Dreux : une femme voilée autorisée à passer le bac dans un lycée public

De Bruxelles à Dreux, les enseignants font face à une pression islamiste croissante.
Capture écran CNews
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L’école face au voile. Encore et toujours. Depuis les années 1980, les enseignants d’Europe occidentale sont en proie à une pression islamiste croissante. Les gouvernements passent, les discours politiques redoublent de sévérité, mais la digue ne cesse de ployer sous le poids des « radicalisés ». Deux nouvelles illustrations de cet affrontement nous ont été données cette semaine.

La pudeur des oreilles et des poignets

La première nous vient de Belgique, où un professeur de l’Université de Bruxelles a été accusé d’islamophobie en raison d’une mesure pourtant anodine. Souhaitant lutter contre la triche, cet enseignant de psychologie a demandé à ses étudiants de deuxième année de garder leurs poignets et oreilles dégagés durant ses examens. « Je veux juste vérifier, s’est défendu l’enseignant, sur une antenne de radio belge. Il a déjà été plusieurs fois avéré qu’il y avait des méthodes de triche à l'aide de tout petits micros et de tout petits écouteurs. »

Mal lui en a pris : l’Union syndicale étudiante y a vu une mesure discriminatoire envers les femmes musulmanes voilées. Le fait de demander à certaines femmes de garder leurs oreilles apparentes serait « en contradiction avec leurs convictions religieuses »

En quoi cette mesure s’appliquant à tous serait-elle « discriminatoire » ? Le syndicat étudiant ne le dit pas. Ne s’agit-il pas, au contraire, de revendiquer un traitement de faveur au nom de sa religion ? En signe de contestation, un rassemblement a été organisé mardi, à l’intérieur de l’université bruxelloise.

Le piège des accommodements « raisonnables »

Le second cas d’entrisme de la semaine s’est déroulé en France, dans l’Eure-et-Loir. Lundi 16 juin, une étudiante majeure inscrite au baccalauréat en tant que candidate libre s’est présentée au lycée Rotrou de Dreux pour y passer l’épreuve de philosophie. Problème : elle portait une abaya doublée d’un voile islamique. Après quelques hésitations du corps enseignant, il a été déclaré que son accoutrement n’enfreignait aucune loi française. Mais, afin de ne pas susciter l’incompréhension des autres candidats, la jeune femme voilée a été installée dans une autre salle, à l’écart. Elle a ainsi pu rédiger sa copie dans le calme d’un espace réservé, sous la supervision d’un examinateur dédié uniquement à sa surveillance. Non seulement elle a pu passer l’épreuve en étant voilée, mais a de surcroît accaparé des moyens qui auraient dû profiter à tous.

Mais, non content de ce traitement de faveur, le père de l’étudiante est revenu le lendemain après-midi pour se plaindre d’une « discrimination » dont sa fille aurait été victime. « Il a été très vindicatif envers l’équipe pédagogique », a confié une source proche du dossier à nos confrères d’Europe 1. Au point que les policiers ont dû se déplacer pour l’entendre dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte pour des faits d’outrage à personne chargée d’une mission de service public. De son côté, le père a traité la proviseur de « raciste », menacé de « signaler son comportement sur les réseaux sociaux » et d’« alerter la presse ».

Que retenir de ces deux faits d’actualité ? Premièrement, que le multiculturalisme, fruit de notre laxisme migratoire, est la source de conflits quotidiens et toujours plus violents. Deuxièmement, que la victimisation est l’une des principales armes des islamistes. La moindre tentative de contrer leur avancée est systématiquement taxée de racisme ou d’islamophobie.

Le troisième enseignement touche aux accommodements dits « raisonnables ». Chaque petite concession faite à l’islam politique n’a pas eu pour effet de calmer les revendications ni d’améliorer l’intégration, mais au contraire d’aiguiser les appétits de conquête et d’accélérer la partition de notre pays. Autorisez le voile à l’université et certains refuseront de dénuder leurs poignets. Autorisez l’abaya au lycée et d'aucuns trouveront encore d’autres raisons de se victimiser. Seule solution : une extrême fermeté.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

81 commentaires

  1. Et puis quoi encore, c’est à ces deux élèves de s’adapter et non l’inverse. Petit à petit, le Diable fait son nid avec la complicité des institutions.

