Islamisme : quand les Émiratis mettent en garde l’Occident
La décision est tombée sans fracas, mais elle est lourde de sens. En janvier 2026, les Émirats arabes unis ont réduit les aides publiques accordées à leurs étudiants souhaitant intégrer les universités britanniques, comme le rapporte le Financial Times. Cette mesure prolonge une décision plus radicale encore : depuis juin 2025, les universités britanniques ont été retirées de la liste des diplômes reconnus par l’État émirati.
Les Émirats Arabes Unis restreignent l'inscription des étudiants dans les universités britanniques par crainte que leurs ressortissants ne soient radicalisés par des groupes proches des Frères musulmans.
— Florence Bergeaud-Blackler (@FBBlackler) January 9, 2026
Derrière ce choix, une inquiétude clairement formulée par les autorités : la crainte de voir leurs propres enfants, envoyés se former dans des établissements prestigieux, se radicaliser idéologiquement sur les campus britanniques. Les chiffres traduisent ce désengagement : 213 visas étudiants délivrés au troisième trimestre 2025, contre près de 500 au premier trimestre 2022.
Radicalisation sur les campus : la ligne rouge des Émirats
Pour Abou Dabi, la décision ne relève ni d’un différend académique ni d’un simple ajustement administratif. Elle s’inscrit dans un contexte politique beaucoup plus large, marqué par des tensions persistantes avec le Royaume-Uni sur la question des Frères musulmans et, plus largement, sur la gestion de l’islamisme politique. Les universités britanniques sont désormais perçues comme des espaces où prospèrent des discours fréristes, avec notamment 70 étudiants fichés pour radicalisation islamiste en 2023-2024.
Aux yeux des autorités émiraties, cette permissivité idéologique alimente des dynamiques de radicalisation diffuse, incompatibles avec leur propre doctrine de sécurité intérieure. Associations étudiantes politisées, conférences tolérantes à l’égard de figures islamistes, pressions communautaires croissantes : autant de signaux d’alerte accumulés, que Londres tarde à reconnaître.
Former les futures élites nationales dans un tel environnement n’est donc plus considéré comme un pari éducatif, mais comme un risque stratégique, dans un contexte où Abou Dabi estime que le Royaume-Uni sous-estime encore la portée idéologique et politique du projet frériste.
Un avertissement ancien, fondé sur l’expérience
Cette méfiance n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une doctrine forgée par l’expérience. En 2014, les Émirats arabes unis ont classé les Frères musulmans comme organisation terroriste, estimant que leur projet politique constituait une menace directe pour l’État et la cohésion nationale.
Trois ans plus tard, en 2017, l'actuel ministre des Affaires étrangères émirati Sheikh Abdullah bin Zayed lançait, en guise d'avertissement : « Il viendra un temps où nous verrons bien plus de terroristes radicaux sortir d’Europe par manque de décisions. »
I left London for the UAE, and this is shocking.
The UAE is cutting funding for students going to the UK over fears of radicalisation on British campuses.In 2017, UAE FM Sheikh Abdullah bin Zayed warned: “There will come a day when far more extremists come from Europe.” pic.twitter.com/LwN6rN65ST
— Micheal Prendergast (@Prendercast) January 9, 2026
À l’époque, cette déclaration avait été accueillie avec scepticisme. Aujourd’hui, elle résonne comme une alerte stratégique. Pour Abou Dabi, la radicalisation moderne ne passe plus uniquement par les zones de conflit, mais par les universités occidentales, incubateurs d’élites et de réseaux.
Qaradâwi et la conquête idéologique de l’Occident
Cette analyse s’appuie sur une doctrine parfaitement identifiée. Le prédicateur frériste Youssef El Qaradâwi a théorisé la conquête de l’Occident par ses élites. Universitaires, juristes, journalistes, décideurs : pour lui, l’influence durable passe par le sommet, non par la périphérie.
Les campus britanniques occupent une place centrale dans cette stratégie. Ce que les Émirats combattent fermement sur leur sol, ils refusent désormais de l’exposer à leurs enfants à l’étranger.
Starmer, Braverman et l’impuissance britannique
À Londres, le malaise est désormais assumé. Arrivé au pouvoir en promettant de rétablir l’autorité de l’État et de lutter contre les dérives communautaristes, le Premier ministre britannique Keir Starmer peine à traduire ses engagements en actes. Paralysé par les équilibres internes de son camp, il accumule les renoncements sur les questions idéologiques.
L’ancien secrétaire d’État à l’Intérieur de Rishi Sunak, Suella Braverman, avait dressé un constat brutal au Telegraph, en 2024 : « Nous avons laissé prospérer une idéologie hostile à nos valeurs fondamentales. » Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, les islamistes, les extrémistes et les antisémites sont en position d’influence dans trop d’institutions. Ce n’est pas une dérive marginale, c’est un échec politique majeur. »
Quand le monde arabe donne la leçon
En restreignant l’accès de leurs étudiants au Royaume-Uni, les Émirats arabes unis ne se replient pas. Ils anticipent. Là où l’Europe hésite, le monde arabe tranche, fort de son expérience face à l’islamisme politique.
