Corse : une simple rixe révèle la déroute de l’indépendantisme décolonial
Dimanche 24 août, un homme est placé en garde à vue à la gendarmerie de Ghisonaccia, petite ville de Haute-Corse située à une quinzaine de kilomètres d’Aléria, sur la côte est de l’île. Son interpellation a fait suite à une plainte déposée contre lui. Tout avait commencé la veille, lors d’un bal de village, où un jeune Corse aurait été agressé par plusieurs membres d’une même famille. Le lendemain, afin de régler le différend, le père du jeune homme se rend en sa compagnie au domicile de cette famille, mais celle-ci refuse de dialoguer, l’entrevue se passe mal et dégénère en bagarre.
À la suite de celle-ci, une plainte est déposée en gendarmerie par la famille, qui s’avère appartenir à la communauté marocaine. Un détail rapporté par tous les médias locaux, mais étonnamment pas par France 3 Corse Viastella dans son reportage repris par France Info, qui rapporte par ailleurs la déclaration faite par le procureur de la République de Bastia : « L’intéressé a été déféré au parquet, ce lundi 25 août, et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son jugement par le tribunal correctionnel, le 25 septembre, des chefs de violences volontaires aggravées, de détention, transport et port d’armes ou de munitions ».
Un indépendantiste proche de LFI
Jusque-là, rien que de très banal, dans cette histoire. L’affaire devient piquante lorsque l’on apprend que le père de famille incriminé, un certain Antoine Martelli, est conseiller municipal de Serra-di-Fiumorbo, commune située au sud de Ghisonaccia, mais surtout qu’il est politiquement très fortement marqué. En l’occurrence à l’extrême gauche de la mouvance indépendantiste. Après son arrestation par les gendarmes, il est d’ailleurs soutenu par Core in Fronte, mouvement proche de LFI, qui se fend d’un communiqué de soutien publié sur X.
Notre ami Antoine Martelli, travailleur intègre et honnête, père de famille, est en garde à vue ce soir à la Gendarmerie de Ghisonaccia.
Son fils a été agressé, hier soir dans un bal, par des jeunes.
Antoine s'est rendu au domicile de ces personnes pour discuter avec les… pic.twitter.com/zgmlhOsUW8— Core in Fronte (@coreinfronte) August 24, 2025
Après avoir appelé « à le soutenir au tribunal de Bastia », le message se montre soudain plus menaçant, indiquant ne pas vouloir rester « sans réagir ». Suit une adresse des plus explicites dont on devine immédiatement les destinataires : « Certains jeunes de la plaine orientale doivent comprendre que nous ne sommes pas dans une série télévisée. Sur la terre de Corse, il n'y a qu'une seule communauté de droit : le peuple corse, toujours non reconnu dans ses droits historiques et politiques. » Et de conclure par une mise en garde « aux personnes, quelles qu'elles soient, de le respecter avec ses valeurs ou de quitter la Corse ».
Si la violence du propos n’étonne guerre de la part d’un groupe faisant partie de la frange radicale de l’indépendantisme issu du FLNC, la menace à peine voilée à l’égard d’une communauté maghrébine interroge. On est en effet là en présence d’un indépendantisme depuis toujours marqué par un marxisme décolonialiste, voyant dans la France un occupant et mettant sur le même plan des peuples opprimés les Corses et les diverses communautés immigrées, qu’elles soient installées sur l’île ou sur le continent.
Les contradictions indépendantistes
D’ailleurs, en octobre 2021, lors d’une séance de dédicace de son ouvrage Le Suicide français, à Sartène, Éric Zemmour avait déclaré, parlant des Corses : « Vous êtes un peuple romain, un peuple fier qui aime la grandeur et la puissance. Vous aimez la France quand elle poursuit le rêve de Rome », s’attirant les foudres de l’extrême gauche locale, et notamment du porte-parole de Core in Fronte. Paul-Félix Benedetti avait alors contredit le candidat à la présidentielle : « La Corse, ce n'est pas un pays romain comme vous le dites. C'est un pays méditerranéen qui a, de tout temps, été généreux et qui, aujourd'hui, quoi que vous en pensiez, subit une colonisation de peuplement, avec plus de 50 % de personnes qui sont arrivées en vingt ans, mais qui ne sont pas arrivées par l'autre côté de la Méditerranée. »
C'est le président de cette association qui avait provoqué un esclandre face à Zemmour lors d'une séance de dédicace à Sartène pic.twitter.com/cbcA7ZOofE
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) August 25, 2025
Ce brusque revirement n’a pas échappé à l’ancien indépendantiste Nicolas Battini, devenu autonomiste et fondateur du parti Palatinu, qui rappelle que Core in Fronte « défend une ligne indépendantiste d’extrême gauche » et estime que « la première initiative qu’il pourrait envisager pour agir efficacement contre ces phénomènes communautaires qui vont s’aggraver en Corse serait de ne plus parrainer Philippe Poutou aux présidentielles, de ne plus criminaliser les nationalistes corses qui ont pris conscience du fait migratoire musulman et de ne plus qualifier Jean-Luc Mélenchon et LFI de "partenaires naturels" ».
