[MÉDIAS] Affaire Legrand/Cohen : la gauche prise à son propre piège

La gauche dénonce l’emploi d’enregistrements clandestins, méthode dont elle use pourtant à l’envi contre ses adversaires
Capture d'écran X
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« La meilleure défense, c’est l’attaque. » Mis en cause par une vidéo les montrant en plein conciliabule avec deux cadres du PS, Thomas Legrand et Patrick Cohen semblent bien connaître cet adage. Les deux journalistes ont en effet choisi de passer à l’offensive dans l’espoir de sortir de cette embarrassante affaire par le haut.

Dès dimanche matin, le premier d’entre eux s’est servi de son poste d’éditorialiste dans Libération pour tenter de laver son honneur. S’il a reconnu du bout de la plume des « propos à l’emporte-pièce » pouvant « prêter à confusion », M. Legrand a nié toute collusion avec le PS. « Oui, j’ai pris un café avec deux socialistes. C’est tout à fait courant, pour des journalistes politiques, de prendre des cafés avec des responsables politiques de tous bords, a-t-il débuté, comme si c’était ce qu’on lui reprochait. Je suis éditorialiste, libre des opinions que j’affiche dans mes billets, mais aligné sur rien ni personne. Sans attache ni intérêts autres que celui de faire vivre le pluralisme au sein de mon journal. » La bonne blague !

Surtout, l’homme a vivement dénoncé les méthodes de L’Incorrect, un journal « d’extrême droite » qui aurait diffusé des images filmées « à [s]on insu » et relayé des propos « caviardés », « tronqués et hors contexte ». Bref, une pratique honteuse, en infraction avec « tous les canons journalistiques ». Sur la même ligne, son collègue Cohen a d’ores et déjà annoncé qu’il allait déposer plainte contre ce « vol de conversation privée ».

Un sommet de mauvaise foi

Malheureusement pour eux, Internet a de la mémoire. En 2010, Thomas Legrand avait signé une chronique sur France Inter justifiant l’usage d’enregistrements clandestins lorsque ceux-ci sont au service d’une « opération salutaire du point de vue de la démocratie »… En 2018, Patrick Cohen défendait cette pratique en direct à la télévision. Il louait alors la « saine curiosité » d’un journaliste de gauche qui avait diffusé des propos tronqués d’un homme politique de droite, enregistré à son insu. « Bien sûr, la loi dit qu’on ne doit pas enregistrer les gens à leur insu, mais il y a une démarche journalistique qui me semble tout à fait légitime », estimait-il, à l’époque. Ses beaux principes déontologiques seraient-ils à géométrie variable ?

C’est, en réalité, l’ensemble de la presse de gauche qui a fait volte-face et s’est assise sur ses principes afin de voler au secours de ses deux alliés en difficulté. Le Monde, Le Point, Alain Duhamel, Laurent Joffrin, Francis Letellier… tout ce que notre petit milieu compte de relais d’opinion bien-pensants s’est fendu d’un article ou d’une phrase de soutien. Sans surprise, la Société des journalistes (SdJ) de Radio France y est aussi allée de son communiqué, s’indignant de « l’instrumentalisation par un média d’extrême droite de propos volés et complètement sortis de leur contexte ». « Nous sommes solidaires de Thomas Legrand et Patrick Cohen face à ces attaques », ont-ils fait savoir. Pour rappel, les mêmes n’avaient pas exprimé la moindre émotion lorsque Jean-François Achilli avait été mis en cause et viré comme un malpropre au motif d’une hypothétique collaboration littéraire avec Jordan Bardella. Au contraire. Leurs confrères de la Société des journalistes de France Info avaient même déclaré que les faits imputés constitueraient « un grave conflit d'intérêts » et « un manquement grave à la déontologie de notre profession » s’ils étaient avérés. Rien de tout cela, en revanche, lorsqu’un autre est attrapé la main dans le sac, en train de conspirer avec des socialistes.

Une affaire loin d’être finie

Mais au grand dam des sieurs Cohen et Legrand, l’affaire est encore loin d’être réglée. Leurs coups de menton et leurs postures de vierges effarouchées ne suffiront pas à éteindre l’incendie. Alors que l’Arcom a été saisie, Éric Ciotti a demandé une commission d’enquête à l’Assemblée pour vérifier le respect de la neutralité dans les médias financés par l’impôt. Lundi matin, sur Europe 1, Sébastien Chenu a également annoncé déposer un article 40 dans l’espoir de mettre fin à un « détournement du service public au bénéfice d’un parti politique ». « Ce qui pose problème, c'est que des donneurs de leçons, comme monsieur Cohen et monsieur Legrand, viennent toute l'année vous expliquer comment les journalistes doivent faire leur métier, comment il faut penser, etc. Et là, on les retrouve en train d'organiser la stratégie du Parti socialiste ! ».

Il n’en fallait pas plus pour relancer le débat sur la privatisation de l’audiovisuel public. Une mesure qui nous permettrait d’économiser la bagatelle de quatre milliards d’euros…

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Société des journalistes et syndicat de la magistrature même combat. Des légions de vils hypocrites manipulateurs souvent « gauchecaviarisés » et donneurs de leçons qui détruisent chaque jour un peu plus notre Pays, notre Nation, notre Identité, notre Culture, nos Racines. DANGER. Français, réveillez-vous.

  2. L’ARCOM, parait-il, a convoqué les dirigeantes des chaînes publiques à propos de cette scandaleuse affaire…Allons donc, T.Legrand comme P. Cohen ne risquent absolument rien ! Pour la forme éventuellement un semblant de blâme et puis ce sera probablement « que la fête recommence » ensuite. Et dire que nos impôts financent cette duperie malsaine !

  3. Il y a suffisamment de medias alternatifs qui essaient de diffuser une information honnête et non sectaire pour s’éviter de regarder ces medias soit bétonnés soit modelés sur la propagande façon Pravda. Pour ceux qui ne les connaitraient pas, citons TVLiberté, Radio Courtoisie, Tocsin, Géopolitique Profonde, Frontières, Off…faites votre choix et boycottez le « service dit public » et les chaines qui ont des intérêts bétonnés à ce que la guerre en Ukraine perdure.

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