C’est « vachement bon » ! Le chef étoilé P. Legendre fait la promo du halal

En donnant un avis culinaire, ce cuisinier illustre ne se doutait pas qu'il servait aussi la cause d'un djihad culturel.
Photo Eva Bronzini - Pexels
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« J’ai goûté, et c’est à s’y tromper », confie Philippe Legendre au journaliste de Oumma TV, tout sourire. Qu’a-t-il donc goûté ? De la charcuterie halal de l’Atelier de Noor, une révélation, visiblement : « Je me suis dit, c’est vachement bon, quand même. » Divagation solitaire ? Que nenni, un test ayant eu lieu en famille, et dont le verdict est formel : « C’est mon épouse qui me dit, comme ça, "mais tu sais que ça vaut le détour, quand même", parce qu’il y a du goût. »

Du goût, pour en avoir lui aussi testé, votre serviteur vous dira qu’il y en a, certes, dans la charcuterie halal, ainsi que dans la charcuterie casher, d’ailleurs. Et si la viande utilisée n’en produit pas assez naturellement, comme c’est le cas avec le porc, un fumage ou un boucanage peut parfois utilement compenser.

Du goût et du halal...

Mais qu’entend-on, au juste, par charcuterie halal ? Techniquement, le halal est une méthode d’abattage des bêtes qui exclut, notamment, l’étourdissement préalable de ces dernières. Rappelons, aussi, que le porc est totalement exclu de la liste des produits licites (traduction du mot arabe halal) pour un musulman, puisque seules peuvent être halal les viandes venant des bovins, ovins, caprins, camélidés, équidés, léporidés (lapins et lièvres), ainsi que certaines volailles comme les poules et les canards. Autant de variétés qui se prêtent avec plus ou moins de bonheur à une transformation charcutière. Mais il faut préciser ici qu’Éric Legendre généralise quelque peu en disant - comparant la charcuterie halal avec nos charcuteries traditionnelles à base de cochon - que « c’est à s’y tromper ». Cela peut être le cas parfois, mais parfois seulement. Difficile de confondre, par exemple, des produits issus d’un porc, d’un bœuf ou d’un canard. Et la méthode d’abattage peut aussi changer le goût, puisque si l’animal se vide de son sang, la texture et le goût de la viande peuvent s’en trouver modifiés.

Mais après tout, la subite prise en affection de la charcuterie halal de Philippe Legendre serait sans intérêt si elle n’était que la simple expression d’un goût personnel. Nous parlons là d’un grand chef, dont la renommée s’inscrit dans la lignée des sommités de la tradition culinaire française, aux côtés d’un Vatel ou d’un Bocuse. Philippe Legendre a travaillé pour d’illustres cuisines, au Sheraton et au Ritz, chez Lucas Carton puis Taillevent. En 1999, il intègre le Cinq, restaurant du grand hôtel parisien George-V, et lui fait gagner trois étoiles. Et en 2005, le Four Seasons George V devient grâce à lui « Meilleur restaurant d’hôtel en Europe ». Aujourd’hui retraité, Philippe Legendre est membre de l’Académie culinaire de France. Sa parole, parce qu’elle est celle d’un nom réputé, engage une profession.

Halal et djihad culturel

Mais surtout, disserter sur la charcuterie halal au micro d’Oumma TV déborde du strict domaine gastronomique. Or, comme l’explique Florence Bergeaud-Blackler dans son dernier ouvrage, Le Djihad par le marché : comment l'islam radical s'empare du marché halal (édité chez Odile Jacob), le halal ne concerne plus seulement la viande et même l’alimentation, mais s’est étendu à de très nombreux biens et services, médicaments, produits bancaires, médias, intelligence artificielle… Ce marché mondialisé n’est peut-être, pour nombre d’acteurs économiques, « qu’un label et un marché de niche lucratif », mais il est surtout, nous dit Florence Bergeaud-Blackler, « un modèle oummique, celui des fondamentalistes pour lesquels la norme halal devient l’instrument d’un djihad culturel ». Réagissant immédiatement aux propos de Philippe Legendre sur X, elle a ainsi tenu à rappeler que « la halalisation est la façon dont l'islam, religion de loi, universelle et prosélyte s'empare des sociétés consuméristes pour les rendre charia-compatibles ».

Il serait sans doute bien injuste de faire à un grand et illustre chef cuisinier un procès d’intention en collaborationnisme djihadiste, alors qu’il ne donnait là qu’un avis culinaire. Mais le halal n’est pas une recette de cuisine, et il est donc des sujets sur lesquels la prudence et la retenue s’imposent.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 21/11/2025 à 10:29.

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Je risque de choquer, tant pis! A la campagne (vous savez ces lieux reculés et peu instruits) on a toujours abattu les animaux qu’on voulait manger. Certes on casse la nuque des lapins, mais c’est surtout pour qu’ils ne bougent plus, comme ça ils sont plus facile à dépiauter. Étourdir le cochon, ou le mouton, dans la cour de la ferme? Même s’il y avait beaucoup de fusils et de carabines, ça restait quand même gâcher une cartouche. Et puis le cochon, si vous voulez faire du boudin, il faut que le sang coule.

