur justice. Ils ont tort. La justice a toujours raison.
Stages dans un service public local ! l’école même de la fainéantise et du manque de respect envers les autres.
Quand on voit qu’un oqtf algérien a écopé d’un stage de citoyenneté…
Il doivent se marrer en algerie .Meme pas de prison ferme après avoir voler dans une boutique de téléphones sur les champs Élysées.
Sa place était en taule et en CRA
Ça n’a pas loupé ! Ces stages sont analogues au comportement de certains enseignants vis-à-vis de certains de leurs élèves. Au lieu de présenter tout ce que la France a apporté au monde en Sciences, en littérature, dans le domaine musical et artistique, on ressasse tout le temps le passé colonial qu’il n’ont pas connu. Savent-ils ces « nouveaux français », qu’à l’époque coloniale, il n’était pas bon d’être, en France même, un petit breton ou un petit basque que l’instituteur réprimandait en lui tapant sur les doigts avec une trique, quand il ne parlait pas français en classe ?
Du vent , ces stages sont bidon .
Sarah knafo, ce soir sur cnews propose une mesure bien plus , efficace.
Dechéance de la nationalité française pour les binationaux délinquants.
Elle rappelle que tout les magrebins sont par essence binationaux.
Et des ennemis potentiels, irrécupérables pour la plupart et ´ attendent que le grand jour ou l étincelle mettra le feu aux poudres et transformera la France en un immense brasier qu ils transformeront alors en terre d islam , c est leur seule préoccupation
D’accord Ravachol, mais on peut comprendre, car ce serait démentiel. Qui voudrait endosser la responsabilité de les combattre ? Et tenir jusqu’au bout ? C’est franchement impensable, car il y aurait deux fronts. Le Pays ne serait pas soudé.
Proposer des mesures tout le monde en a, le plus difficile c’est de les mettre en place notamment avec le conseil constitutionnel.
Donc si Sarah Knafo a raison, il faut donc voter pour son parti, sinon inutile de pleurer sur notre sort !
Mesure de bon sene et pour ne pas ‘n » renouveler le « stock » arret immédiat du droit du sol..d’autre pays europens l’ont fait donc on peut!
Introduction : déterminer, si nécessaire par référendum, la prééminence du droit français sur Bruxelles. 1. Fin du droit de sol 2. Fin du regroupement familial 3. Limitations des aides sociales par des conditions rigoureuses 4. Revoir la définition du statut de réfugié. 5. Interdiction d’effectuer des transferts monétaires ou de fournir toute forme de soutien public aux nations qui refusent de réadmettre leurs citoyens.
Il faut revoir la Constitution.
C’est bien plus facile que ce qu’on croit..ça a été fait inutilement pour l’avortement,alors pourquoi pas pour autre chose..