[ENTRETIEN] « Pour l’islam radical, tout peut être halalisé »

Florence Bergeaud-Blackler publie Le djihad par le marché (Éditions Odile Jacob), qui détaille les mécanismes du halal.
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Encore très récent, le marché du halal, désormais structuré, progresse rapidement, en France. Florence Bergeaud-Blackler, docteur en anthropologie (HDR), chercheur au CNRS et spécialiste reconnue du frérisme, vient de publier Le djihad par le marché (Éditions Odile Jacob), qui détaille les mécanismes du halal. Elle répond aux questions de BV.

 

Étienne Lombard. Quelles sont les raisons qui expliquent la hausse de la demande de viande halal et, donc, la progression de ce marché ?

Florence Bergeaud-Blackler. Un marché, c’est une rencontre entre une offre et une demande. Quasi inexistante en France jusqu’à la fin des années 1970, l’offre de viande halal s’est véritablement structurée dans les années 1990. On a alors vu la population musulmane se tourner massivement vers cette offre.

 

É. L. L’abattage étant aujourd’hui industrialisé, pouvez-vous nous expliquer comment s’est développé et organisé l’abattage halal industriel ?

F. B.-B. L’abattage conventionnel s’est industrialisé dès le XIXe. L’abattage halal, lui, s’est formalisé dans les années 1980. Ce n’est absolument pas un abattage traditionnel. Il s’agit plutôt de l’islamisation d’un abattage industriel selon un modèle tayloriste qui repose sur la division du travail, la standardisation des gestes et la recherche de rendement maximal.

Ce protocole d’abattage a été mis au point, notamment, par les mollahs iraniens envoyés dans les abattoirs occidentaux dans les années 1980, qui ont bénéficié des aménagements prévus pour les shokhatim juifs, lesquels fréquentent les abattoirs depuis bien plus longtemps. La casherout existe en Europe depuis des siècles, le marché halal n’a même pas un demi-siècle.

 

É. L. Comment l’abattage halal, qui est une exigence rituelle religieuse, cohabite-t-il avec un État qui se veut laïc et des acteurs économiques dont la religion n’est pas la priorité ?

F. B.-B. L’abattage halal est le produit d’une convention industrielle entre trois acteurs : religieux, vétérinaires (l’État) et économiques. Chacun y voit ses intérêts : les religieux évidemment, l’État qui réduit les abattages clandestins et les acteurs économiques qui peuvent faire des affaires.

 

Il n'y a pas de contrôle public de la filière halal

É. L. Comment le halal est-il contrôlé et quel est son périmètre ?

F. B.-B. Il n’existe pas de définition officielle de la norme halal. En revanche, une convention informelle s’est imposée, autour de laquelle s’accordent les principaux acteurs de la production, de la réglementation et de la consommation. Selon cette convention, l’animal doit être abattu dans un abattoir industriel, de préférence tourné en direction de La Mecque, par un musulman titulaire d’une carte de sacrificateur, délivrée par l’une des trois mosquées agréées en France, et sans étourdissement préalable. Il n’existe aucun contrôle public de cette filière. Des organismes certificateurs privés proposent leurs services pour attester que la viande est conforme aux exigences halal. Mais, là encore, aucune obligation légale ne s’impose. Le contrôle porte généralement sur l'acte d’abattage, l’environnement de production (absence de porc ou de contact avec des substances illicites) et la traçabilité afin d’éviter tout mélange avec des produits non halal.

 

É. L. Vous décrivez un monde du halal qui n’est pas monolithique et qui fonctionne avec des acteurs « hybrides ». Qu’entendez-vous par là ?

F. B.-B. J’appelle « hybrides » ces acteurs privés, contrôleurs, acteurs de la certification, influenceurs ou organisme de défense des consommateurs musulmans qui se présentent comme des experts religieux et qui s’enrichissent de la commercialisation des produits halal. Ils contribuent à édicter les règles et à contrôler leur application, et sont un peu juge et partie.

 

É. L. Comment le halal s’adapte-t-il aux outils modernes, médiatiques, numériques ?