    • Vous ignorez sans doute qu’il est obligatoire de saigner un animal quelque soit le mode d’abatage sinon la viande ne se conserverait pas ! Donc du boudin vous en aurez toujours, mais avec la méthode matador vous aurez épargné à l’animal d’ignobles souffrances !!!

  2. Il est cuisinier donc il répond à la question est-ce bon ou pas ?
    lui prêter des satifecits en faveur de l’islam, c’est faire comme les gauchos, interpréter ses appréciations de façon partisane

    • Si ce n’est pas déjà le cas, ça ne tardera pas. Et c’est tant mieux, car ce type de personnage est soit un aveugle abruti qui ne voit rien de ce qui se passe en dehors de ses fourneaux, soit un de ces traîtres qui vendaient voisins et amis durant la Seconde Guerre mondiale pour obtenir un passe-droit quelconque.
      Et il représente le goût culinaire français… Dégoûtant.

    • Peu le savent, j’en parlais déjà à des amis il y a vingt ans de cela : environ 7% du prix payé va directement à l’organisme de certification, qui va en partie à la grande mosquée de Paris, puis plus ou moins indirectement, va participer au financement de la construction de mosquées en Europe, dont certaines d’entre elles seront infectées par la doctrine des frères musulmans.
      Alors il faut faire des choix : ça ne suffit pas de dire con…nt que ces merguez sont meilleures… sauf bien sûr aux manifs de la CGT et de SUD.

  3. DE plus il faut payer une taxe à l’organisme de certification Halal sur tous les produits dit halal viande, cosmétique même les machines outils

  4. Nous mangeons déjà tous de la viande halal sans le savoir, ils abattent plus d’animaux qu’ils n’en mangent et le surplus va dans le rayon traditionnel
    L’abattage rituel juif et musulman est horrible les animaux sont égorgés et se vident de leur sang par terre jusque mort s’ensuive

  5. Je ne vois pas ou est le gout d’une viande halal et tué normalement et sans souffrance surtout j’espère que les gens de sa ville ou village n(iront pas manger chez lui

  6. Vous commettez une erreur courante. Il peut y avoir abattage halal ET étourdissement. Mais le débat est confisqué, comme d’habitude, par les extrémistes musulmans qui ont beau jeu de qualifier de mauvais musulmans ceux qui transigent (en fait sans transiger).

  7. Ce soi-disant « grand » chef ignorait peut-être qu’il existe de la charcuterie préparée avec d’autres animaux que le porc.
    Bien sûr, la saveur est différente et dépend entièrement du mode de préparation.
    Le goût n’est en rien déterminé par la brutalité de l’abattage.
    Quel ignorant ! Et il se prétend chef !

  8. Quand on voit la clientèle des palaces aujourd’hui, ainsi que les actionnaires majoritaires de ces établissements, les grands chefs n’ont pas d’autres choix que faire la promotion du halal s’ils veulent continuer à exercer.

  9. Oui il vaut prendre le train du halal, ne pas rester sur le quai pour montrer qu’il est là, mais il ne connait pas Esope qui a une autre manière de lui dire qu’il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de dire n’importe quoi. L’égo surdimensionné de ces grands chefs m’a toujours fait sourire.

  10. Pourquoi n’est-il jamais fait mention du scandale sanitaire qu’est le halal par la contamination de la viande par l’E.Coli responsable des gastro entérites…lequel en cuisine arabe et casher est tué par la cuisson donc pas de risques … par contre chez nous on mange de la viande saignante, parfois crue en tartare… pourquoi ne jamais le dénoncer ?

  11. La nourriture Hallal ce n’est pas une question de goût, il s’agit de refuser d’apporter de l’argent aux barbus et de faire souffrir les animaux. Bon ou pas bon n’est pas la question

    • Bien sûr, vous avez raison. Tout le monde sait que le halal est un projet politique, surtout une source importante de profit islamique, et pas une garantie sanitaire, ou de qualité ou même de goût. Qu’il vise un contrat de partenariat avec Dubaï, ou un pays du Golfe, qu’il drague une clientèle musulmane plutôt bourgeoise, cela le regarde mais cela ne l’oblige pas à oublier la souffrance animale et surtout à raconter n’importe quoi, voire à contribuer à discréditer une profession qui n’a pas besoin de cela actuellement.

    • Il est vrai que peu de gens ont vu abattre une bête selon le tradition hallal. J’en ai malheureusement été le témoin dans les pays musulmans et il fallait voir la traduction de la peur dans le regard de ces pauvres bêtes pour être convaincu qu’elles ont une âme et qu’elles se rendent bien compte de ce qui va leur arriver. Leur agonie est terrible .

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