Pacte vert européen : les pressions montent pour accélérer la réduction de l’élevage en France

Un rapport veut imposer aux Européens de manger moins de viande et aux agriculteurs de sacrifier leur activité...
©Jean Bexon
©Jean Bexon

La politique européenne sur l’élevage irait à l’encontre des objectifs climatiques de l’Union européenne. C’est ce qu’avance le Conseil scientifique consultatif européen sur le changement climatique, une instance composée de quinze scientifiques, officiellement indépendante mais officiellement missionnée par le biais de la loi européenne sur le climat de 2021, adoptée dans le cadre du Pacte vert européen.

Le climat n’aime pas les vaches

Les recommandations de ce conseil scientifique constituent le point de passage entre les objectifs que veulent imposer les groupes de pression écologistes et leur traduction légale et réglementaire dans le Pacte vert européen. Il s’agit donc de la première phase d’une évolution de la politique climatique qui devra ensuite faire l’objet d’une nouvelle loi européenne, puis d’une transposition dans les pays membres.

« Alors qu’ils viennent d’accélérer les accords avec le Mercosur, les cérébraux de sa majesté von der Leyen réfléchissent à une méthode plus rapide que la dermatose pour détruire les éleveurs », attaque sur son compte X Patrick Legras, président de la Coordination rurale des Hauts-de-France. Une mauvaise humeur... argumentée.

Que dit ce rapport ? Que malgré toutes les mesures mises en place pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des activités agricoles, « les progrès actuels ne sont ni alignés sur les objectifs climatiques de l’Union européenne pour 2040 et 2050, ni à la hauteur du rythme d’aggravation des risques climatiques ». Les auteurs estiment que le changement (ou dérèglement) climatique occasionnerait aujourd’hui 28 milliards d’euros de pertes par an pour les agriculteurs de l’UE, et que l’évolution du climat pourrait porter ce chiffre à 40 milliards d’euros à l’horizon 2050, avec des pointes pouvant dépasser les 90 milliards lors des années connaissant des phénomènes extrêmes.

L’écologie punitive prépare notre avenir

Face à ces projections pour le moins alarmistes, le rapport estime donc que « les politiques publiques existantes sont insuffisantes pour opérer la transformation nécessaire et faire face aux risques climatiques qui pèsent sur les agriculteurs et sur la sécurité alimentaire ». Dans le viseur, la PAC (Politique agricole commune) et plus particulièrement ses volets concernant l’élevage (jugé fortement émetteur de gaz à effet de serre), et le drainage des terres, qui serait une source importante de CO2. La solution consisterait donc, selon les auteurs du rapport, à supprimer tout simplement la plupart des aides financières aux activités fauteuses de troubles. Il formule six recommandations :

1.        «  Éliminer progressivement les paiements de la PAC qui encouragent les pratiques les plus gourmandes en gaz à effet de serre (...).

2.        Mettre en place un mécanisme dédié à la tarification des gaz à effet de serre pour le système agroalimentaire, en appliquant le principe du pollueur-payeur (...).

3.        Fournir un soutien ciblé à la transition pour aider les agriculteurs à surmonter les obstacles financiers et de connaissances.

4.        Renforcer les outils qui aident les agriculteurs à faire face à des impacts climatiques inévitables.

5.        Promouvoir des régimes alimentaires sains et respectueux du climat.

6.       Et Assurer un financement public adéquat et opportun pour financer la transition. »

Interdiction de manger de la viande

Aux Français, le rapport veut donc imposer de manger moins de viande, et aux éleveurs de sacrifier leur activité. Constatons que ce texte a pour grand mérite d’annoncer clairement les choses. L’écologie punitive envisage la filière agro-alimentaire et son avenir, non pas en tenant compte des besoins alimentaires des Français, de la souveraineté alimentaire de la France ou de la pérennité de l’activité et des revenus des agriculteurs français, mais uniquement en fonction de son impact sur le climat, sur la base de projections catastrophiques.
Pas un mot dans ce rapport pour dénoncer l’immense appel d’air pour l’importation de viande que constitue l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, sur la concurrence déloyale qu’il autorise et sur le danger potentiel pour la santé qu’il installe. Par ailleurs, la parole de ces quinze scientifiques n'est pas soumise à un débat scientifique.

Ce rapport est la dernière production en date d’une longue série de coups de boutoirs qui ont légitimé la création d’un Pacte vert puis en ont durci les objectifs. En mai 2023, par exemple, l’association écologiste Greenpeace se félicitait du renforcement de la réglementation européenne en matière d’émissions industrielles par la Commission de l’environnement du Parlement européen.

En avril 2024, la revue scientifique Nature Food publiait une étude largement relayée par la presse française, qui dénonçait les aides de la PAC, rappelant que plus de « 80% des versements de la Politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne sont destinés directement ou indirectement à l'élevage, mettant à mal les objectifs climatiques de l'UE », comme le rapportait le média écologiste ID l’info durable.

Le Pacte vert peut continuer à tout détruire

En juin 2025, Le Monde relayait une lettre ouverte de scientifiques « exhortant la Commission européenne à accroître ses financements en faveur de la biodiversité ». Les agriculteurs étant évidemment désignés comme les coupables de cette menace supposée. Une fois encore, le coup venait d’organisations écologistes, en l’occurrence « la branche autrichienne de Scientists for Future », une initiative « née en 2019 en soutien au mouvement étudiant Fridays for Future ».

Enfin, citons cette nouvelle offensive en date du 19 février 2026, signée du magazine We demain. Cette publication se plaint que « l'Europe subventionne 580 fois plus le bœuf que les lentilles », oubliant sans doute que la principale menace pour les producteurs français de lentilles n’est pas l’élevage mais la concurrence étrangère déloyale, notamment canadienne, comme le révélait récemment BV.

Menaçant de détruire notre industrie automobile, ruinant notre agriculture et nos paysans, le Pacte vert européen met d'accord, pour des raisons différentes, les militants de l’écologie punitive, l’oligarchie bruxelloise et de nombreux intérêts financiers et commerciaux en France, en Europe et dans le monde. La convergence des luttes n’a que faire de nos vaches, de ceux qui les élèvent et de ceux qui les mangent.

Vos commentaires

23 commentaires

  1. URSULA et son PACTE VERT sont for mi dables.
    Ils délocalisent notre pollution européenne dont celle de la France.

    La viande : moins de viande en Europe mais nous l’importons. Autrement dit, transfert de pollution.
    L’énergie issue du schiste : interdiction de l’exploitation en France mais nous importons les produits issus de cette filière
    Substances nécessaires à la constitution des produits pharmaceutiques : trop polluant de les fabriquer en France, nous les importons.
    Terres rares : trop polluant de les extraire et de les traiter en France, nous les importons.
    etc;

    En résumé : la pollution ce n’est pas pour la France. Nous la confions aux étrangers.

    Bilan carbone à l’échelle mondiale : négatif car tous ces produits en provenance de pays lointains, il faut les transporter sur de longues distances.

    Le reste de la planète s’enrichit des dites pollutions que nous délocalisons. Bravo. Belle manœuvre de chez les « nuls ».

    Risques climatiques ? Tout sur le dos de l’activité humaine. Ne sont jamais évoqués :
    * le réchauffement naturel de la terre qui nous vient d’une période glaciaire
    * le déplacement de l’orientation de l’axe de rotation de la terre par rapport au soleil. Expositions différentes
    * les effets des éruptions volcaniques
    * les effets des frottements des plaques tectoniques l’une sur l’autre

    En conclusion, nous sommes dirigés par des amateurs en défaut de culture générale et en faillite intellectuelle.

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