F. B.-B. Le halal est désormais sorti des seules boucheries : il s’applique aujourd’hui à l’ensemble des produits de consommation. Prenons l’exemple, parmi d’autres, de la grande mosquée de Paris. Depuis juin 2023, l’Algérie exige que toutes les marchandises relevant du domaine du halal et en provenance de l’Union européenne portent le cachet de certification délivré par le recteur de la grande mosquée de Paris. Sans ce visa, aucune de ces marchandises ne peut entrer sur le territoire algérien. Selon le cahier des charges de janvier 2023, le domaine du halal inclut non seulement les denrées alimentaires destinées à la consommation humaine, mais aussi les produits pharmaceutiques, les produits cosmétiques et (je cite) « tout produit non consommable dont le processus de fabrication nécessite un contrôle strict en vue d’une certification halal ». Autrement dit, tout peut potentiellement être halalisé.

 

É. L. En quoi le halal, qui prétend veiller à la qualité alimentaire et environnementale, peut-il constituer un danger ?

F. B.-B. Le danger ne réside pas dans le principe de tabou alimentaire mais dans l’extension du halal à des sphères toujours plus larges de la société, selon une logique de contamination, de séparation du pur et de l’impur. Si des enfants apprennent dès leur plus jeune âge que le non-halal est « interdit », impur, contaminant, comment expliquer, ensuite, qu’ils doivent manger à la cantine avec les autres ou même respecter les mêmes règles que les autres qui sont, eux, impurs par contamination ? L’introduction du principe de pureté, même si elle n’est pas formulée explicitement, est rigoureusement incompatible avec les sociétés de classes et non de « castes », démocratiques et égalitaires.

Vos commentaires

27 commentaires

  1. est-ce qu’on pourrait se souvenir, pourquoi, en France, on a interdit au boucher d’abattre les bêtes qu’ils élevaient pour la vente dans leurs boucheries ? et que l’abatttage en abattoirs a été obligatoire.
    alors revenosn au source, sinon, les bouchers doivent pourvoir retrouver leur métier délevage pour abattage
    comme toujours, les musulmans détournent nos « institutions » pour leur religion
    plus de hallal en FRance mais aussi plus de casher, si pas d’étourdissement prélable et un religiueurs n’a rien à faire dans un abattoir, dehors

  2. Ce sujet a buggé hier on ne pouvait plus commenter
    Sinon je ne trouve pas normal cet abatage chez nous, je ne trouve pas normal le manque de transparence sur l’étiquetage des viandes dans les supermarchés, je ne trouve normal de manger surement à mon insu cette viande, donc on connait les dangers si mal cuite ou pas cuite
    Donc pour satisfaire une certaine communauté, nous devons, comme d’habitude céder, et ne plus manger de viande « bleue » ou tartare, ce n’est pas normal
    Nous n’avons pas à nous conformer à leur us et coutumes sur notre sol
    Qu’ils vivent comme ils le veulent, qu’ils mangent ce qu’ils veulent mais CHEZ EUX
    Chez nous on ne tue pas les animaux, avec cette barbarie et on peut consommer la viande comme on le souhaite
    Et comme le dit Titus plus bas, je me réfère à l’excellent site « vigilance hallal » et le » suivez le coq  » qui référencie, selon l’étiquette justement, d’après le numéro, le site et le mode d’abattage mais faire ça pour chaque barquette c’est pénible et nous n’avons pas à le faire

  3. Je pensais qu’en France, il était interdit d’abattre des animaux sans étourdissement. Il suffirai peut-être d’appliquer la LOI.

  4. L’halalisation de la société contre le gré de 90% de la population (population Français de souche + assimilés) est un danger . Pourquoi ? La viande halal si elle respecte les normes sanitaires n’est pas toxique . Ce qui est toxique c’est de faire croire qu’un bon musulman doit impérativement manger de la viande halal . Mais, comme pour les narcotrafiquants qui sont de bons commerçants, il y a des gens « bien intentionnés » qui se disent qu’avec le « label » halal il y à un filon financier à exploiter et il est conséquent et peut même contribuer à la destruction de la civilisation des « croisés » . N’est halal que ce qui a été décidé qu’il l’était par de mystérieux individus autoproclamés « halaliseurs » . Tout peut devenir halal, de la mousse à raser aux véhicules et aux vêtements . Ainsi par endoctrinement, anesthésie collective, il est possible de convaincre une grande partie de la population qu’elle doit, pour des raisons religieuses supposées, ne consommer qu’halal . Des sociétés commerciales halalisantes vont se créer pour exploiter ce marché florissant. Elles ne seront pas toutes bienveillantes à notre égard . Les bénéfices gigantesques expédiés dans des paradis fiscaux financeront la destruction de la civilisation des croisés (asphyxie du commerce de souche, financement de choses inconnues….)
    L’halalisation de notre société est un piège mortel . Avant d’acheter dans un commerce quelconque il serait bon de vérifier qu’il ne fait pas la promotion de produits halal .

