[LIVRE]Les belles-mères sont-elles de droite? : l’innocence n’est plus une option

Méfiez-vous des belles-mères trop fusionnelles, elles pourraient bien être de gauche !
BELLES-MERES

Richard de Seze a l'art d'aller chercher la politique là où elle n'est pas - tout du moins, à première vue. Et de tirer de l'observation de la manière de vivre des individus l'expression d'une certaine vérité sur leur psychologie politique. Selon lui, les attitudes des belles-mères (rien que le mot faire rire) en disent long sur leur bulletin de vote. Sont-elles fusionnelles ? Tiennent-elles à être appelées par leur prénom ? Si oui, elles sont indéniablement de gauche !

Torchon ou Sopalin™, manifs et prophètes, Nicolas Sarkozy et Grosminet

Des ustensiles les plus vulgaires du quotidien (torchon ou Sopalin™ ?) aux occupations des individus (« les manifs, les pages arrachées, les prophètes... sont-ils de droite ? ») en passant par leur tignasse - c'est une évidence, pour Richard de Seze, « le brushing est de droite » - jusqu'à la victime du jour, Nicolas Sarkozy, « vindicatif, rancunier, affairiste, brouillon, énervé, opportuniste, volage », classé lui aussi à droite, « celle des affaires et de l'ordre, du déficit et de l'atlantisme, de la mondialisation et de la lâcheté », rien n'échappe au décryptage sans concession de l'auteur. Un récidiviste du genre car Les belles-mères sont-elles de droite ? Nouvelles considérations essentielles (Éditions de la Nouvelle Librairie) est le deuxième volume d'un autre recueil de chroniques déjà parues dans les colonnes du magazine L'Incorrect.

Dans le premier, Les ronds de serviettes sont-ils de droite ? Et autres considérations essentielles (même éditeur), le directeur de la rédaction de Radio Courtoisie, écrivain et journaliste (Valeurs actuelles, Politique Magazine et Monde et vie), passait déjà au crible une série plus qu'hétéroclite d'objets, parmi lesquels les mugs, les ronds de serviette, la poussière et les ronds-points, pour deviner les intentions de vote de leurs utilisateurs.

Viscéralement attachés

Passé le premier moment de surprise du lecteur - quelle idée saugrenue, que de se pencher avec tant d'application sur l'orientation politique des pièges à glu ? -, arrive très vite le plaisir garanti d'un très bon moment, car tout est si drôle et tellement vrai. Rejaillit, au fil des pages, une certaine nostalgie, madeleines de Proust d'une enfance bercée par le cultissime anti-héros de dessin animé Grosminet et la redécouverte de certains mots tombés en grande désuétude comme la « berlue ». Puis vient le temps de la réflexion : mais pourquoi donc l'homme - et la femme - de droite tient-il autant à son canif et bien plus à ses torchons qu'aux Sopalin™ ; à ses mocassins plutôt qu'à ses Louboutin ? Si ce n'est qu'à force d'habiter son quotidien, ces menus objets, ces humbles comportements, ces manières d'être, imperceptiblement accumulés au fil des générations sans que personne n'y prenne vraiment garde, ont formé les strates successives de notre précieux art de vivre à la française ? Et c'est à l'occasion de cette promenade incongrue façon Richard de Seze que le lecteur découvre à quel point il tient viscéralement à ce qui n'est rien de moins qu'un morceau de sa civilisation. Que les injonctions façon Sandrine Rousseau (l'anti-barbecue), les fringues Shein mondialisées et mal taillées et le quinoa servi dans des assiettes en bambou recyclable on tout tenté pour l'en détacher.

Il y a quelques jours, Michel Onfray était l'invité du plateau de Pascal Praud (CNews). L'occasion d'un débat à peine esquissé mais hautement philosophique sur la supériorité de l'être sur l'avoir à propos de cette phrase que l'on retrouve fréquemment sous la plume du philosophe : « Nous perdons notre vie à la gagner et nous sommes esclaves de ce que nous possédons [...] nous sommes possédés par ce que nous possédons. » Vaste question qui en renvoie à une autre plus prosaïque, plus polémique mais néanmoins très croustillante : combien de gens de gauche - telle la très écologiste Anne Hidalgo, adepte des grands déplacements en avion - vivent finalement à droite ? Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'être de droite ?

De quoi fournir encore de la matière à Richard de Seze, qui s'apprête à publier deux autres ouvrages : Parisiens en exil (à paraître le 1er octobre), récit des aventures d'un couple de bobos exilés à la campagne pour échapper au confinement, ainsi que De vrais gentlemen (le 16 octobre), une trentaine de courts portraits historiques et humoristiques d'Anglais odieux qui, au cours des siècles ont justifié l'extermination des pauvres, des Irlandais, des Indiens, des catholiques, et... des Français.

On a hâte, ne serait-ce que pour se donner l'occasion de se bidonner un peu, à l'arrivée de cet automne décidément maussade.

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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Quand on a des enfants ou petits enfants, ne pas être de droite ou patriote est de l’inconscience! Il faut se battre pour laisser une France sécuritaire, avec une identité et une sérénité, tout le contraire de ce que souhaite la gauche!

  2. Je suis très fier d’habiter une maison construite à la demande de mon grand-père. J’en suis tellement fier que j’ai gardé soigneusement la table de cuisine en formica et les torchons brodés par ma grand-mère (décédée en 1976) avec le nom de la maison. J’utilise des mouchoirs en tissus. Et c’est vrai, je suis de droite! Et catho de surcroît et de ça aussi je suis fier!

  3. Toute la création et toutes les civilisations sont un produit de ‘droite’. Dans la nature, un ordre pyramidal et symbiotique, dans les sociétés l’ordre hiérarchique et l’homogénéité qui garantit la nation ; tout ça est de droite.

  4. Waouh! je me fais faire des bruschings, je préfère les mocassins aux Louboutins , mon torchon au sopalin et je suis en train de faire cuire un petit salé (chou, poireaux, carottes pommes de terre) à mon époux, même si, je l’avoue, perso, je préfère le quinoa dans une assiette en porcelaine de Limoge . En plus je suis chrétienne.

    Le résultat est vérifié = je suis une horrible XX genrée XX qui vote à droite.
    Et figurez vous que j’en suis fière (sans doute le pire?)

  5. Le sens de l’honneur la vertu la propreté le silence la courtoisie la politesse l’ordre et même l’orthographe …tout ça c’est ringard de droite .. sinon on se laisse – aller on est soi – même sans artifice sous couvert de franchise et on est de gauche .
    D’un côté les contraintes, de l’autre la liberté.
    L’ennui c’est qu’ en société la liberté des uns et invivable pour les autres.

    • Les contraintes c’est de droite et la liberté c’est de gauche si je vous comprends bien? Donc les dictatures « communistes », passé le temps de la nouveauté, une fois ringardisées sont de droite.

      Merci de votre essai de définir la droite et la gauche. Ce n’est pas si évident que cela paraît. Pour certains la gauche c’est le bien la générosité et la droite c’est la tentation du mal, le non respect de tous. Pour d’ autres c’est le contraire la droite, c’est le bien et la gauche la tentation du mal, la paresse, le non respect de tous….

      Si la liberté est invivable en société, alors il faut détruire la liberté ou la société ?
      Ou tenter de ménager les deux comme la chèvre et le choux?

  6. Le sens de l’honneur la vertu la propreté le silence la courtoisie la politesse l’ordre…tout ça c’est ringard de droite .. les cheveux vert

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