Changement de stratégie : pour Trump, Poutine est « complètement fou »…
Jusqu’ici, les négociations avançaient bien, entre la Russie et l’Ukraine, sous l’égide des États-Unis. Mais Donald Trump vient de publier une phrase étonnante sur Truth, son réseau social : « J’ai toujours eu de très bonnes relations avec le président russe Vladimir Poutine, mais quelque chose lui est arrivé. Il est devenu complètement FOU ! » Et d’ajouter : « J’ai toujours affirmé qu’il voulait TOUTE l’Ukraine, pas seulement une partie, et peut-être que cela se confirme, mais s’il va jusqu’au bout, cela mènera à la chute de la Russie ! ». Il réagissait aux frappes menées par la Russie sur le territoire ukrainien, énième manière de faire dérailler les accords de paix. Voyons si tout cela est bien orthogonal, comme il le semble, avec les dernières évolutions du processus de paix.
Guerre en Ukraine : Donald Trump accuse Vladimir Poutine d'être «fou» https://t.co/4QxkNfTBzV
— CNEWS (@CNEWS) May 26, 2025
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Bien avant d’être président de la première puissance mondiale par deux fois, Donald Trump avait révélé quelques secrets de négociation dans un ouvrage qui, à l’époque, fut un best-seller et nous est aujourd’hui moins connu : The Art of the Deal (L’Art de la négociation, en français). Il paraît qu’il ne l’avait pas écrit lui-même. Au fond, peu importe, car les recettes que contenait ce livre ne pouvaient être que de lui. Il livrait notamment, entre autres petites ficelles de businessman du BTP, la notion d’« hyperbole véridique », destinée à amener l’adversaire à la table des négociations. En résumé, en grossissant volontairement les propos de la partie adverse, voire en recourant à l’insulte, il s’assurait de forcer l’autre à lui répondre. Il avait agi de la sorte pour négocier avec Kim Jong-un la désescalade nucléaire, lors de son premier mandat. Il le surnommait « Rocket Man », moquait son physique et affirmait que son bouton nucléaire était plus gros que celui du dictateur nord-coréen. Après un échange d’amabilités de cour de récréation, sur fond de menace atomique, la situation avait fini par s’apaiser. Trump avait présenté cela comme un franc succès. On sait, aujourd’hui, que ce n’est pas exactement le cas, mais ce qui comptait pour lui, à l’époque - ce qui compte toujours ? -, c’était la com'.
Stratégie de manipulation ?
Les Ukrainiens, d’ailleurs, ne sont pas épargnés non plus. Au sujet de Zelensky, Trump déclare : « Tout ce qui sort de sa bouche crée des problèmes, je n’aime pas ça et il ferait mieux d’arrêter. ». Comme ça, pas de jaloux. Où mèneront les rodomontades du président américain ? Mystère. Pour le moment, les pourparlers se déroulent en coulisses. Poutine multiplie les violations. Trump n’a jamais dit, contrairement à ce qu’il affirme, que la Russie voulait annexer toute l’Ukraine. Et Zelensky continue de jouer le rôle du héros habillé en guérillero, essoufflé comme un vieil acteur qui n’y croit plus. L’Europe, elle, à court de postures et de galas de soutien, subit en silence en ruminant probablement de nouvelles taxes.
Trump se vante depuis toujours d’être le roi du deal. Cette montée en pression n’est peut-être qu’une énième stratégie de manipulation afin de convaincre Poutine, avec qui il s’est longuement entretenu la semaine dernière, que les États-Unis sont capables de s’impatienter. On ne sait pas si ça fonctionnera, mais on peut convenir d’une chose : ce n’est pas Trump, ni Poutine, ni Zelensky qui débarqueraient à l’aéroport de Hanoï au moment où ils se « chamaillent » avec leur épouse. De ce point de vue-là, malheureusement, et malgré l’outrance des propos du président américain, nous avons perdu le droit de nous moquer.
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33 commentaires
On n’est pas près de la fin de la guerre en Ukraine !
Vous pensez vraiment que les discussions entre un criminel de guerre et un voyou (coupable de 34 chefs d’accusation) peuvent aboutir ?
On en doute …
Macron va régler le problème, en rejoignant la ligne de front avec ses soldats de Larem et le caporal Attal.
Après avoir appris à faire son lit, ne pas dire de bêtises et à tirer au pistolet, il sauvera l’Ukraine.
Je pense qu’il fait arrêter de suivre de que dit Trump d’un jour sur l’autre, ou d’y voir le moindre message de fond. Il n’est que sur la forme, le transactionnel, et change d’avis plusieurs fois par jour sur tous les sujets (cf droits de douane de 50% pour l’UE, annoncés il y a 3 jours puis retirés hier).
Trump souffle le chaud et le froid, rien de nouveau et ça marchait très bien lors de son premier mandat, je n’ai aucune raison de douter que ça marchera maintenant.
Poutine avait peur de lui, c’est un fait. La paix progressait au proche orient, l’état islamique ne contrôlait plus de territoire, c’est incontestablement un bien meilleur président que ses deux prédécesseurs qui ont mis le monde à feu et à sang.
Que Trump n’ait pas envie de faire tuer des boys pour réparer les boulettes de Biden, on peut le comprendre.
Trump, c’est presque du Macron, avec lui un jour ne ressemble jamais à la veille ni au lendemain. Mais la grosse différence, c’est que l’un est riche, puissant, n’a peur de rien et on l’écoute attentivement car ce qu’il dit a toujours des conséquences alors que l’autre est pauvre comme Job, faible, peureux et ne raconte que des calembredaines et des billevesées qui n’intéressent personne.