  5. Rappelons que l’Association VIGILANCE HALAL a créé une application pour smartphone dénommée SUIVEZ LE COQ, laquelle permet de savoir si la viande que vous achetée est d’abatage traditionnel ou halal :
    Avec cette application pour smartphone, vous pourrez entrer ou scanner le numéro d’abattage.
    Pour trouver le numéro de votre barquette, regardez sur l’étiquette une suite de deux lettres suivi de 8 chiffres.
    Je cherche : Le code de l’abattoir sur l’étiquette, une suite de chiffres et de lettres tel que : «FR 02 837 490»
    Je scanne : Je scanne le code directement dans l’application ou je le rentre manuellement
    j’obtiens : Toutes les informations sur la méthode d’abattage pratiquée sur le produit.

  6. FBB est une femme lucide, experte. Merci madame. Si seulement vous pouviez être « entendue » et surtout suivie dans vos conclusions par nos politocards incompétents à l’incurie délétère

  7. Voilà une occasion de se séparer économiquement de l’Algérie qui refuse toutes marchandises non certifiés hallal.
    A noter que par le truchement des échanges économiques ce pays est tributaire de la France, donc s’ils veulent se nourrir ils accepteront contraint et forcé d’accepter tout ce que l’on leur envois.

  8. Merci Mme Bergeaud-Blackler pour tout ce que vous faîtes pour nous les derniers français de souche. Vous êtes très courageuse.

  9. Non, ce n’est pas qu’une histoire de religion.
    Le hallal n’est pas + dangereux qu’autre chose.
    Il est simplement vendu moins cher … et
    dans le budget des Français … et même des cantines …ça peut compter.
    surtout en ce moment.

    Il va falloir revoir (à la baisse) la cascade des Valeurs ajoutées.
    Beaucoup de Français … même de souche … ne peuvent plus suivre l’inflation

    • La viande halal est contaminée par le contenu des intestins qui coule dessus lors de l’abattage et devient impropre à la consommation crue ou rosée.

      • Et risque d’E Coli, au mieux hôpital, au pire le cimetière, si cette viande n’est pas assez cuite
        Ils prennent les morceaux pour leur couscous et autres et nous laissent le reste !!!

    • 1) Nous n’avons pas à subventionner une religion moyenâgeuse qui n’a rien à faire chez nous
      2) Nous tuons ces bêtes mais il n’est pas nécessaire de les faire souffrir inutilement. C’est une question de décence.

    • « Le hallal n’est pas + dangereux qu’autre chose. » = en ce qui concerne la viande (ainsi que la viande casher), si! Il est beaucoup plus souvent la cause d’infections par E Coli, responsables de graves problèmes intestinaux, difficiles à soigner.
      Pour le reste, oui, une biscotte casher ou halal a le même gout qu’une biscotte normale et n’est pas plus dangereuse.

  10. Nous ne devrions pas avoir de la viande hallal dans nos assiettes, sans le vouloir et sans avoir acheté ce label pour ce qu’il est
    Nous sommes dupés, et en plus cette viande est dangereuse, voire mortelle si mal cuite,

    • Oui car les populations qui ont l’habitude de ce genre d’abattage consomment la viande bien cuite et grillée.

      • Souvent en tajine , couscous notamment , je ne critique pas leur gastronomie seulement nous n’avons pas à bouffer ça contre notre gré

      • Ah bon petit malin expliquez un peu qu’on se marre
        Et en plus bonjour la grosse faute d’orthographe bref
        Nous mangeons de la viande non étiquetée comme elle devrait l’être , ne laissant aucun choix au consommateur
        Pour ma part, j’aime la viande plus que bleue et les tartares, je dois faire une croix dessus
        Et j’ai bien compris qu’on en mangeait sans le savoir, merci petit génie, on est tombé sur une perle là
        J’achète chez mon hyper et une partie de sa viande marque JEAN ROZE, est abatage traditionnel et l’autre hallal, je l’ai su en allant sur « suivez le coq », je vous ai rendu intelligent tant mieux, ne me remerciez pas

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