Miss France 2026, un « thermomètre de la pudeur » hypocrite

Hinaupoko Devèze, élue samedi dernier, serait à la fois descendante de Saint Louis et figurante dans un clip de rap.
@ Sameer AL-DOUMY / AFP
@ Sameer AL-DOUMY / AFP

L’élection annuelle de Miss France s’accompagne, chaque année, de polémiques et de critiques : un marronnier qui fleurit chaque hiver ! Ce n’est pas nouveau, d’ailleurs, et si Mme Husson avait pris soin de s’enquérir de la réputation de chacune des prétendantes au titre de rosière, le Comité Miss France aurait été bien inspiré d’en faire de même cette année. À peine élue dans la nuit de samedi à dimanche, Miss Tahiti, Hinaupoko Devèze, essuie déjà la critique. En cause, sa participation, il y a trois ans, à un clip des rappeurs Koba LaD et Naps.

Une descendante de Saint Louis...

Pourtant, toutes les planètes semblaient alignées : un discours délicieusement consensuel sur les « valeurs de la République », une jeune femme qui se flatte de réunir avec son titre ses origines des Marquises et ses origines françaises, et même - de quoi plaire aux plus conservateurs - une descendante de Saint Louis, selon la Revue française de généalogie ! Le site explique pouvoir remonter jusqu’à « Jean, marquis de Pont-à-Mousson et seigneur de Saint-Rémy, né en 1475 et fils bâtard du bon roi René d’Anjou, faisant couler dans les veines de Miss France 2026 du sang de Saint Louis ». Effectivement, René d'Anjou, comte de Provence, est son ancêtre à la 17e génération, lui-même descendant 7 fois de Saint Louis aux 7e, 8e et 9e générations. L'ancêtre de la Miss est un Devèze originaire de la Drôme, exilé après le coup d'État de Napoléon III. D’ailleurs, le patronyme Devèze est bien connu, dans le Gard et le Piémont cévenol, et notre nouvelle Miss nationale a, en fait, passé une bonne partie de son enfance dans un petit village gardois de 955 habitants, à Pompignan. Tahitienne par sa mère, descendante de Saint Louis et d'une famille implantée dans le Gard depuis des générations, les racines d’Hinaupoko Devèze représentent bien la diversité et la richesse françaises ! Dommage, cependant, que cette diversité culturelle ne se soit pas arrêtée là.

…dans un clip de rap !

En effet, on peut voir Hinaupoko Devèze dans la vidéo de la chanson Doudou, des rappeurs Koba LaD et Naps. À l’époque du tournage du clip, il y a trois ans, la jeune femme jouait les mannequins et figurantes et aurait participé à la vidéo sans penser à mal : « Les gens en ont fait un buzz, je n’ai pas trop compris pourquoi. De base, je suis mannequin et modèle photo et j’avais l’opportunité, quand j’avais 19 ans, de participer à ce clip. Je me suis dit pourquoi pas, j’étais en pleines études de droit, c’était juste deux jours de tournage », rapporte Gala. Si « les gens en ont fait un buzz », c’est sans doute parce que, non seulement la chanson Doudou, dans laquelle on la voit blonde et au volant d’une voiture à deux reprises, fait partie de l’album Cartel vol.2 du rappeur aux paroles plutôt explicites : « Et j'suis fonce-dé dans l'RS3 […] Ouais, ça craint, ces temps-ci, j'suis grave défoncé (grave défoncé) […] J'ressors d'G.À.V avec mes lacets […] Derrière les vitres teintées (okay) ça fume des gros joints d'beuh (okay) », par exemple.

Mais aussi, parce que le rappeur Koba LaD en question a été condamné à six ans de prison ferme en juin dernier, jugé coupable d’un accident de la route dans lequel un de ses amis a perdu la vie. « En septembre 2024, au volant d'une berline sportive de luxe et testé positif au cannabis, Koba LaD, âgé aujourd'hui de 25 ans, avait percuté à grande vitesse un camion à l'arrêt sur une bretelle de sortie d'une station-essence. Le délit pour lequel le rappeur a été condamné est aggravé par deux circonstances : la vitesse excessive à laquelle il roulait et la consommation de stupéfiants », rapporte France Bleu… pas vraiment un enfant de chœur ! On imagine sans mal que, pour certains, l’image de la France pourrait pâtir de l’association entre Miss France et un tel personnage, même si cette dernière ne voit pas où est le problème. Elle explique même qu'à l’époque, elle avait déjà le projet de participer au concours de beauté.

Un bien hypocrite « thermomètre de la pudeur » sexiste

Cette année, encore, le Comité Miss France avait essayé de donner des gages, cherchant à prouver que, non, ce n’est pas « un concours agricole » sexiste, comme l’affirment ses détracteurs. Les candidates sont choisies pour ce qu’elles incarnent, et pas seulement pour leur physique. Un proche de la production du concours explique au Parisien que « […] la société a évolué, et le concours Miss France doit évoluer avec ». Alors, des mots, des phrases mêmes, étaient bannis, et Jean-Pierre Foucault avait l'interdiction de les prononcer, comme « la température va monter d’un cran », « on parle d’élégance, d’assurance, pas de sensualité forcée », expliquait Frédéric Gilbert, directeur du concours et producteur de l’émission, au Parisien. Bref, le concours de Miss France se devait d'être comme le fameux rosier de Madame Husson, un véritable « thermomètre de la pudeur » féministe. On peut noter l’hypocrisie, quand notre Miss France joue les figurantes pour un clip de rap dont les paroles sont sans ambages : « Pochton d'beuh, gé-char comme son boule [son cul] »… pour le Comité Miss France, comme pour Madame Husson, à chaque époque ses bigoteries !

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Bof…Tant qu’elle ne se présente pas en supporter de Mélenchon…. A 20 ans on peut faire des erreurs comme se montrer dans un clip pour se montrer sans bien réaliser avec qui on se montre…..

    • Mhh pas certain, car si vous lisez la Bible, une fois chassé d’Eden, nos amis sont là, ils ont deux enfants, des garçons et encore , un des deux tue son frère et est condamner à errer… Seul sur la Terre, non, il est embauché comme maçon à la construction d’une …ville. Et si on quitte la Bible pour la paléontologie donc un peu plus scientifique que le Livre Saint, c’est compliqué aussi. Je viens d’apprendre que nous sommes des Sapiens et que nous venons d’Afrique, c’est politiquement correct, mais voilà, une fois ici « nous » avons éliminé les Neander qui étaient dans nos actuelles régions,mais il y a eu des « mélanges », des collaborations horizontales ahah, et voilà qu’il n’y a donc pas seulement une race unique pure, la race humaine qu’on nous sert depuis un certain temps, mais c’est métissé, ( bon donc alors çà pourrait aller) et en plus « nous » les Sapiens, avons encore rencontré d’autres gens, les Erectus je crois en Asie. C’est marrant mais quand on voit les populations du monde, il y a de quoi « se demander »…

  2. Vu l’explosion du nombre d’habitants en France, malgré une natalité en berne, on finit tous par descendre de Charlemagne en ligne directe ou par une voie détournée plus ou moins reconnue.

    • Jusqu’où va t-on pousser le délire?
      Cette jeune femme devrait se sentir responsable des méfaits dun individu, parce qu’elle l’a vaguement connu dans le passé ?
      Faut arrêter les délires !

Commentaires fermés.

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