  2. Je passe bientôt mon permis de conduire en Arabie Saoudite. Elle m’a donné une idée : je vais me présenter en maillot de bain !

  3. Ce n’est peur-être même pas elle qui passe le bac mais une amie plus douée qui le passe pour elle…

  4. Réponse à Flechy Hélas! Je crains que la France ne soit devenue une terre d’Islam. Et si ce n’est pas encore le cas, certains font tout pour.

  5. Plus ils réclament , plus on cède , les limites sont franchies et les accommodants se comptant en nombre important , la bascule va très vite se faire .

  6. Peut-être faudrait-il rappeler aux musulmans que leur Prophète leur a fortement déconseillé de se singulariser par le port d’un vêtement spécifique lorsqu’ils ne sont pas en « terre d’Islam » (Dar el Islam). Jusqu’à preuve du contraire les pays d’Europe ne constituent pas des « terres d’Islam ». Par conséquent , les voiles et autres hijab n’ont pas lieu d’être. Ne faudrait-il pas demander aux musulmans de respecter les enseignements de leur propre religion ?

    • Tendantiellement la France est majoritairement « terre d’islam » et déjà première religion de France par le nombre de pratiquants. Il faut bien un commencement à ce ça se voie par le vêtement : on y est.

  7. Elle n’a qu’à aller passer son bac en Iran, elle pourra garder son voile et sa tenue religieuse pour…rester enfermée à la maison….

  8. Mais quand est ce que ce gouvernement arrêtera de boiter ? Cette situation du « en même temps » est insupportable ! Si certains vêtements, coiffes sont interdits dans les écoles jusqu’au bac, il n’y a pas de discussion !!!C’est INTERDIT !!!

    • ce n’est difficile de non ;mais les profs sont de gauche alors ils autorises tout il est urgent de dégraisser ce mammoth et de mettre de l’ordre en france ce pays cour à sa perte avec des gens comme cela.

  9. Incroyable ! L’an dernier, il a été demandé à une amie religieuse de venir passer des épreuves d’examen en CIVIL ! On ne lui a pas proposé une salle spéciale avec surveillant particulier ! Il y a donc inégalité de traitement !

  10. « une mesure discriminatoire envers les femmes musulmanes »
    Les frères musulmans marquent encore des points…

  11. Un voile autorisé, c’est une négociation, alors négocions, pour un voile spécial à la seule condition, que le voile soit 100 % transparent, de façon à pouvoir contrôler qu’il n’y a pas d’anti-sèches, et l’autoriser à passer le BAC aux Comores, ou ailleurs à ses frais. A l’ Ere Trump, il y a du bon, tous les droits volent en éclats la loi du plus fort revient en force.

      • Evidemment qu’avec un Gouvernement fort, ce qui sera pour l’ Ere RN, En attendons, nous sommes toujours chez les Nuls, à l’ère Macron, Bayrou, Retailleau, qui autorise toujours et qui négocie malgré la Loi qui l’interdit.

  12. Il est à remarquer: 1/ Que la jeune femme est majeure, et que ce n’est pas elle qui proteste: c’est le père qui parle. 2/ De la mère nous n’avons pas entendu parler: c’est le père qui parle. 3/ C’est le père qui parle, car les femmes n’ont pas droit aux décisions chez lui. Conclusion: où sont encore les féministes? Perdues avec la 3ème Compagnie?

  13. Ne me retrouvant pas j’en essaie une autre = Ils y a des années Le Point avait titré et développé « Cet Islam sans gène ». Je ne m’en souviens pas comme d’un constat particulièrement agressif. Par contre depuis, les fictions, « accommodements raisonnables » et « islamophobie » ont bien fait leur chemin dans notre société.

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