Une simple rixe vient donc de mettre en lumière les phénomènes nouveaux qui bouleversent aujourd’hui la donne politique en Corse. Si elle est encore défendue au sein de l’Assemblée territoriale par Gilles Siméoni, la vision décolonialiste et immigrationniste portée par l’ex-FLNC se heurte de plus en plus aux réalités d’une île qui souhaite défendre une culture fortement enracinée, mais dont chacun commence à comprendre qu’elle est désormais menacée par d’autres, du fait d’une immigration qui ne cesse de croître.
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18 commentaires
Je suis corse et de droite et je crois qu’il n’est nul besoin des indépendantistes et de l’extrême gauche pour ne pas tolérer qu’un jeune se fasse agresser lors d’un bal d’été. et je suis bien certaine qu’en dehors de toute politique, ce sera toujours le cas.
Le pragmatisme et le gauchisme sont antinomiques.
Tant qu’ils ne prennent pas la réalité en
pleine tête, ils s’accrochent à leur idéologie.
Donc, l’intelligence et le gauchisme sont également antinomiques.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais … La cohérence des gauchistes dans toute sa splendeur !
À l’occasion de la sortie de son ouvrage, Le sursaut corse : L’identité plutôt que l’indépendance, publié le 15 mai 2024, Nicolas Battini propose une lecture renouvelée de la question corse, loin des schémas tiers-mondistes et des appels systématiques à l’indépendance. Doctorant en langue et culture corse et président de l’association Palatinu, il y défend l’idée que le véritable enjeu pour la Corse est d’abord culturel et civilisationnel, bien plus que politique ou institutionnel. Dans la lignée d’une approche réaliste et pragmatique, à la manière d’une Realpolitik corse, ses analyses invitent à repenser le pacte entre la Corse et l’État français, en plaçant l’identité au cœur du débat.
La cruelle réalité des statistiques indique que dans le meltingpot sociétal insulaire les Corses de souche ne sont déjà plus majoritaires sur leur île. Et la tendance s’intensifie du fait d’un record de dénatalité locale, conjugué à une pression migratoire naturelle. On ne peut corriger les effets qu’en traitant les causes.
Les grandiloquents principes gauchos ne résistent pas lorsque la vraie vie les rattrapent !
La réalité saute aux yeux de l’extrême gauche dès qu’elle est directement confrontée aux incivilités…
Quand un député LFI se fera agresser par un voyou issu de l’immigration, il criera au scandale, mais comme ils ne comprennent rien, cette agression sera imputée à Bruno Retailleau.
La France semble s’accommoder du fonctionnement mafieux de la Corse. Ceux qui ne le croient pas n’ont qu’à essayer de monter une entreprise ou simplement essayer de réaliser un chantier BTP pour constater le niveau de la corruption locale. Je fais partie des 30 % de Français qui sont pour l’indépendance de la Corse. J’en ai assez du cinéma du prétendu “peuple corse” qui coûte si cher à Nicolas. Free Corsica !
Le « rachat » de provinces n’a rien de rare dans notre histoire de France, mais tout au contraire fréquent. Rachats directs ou « indemnisation » des précédents « propriétaires », ducs comtes ou clercs sont donc banals. Rien donc de spécifique ni d’offensant pour la Corse.
Que la Corse ne soit pas spécifiquement « romaine » est une évidence. Là erreur de Zemmour.
Maintenant que l’extrême gauche locale prenne conscience des réalités, on ne peut que s’en féliciter: ça va dans le bon sens, de quoi vous plaignez-vous?
J’espère que les Corses se repassent cet échange avec Zemmour …qui une fois de plus avait raison dans ses analyses .!
La Corse découvre que son ennemi n’est pas la France .
La Corse découvre qu’elle appartient à la même civilisation judéo-chrétienne que la France .
La Corse découvre qu’elle a avec la France un ennemi commun , l’islam, qui depuis le VII siècle veut conquérir l’occident . L’islam a échoué avec les armes , il est en train de réussir avec l’immigration.
Étonnant de la part de l’extrême gauche comme quoi le vernis craque.
Tiens, les gauchistes corses n’aiment plus les maghrébins ? Ha,ha,ha.
La corse n’avait jamais etee « colonisee »par la France, mais achetée aux genois..c’est d’ailleurs la que la mauvaise affaire a commencé puisqu » encore aujourd’hui elle vit surtout de subventions..En plus,aujourd’hui,comme le continent, elle commencé a etre colonisée en masse par des populations maghrébines..alors ce militants lfiste devrait etre heureux…a moins qu’en bon gauchiste,il ne veuille de l’immigration que chez les autres…
La Corse n’a pas bon plus été colonisée par les Romains ?
On ne peut pas acheter une colonie ?
Si la France a acheté la Corse, cette dernière doit être fière d’être sa propriété et non sa colonie.
Les indépendantistes reculent aux élections, au profit des autonomistes. Mais il faut encore qu’il y ait de vrais politiciens, et en Corse ce n’est pas plus gagné qu’au parlement national.