Le paradoxe est cruel : ceux que l’Occident accusait hier d’autoritarisme protègent aujourd’hui leurs enfants. Et ceux qui se pensaient immunisés découvrent que la naïveté idéologique, surtout sur les campus, finit toujours par se payer.
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48 commentaires
Les entreprises aussi sont infiltrées notement sur Bruxelles. Je travaille dans le monde pharmaceutique; quelques uns de mes collègues me disent qu’il y a une mafia dans l’entreprise ( via le syndicat).
Les dirigeants sont tétanisés à l’idée de leur interdire quoi que ce soit, de peur à être taxé de racistes.
Ces communautaristes frèristes discutent en arabe, prévilegient d’abord leurs coreligionnaires pour l’octroi des congés.
Bien entendu; leurs femmes sont voilées.
Il faudra voter en masse et pour ceux qui ont un programme clair quand à la lutte contre l’islamisme ! Les universités européennes sont devenues des nids d’activistes gauchistes ! Seul aux USA Trump à compris et pris des mesures drastiques !
Si les Émiratis pouvaient faire passer le message à l’Algérie qu’elle devrait récupérer ses « élites » pour éviter qu’elles se contaminent ici , nous connaissons des Français que ça ne dérangerait pas beaucoup , non plus !
Ahurissant ! Au concours de la couardise devant l’islamisme, je pensais que nous étions les grands gagnants. Mais apparemment – et c’est un comble – nous sommes battus par le Royaume Uni ! Dire que c’est à lui (W. Churchill) que nous devons d’exister encore et qu’il en est là !
Les « Frères musulmans » sont considérés comme « terroristes » dans la majorité des pays arabes ! Ils sont plus lucides et surtout , moins lâches face aux problèmes existants et à venir… Car je crains que le pire soit encore à venir, en Europe, à moins d’un sursaut général de fermeté et de courage politique.
@jean-luc06 : « Car je crains que le pire soit encore à venir, en Europe, » Vos craintes sont en train de se réaliser avec en renfort l’arrivée des nazis Ukrainiens qui craignent la « machine à laver » de l’armé russe, car eux n’ont pas les mêmes pudeurs que le occidentaux… le socialisme triomphant c’est terminé!
L’université française accueille en masse sans problème , tous les islamistes , au nom de l’humanisme crétin qui nous dirige , et ils font la loi coranique chez nous.
Les pays européens , et en particulier la France , accueillent tous les islamistes que les pays musulmans ne veulent pas , bienvenue au pays des herbivores humanistes , des bisounours suicidaires .
Le monde à l’envers ! L’occident crèvera de sa naïveté !
@VirgieU : c’est certain, à moins de ressortir la pétoire du grand père et sa ruse de vieux paysan nos jours sont comptés.
Depuis onze années les ÉMIRATS ont classé les frères musulmans comme organisation terroriste, plus récemment l’EGYOTE et que fait le gouvernement Français ? Rien malgré l’étude de Florence BERGEAUD-BLACKLER intitulé Le frerisme et ses réseaux paru en 2023, seule réaction de nos gouvernants placer cette femme sous protection……
L’islamisme serait-il devenu comparable à ce que l’on disait du mariage concernant les prêtres et les homosexuels ? Il n’y aurait plus que les élites occidentales à le désirer…
Edifiant, non ? mais ceux qui doivent ouvrir les yeux, ne le liront pas !
Des Arabes qui se méfient des « Frères Musulmans » ,ils doivent savoir et avoir leurs raisons et nous ,innocents, nous les laissons étendre leur influence en « bêlant béatement » comme les agneaux qui sont conduits à l’abattoir
Que tous les pays musulmans instruisent eux même leur étudiants , cela nous coûtera moins cher , nos enfants auront de la place pour étudier et il y aura moins d’islamistes qui resterons sur le sol européen !
Ne donnons plus aucune bourse d’Etat et de logement aux étudiants de pays musulmans car le but est bien de rester sur notre sol !
Ça rappelle que Pol Pot et nombre de ses sbires ont étudié en France, dans une atmosphère bienveillante pour le communisme, avant de retourner au Cambodge pour ce que l’on sait. Les émiratis semblent bien plus lucides que nous.
Ho Chi Minh aussi, sans oublier Lénine bien sûr.
Si ca ce n’est pas une ironie de l’Histoire ! Mais rejouissons nous ; grace au courage de ces Emirs et celle du peuple Iranien , nous aurons deux pays ou les chretiens pourront se refugier …