[CINÉMA] L’homme qui rétrécit, une réadaptation inventive du roman de Matheson
Paul mène une existence au beau fixe, entre son entreprise de construction navale, sa ravissante maison en bord de mer et les deux femmes qui partagent son quotidien : son épouse Élise et sa fille Mia. Un jour, cependant, alors qu’il nage tranquillement dans les eaux froides du nord de la France, Paul est exposé à une étrange brume gazeuse venue du ciel. Dans les semaines qui suivent, il constate chez lui des changements physiques inquiétants ; en effet, son corps semble rétrécir progressivement, sans que les médecins ne puissent faire quoi que ce soit pour interrompre ou ralentir le processus. Condamné, à terme, à connaître l’infiniment petit, Paul va devoir se battre pour survivre dans un environnement dont il n’aurait jamais soupçonné jusqu’à présent l’hostilité : sa propre cave…
Dujardin, toujours plus petit
Cette nouvelle adaptation de The Shrinking Man, roman de Richard Matheson publié en 1956 aux États-Unis, après celle réalisée par Jack Arnold en 1957, était un projet initialement porté par Jean Dujardin. Lequel endosse le rôle principal de L’homme qui rétrécit, tandis que Jan Kounen – qui avait dirigé une première fois le comédien dans 99 francs – assure la mise en scène. Une idée amusante, quand on se rappelle que Dujardin avait déjà incarné, en 2016, un personnage de petite taille (1,40 m) dans Un homme à la hauteur, de Laurent Tirard. À croire que le comédien d’1,80 m souhaitait aller plus loin encore dans la diminution de ses proportions !
Si nous sommes loin de goûter le style habituel de Jan Kounen, que nous considérons comme un pur formaliste, partisan de l’américanisation du cinéma français et adepte du sensationnalisme pop-corn, force est d’admettre que le cinéaste s’en tire avec les honneurs et livre un film à la fois inventif, stimulant et dépourvu de toute prétention intellectuelle…
Un récit solide de science-fiction
Malin, Jan Kounen remise les fonds verts et utilise des méthodes artisanales pour faire illusion : jeux de focales, filmage séparé de Jean Dujardin et des décors, et utilisation du motion control, qui permet à la caméra de reproduire à une échelle différente les mouvements initialement enregistrés du comédien en vue de faciliter par la suite son incrustation dans les plans.
Le tout débouchant sur un film de science-fiction tout à fait solide qui n’a rien à envier à la version de Jack Arnold ni à Chérie, j’ai rétréci les gosses, de Joe Johnston, ni à L’Aventure intérieure, de Joe Dante. On regrette tout de même que ce récit d’aventure, mettant aux prises notre héros avec un chat, des araignées, des fourmis ou encore une tapette à souris, n’ait d’autre issue à proposer que l’acceptation de son impuissance face à l’immensité du cosmos. Le discours est facile et donne le sentiment d’une histoire qui se termine en queue de poisson.
3,5 étoiles sur 5
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6 commentaires
Considération toute personnelle :
Je trouve que ce rôle est bien adapté à Dujardin. Il est petit, mais petit…
Je plussoie.
La fin du film est conforme au récit de Matheson que j’ai lu il y a , hélas, un moment.
Une excellente version cinématographique de Jack Arnold , a déjà été tirée du roman en 1957 , à l ‘ âge d ‘ or du cinéma US : The Incredible Shriniking man ; effets spéciaux , noir et blanc , très bon jeu d ‘ acteurs , ambiance et suspense garantis , le cinéma d ‘ une époque révolue ; il sera difficile de faire mieux ou même de l ‘ égaler ; mais ce n ‘est que mon avis …
C’est également mon avis! Je revois encore le combat de cet homme contre une araignée plus grosse que lui. Avec une aiguille à coudre, il me semble. Je n’aime pas Dujardin, mais je vais lui laisser le bénéfice du doute!
Je ne l’aime pas non plus.